Le pape démissionne. C'est tombé il y
a deux jours. Un lundi. Comme ça.
Oui, il démissionne. Il s'arrache, il
n'y arrive plus. Et tout le monde, passé le choc pour certains,
s'extasie, salue le geste et « l'entrée de l'Eglise dans la
modernité. » Car oui Rimbaud l'a bien dit : « il
faut être absolument moderne ».
Et moi, je fais comme d'habitude, je
râle. Oui je râle et de façon exagéré - parce qu'on ne se refait décidément pas - je déplore. Je déplore comme à l'époque
médiévale ou plutôt comme le Christ qui doit se retourner dans sa
tombe, ah non mais il n'y est plus de toute façon ;-)
Je ne vais pas vous livrer ici mes
croyances intimes, mes ressentis, dans cette société du
voyeurisme, de la non pudeur, je ne vais pas verser là dedans. Et
puis de toute façon une de mes professeures d'histoire m'avait dit
un jour que deux domaines échapperaient toujours à l'historien, aux
gens et à l'analyse en général : la sexualité et la foi. Ma
foi n'est donc pas l'objet de ce post.
L'objet de ce post est ce que symbolise
pour moi le geste du pape.
Je ne trouve pas ce geste « très
moderne » ou « porteur d'espoir. »
Non, je ne suis pas rétrograde –
même si j'avoue avoir surkiffé le discours en latin. Je trouve
juste que l'on oublie que le pape est avant tout un symbole, une
représentation concrète, humaine d'une notion abstraite. Dans cette
société en perte de symbolisme, on oublie la puissance des
symboles.
Le pape comme m'a dit une amie c'est le
quasi deus in terra. C'est le vicaire du Christ. C'est à la
fois une personne et une abstraction.
Et là, que fait le symbole ? Il
abandonne. Parce qu'il est vieux, parce qu'il n'y arrive plus. Parce
que je ne sais pas trop. Mais ce n'est pas important à mon sens, il
doit avoir de bonnes raisons. On en a tous.
Alors, voilà, moi, je trouve que cela
n'est pas très « porteur d'espoir ».
On assiste selon moi à une forme de
contamination. Les mœurs qui se déploient, les logiques à l'oeuvre
dans nos sociétés ont contaminé la société chrétienne. C'est le
turn over au Vatican aussi. Le commun des mortels changent
d'avis, de métiers, de mecs et le Vatican change de pape.
On se lasse, on se quitte, on
s'abandonne, on n'assume plus rien. Et finalement à mon sens le pape
aussi en tout cas c'est ce que m'évoque son geste.
Je ne suis pas de ceux qui croient que
le changement est toujours bon dans tous les domaines.
La religion est un choix, un choix
intime, un idéal et elle ne doit justement pas subir les influences
extérieures. Bien sûr, on va me dire : « Et le
préservatif ? » Et oui quoi le préservatif ce n'est pas
parce que le pape ne le conseille pas qu'il ne faut pas en mettre. Je
pense que tout est une question de choix et d'équilibre.
Et aujourd'hui ça me rend triste que
même le pape abandonne. Quand moi j'ai parfois envie d'abandonner.
Mais moi au fond de mes possibles abandons, on s'en moque, je ne suis
pas à la tête de la chrétienté. Je ne guide pas des millions de
fidèles.
Je ne suis pas naïve, nos dirigeants religieux ou
politiques ne sont que des hommes je le sais bien mais des hommes qui
se doivent d'être exemplaires. De nous montrer l'exemple, de tracer
un idéal même inaccessible. Et ce n'est plus le cas. Non parce que
la normalité, je la vois tous les jours dans ma glace et au café
d'en bas, c'est sympa la normalité mais j'ai besoin de rêver.
Donc voilà, quelques jours avant le début du Carême le pape démissionne. Et
nous ?
Bah non. Nous, on continue, on assume
et on reste. On fait le gros dos et on attend que le mauvais temps
passe. On persévère. On y croit, on tombe, on trébuche mais on
reste pour nous, et pour le symbole. La beauté, la magie et
l'espoir...du symbole.
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