Le bien-être est partout, peut-être parce que c'est la crise. A en croire les livres qui cassent la baraque niveau vente, à en croire la mode des stars américaines qui se mettent au bien-être comme alternative au cinéma, à en croire le boom du développement personnel. Le bonheur c'est trop "in", même le jury du bac en a fait la question du bac de philo. Cameron Diaz écrit un livre, c'est la mode des jus verts, des juice cleanse même, des graines en tous genres.
Moi, vous le devinez, ça me pompe grandement, la mode du bien-être. Une sorte d'énervement contre cette tendance sociétale à s'écouter vivre, à acheter des livres qui nous dictent des "styles de vie" à adopter, des façons de réagir. C'est bassement américain, de la consommation à l'état pur, comme le speed yoga qui pour brûler plus de calories enchaîne les positions comme si c'était un marathon de sexe.
Le bien-être, comme le régime vegan, c'est juste une excuse pour perdre du poids en faisant genre qu'on s'intéresse à son corps. Pas un bouquin de "bien-être" ne va conseiller une bonne pâte carbo ou un bon steak pour se sentir mieux, et pourtant les études récentes prouvent que le beurre et les acides gras essentiels sont vraiment bons pour nous. Mais c'est pas ce "bien" là qui intéresse les addicts du "bien-être". L'idée du bien-être pour Cameron Diaz c'est de poser presque nue sans maquillage sur la couverture. Pourquoi, on ne sait pas, c'est un peu comme les références gratuites aux règles dans "Sous les jupes des filles", au fond, ce n'est pas censé avoir beaucoup de rapport. Et puis, ça fait doucement rigoler, quand même, que des filles en régime perpétuel, avec pas mal de Photoshop et de chirurgie esthétique à leur actif, viennent nous donner des leçons de bien-être. C'est aussi un melting-pot ésotériques de recettes sans gras - soit-disant "whole", le concept du complet, qui est censé descendre le pain blanc de son perchoir -, de techniques pour faire de l'exercice, et d'autres choses que je n'ose imaginer.
Quelque fois, je me sens un peu comme mes grands-parents, dans une attitude "c'était mieux avant". Est-ce que c'est rétrograde de considérer tout ça comme particulièrement futile? De tout temps, il y a eu des livres de cuisine, de recettes. De tout temps, les gens ont exercé leur corps comme leur esprit. Peut-être que ça ne vient pas instinctivement à tout le monde, et que ça fait aigrie ou intolérante, mais le bien-être, ça m'énerve. Faites une liste de vos petit bonheurs quotidiens, et essayez de vous en accorder autant que possible. Apprenez la nutrition à l'école au lieu de croire ce qu'explique une célébrité qui n'a pas de diplôme de diététicienne et qui a probablement forcé sur les régimes pour avoir si peu de rondeurs. C'est du bon sens, ce truc que les gens oublient en faveur du bien-être. Moi, je suis bien. J'ai pas le body de Cameron Diaz, et je sais quoi faire si je veux me sentir encore mieux. Mens sana in corpore sano etc. Mais qu'on ne me parle pas de laisser tomber la baguette et le pâté.
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