Le hammam à la grande mosquée de
Paris, c'est une expérience.
Le hammam, c'est le truc à faire au
moins une fois dans sa vie.
Le hammam, c'est fun.
Le hammam, c'est pour les gens cools qui
prennent le temps de vivre.
Ca c'est la vulgate un peu bobo.
Pour certains, le hammam, c'est pas
propre. « Non mais attends l'hygiène bonjour quoi ! ».
Bah oui c'est un milieu humide, il y a probablement des bactéries,
mais des bactéries il y en a plein le métro et les bactéries c'est
aussi la vie. Nous y confronter renforce même notre système
immunitaire paraît-il.
Mais le hammam, c'est surtout le
paradis des copines et du thé à la menthe, ce doux breuvage qui viendrait presque concurrencer l'expresso.
Le hammam est une joyeuse gynécée où l'on rigole et l'on piaille. On y vient entre copines et on papote en
se faisant des gommages. On fait peau neuve au sens propre et au sens
figuré. On se déleste des peaux sèches et des problèmes.
Le hammam, c'est un moment entre nanas,
un moment où on en oublierait presque qu'on est féministe. Un de
ces endroits où il fait bon se retrouver entre femmes. Pas parce
qu'on aime pas les hommes mais parce qu'on est bien entre nous et
parce qu'il est bon parfois de se rappeler qu'on est toutes faites
pareils. Avec nos petits seins, nos grosses fesses, nos vergetures ou
notre peau caramel.
Le hammam, c'est rassurant car on y
rencontre des mamans, et même des mamies qui vous sourient.
Le hammam, c'est un certain art de
vivre. A l'orientale mais surtout à la méditerranéenne. On lâche les portables et les montres. On se démaquille. On fait la sieste. On
médite. On boit du thé sucré qui réchauffe le coeur et donne du relief et du goût au moment présent.
Le hammam, c'est aussi un voyage en
orient. Les odeurs, les mœurs, les visages, les intonations, les
rires et surtout la sieste. Dans notre société culpabilisante,
c'est donc le lieu des oisives, des tire au flan. Mais, en réalité,
on s'aperçoit bientôt que non seulement c'est nécessaire de couper
mais que surtout ce n'est pas grave. A la sortie, le monde est
toujours là : les klaxons...klaxonnent, les
répondeurs...répondent, le monde a continué de tourner sans nous.
Finalement, le hammam, c'est une leçon d'humilité qui fait du bien.
Non, nous ne sommes pas irremplaçables et oui, nous pouvons nous
éclipser.
Le hammam, c'est pour commencer l'été
et pour se retrouver.
Le hammam, c'est l'heure des thés et d'été qui arrive et le jour qui tarde à se coucher.
Le hammam, c'est
pas du luxe. Il faut : vos meilleures amies, un corps
fatigué par une année ou même une semaine ( allez ;-)) éprouvante
pour mieux apprécier les soins et un peu de temps.
Et c'est bien là tout ce qu'il faut pour ressentir un sentiment aussi simple que celui éprouvé devant un coucher de soleil, ou lors d'une sieste dans un endroit calme loin du tumulte, un sentiment que Lucrèce, poète latin du Ier siècle avant notre ère dans le De natura Rerum, après Epicure a magnifiquement décrit :
-
"Suave, mari magno, turbantibus aequora ventis
-
e terra magnum alterius spectare laborem ;
-
non quia vexari quemquamst jucunda voluptas,
-
sed quibus ipse malis careas quia cernere suave est. "

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