mardi 30 juillet 2013

Bons baisers de...


« Un petit coucou de la mer où tout se passe pour le mieux. Soleil, farniente et glaces sont au rendez vous. A très bientôt ! Bisous. Affectueusement. A »

« Une pensée agréable de Rome où tout se déroule pour le mieux. Nous profitons de la ville. Musées et balades s'enchainent. C'est superbe ! A bientôt pour de nouvelles aventures parisiennes. Je vous embrasse. A. »

« ... »

A chacun ses formules familières, ses expressions chéries, ses trucs et ses secrets. Comme à chacun sa famille, à chacun ses cartes postales. On pourrait presque appliquer la tournure bien commode mais qui ne veut quasiment plus rien dire : Dis moi quelle carte postale tu envoies et ce que tu écris dessus, je te dirai qui tu es.


Qu'écrire sur la carte postale ? Voilà une des grandes questions existentielles - la seule même pour certaines - en ces deux mois d'été.

D'aucun font les fiers et se demandent pourquoi s'enquiquiner à envoyer des cartes postales ? C'est vrai quoi maintenant il y a les mails, les sms. On est connecté et surconnecté. En plus c'est la crise : tout augmente et même les cartes postales. Et puis la Poste marche mal, tout va à vau l'eau. Si c'est pour qu'elles arrivent en septembre les cartes postales, c'est pas la peine. Non vraiment pas la peine de gâcher du temps, de l'énergie et de l'argent pour rien. Et puis c'est has been la carte postale. C'est pour les beaufs. Enfin, ne montrons surtout pas par orgueil mal placé que oui on a pensé à la personne, que oui on a pris du temps pour lui écrire un mot.  C'est un aveu de faiblesse !

Et bien, je dis non, non, non et non à tout cela. La carte postale ce n'est pas has been et ça a plutôt un côté suranné je dirais même vintage.






La carte postale c'est le synonyme, le paradigme, le parangon, la quintessence des vacances. Bref pour arrêter de faire cuistre la carte postale c'est les vacances. On quitte Paname ou son petit chez soi pour un ailleurs toujours follement exotique et on a envie de le dire et de le crier.

La carte postale, c'est pour faire un clin d'oeil à des gens qu'on oublie dans l'année. Déjà on prévoit une dizaine de cartes postales pour la famille : les mamies, les taties, les cousins, les oncles et les tantes, les amis des parents, les amis éloignés. Puis le reste c'est pour la joyeuse bande qui nous accompagne toute l'année au quotidien. Parfois je râle parce que ces gens que j'embête toute l'année, mes potos proches à qui je voudrais faire un clin d'oeil bah la plupart du temps ces gens là sont en vacances avec moi ;-) Je leur envoie alors les cartes à la rentrée.

La carte postale peut aussi être conceptuelle ou esthétique. Je ne parle pas des femmes à moitié nues qui ont traumatisé mon enfance lors de mes vacances en Espagne, non je parle des cartes à messages qu'il m'est arrivé d'envoyer pour renouer avec quelqu'un ou pour marquer le coup comme on dit.

Alors c'est vrai qu'envoyer des cartes postales peut couter cher. Entre les timbres et la carte et pour peu que vous ayez beaucoup de familles et d'amis, le budget peut grimper très haut. M'enfin au diable l'avarice !  Le budget postale c'est comme le budget glace ça fait parti des dépenses inextensibles comme ils disent !

Mais surtout écrire des cartes postales ça veut dire que c'est les vacances et qu'on s'ennuie et qu'on aime ça. On prend le temps dans la chambre d'hôtel pendant que Chou ou vos copines sont à la douche de rédiger quelques mots pour les gens sympatoches qui partagent notre quotidien et pour ceux plus lointains qu'on aime. On prend le temps de choisir les jolies pour ceux qu'on aime le plus ( hinhin). On fait attention à ne pas marquer la même chose aux gens qui se connaissent ou qui risquent de se croiser.

A la question donc, qu'écrire sur la carte postale ? Je répondrais : ce que vous voulez. Ecrivez ce que vous voulez, embrassez qui vous voulez mais écrivez et embrassez quand même ;-) N'écrivez même rien. Signez, faites une croix, un Smiley puisque la carte postale, c'est une pensée toute légère, un sourire, un clin d'oeil, une pensée d'été. C'est une institution qui fait du bien à envoyer et à recevoir.
J'ai vu qu'on avait la possibilité d'envoyer cet été des e-cards mais où passe donc le plaisir et la satisfaction de sortir vainqueur de l'épreuve du timbre ( savoir dire le mot timbre dans la langue du pays «  si, si une timmmmbrrrrrre »), de trouver la boite à lettres, le plaisir de choisir la carte postale en restant bloquée 45 min dans un magasin sans clim' ?

Vivent donc les cartes postales ! Et les lenteurs du facteur et de la Poste !
Vive cette période entre le 15 juillet et le 15 août où la France marche au ralenti, souffle un peu par ces temps de crise. Rien ne fonctionne vraiment, les téléphones des administrations sonnent dans le vide, les rares courageux qui bossent flânent, surfent sur internet, textotent ou font exploser leur taux de caféine à force de squatter la machine à café mais c'est normal : c'est les vacances d'été. Et fonctionnaires ou pas, tout le monde est frappé par cette délicieuse torpeur et indescriptible flemme.

Envoyons donc des cartes postales, jolies missiles qui ponctuent les délicieuses trêves d'été avant que ne reviennent les orages et leur lot de tracas. Car ils reviennent toujours malheureusement...
Mais pour ça, on verra après le 15 août.


dimanche 28 juillet 2013

La minute grognon: le dimanche soir




On y est. On y est presque tous arrivés, à ce moment de notre vie où juillet et août ne riment plus avec vacances permanentes, mais plutôt avec “ouais peut-être que tu peux avoir une semaine en juillet mais tant que t’as pas de gosses t’es pas prio.” Bref, c’est la merde. Finies les virées plage dernière minute entre copains, finies les apéros dans fin sur la terrasse, finies les longs soirs d’été dans le jardin à écouter les voisins qui eux ont une piscine. Parce que là où on vit, y’a pas de terrasses, pas de jardins, pas de piscines. Du moins, pas à soi. Et c’est un peu ça qui compte, non?

Donc voilà, on y est. Et tout ce qu’il nous reste, c’est le weekend. Le weekend dont les Québécois se moquent parce qu’on pourrait quand même se forcer un peu et dire “fin de semaine”, comme eux. Sauf que le weekend, ça veut pas dire week-end comme en English. D’ailleurs c’est pas prononcé pareil. Même quand Lorie le chante, c’était pas pareil. C’est un concept. Et oui, je peux le dire, c’est un concept que profondément, les Américains ne comprennent pas, et peut-être les Québécois non plus, mais ça, je n’en sais rien. Parce que nous, en France, on a le dimanche.
Je suis toujours étonnée de me trouver si rétrograde parfois. Il y a des jours où je suis bien contente que le supermarché soit ouvert 7 jours sur 7, 24h sur 24, quand j’ai une envie de mimolette ou de gazpacho tard le soir. Ceci est donc une réflexion sur le supermarché. Petite, j’adorais aller au Carrefour. C’était la sortie familiale, je croisais ma voisine Laura qui se débrouillait toujours pour faire passer une Barbie incognito sur le tapis de courses sans que ses parents s’en aperçoivent. On y allait à 9h, à la fraîche, avec les vieux, à l’ouverture. Il n’y avait personne, c’était bien, on pouvait courir dans les allées, retrouver papa sans se perdre, feuilleter les BD au rayon livre, et surtout, surtout, regarder la nourriture. Le rayon charcuterie, le rayon fromage. Les produits sont familiers, les marques aussi. Ici, tout est différent, tout change. Déjà, ça m’énerve. Ici, si je vais au supermarché un samedi parce que vraiment, je ne peux pas faire autrement, c’est l’horreur. Il y a du bruit, du monde, mais sans la familiarité sympathique du Carrefour de chez moi. Même maintenant quand je suis de passage à Paris, le Monop rassure; même le dimanche, ce n’est ouvert que le matin, pour les paresseux, et quand on y va, on sent bien que les gens viennent religieusement, il y a une sorte de silence, de calme, de communion du dimanche matin qui n’a rien à voir avec la messe. Parce que le dimanche, même s’il faut bien manger, c’est d’abord fait pour se cloîtrer chez soi, au calme, en famille.

Mais ici, le weekend, et surtout le dimanche, c’est juste une occasion de faire des trucs. Aller au gym, courir, faire les courses, voir des gens etc. C’est insensé. Même étudiante à Paris le dimanche c’était pas aussi intense; un dimanche, il faut rester assis un certain moment, sur un canapé, il faut qu’il y ait de la télé à un moment, de préférence l’après-midi en sieste, et il faut un bon repas. Je déteste le brunch, en fait. C’est quoi cette idée qu’il faudrait faire que deux repas le dimanche? S’il y a un jour où tu peux vraiment apprécier tes trois repas, c’est bien le dimanche; un bon petit-dèj après une grasse matinée, un déjeuner tard impliquant un poulet rôti et des pommesd e terre sautées, et une pâtisserie de la boulange, et puis un dîner après le ciné du soir – activité la plus intense acceptable un dimanche. Parce que s’il y a une chose qui est plus importante que le dimanche, plus sacrée, c’est le dimanche soir.

Avant, le dimanche soir, on commandait des sushis et on se faisait un film sur le lit, histoire de ne vraiment, vraiment pas sortir. Encore avant, on mangeait les restes du poulet du midi froid et puis il n’y avait rien à faire. C’est ça, le sacré du dimanche: il faut s’ennuyer, il faut qu’il n’y ait rien à faire, qu’il y ait du traînage, de la paresse.

Alors voilà, des fois, les States me choquent. Quand on me demande si je veux sortir prendre un café un dimanche à 18h, par exemple, ça me saoule. Pourquoi c’est ouvert? Pourquoi du café? Pourquoi être social? Si je dois voir plus de 4 personnes un dimanche, c’est un dimanche raté, sauf cas de force majeure. Alors peut-être que je suis un ours. Oui, mais comme le roseau pensant de Pascal, je suis un ours français.

vendredi 26 juillet 2013

De l'in-culture musicale ? by WOMA


C'est en lisant la critique du « déjà-presque-culte » album des Daft Punk, Random Access Memory sur l'excellent site Pitchfork.com que je me suis rendue compte d'une truc essentiel : la critique musicale nécessite une culture générale immense.

Prenons donc Daft Punk. On peut difficilement faire mieux dans le genre groupe français internationalement connu. On pourrait donc en conclure hâtivement qu'il n'y a pas grand chose à tirer de chansons que l'on écoute toute la journée à la radio, d'un groupe que l'on connaît depuis longtemps maintenant- pensée émue pour One More Time tout de même. On a l'impression que ce qu'ils devaient nous apprendre, ils nous l'ont déjà appris.

Daft Punk donc c'est la culture pop par excellence. Tout le monde connaît, tout le monde aime d'une discothèque cliquante de Cannes aux salons privés du Baron. Y'a pas à discuter. Et pourtant si on essaie de réfléchir un peu entre deux verres de rosé et deux siestes, on peut se torturer l'esprit et pondre de grandes théories comme on les aime.
Il suffit déjà d'écouter la piste n°3, « Giorgio by Moroder » où le manager des Daft Punk raconte d'une voix posée son extraordinaire vie. 9,04 minutes plus tard - et oui, les mecs sont généreux, de nos jours coller une chanson aussi longue sur un album aussi en vue, faut le faire- on se sent un peu moins connes.
Puis, parce qu'on veut toujours comprendre – ou chercher des poils aux œufs ?;-)- on lit la critique de Pitchfork.com (l'album est noté 8.8, bien joué) et l'on apprend que des musiciens pointus et doués comme les Phoenix, Pharell Williams et les Strokes mais aussi Steely Dan et les Pink Floyd ont collaboré à l'album. Bon, ça c'est pour la musique. Rien que de très classique niveau culture musicale et très attendu me direz-vous, pas de quoi fouetter un hipster.

Mais parler de musique c'est pas si facile, mettre des mots sur des sons, faire ressentir aux lecteurs, aux auditeurs les émotions que l'on a soi même ressenties c'est dur. Un intéressant échange entre Dider Varrod et André Manoukian il n'y a pas si longtemps sur France Inter nous le rappelait. Sacré Dédé qui nous fait continuer nos rêves tous ces jolis matins de juillet par ses programmations et ses lectures philosophiques...

Alors pour nous aider comprendre, le critique de Pitchfork.com évoque Phantom of the Paradise, chef d'oeuvre de 1974 réalisé par Brian de Palma. C'est horrifique, c'est musical, c'est HYPER daté et kitsch mais ça vaut carrément le coup. Ce film obsède nos deux mecs de Versailles. L'article ne nous dit pas pourquoi mais finalement si on a vu le film on peut en avoir une vague idée. Mais en réalité, même sans avoir vu le film on saisit une atmosphère, on réfléchit, le mystère c'est souvent pas si mal. Un peu comme quand on contemple un danseur, que l'on est émue mais que l'on ignore pourquoi. Et finalement qu'on ne veut pas savoir, surtout pas savoir, pourquoi.

Là est le délice de la critique musicale. On fait appel aux ressentis, aux émotions, les références ne sont qu'une porte d'entrée. Il faut savoir choisir ses critiques, ceux qui balancent des références inutiles on les reconnaît très vite de toute façon. C'est en cela que pour peu que l'on s'intéresse à la genèse d'un album, à l'implication d'un artiste, on apprend un tas de choses sans avoir l'impression d'être largué ou d'avoir une culture toute pourrie. Du moment qu'on commence à comprendre ce que veut dire le critique, une complicité s'installe, et même la vaniteuse mais très humaine fierté du « Ah mais ça je l'avais remarqué ». On a l'impression de s'y connaître, ce qui, si vous m'avez bien suivie ne veut pas dire grand chose, mais qui fait toujours plaisir.
Du monde merveilleux de la critique musicale on revient donc plus riche d'une petite anecdote qu'un pote de bon conseil a partagé avec nous. On s'est pas senties connes et on en est bien contentes. On se dit aussi qu'on ne gagne jamais rien à juger un groupe « mainstream ». On a appris que « même » les Daft Punk avaient une culture et aiment peut-être les mêmes choses que nous. Ouais, on est vraiment contentes du coup. Et c'est surtout parce qu'on a appris quelque chose là où l'on ne s'y attendait pas, mine de rien, sans s'en rendre compte.
De toute façon du moment qu'on s'intéresse à quelque chose, qu'on se donne la peine de comprendre, du moment qu'on laisse vagabonder notre curiosité, du moment qu'on lit, on apprend toujours quelque chose, on s'en fiche que ça serve ou pas. La beauté du geste comme on dit et surtout du désintéressement intellectuel.
Et pour bien s'en rappeler, on réécoute « Get Lucky » pour la 365 478 ème fois de l'été.



mardi 9 juillet 2013

Pédales si tu t’aimes : on a testé l’aquabiking !



Dans la série aidez-moi à ressembler à Beyoncé pour H&M cet été, j’ai testé…l’aquabiking ! Vous savez ce truc où on pédale dans l’eau. LE sport révolutionnaire du moment censé faire fondre vos graisses aussi rapidement que le soleil malmène la tablette de chocolat oubliée sur la table.



Après avoir loupé un certain nombre de ventes privées aux prix imbattables (des mauvaises langues parleraient d’acte manqué), je me suis lancée. Finie la clope, je réinvestis mes économies dans un sport hors de prix en me disant que cette fois c’est la bonne. Je vais enfin aimer le sport. 

Ma vie est censée changer dans une cabine dorée (non non ce n’est pas une métaphore, la cabine était vraiment dorée) du Marais, devant un écran plat, mes gambettes s’activant frénétiquement sur des pédales. Si on omet le fait que j’ai mis la crème anti-irritations pour les cuisses sur les pieds (oui, c’est bizarre, je sais, mais on ne peut pas toujours briller par son bon sens…) et que la télé était coincée sur Virgin 17, c’était vraiment top. Sensation d’avoir fait du sport, dans un quartier sympa, et surtout, ça se voit déjà, ce truc marche ! 

L’Homme a beau essayé de saper mon enthousiasme en ergotant sur le caractère « sportif » de l’aquabiking et en le renommant « aquaponey ». PPffff, je m’en fiche, je vais être une bombasse. La preuve, j’y retourne (ce qui m’arrive assez rarement) et EN PLUS, j’y vais seule et après le boulot. Je me sens trop Wonder Woman. 

1 mois et demi plus tard…

Je suis honnête, je vais vous raconter la suite. J’ai adoré l’aquabiking, c’est un super sport pour les non-sportives. Mais quand la fille surtatouée de l’accueil m’a annoncé que j’allais devoir en faire deux fois par semaine pendant un an (1 AN !!!!) pour que ça fasse de l’effet, j’ai senti que quelque chose s’était brisé en moi. Déjà ma tirelire, à raison de 35€ la séance n’est pas persuadée de la rentabilité de l’investissement. En plus, un an. Un an. 1 an !! 

Je lâche, je craque. 

J’ai retrouvé mes bonnes excuses : le boulot, le mémoire, les amis. Il faut choisir : la cellulite avec amis c’est mieux que pas d’amis du tout. Parfois, quand je me sens à l’aise, je justifie ma paresse par un timide et honteux « j’aime pas trop le sport… ».  Mais je ne renonce pas. La preuve : j’ai déjà prévu de m’inscrire dans une salle de sport à la rentrée…la bombasse sera, mais en 2014 !