L'autre jour, je ne sais
pas pourquoi j'ai eu envie d'écouter Barbara. Sans doute à cause de
ce livre, ramené à la maison. Je ne l'ai jamais ouvert mais son
titre m'accroche à chaque fois que je passe devant la bibliothèque.
Peut être un peu plus que les autres. Et ce peut-être parce qu'il
dépasse un peu plus que les autres de sur l'étagère avec sa
couverture rose vif et ses grosses lettres blanches.
J'écoute donc Barbara et
je me dis que c'est une des premières images que j'ai eu d'une femme
qui chante. Pourtant mes parents n'écoutaient pas trop Barbara. Non.
Niveau chanson française ils préféraient Brel ou Ferré, Bashung
ou Manset et un peu moins Barbara. Que des mecs quoi. Pas Piaf, non,
surtout pas Piaf. Trop vieux, trop surfait, trop sentimental. Mais
parfois au milieu de tous ces chanteurs, les rockeurs de mon père,
j'écoutais Barbara. Et les sopranos des opéras de Mozart. Et Tina
Turner.
Elles sont toutes si
différentes et pourtant elles chantent. Dans ma tête d'enfant,
elles étaient chacune dans une petite case, associées à une idée.
Barbara, c'était Brel en fille. La reine de la nuit elle, me faisait
peur, comme Janis Joplin avec sa drôle de voix. Patti je l'aimais
bien aussi. Peut-être parce que c'était en quelque sorte la
préférée de mon père. Pour moi, l'éducation sentimentale de la
musique n'a pas vraiment été le fait des femmes comme on pourrait
le croire pourtant, avec toutes les mélodies sucrées des Yéyés,
France, Françoise etc...
Les filles qui chantent
ne sont jamais les mêmes. Malgré tous les efforts des maisons de
disques ou de je-ne-sais-qui, il n'est pas possible de leur coller
une étiquette précise. Quand t'écoutes Brel, Barbara ou Bashung,
ce qu'ils mettent dans leur voix, les émotions qu'ils font passer,
ça n'a rien à voir avec ce qu'ils sont mais avec leur talent. Avec
leur envie. Ces femmes sont toutes si différentes que maintenant, je
n'ai plus envie de les mettre dans des cases. Parce que j'ai appris
très tôt à ne pas les réduire à ce qu'elles étaient. Et puis de
toute façon j'ai toujours pensé que la plus grosse nana du monde de
la chanson c'était Sinatra...
Alors ok, y'a un rapport
de séduction dans le monde de la musique qui fait que les
innombrables chansons d'amour sont un peu stéréotypées. Aux femmes
le désespoir d'un amour perdu, aux hommes la sérénade de
séduction...
Mais ce qui est beau avec
une chanson, c'est que chacun peut en faire ce qu'il veut : Nina
Simone a réussi à faire une reprise absolument splendide de « Comme
d'habitude » de notre Cloclo national. Pour moi, cette chanson
c'est vraiment la preuve que peu importe le genre de la musique ou de
la personne, avec de l'envie on peut vraiment faire quelque chose de
beau. Si la chanson ne plaît pas sous une forme, elle plaira sous
une autre. Et on peut donc en conclure qu'une mauvaise chanson
n'existe pas.
by WOMA
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