« Bonjour, je voudrais un roman
d'Amour s'il vous plait.
- C'est à dire ?
- Une belle histoire. Enfin...Vous
voyez quoi.
- Une histoire qui finit bien ?
- Oui, si possible.
- Ah. (sourire gêné)
- Oui. Non mais en fait c'est pas
possible sinon c'est pas un vrai roman d'Amour. »
Voilà la teneur de l'une des dernières
discussions que j'ai eu avec le libraire.
Les histoires d'Amour finissent
mal...En général. Et pourtant on continue à en lire, à en écrire
et à en vivre.
Rien de tel qu'un bon roman d'Amour
pour traverser l'automne.
Un bon-vrai-gros roman d'Amour, un
roman d'Amour comme on en fait plus, un roman sur un Amour qui dure,
une histoire sans fin, avec des cas de conscience inextricables. Une
histoire qui ne finit jamais vraiment pour nous convaincre que non
rien n'est vraiment fini.
Un roman d'Amour ou alors...une
histoire qui finit mal tiens. Comme dans la vraie vie.
En début d'année, j'avais opté pour
Guerre et Paix mais pour l'instant, il faut bien l'avouer, ca
me sert de table de chevet. J'ai eu envie d'un roman d'Amour.
Denis de
Rougemont a écrit que beaucoup de gens ne seraient jamais tombés
amoureux s'ils n'avaient pas lu de roman d'Amour. Les pauvres. La vie serait certes plus
facile sans romans d'Amour et sans Amour mais moins belle, moins
vive, moins dense...Mais le roman d'Amour nous apprend peut être
l'Amour mais peut aussi le tuer au sens où l'on aime avec
des désirs, des attentes, des trucs qu'on a vu , qu'on a lu, qu'on a
attendu et qu'on s'y perd. L'Amour peut mourir des attentes non
assouvies, des ambitions trop hautes, des desseins trop compliqués,
des exigences fausses et irréalisables. Mais d'un autre côté, ce
que nous apprend aussi la littérature c'est l'Absolu, les
grands sentiments. Doit-t-on y renoncer pour se contenter du
médiocre, du contingent, de l'a-peu-prés ? Si on a écrit
toutes ces belles histoires c'est qu'elles ont bien du exister non ? Dans la vraie vie, on souffre - plus ou
moins souvent- selon les histoires et les personnes, mais globalement
on passe toujours -plus ou moins souvent- par des phases pas très
rigolotes. Des phases d'où l'on sort forcément mais qui laissent un
goût amer. Et c'est à ce moment là, après la douleur, ou même
pendant, qu'il faut lire un roman d'Amour. Déjà pour comprendre,
comme pour les tableaux, l'universalité de la chose et son
esthétisme, mais aussi pour se conforter dans son désir d'exigence
et d'Absolu – puisque ce n'est plus que ce qu'il nous reste- et
enfin pour s'évader un moment. Un film, un tableau ce n'est pas
assez long. Ca ne mobilise pas assez longtemps l'esprit. Un roman, ça
infuse, ça murit, ça occasionne des réflexions.
On peut aussi
avoir envie de retrouver ses fols et mièvres espoirs de midinette,
de lire par distraction, de laisser pour un temps les choses
sérieuses, les livres d'Histoire, de Géo, les romans policiers, les
romans de mœurs et juste se laisser aller.
Me voilà donc partie à
la recherche DU roman d'Amour de mon automne.
Des romans d'Amour je dois avouer que
j'en ai pas mal lu. De Belle du seigneur à Bridget Jones en passant par l'Amour dure trois ans de Beigbeder.
Vers quoi me diriger ? Du contemporain ? Du classique ?
Les deux comme souvent.
Pour le classique, j'ai trouvé
Aurélien d'Aragon. Sublimissime tout comme ses poèmes.
Pour le contemporain, j'ai l'impression
de naviguer quelque part entre les histoires gnangnan et les
histoires décousues. J'ai l'impression que c'est difficile de
trouver une histoire n-o-r-m-a-l-e-m-e-n-t bien écrite.
Donc, Les gens heureux lisent et
boivent du café conseillé dans ELLE et lu en 3 h. Bof. Je lis
et je bois du café même quand je suis malheureuse.
Hélène
Grémillon ? Pas mal. Oui, surprenant même.
La liste de mes
envies. Moui. Bon, on
tourne un peu en rond et on attend surtout que les cadors de la
rentrée littéraire sortent leurs livres en poche. Et c'est quand
même une torture ça quand on y pense. Ne pas pouvoir acheter les
livres de la rentrée littéraire parce que c'est la rentrée
justement. Tous ces livres hors de prix qui nous narguent sur les
étalages. Ne pas arriver à choisir entre le Gallimard, le Flammarion,
le POL et devoir attendre que ça sorte en poche. Le problème c'est
qu'après l'envie
m'a passé. Société de
consommation quand tu nous tiens. Pulsion, désir de lecture qui doit
être assouvi tout de suite.
A l'heure où j'écris ce petit post, je me
délecte de l'autobiographie d'une certaine - car je ne la
connaissais pas avant - Violette Leduc, La bâtarde qui a
tout me plaire : une préface de Simone de Beauvoir, des phrases
courtes et denses et profondes, une histoire à la fois simple et
complexe. Une vie quoi. Ou mieux un destin.
Affaire - et film - à suivre...
Finalement...
Encore et toujours de l'Amour.



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