lundi 24 juin 2013

Nutella ou compote ?

Il y a quelques mois je vous parlais de mon angoisse face à cet incessant "manger-bouger" qu'on nous assène dans toutes les pubs...L'angoisse est revenue. Seule devant mon ordinateur après une petite salade équilibrée, j'ai dû choisir : tartine au nutella ou compote sans sucres ajoutés ?


La compote me direz vous sans hésiter. Oui, c'est ce que je me suis dit aussi. Et pourquoi pas aller courir pendant qu'on y est ? L'été, la plage ne font pas bon ménage avec la cellulite et un corps pulpeux (oui pulpeux c'est plus flatteur que gras...). Sauf qu'on n'a pas d'été, que je vais aller à la plage dans 2 mois et que d'ici là j'aurai bien le temps de prendre 40 résolutions que je ne tiendrai pas.

Méditation, angoisse...j'hésite toujours face à ce choix cornélien. En même temps le Nutella ça réconforte, c'est prouvé (bah oui le chocolat aide à lutter contre la dépression et le Nutella c'est du chocolat...certes noyé dans l'huile de palme mais y a même des fruits secs dedans -la noisette - que m'a vivement recommandés mon homéopathe ! ).

Sauf que du coup, à quoi m'a servi la salade avant (j'aurais mieux fait de manger des lasagnes) et pourquoi avoir renoncé au tiramisu aux fraises ce midi ? Hésiter entre s'assumer sur la plage et faire halluciner ses voisines de serviette par un corps de rêve ? Marilou Berry l'a dit, c'est nul d'être grosse.

La cuillère est sortie, le pot de compote aussi. Sauf qu'à ce moment précis je me rappelle qu'on a un cycle hormonal et que si on mange sucré le matin et le soir on fatigue ce fameux cycle (si, si je vous assure!). Ajoutez à cela qu'il paraît que j'ai un terrain hormonal intéressant, vous imaginez ma nouvelle hésitation.

Alors c'est fait, je range tout : la compote au frigo, la cuillère avec ses copines dans le tiroir et je renonce. Ou plutôt j'accepte d'avoir une vie saine.
Mais un repas ne se termine pas comme ça. Alors, entre le nutella et la compote j'ai finalement choisi...la clope !

jeudi 20 juin 2013

A l'heure des thés



Le hammam à la grande mosquée de Paris, c'est une expérience.
Le hammam, c'est le truc à faire au moins une fois dans sa vie.
Le hammam, c'est fun.
Le hammam, c'est pour les gens cools qui prennent le temps de vivre.
Ca c'est la vulgate un peu bobo.

Pour certains, le hammam, c'est pas propre. «  Non mais attends l'hygiène bonjour quoi ! ». Bah oui c'est un milieu humide, il y a probablement des bactéries, mais des bactéries il y en a plein le métro et les bactéries c'est aussi la vie. Nous y confronter renforce même notre système immunitaire paraît-il.

Mais le hammam, c'est surtout le paradis des copines et du thé à la menthe, ce doux breuvage qui viendrait presque concurrencer l'expresso.
Le hammam est une joyeuse gynécée où l'on rigole et l'on piaille. On y vient entre copines et on papote en se faisant des gommages. On fait peau neuve au sens propre et au sens figuré. On se déleste des peaux sèches et des problèmes.
Le hammam, c'est un moment entre nanas, un moment où on en oublierait presque qu'on est féministe. Un de ces endroits où il fait bon se retrouver entre femmes. Pas parce qu'on aime pas les hommes mais parce qu'on est bien entre nous et parce qu'il est bon parfois de se rappeler qu'on est toutes faites pareils. Avec nos petits seins, nos grosses fesses, nos vergetures ou notre peau caramel.
Le hammam, c'est rassurant car on y rencontre des mamans, et même des mamies qui vous sourient.

Le hammam, c'est un certain art de vivre. A l'orientale mais surtout à la méditerranéenne. On lâche les portables et les montres. On se démaquille. On fait la sieste. On médite. On boit du thé sucré qui réchauffe le coeur et donne du relief et du goût au moment présent.
Le hammam, c'est aussi un voyage en orient. Les odeurs, les mœurs, les visages, les intonations, les rires et surtout la sieste. Dans notre société culpabilisante, c'est donc le lieu des oisives, des tire au flan. Mais, en réalité, on s'aperçoit bientôt que non seulement c'est nécessaire de couper mais que surtout ce n'est pas grave. A la sortie, le monde est toujours là : les klaxons...klaxonnent, les répondeurs...répondent, le monde a continué de tourner sans nous. Finalement, le hammam, c'est une leçon d'humilité qui fait du bien. Non, nous ne sommes pas irremplaçables et oui, nous pouvons nous éclipser.

Le hammam, c'est pour commencer l'été et pour se retrouver.
Le hammam, c'est l'heure des thés et d'été qui arrive et le jour qui tarde à se coucher.
Le hammam, c'est pas du luxe. Il faut  : vos meilleures amies, un corps fatigué par une année ou même une semaine ( allez ;-)) éprouvante pour mieux apprécier les soins et un peu de temps. 
Et c'est bien là tout ce qu'il faut pour ressentir un sentiment aussi simple que celui éprouvé devant un coucher de soleil,  ou lors d'une sieste dans un endroit calme loin du tumulte, un sentiment que  Lucrèce, poète latin du Ier siècle avant notre ère  dans le De natura Rerum, après Epicure a magnifiquement décrit  :
  1. "Suave, mari magno, turbantibus aequora ventis
  2. e terra magnum alterius spectare laborem ;
  3. non quia vexari quemquamst jucunda voluptas,
  4. sed quibus ipse malis careas quia cernere suave est. "