Bon ok, vu comme ça, ça
part mal. Des nouvelles chansons on en écoute tous les jours, et à
n'importe quel moment de l'année, puis le plaisir d'acheter un
nouveau disque – oui, allez, même à la FNAC – a disparu. Avec
internet on peut avoir sa chanson en 30 secondes et la couper au bout
de 30 secondes si ça nous chante. On passe à autre chose, on veut
tout écouter, tout connaître.
Vous l'aurez compris,
niveau musique j'aime prendre mon temps donc cet état d'esprit et
ces nouvelles habitudes me gonflent un peu. Du coup, j'ai décidé de
profiter de la rentrée, cette période si chargée, pour prendre le
temps. Prendre le temps d'écouter les quelques chansons qui
circulent déjà des nouveaux albums de Janelle Monae ou d'Arctic
Monkeys prévus cet automne. Prendre le temps d'écouter ces groupes
de rock au nom souvent ridicule qui ont sorti des chansons avant
l'été et que j'ai laissé passer ou presque. Vivre ces moments où
l'on se rend compte que souvent, cette chanson, là, on l'a déjà
entendue.
J'ai aussi pris le temps
de me poser un moment devant mon ordi et de parcourir la toile pour
trouver du nouveau -Baudelaire n'est définitivement jamais très
loin- , ce que j'adore faire mais que je fais trop peu, vraiment trop
peu à mon goût. Et puis bien sûr et c'est presque le meilleur,
j'ai pris le temps redécouvrir des vieux trucs, des sons qui ont
l'air si modernes mais qui datent des années 60, des chansons
inconnues d'artistes connus ou même des groupes, des chanteurs, des
chanteuses d'une renommée certaine que je n'avais jamais pris le
temps d'écouter.
L'autre jour, plaisir
coupable, devant une certaine émission de Stéphane Bern, j'ai
entendu qu'après son passage en France alors qu'il était enfant,
Mozart fut aussitôt oublié. Cruelle déception quand il revient,
une fois adulte, croyant que personne ne l'a oublié... Encore une
fois, pour ceux qui en douteraient encore, voilà bien une preuve que
même certaines petites anecdotes de l'histoire nous apprennent
quelque chose sur notre temps : Mozart, perdu au milieu de
dizaines d'autres d'enfants prodiges à la Cour de France, un tube de
l'été parmi des dizaines d'autres... En tout cas moi je ne me
rappelle pas de ce qui a transporté les foules en 2006.
Alors pour éviter ça,
même à la rentrée, je me pose, je me laisse guider et vous
laisse avec une petite chanson d'un groupe écossais bien connu pour
vous faire sautiller en préparant votre cartable.
Nouvelle année, nouvelle rubrique. Un truc très à la mode en
ces temps de bridezilla-mania où la future mariée prend souvent des airs
d’hystérique de la pièce montée.
Parce que oui je me marie. Bon en soi, c’est pas ouf, plein
de gens se sont mariés avant moi et il y en aura des tas après moi. Sauf que moi
j’en reviens pas : sans être une hystérique, des fois je me surprends à
sourire béatement en me disant que dans moins d’un an maintenant, je vivrai un
des plus beaux jours de ma vie.
Niais ? Et bien oui. Parce qu’un mariage sans niaiserie
ça n’existe pas. Mais en attendant le grand jour, ces moments de béatitude sont tout de même ponctués par de
sacrées angoisses. L’organisation, les idées, les questions (op)pressantes.
Tout ça concourt à vous transformer en une surexcitée du crépon et du papier de
soie.
Un exemple : le thème du mariage.
Mon angoisse n°1. A peine annoncée la bonne nouvelle, on me
harcèle déjà : c’est quoi le thème ? Déjà je ne comprends pas le
concept…en gros je choisis une idée et je fais tout en fonction ? Si
j’opte pour la mer ça veut dire qu’on se retrouve avec des poissons et des
étoiles de mer partout ? Et si c’est la montagne : on fait une
animation ski sur herbe, on met des combis Northface et on mange avec de
charmantes marmottes en plastique en porte-couverts ? Pas possible. Pas
moi. J’aime pas les marmottes et j’ai peur des fruits de mer (c’est étrange, je
sais).
Rapidement, je sens que c’est la question à esquiver et je
la joue «anticonformiste », il n’y aura pas de thème.
Sauf que je ne le suis pas et mon cerveau erre à la
recherche DU thème représentatif de notre couple. Je sens que je vais nous
trouver une passion commune MAIS originale (et oui parce qu’en plus il
faut être original) :
- la montagne ? Ok il en vient, mais je n’aime pas le ski.
- la mer : Aucun rapport avec nous sauf si on compte les étés à Rosas sous
des parasols Heineken. Comme déco raffinée (bah oui quand même, j’ai quelques
exigences) on a vu mieux.
- l’Espagne ? On y a vécu, on y va souvent : sauf que la déco toros y flamencas ou rouge et jaune avec
churros party pour éponger, je la sens trèèèès mal…
- la musique ? Il écoute du hard rock, moi de la varièt’ ou des musiques
du monde sorties de nulle part.C’est un
sujet tabou.
- La campagne ? Il vient de la ville...
O rage, ô désespoir ! Cette histoire de thème me monte
à la tête : on n’a rien en commun ! L’Homme imperturbable et
flegmatique me rassure (parce que je lui dis of course !) : les
thèmes c’est nul, on s’en fout, on n’a qu’à faire « nous » comme
thème. Génial. Je suis vachement avancée. C’est quoi le thème nous ? Nos
photos partout ? Ah bah on pourrait faire « blonds et bruns » ou
« espagnols et russes ». 3e conflit mondial en perspective
ou blagues lourdingues assurés.
Je lâche le thème. En désespoir de cause, une copine me
propose Marlboro, « avec tout ce que tu fumes ils pourraient même te
sponsoriser ». Coool. J’adore mes copines ;). On me dit de choisir
deux couleurs : oui mais ça ça m’angoisse encore plus : binaire,
manichéen, rigide, voilà ce que ça évoque pour moi deux couleurs. Et puis je ne
saurais même pas choisir deux couleurs.
Nouvelle angoisse : en fait je n’ai pas de
personnalité.
J’arrête de chercher : le thème viendra ou ne viendra
pas, parce que si ça continue le thème sera « dépression nerveuse ».
Tant pis.
Quelques mois plus tard, je relativise. En fait le coup du
thème c’est le truc à la mode. Sauf qu’on n’a pas tous un élement qui nous
caractérise genre la musique, Paris, la mer, la Provence. On a juste des
envies, des idées qui se font jour petit à petit. Je pique des idées par-ci,
par-là. Je mets du liberty, des fleurs des champs. Alors vous me direz thème
bucolique ? Thème romantique ? Pfff, je sais pas, juste thème
« Les Nounous » comme on nous surnomme déjà par chez nous.
A suivre : Rendez-vous en terre inconnue : le
Salon du Mariage (ça sent l’aventure…)
« La
femme est bien dans son droit, et même elle accomplit une espèce de
devoir en s’appliquant à paraître magique et surnaturelle; il
faut qu’elle étonne, qu’elle charme; idole, elle doit se dorer
pour être adorée. Elle doit donc emprunter à tous les arts les
moyens de s’élever au-dessus de la nature pour mieux subjuguer les
cœurs et frapper les esprits. Il importe fort peu que la ruse et
l’artifice soient connus de tous, si le succès en est certain et
l’effet toujours irrésistible. (…) Quant au noir artificiel qui
cerne l’œil et au rouge qui marque la partie supérieure de la
joue, bien que l’usage en soit tiré du même principe, du besoin
de surpasser la nature, le résultat est fait pour satisfaire à un
besoin tout opposé. Le rouge et le noir représentent la vie, une
vie surnaturelle et excessive; ce cadre noir rend le regard plus
profond et plus singulier, donne à l’œil une apparence plus
décidée de fenêtre ouverte sur l’infini; le rouge, qui enflamme
la pommette, augmente encore la clarté de la prunelle et ajoute à
un beau visage féminin la passion mystérieuse de la prêtresse.
Ainsi, si je suis bien compris, la peinture du visage ne doit pas
être employées dans le but vulgaire, inavouable, d’imiter la
belle nature, et de rivaliser avec la jeunesse. On a d’ailleurs
observé que l’artifice n’embellissait pas la laideur et ne
pouvait servir que la beauté. Qui oserait assigner à l’art la
fonction stérile d’imiter la nature?
Le
maquillage n’a pas à se cacher, à éviter de se laisser deviner;
il peut, au contraire, s’étaler, sinon avec affectation, au moins
avec une espèce de candeur. »
C'est
pas moi qui l'dis ! C'est Baudelaire.
Je
me suis achetée un nouveau rouge à lèvres. Encore et toujours. Un
rouge à lèvres Chanel « Rouge Passion » pour les grands
soirs et surtout les petites soirées. Bah oui, un pour tous le jours
et un pour sortir. Ca semble évident, non ? Du moins pour
certaines « Sephora addict » qui se reconnaitrons ;-). Et
pourtant. Se maquiller n'est pas toujours une évidence et peut être
l'objet de controverses.
En
dépensant une nouvelle fois une petite fortune en maquillage, j'ai
pensé à cette réflexion de Baudelaire. Je suis allée la relire
pour me rassurer peut être, pour trouver une caution à mes fols
achats et je me suis demandée si j'étais vraiment d'accord avec ça.
D'un
côté, je trouve ces mots d'une modernité et d'une liberté
magnifiques. Bien sûr, je ne cite ici que quelques passages mais le
poète s'interroge sur le naturel et l'artificiel et sur la quête du
Beau.
Qu'est
ce que le Beau ? Est il nécessairement naturel ? Est il
obligatoirement le résultat de l'action de l'homme ? Beaucoup
d'artistes, de philosophes se sont posés la question.
De
mes lectures, je n'ai retenu que la phrase suivante : « Le Beau est ce qui met tout le monde d'accord ». Même si je ne
sais plus de qui sait je pense que c'est surement un type important
et très brillant. Cette citation est liée dans mon cerveau
tourmenté à cette pub d'Orange qui passait pendant les bandes
annonces au ciné où l'on voyait des gens se prendre « une
claque ».
Donc :
Où se loge, se cache la beauté ? Et plus particulièrement :
Qu'est ce qu'être belle ?
J'écarte
toute considération sur le charme ou le style pour parler en fait du
maquillage.
Se
maquiller est un acte intime, un cadeau, un plaisir. Quelque chose
qui requiert une initiation.
De
votre mère que vous avez toujours vue porter du rouge à lèvres rouge à vos copines
qui vous offrent votre premier blush en passant par celle qui vous
apprend à vous mettre du crayon noir.
Se
maquiller est un partage. Un partage de secrets, de petits moments volés dans la salle de bain.
Mais
se maquiller est ce que c'est vraiment comme le dit Baudelaire
sublimer la nature et faire du Beau ? On peut se le demander.
Nous avons toutes vu et commenté les maquillages de ces filles
fardées, poudrées, eyelinées ( mot que je viens d'inventer;-)) à
outrance et nous nous sommes toutes souvent exclamées en cœur :
« C'est trop ! » « C'est affreux ! ».
Mais
est ce que c'est vraiment si affreux ? Est ce que ce n'est pas
ça en réalité suivre la mode, être fun ? Être funky en assumant de porter
des trucs absolument oufs et décalés ?
Et
puis est ce qu'on est vraiment mieux au naturel ? Sérieux, au
réveil, avec la trace du drap, c'est mieux ? Touchant, chou,
oui mais mieux ?
Un
de mes meilleurs amis, s'est exclamé un jour au petit dej' comme nous nous
réveillons tous lors d'un week end mémorable en Provence « Tiens ça fait longtemps que je ne t'avais pas vu
au naturel, je suis content de te retrouver ». Je lui ai
expliqué que je n'avais pas l'impression de m'être perdue. Nous
sommes partis dans une discussion là dessus. Après avoir chouiné
et aprés avoir fait semblant d'être vexée, j'ai réfléchis et
j'ai compris que oui, il avait peut être raison. Je me suis
maquillée tard. Si j'y prends maintenant du plaisir, ce
changement, c'est sûr, révèle un passage et soulève des
interrogations que seul un ami, quelqu'un qui grandit à vos côtés et qui vous voit évoluer peut cerner et soulever.
Est
ce que je suis une autre quand je me maquille ?
Oui,
probablement. Une autre qui se veut plus belle, plus assurée. Une
autre qui veut parfois aussi certains jours se cacher derrière son
terracotta et son noir aux yeux.
Finalement,
le maquillage ne nous rend pas spécialement plus ou moins belle, il
nous permet juste d'être une autre.
Une
fille plus funky qui essaie le mascara bleu turquoise cette été.
Une
fille pimpante avec son joli rose au joues.
Une
femme fatale au rouge à lèvres rouge.
Une
éternelle adolescente qui essaie de se faire les smoky eyes avec ses
copines certains dimanches soirs.
Une
femme adulte, une working girl qui dans le tourbillon de la vie
n'oublie pas de prendre soin d'elle pour plaire. Mais pour plaire à
qui en fait ? Ca c'est peut être une autre histoire et ça
dépend des moments. ;-)
Retenons
donc que : « Le rouge et le noir représentent la vie,
une vie surnaturelle et excessive. » Et remercions encore une fois Baudelaire pour ces jolies choses.