jeudi 5 septembre 2013

The kind of magic by Tony.




A l'heure des barbes voluptueuses, drues ou fines, fournies ou parsemées, poivre et sel et autres formes atypiques, il est bon que chaque homme, normalement constitué, en quête d’une virilité supplémentaire - action d’exacerber son coté homme des cavernes enclin à la ressemblance Chabalienne - opte pour l'abandon du rasoir.

Un abandon simple, mais efficace. Alors oui : boudez votre mousse à raser et votre rasoir 3 lames électriques, à lames jetables voire vibrantes pour les plus pittoresques d’entre vous, chassez- les de vos sacoches et de vos tiroirs et arborez une splendide barbe !
Notez qu’en plus d’un confort de peau, votre tire lire vous remerciera de surcroit. Car à l’heure des lobbyings marketing, chaque rasoir gagne quelques centimes d'euros de plus au fil des nouveautés. Et c’est ainsi qu’en convulsant devant le prix des lames aux supermarchés j’ai jeté l’éponge aspirant à un retour aux choses simples : le plébiscite des poils. 
Voilà donc déjà deux ans que j’arbore une jolie barbe noire et rien à dire à ce sujet, mon sex-appeal a pris un net envol – effet collatéral ou simple concours de circonstances ? ça c’est une autre question !Et tout ceci face au désarroi des hauts noms de l’industrie du rasoir qui préféreraient surement nous voir avec un visage juvénile et angélique afin d’engendrer à la hausse leur chiffre d’affaire et marge associée.

Mouvement culturel, avec le temps la barbe est devenue un objet de mode, ou sa popularité ne serait plus à démontrer – cooptée par les mouvements Hipster, que je remercie d’ailleurs.
En effet, les hipsters sont aujourd’hui partout, et non plus seulement à la capitale. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux un instant, ces nouveaux bobos déambulent dans toutes les rues, troquets et bistrots, et autres endroits en vogue. Caricaturalement vêtus d’une chemise à carreaux, d’un sac en toile, perchés sur un fixie, portant une coupe bien déstructurée généralement très courte sur les tempes et plus « fouillonne » sur le dessus. Sans oublier l’inévitable barbe, éléments caractéristiques du mouvement : cette barbe de dix jours, épaisses et protectrice.
Oh oui, que Gillette se réjouisse amèrement, mais les hipsters sont partout et avec eux, le port de la barbe se popularise.

Mais je m’égare, revenons donc au point initial du sujet, LES BARBES et plus égoïstement, MA BARBE, elle était belle, présente et faisait ressortir en moi ce charisme qui me manquait… mais voilà éternel insatisfait, empêcheur de tourner en rond, putain de génération Y me direz vous, j’ai voulu une fois de plus changer et ce sont les vacances qui auront emporté avec elles mon attribut velu. N'en déplaise à quiconque, ma barbe a laissé place à une ravissante moustache qui aiguise mon caractère tout en me démarquant significativement du monde environnant. En fidèle acteur de notre génération, je suis branché voire connecté et mes états d’âme de poil sont figés dans les tabloïds du net- attitude puérile ou superficielle pour certains mais obsessivement réconfortant pour les addicts - je vous laisse vous reconnaître.

Mario Bross, Don Diego, Dali, De Musset, Mercury, tout autant de « person’stachu » qui alimentent nos références dans le domaine. En ce qui me concerne, ils alimentent surtout les railleries et gentils quolibets amicaux qui sévissent depuis ce fameux jour de tonte mais je refuse d'être le Bouc Emissaire de l'éternel manque de folie voire de spontanéité des gens : j’assume la nouveauté et pire encore je la plébiscite !

Paradoxalement cela me fait sourire et participe activement à l’assurance que je ressens depuis que je la porte.

Pour le reste, je l’accorde, le style procuré est nettement plus décalé, plus pointu et affirmé, alors oui, je vous le confirme cher barbu, n’ayez pas crainte de raser la barbe et de laisser ces quelques poils au dessus de vos lèvres supérieures.
Mettez de coté vos rancœurs contre l’industrie du rasoir et ressortez vos blaireaux bien enfouis. Amusez-vous de vos poils, tournez-les, travaillez-les, car nous n’avons qu’une vie, qu’une jeunesse et qu’il serait si triste de s’ennuyer dans les trames plates et monotones du quotidien. La mode ouvre des portes, saisissez-les mais surtout amusez-vous avec et cela ne saura déplaire à la gente féminine ou à l’autre d’ailleurs ;-).



3 commentaires:

  1. Effectivement il est parfaitement viril de porter une barbe de longue haleine :Cela suppose un effort car elle pique. Cela suppose des frais car il faut l'hydrater , la soigner , la couper , la ratiboiser. Avec poils ou pas alors?

    Le poil e c'est la migraine de l'homme il le scrute le soigne , l'entretien ou la ratiboise tutti quanti rapido-finito à l'aune de son humeur et de ses engagements : Glander, c'est laisser pousser , raser c'est re-partir de l'avant.

    Du poil oui ! en toute simplicité et sans chichis cher Tony.

    RépondreSupprimer
  2. "je refuse d'être le Bouc Emissaire de l'éternel manque de folie voire de spontanéité des gens : j’assume la nouveauté et pire encore je la plébiscite !"

    Tu portes une moustache ? Ouah... je suis abasourdi par ta folie, ta spontanéité. Continue dans ta voie : les autres ne comprennent rien à ton prophétisme pileux.
    Voyant la masse noyée sous un flot de lâches compromissions (barbes, boucs et autres visages glabres), un homme a décidé de refuser. Tel l'homme révolté de Camus, il relève la tête face à la dictature du commun, et ne saurait ployer devant la platitude purgative de tous ces hommes qui refusent (mais pourquoi ? Parce qu'ils ont trop peur ? Trop honte ?) de porter la moustache. Grâce à celui qui dit non, et dessine sur ses lèvres, d'un fin trait de poil, l'éclair infini du refus, de l'originalité et de la joie, nous sommes à l'aube d'une révolution.

    "Amusez-vous de vos poils, tournez-les, travaillez-les, car nous n’avons qu’une vie, qu’une jeunesse et qu’il serait si triste de s’ennuyer dans les trames plates et monotones du quotidien"

    Oui, portons une moustache pour insuffler à notre vie une nouvelle énergie : la moustache, c'est la nouvelle spiritualité. Désormais, ma vie sera dans mes poils - et fi de ce morne quotidien, que je vaincrai à coup de mousse et de Wilkinson.

    "cela ne saura déplaire à la gente féminine"

    A la GENT féminine

    RépondreSupprimer
  3. Dénoncer l'industrie du rasoir et le consumérisme afférent, vomir le conformisme pileux, certes, il fallait oser : Tony, vous l'avez fait. Spartacus de la moustache, vous épinglez ces lâchetés minuscules qui font notre "quotidien monotone" ; vous traquez - et trouvez - la médiocrité partout où elle se loge. Avec l'oeil d'un Ponge et l'irrévérence de Chamfort... Bien sûr, il est étourdissant de penser que l'inventeur de la chasse d'eau fit preuve d'une intelligence quinze fois supérieure à la vôtre, et que lui, au moins, promut le "quotidien" des hommes. Sûrement avait-il, lui aussi, des "états d'âme de poil" - audacieuse formule, dont l'originale saveur élucide l'infime, la ludique plasticité de la condition humaine. Je devine, derrière ces renversantes maximes, la sentence valéryenne - que "le plus profond chez l'homme, c'est la peau"... Non, lui objecterions-nous : c'est le poil. Cette érection intermédiaire entre le monde et la personne (et Dieu sait que le poil peut servir de masque - "persona"), entre autrui et la conscience qui le nie, qui l'amuït, comme un silence de chair...
    "Amusez-vous de vos poils (...) car nous n'avons qu'une vie" : ô insoutenable légèreté... Depuis Maître Eckhart, je n'avais rien lu d'aussi profond. Car le poil, n'est-ce pas l'éphémère par excellence?
    Précieux intérim, Tony. Vous pouvez dignement repasser la main à Babel et Biega, dont j'adore les post, ces plages textuelles d'une espièglerie mordante, comme des éclaboussures de vérité... (j'aime moins Popeline : ses textes manquent de finesse et de malice à mon goût, pour dénoter quelque "prétention" - désolé!)

    RépondreSupprimer