samedi 16 février 2013

Tu prends ou tu prends pas ?

Si quelqu'un décide de ne plus être ton ami c'est qu'il ne l'a jamais vraiment été. Aristote a dit ça. Ou un truc du genre. En tous les cas, c'est un peu compliqué son histoire et je ne suis pas sûre d'être d'accord. Je dis pas sûre, parce que c'est dur de pas être d'accord avec Aristote quand on n'est pas une grande philosophe. 

Dans ma vie de catégories il y a les amis, les copains, les potes, les deux dernières catégories sont parfois et pour mon plus grand plaisir des amis en devenir. Mais ça ce n'est pas vraiment moi qui décide, c'est la vie, les affinités, les occasions, et le plus souvent de belles rencontres. Si je repense à mes amitiés, je me rends compte à quel point elles supportent mal le temps avec son lot de changements et de déménagements. Ceux qui étaient au coeur de ma vie il y a peu sont aujourd'hui loin, voire partis...

On aimerait continuer à partager avec eux, savoir ce qu'ils deviennent, leurs projets, leurs victoires, leur témoigner notre affection. Mais le point positif, parce qu'au fond il y a toujours un point positif, c'est qu'il y a ceux qui restent et les nouveaux, ceux qu'on se fait un plaisir d'accueillir dans sa vie et qui nous accueillent en retour. Alors non parfois on n'est plus ami avec les gens à cause de la vie tout simplement. A cause de la vie et de ses aléas, grands ou petits, à cause du changement. Alors qu'on se le dise, je ne suis pas d'accord avec Aristote ! Après tout dépend de ce qu'il entend par ami...Et là ça commence à se compliquer sérieusement.

C'est vrai ça, c'est quoi un ami ? Je crois que c'est quelqu'un dont on peut peser le pour et le contre : on le connaît suffisamment bien pour savoir ses qualités, ses défauts, ses points forts, ses points faibles. Un genre de SWOT de l'amitié (Strengths-weaknesses-opportunities-threats, ça c'est mon nouveau côté com'). Quand on est ami, on l'est donc en connaissance de cause.

Alors ce n'est pas toujours évident de se livrer sous un jour peu glamour, de faire des compromis, d'accepter les défauts de l'autre ; pas évident de tomber le masque ; pas évident non plus de tout prendre chez l'autre.

Et pourtant on a tous un ami toujours en retard, un ami désorganisé, un ami autoritaire, un ami boudeur voire renfrogné. Celui qui vous déplace 5 fois de suite un rendez-vous ou raccroche deux fois en cours de conversation parce qu'il a un double appel et du coup vous avez l'impression de téléphoner entre deux tunnels alpins. Celui qui ne vous donne pas de nouvelles pendant deux mois et vous contacte alors que vous commenciez à appeler tous les hôpitaux et funerariums de Paris. Mais cet ami c'est aussi celui qui vous dit que le bun vous va bien, qui écoute vos crises existentielles (et dieu sait qu'il y en a), qui vient vous chercher à la gare et vous aide à porter vos valises dans le métro, qui vous aide à monter un meuble ikéa jusqu'à minuit un samedi soir, un ami qui serait capable de vous accompagner dans une grosse baston parce qu'au fond vous êtes son ami.

On a tendance à faire la liste des points négatifs : elle est snob, il est à l'arrache, elle est psychorigide...en oubliant que vous enfumez tous vos amis à chaque rencontre, que vous pouvez être particulièrement désagréable quand vous êtes de mauvaise humeur et que vous êtes boudeuse et possessive. 1 point partout. Sauf qu'en amitié on n'est pas au football américain, on s'en fout. Les points sont là, ils vont, ils viennent et je ne suis pas sûre de pouvoir tenir une telle comptabilité très longtemps à moins d'en faire un tableau Excel. Sauf que là ça deviendrait grave.

L'amitié c'est donc aussi le flou, l'incertitude. Les plaisirs sans prise de tête et les bouderies sans lendemain. Les bons moments et les moments les plus mauvais. Les attentions sans retour et les attentions qu'on n'attendait pas. L'amitié c'est tu prends ou tu prends pas.
L'amitié c'est indispensable... sans ça on est un peu tous des "hommes inachevés"...

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