vendredi 18 avril 2014

Ta vie est/et ta vie.

La vie n'est-t-elle pas qu'une succession de petits rites de passage ? De rites de passage au sens ethnologique du terme, anthropologique même...Enfin...Pour ceux qui savent faire la différence.:-)
La vie et ses premières fois. Ses douloureuses ou jolies premières fois.

Il y a les premières fois canoniques, que tout le monde connait, par lesquelles tout le monde est passé. Elles sont balisées, décrites dans les romans, dans la presse, par les gens. Pas de mystère, on les connait avant même de les avoir vécues. On les attend, on les devine, on les espère, on veut bousculer le temps et l'espace, on s'en fait tout un fromage, tout ça pour ça.
Premier copain.
Première bagnolle.
Première fiesta.
Premier appart'.
Premier échec.
Première cuite.
Première victoire.
Première fois où vous mettez les pieds sur la table, sur VOTRE table.
Première fois où vous allez au restaurant avec vos amis et que vous commandez du vin - comme les grands.
Première fois où vous perdez le ticket du parking.
...
Bon j'arrête ça va commencer à ressembler à une pub Levis – même si je les aime bien les pubs Levis :-) surtout quand elle cite du Bukowski.




Puis il y a ce que je qualifierais de « vraies premières fois », celles auxquelles on ne s'attend pas, celles qu'on ne sent pas arriver, celles où on ne vous avez pas prévenu, celles où on kiffe...ou celles où on morfle. Les premières fois qui vous surprennent, qui vous tombent dessus. Les premières fois où vous êtes là où l'on ne vous attendait, là où vous ne vous attendiez pas. Elles sont plus intimes mais le bouleversement peut être tout aussi important. Car celles là de premières fois ce sont bien les nôtres. Elles sont très diverses et varient selon nous, nos personnalités, nos éducations, nos attentes et nos temporalités.
Première fois où l'on vous appelle Madame – et que vous prenez 15 ans d'un coup.
Première fois où vous vous sentez belle et désirable.
Première fois où vous vous sentez quelqu'un de bien – parce que vous n'êtes pas tombé du mauvais coté de la force ;-)
Première fois où vous surveillez un devoir – et où ce n'est plus vous qui composez.
Première fois où vous partez seule en voyage – et où vous ne pouvez plus compter sur quelqu'un pour prendre du dentifrice ou du gel douche.
Première fois où vous dites merci – un beau et grand merci.
Première fois où vous pensez que vous allez mourir – et que finalement vous renaissez.
Première fois où vous vous dites « Ah tiens c'est la première fois » - avec ce je ne sais quoi de bittersweet qui traine puisqu'au moment même de s'en apercevoir c'est déjà fini et puisque rien ne dure et que l'on ne se baigne jamais dans la même eau...Et tant mieux ou tant pis d'ailleurs.

La semaine dernière, j'ai vécu une première fois particulière ;-) : la première fois où je goutais à ce plaisir coupable de me payer mon premier sac à main de marque.
Oui, attention je ne parle pas du sac à main que l'on achète tous les mois ou tous les deux mois. Non. Je parle du premier, de celui-qui-coute-cher et que l'on voit dans les magasines, de celui qu'on avait repéré sur des dames ou en vitrine. De celui que l'on achète finalement en 15 min parce que le modèle, bah on le connait bien et parce que la couleur, bah on l'a médité depuis longtemps ( de toute façon à ce prix là il faut du noir ou du camel pour ne pas s'en lasser ;-) ) J'ai donc trouvé MON sac. LE sac. J'ai donc fait un chèque ( tout le monde connait ma passion pour le carnet de chèques, so vintage ), LE chèque ;-(.

Du coup, je me dis qu' il ne me reste plus qu'à trouver LA robe, LE trench, LA ceinture, LA paire d'escarpins noirs, LES boucles d'oreilles. Bon ok ça fait beaucoup encore de choses à trouver mais j'ai bon espoir.
Je commence à trouver LES amis et je suis presque-sur-le-point de trouver LE mec ;-)
Mais vous me direz peut être que tout cela n'est qu'une idée. Une de plus. Car même si on y met le prix, même si on en paie le prix aussi parfois, même si on fait des efforts et même si l'on croit que c'est pour la vie, les gens, les choses bougent et évoluent et nous aussi et on y peut rien. Alors il n'y a plus qu'à faire comme pour le sac : espérer. Espérer que certaines premières fois seront aussi les dernières. Espérer que c'est le bon même si l'on sait bien qu'on risque d'en changer à la saison prochaine...;-)