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lundi 24 septembre 2012
Yo soy español, español, español...
Les espagnols parlent fort, ne peuvent se passer d'huile d'olive et vivent de jamon...oui des clichés à mille lieues de notre ascétisme parisien ! Alors quand je vais en Espagne, je vis...sans complexes et je renoue avec la spontanéité !
J'aime qu'on me dise "hola guapa" quand je rentre dans un magasin, habituée que je suis des moues hautaines et des sourires compassés des vendeuses parisiennes.
J'aime pouvoir dire mujer, tio ou tia quand je m'adresse à quelqu'un et que le monsieur du péage me dise "hola que tal" et non pas ..."ça fera 3€45"...
J'aime la sangria, les cervezas con limon et les bars madrilènes où toutes les générations chantent autour de la victoire de la Roja...bien plus que les afterworks parisiens !
J'envie les femmes âgées, permanentées, maquillées et manucurées qui devisent à minuit sur un banc et m'appellent "niña" !
J'adore visiter leurs innombrables églises et me régale de leurs saint Jérôme pénitents, qui côtoient les bars gays de la Chueca à Madrid et les loterias.
L'Espagne c'est un peu la spontanéité qui nous manque, le bruit que l'on fuit, la générosité que l'on se cache. Alors oui j'aime quand ils parlent fort, parce que nous on passe notre temps à essayer d'être discrets ; et quand ils hurlent "Yo soy español" à l'occasion d'une victoire...j'ai envie de hurler avec eux !
J'aime qu'on me dise "hola guapa" quand je rentre dans un magasin, habituée que je suis des moues hautaines et des sourires compassés des vendeuses parisiennes.
J'aime pouvoir dire mujer, tio ou tia quand je m'adresse à quelqu'un et que le monsieur du péage me dise "hola que tal" et non pas ..."ça fera 3€45"...
J'aime la sangria, les cervezas con limon et les bars madrilènes où toutes les générations chantent autour de la victoire de la Roja...bien plus que les afterworks parisiens !
J'envie les femmes âgées, permanentées, maquillées et manucurées qui devisent à minuit sur un banc et m'appellent "niña" !
J'adore visiter leurs innombrables églises et me régale de leurs saint Jérôme pénitents, qui côtoient les bars gays de la Chueca à Madrid et les loterias.
L'Espagne c'est un peu la spontanéité qui nous manque, le bruit que l'on fuit, la générosité que l'on se cache. Alors oui j'aime quand ils parlent fort, parce que nous on passe notre temps à essayer d'être discrets ; et quand ils hurlent "Yo soy español" à l'occasion d'une victoire...j'ai envie de hurler avec eux !
dimanche 23 septembre 2012
Le pique nique touche à sa faim
Alors même que la saison des pique-niques voit s'estomper ses derniers beaux moments, l'heure est comme d'habitude à la nostalgie. Finie l'improvisation Monop' et bords de Seine, fini le côté cheap excusable parce que bobo, fini le sauciflard et la logique du facilement pique-niquable. En effet, lorsqu'on se retrouve à 19h à la supérette du coin pour improviser un pique-nique estival, on ne peut vraiment choisir ni la brandade à réchauffer, ni le sandwich au pain de mie le moins cher du Monop Boul'Mich; il y a une certaine tradition du pique-nique. D'abord, il faut du pain, et un couteau. Puis, des choses à tartiner. Pas de fromage à pâte dure, pas de jambon non plus. Il faut des trucs qu'on puisse prendre avec les doigts sans finir les mains pleines de graisses. Qu'est-ce qu'un pique-nique sans la traditionnelle barquette de tomates cerises? On peut aussi donner dans l'alternatif, des tomates cerises de toutes les couleurs aux chips violettes, en passant par le gazpacho en brique. Mais au fond le pique-nique, c'est avant tout une affaire éphémère, un concept qui change avec le temps.
Mais oui, vous vous souvenez, les sorties de classe à la grotte du coin, à la ferme, au musée, où nous étions alors libérés de la cantine pour donner libre cours à nos caprices avec nos parents. Camille avait un sandwich au pain de mie Harry's ; de suite c'était une mode, tous nos parents ne pouvaient lutter avec leurs jambon-beurre baguette. Et puis il y a eu la part de pizza froide, super peu pratique mais qui a eu son moment de gloire aussi. Anne avait une carotte crue, on voulait tous ça aussi, dans un petit Tupperware. Antoine avait des Luncheables, ces sortes de crackers ronds avec des morceaux de jambon rond et du cheddar orange rond aussi pour aller avec. Certains parents donnaient une petite bouteille d'eau, d'autres avaient carrément du Sunny Delight. Et l'on échangeait tout gaiement avant de partir pour une partie d'attrape-bisou. Au fond, tout ça n'a pas changé. On mange toujours avec les copains, on aime toujours ça parce que ça change du quotidien quiche mal réchauffée au boulot qui est l'équivalent adulte de la cantine bruyante de nos années CP.
Pourtant, la bouffe a changé. Certes, quelqu'un a introduit les tomates cerises, les yaourts à boire, les Pom'Potes, mais au fond, l'important, c'est qu'on revient aux basiques. Maintenant que je dois carrément prendre la voiture pour aller acheter une pauvre baguette au pays des bagels et autres foutaises à mie, repenser à ces moments où je faisais un caprice à mes parents pour du pain "américain" me fait doucement rigoler. Mon petit frère et moi, on adorait le Sunny Delight. Maintenant, je fais 15 minutes de queue au brunch le weekend pour avoir mon jus d'oranges pressées. La vie nous change, et elle change notre façon de pique-niquer. On fait au fond tous encore ça comme des enfants, le sandwich à la main et le paquet de chips en partage. Il y a une mythologie du pique-nique qui participe du souvenir d'enfance, mais qui se construit encore à l'âge adulte. Un jour, à une représentation de Don Giovanni au théâtre du Capitole à Toulouse, et alors que j'avais pourtant le ventre plein, la vision (et l'odeur) d'un poulet rôti amené sur scène lors d'un pique-nique de Don Giovanni avec je ne sais quelle jeune victime m'a donné faim comme rarement dans ma vie j'ai eu faim. La nourriture est la nourriture de l'âme, pour de vrai. Au mois de mai dernier, violant toutes les règles du pique-nique, j'ai amené un poulet rôti aux Buttes Chaumont. Je l'ai mangé là, avec les doigts, avec les amis. Et au creux de mon début d'automne pluvieux au milieu de nulle part au pays des burgers, j'y pense, et je souris.
Mais oui, vous vous souvenez, les sorties de classe à la grotte du coin, à la ferme, au musée, où nous étions alors libérés de la cantine pour donner libre cours à nos caprices avec nos parents. Camille avait un sandwich au pain de mie Harry's ; de suite c'était une mode, tous nos parents ne pouvaient lutter avec leurs jambon-beurre baguette. Et puis il y a eu la part de pizza froide, super peu pratique mais qui a eu son moment de gloire aussi. Anne avait une carotte crue, on voulait tous ça aussi, dans un petit Tupperware. Antoine avait des Luncheables, ces sortes de crackers ronds avec des morceaux de jambon rond et du cheddar orange rond aussi pour aller avec. Certains parents donnaient une petite bouteille d'eau, d'autres avaient carrément du Sunny Delight. Et l'on échangeait tout gaiement avant de partir pour une partie d'attrape-bisou. Au fond, tout ça n'a pas changé. On mange toujours avec les copains, on aime toujours ça parce que ça change du quotidien quiche mal réchauffée au boulot qui est l'équivalent adulte de la cantine bruyante de nos années CP.
Pourtant, la bouffe a changé. Certes, quelqu'un a introduit les tomates cerises, les yaourts à boire, les Pom'Potes, mais au fond, l'important, c'est qu'on revient aux basiques. Maintenant que je dois carrément prendre la voiture pour aller acheter une pauvre baguette au pays des bagels et autres foutaises à mie, repenser à ces moments où je faisais un caprice à mes parents pour du pain "américain" me fait doucement rigoler. Mon petit frère et moi, on adorait le Sunny Delight. Maintenant, je fais 15 minutes de queue au brunch le weekend pour avoir mon jus d'oranges pressées. La vie nous change, et elle change notre façon de pique-niquer. On fait au fond tous encore ça comme des enfants, le sandwich à la main et le paquet de chips en partage. Il y a une mythologie du pique-nique qui participe du souvenir d'enfance, mais qui se construit encore à l'âge adulte. Un jour, à une représentation de Don Giovanni au théâtre du Capitole à Toulouse, et alors que j'avais pourtant le ventre plein, la vision (et l'odeur) d'un poulet rôti amené sur scène lors d'un pique-nique de Don Giovanni avec je ne sais quelle jeune victime m'a donné faim comme rarement dans ma vie j'ai eu faim. La nourriture est la nourriture de l'âme, pour de vrai. Au mois de mai dernier, violant toutes les règles du pique-nique, j'ai amené un poulet rôti aux Buttes Chaumont. Je l'ai mangé là, avec les doigts, avec les amis. Et au creux de mon début d'automne pluvieux au milieu de nulle part au pays des burgers, j'y pense, et je souris.
« Ne le laisse pas tomber, il est si fragile. Être un homme libéré, tu sais c'est pas si facile »
De nos jours, la jeune femme doit sans arrêt jouer à être...une autre. Le délicieux jeu social me direz vous, où je ne suis Moi que par rapport à l'Autre. Bien sûr. Mais je veux en réalité parler de la relation homme-femme. Et plus particulièrement de la relation amoureuse.
Une jeune femme doit se méfier quand elle se fait draguer. Se méfier quand elle envoie des messages. Se méfier quand elle parle, bien souvent, trop. Ne pas paraître trop intelligente. Ne pas faire de l'ombre à Doudou. Attention, j'en vois déjà certaines et certains me crier : « Mais, que fais-tu de la simultanéité, de la spontanéité des sentiments au sein des relations humaines ! Tout ne se calcule pas ! ». La bonne blague. Nous avons tous un cerveau qui fonctionne les trois quarts du temps plutôt bien et plutôt vite, c'est même cela qui nous différentie de l'animal- la fameuse ratio de Sénèque-et donc l'intellectualisation nous guette toujours...Ceci dit, je reprends donc.
Nous devons toutes, à un moment donné du moins, paraître une autre à côté de l'être aimé, et rentrer dans un jeu subtil. Comme en situation coloniale, où certains historiens et sociologues ont observé que le colonisateur est tenté de s'accepter comme colonisateur tandis que le colonisé est obligé, pour vivre, de s'accepter comme colonisé, la jeune femme doit être « rangée, féminine, raisonnable ». Elle doit minauder. Mais attention, pétrie par des années de féminisme, elle doit aussi être hystérique. Elle doit « faire la forte » puisque tout le monde sait bien finalement qu'elle est faible. Elle doit sans cesse se redéfinir par rapport à Lui.
Combien de jeunes femmes ont été lâchement abandonnées au coin d'un bar juste après avoir dit leur métier, ou parler de leurs études ! Combien de fois nous sommes nous faites taxées de « pédantes » ou de « trop intelligentes » de « Madame expose sa culture » en précisant un fait inexact-le Diable est dans les détails, en émettant un avis tranché et sensé sur des questions politiques ou d'actualité ou en faisant une référence littéraire ! Car, il faut bien le dire, les filles, nous faisons peur aux hommes d'aujourd'hui.
Pourquoi donc ? Peut être tout simplement, parce qu'à mon sens, nous allons bien. Pas la grande forme non plus. Mais bien quoi. Et si en finalement, dans notre combat incessant vers « le toujours plus », à force de déceptions et de sacrifices, nous nous étions endurcies, et avions peut être appris à vivre avec nos déceptions, nos ambitions, nos désirs, et nos foutues mais nécessaires exigences. Car entre exiger de manière absolue et bêtement intransigeante et ne pas se trahir, il existe tout un espace où se définit notre liberté de femme et d'être humain. Alors, suivons un des préceptes du Che -juste un alors;-) « Soyons exigeantes, demandons l'impossible ». N'ayons pas peur de tout vouloir. Et surtout un homme comme nous, un homme qui s'assume, un homme libéré.
Sommes nous obligées, à chaque fois, par pudeur ou par culpabilité, de jouer « à la femme faible et sans défense » pour ne pas bousculer l'orgueil et le mal être des jeunes hommes, qui finalement, bien plus que nous qui avons amorcé depuis bien longtemps notre révolution, sont en crise ?
Peut être qu'être un homme libéré, c'est pas si facile ? Peut être qu'assumer et aimer une fille qui va bien, c'est même carrément flippant en fait. Oui, mais il va falloir s'y faire. Est-ce qu'un homme pourrait enfin accepter de sortir, de faire sa vie même, avec une femme plus forte que lui dans certains domaines, mieux dans ses baskets, une femme qui jugerait que sa vie lui convient, tout en admettant qu'à deux, c'est carrément mieux.;-)
Et alors, pour ce faire, ne devrions pas aider nos chers et tendres ? Car finalement, est-ce que nous ne serions pas un peu trop centrées sur nous ? Sur nos problèmes, nos acquis ?
Je propose donc que tout le monde s'aide à aller mieux ! Aidons nos amoureux à régler leurs problèmes de masculinité avec la douceur et la patience qui nous caractérisent bien sûr à toutes.;-)
Parce que, comme le dit Sophie Marceau- Alfred de Musset en fait- à Vincent Lindon dans un film qu'on ne présente plus :
« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; Toutes les femmes sont perfides, artificielles, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fanges ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »
dimanche 16 septembre 2012
Pensées profondes n°...
Un samedi soir sur la terre. Un restau' dans le 14éme. Deux filles au milieu d'un groupe d'amis. Du vin rouge et des steaks tartares. De la difficulté de faire rentrer quelqu'un dans son univers. "Non, mais il est différent. Oui, il est différent. Rhooo ben écoute...T'as qu'à sortir avec toi même alors !" Eclat de rire général. L'enfer, c'est l'autre, c'est les autres.
Mais c'est si bon.
Mais c'est si bon.
vendredi 14 septembre 2012
Alors tu seras une femme, ma fille...Une épreuve de plus : le cours de sport.
We are back ! You-hou.
Car, oui, il a fallu revenir à la salle de sport et plus précisément au cours d'abdos-fessiers. Le mois de septembre et ses nombreux délices, me direz vous.
Alors, ce soir, à l'heure de l'apéro- qu'on ne peut pas faire, de manière raisonnable, tous les soirs- nous avons revêtu nos habits de Lumière : sweat, « cycliste », baskets et...chaussettes ( bouhhhh!) et nous sommes revenues au sport.
Le cours de sport est dans la vie d'une femme, je pense, un grand moment. Un grand problème surtout. Une grande épreuve enfin. Toute femme, normalement constituée, se doit donc, dans notre société du foutu bien être, avoir foulé, au moins une fois, le sol d'une salle de sport. C'est comme savoir cuisiner, ça fait partie de ces classiques que, même une féministe convaincue a honte de ne pas savoir faire....Ça changera peut être un jour.;-)
Pour ma part, j'avais longtemps dit non. Non à la salle de sport. Non aux clichés. Non. A moi, on m'aime comme je suis, avec mes rondeurs, ma flemme légendaire, et ma grande gueule. Non, moi, c'est vraiment pas mon truc. Non, toutes ces femmes qui prennent soin de leur corps, qui perdent leur temps, non, tout ça, c'est superficiel...La bonne blague.
Ça nous a donc pris au printemps dernier. Le changement, c'était maintenant, enfin avant. Bref, vous comprenez. Nous nous devions à tout prix, à défaut de réussir un concours, d'avoir un corps de rêve sur la playa, avec des cuisses fuselées et un ventre plat. Il ne nous restait que ça.
Le premier cours, franchement, on a bien ri. De nous, de notre nouvelle panoplie et de notre motivation. Pour la poignée de grandes sportives, mais surtout de grandes cérébrales que nous sommes, ça a été une vraie épreuve. Bien loin de vouloir refaire le débat simpliste, auquel j'ai pourtant longtemps souscrit, opposant le sportif décérébré mais épanoui à l'intellectuel rondouillard et frustré-il y a des personnes à la fois sportives et intelligentes...qu'il faudrait tuer;-)- il faut quand même dire que, pour quelqu'un qui passe les ¾ de son temps assise à son bureau à lire, à écrire ou à enseigner, un cours de sport, c'est quand même un monde à part.
Aux premières notes de Lady Gaga, aux premières consignes, on a échangé des regards amusés en pouffant. Nous étions fières. Vous comprenez, l'accomplissement était parfait. Une journée à la BU ou au boulot puis un cours de sport entre copines, les « Wonder Woman » de Sex and the City à côté pouvaient aller se rhabiller. Fières, certes, mais aussi, pour ma part, un peu perdue, pas très à l'aise quand même, d'autant plus que la blonde du premier rang, tout sourire, au corps de rêve semblait, elle, très à l'aise et connaître les exercices par cœur.
Bon, la première mini-crise en mode « Où suis-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? » résolue, une autre survient. Car, commencent...les explications. Et là. Blackout. Je ne sais pas si mon cerveau s'est mis en mode veille ou si je suis vraiment idiote, mais impossible de comprendre, et donc de faire, LA position demandée. Blondinet parle un langage qui est pour moi du chinois. Ah oui ! Parce que Blondinet, c'est le prof' ! Un cliché, mais un très joli et très agréable cliché. Trop blond, trop sympa, trop souriant, trop beau, trop sport quoi. Je reprends donc. Alors que tout le monde s'exerce, je bloque sur LA manœuvre qui doit consister à faire travailler mon muscle « ischio » droit par une flexion de je-ne-sais-quoi, le tout en ayant le bassin « en retroversion ». Et là je commence à paniquer. Pire que quand on a une mauvaise note ou qu'on a dit une grosse bêtise dans un dîner. Comble du déshonneur. Je suffoque. Je transpire et je m'énerve. Blondinet s'avance vers moi et entreprend de m'aider à faire le mouvement. Horreur, je perds la face. Me voilà ridicule, sur mon tapis de sol, devant une salle entière de nanas.
L'enseignement ou la morale de cette histoire comme nous dirait ce brave Jean, c'est qu'un cours de sport est définitivement une épreuve. Non seulement, vous êtes jaugées et jugées par vos semblables, vos compagnons de galère, mais vous avez aussi le temps de voir que toutes ces filles sont mieux faites que vous. Et pourtant, une solidarité se créée. La salle de sport est une étape dans la vie d'une femme. Une espèce de rite de passage plus ou moins facile selon les prédispositions naturelles de chacune. Comme un bizutage. On a peur mais on y va ( parce que si on a pas peur, c'est qu'on est pas courageux, hein ?;-)) et on se sent toute fière après. On lève surtout le voile sur le secret, le grand secret : nous sommes toutes des femmes...pareilles. Du bout de nos ongles de toutes les couleurs à la racine de nos cheveux courts, longs, frisés, lisses, détachés ou savamment attachés dans un chignon « bun » so chic cet automne- c'est pas moi qui l'ai dit, c'est ELLE.
Et finalement, à la maxime de Juvénal, mens sana in corpore sano, je dis oui. Oui. Oui. Et re-oui.
Au début, à la salle de sport, on y va pour faire comme tout le monde, pour essayer. Parce qu'on n'en peut plus de penser et parce que, dans cette société aseptisée et policée, on n'en peut parfois plus de se taire, et qu'alors à défaut de pouvoir continuer à dire les choses en face, à crier, à pleurer, il faut bien trouver un exutoire...de plus.;-)
A la fin, on y va pour soi. Parce que, c'est vrai, ça vide vraiment l'esprit. Parce que Blondinet, il a des yeux « bleu lagon » à s'y noyer dedans. Parce que ces petits moments privilégiés presque exclusivement féminins à la salle de sport, il faut les apprécier et les préserver. Et parce que, dans la vie d'une femme, les abdos-fessiers, c'est quand même primordial.
jeudi 13 septembre 2012
Rubrique "My Generation" : Rendez-vous en terre inconnue...
J'aime les voyages, le dépaysement, les dizaines de souvenirs qu'on rapporte sans savoir pourquoi, le décalage horaire, bref tout ! Surtout j'aime la surprise, me dire que je ne m'attendais pas à "ça" et me sentir bien quand même. Mes attentes ont été comblées par un rendez-vous en terre inconnue...Rien à voir avec les steppes mongoles ou les hauts plateaux éthiopiens. Non, non, vraiment rien à voir. Pour autant j'ai vécu la surprise et le dépaysement en plein coeur de Paris, comme si ma destination constituait une petite enclave où le temps s'est arrêté...
Cette contrée hors du temps, c'est notre célèbre agence destinée à aider les "personnes à la recherche d'un emploi", nous dit le politiquement correct. Je n'y étais jamais allée auparavant, espérais franchement ne jamais avoir à y aller et j'ai bien cru ne jamais en revenir ! Les longs couloirs blancs qui se succèdent et s'entremêlent pour mener à de petites salles "d'entretien" mal isolées, la succession des portes fermées, le bruit léger des voix...j'avais l'impression de vivre Le Procès ! Or, ce livre m'a traumatisée et maintenant j'ai peur d'être manipulée (bon j'avoue ça fait un peu parano) et là j'avais l'impression qu'on allait me demander : "pourquoi avoir mis une marinière verte? vous aimez la viande rouge?" bref des questions insignifiantes dont les réponses sont systématiquement utilisées contre vous. Mais ça c'est Kafka, et moi j'en suis sortie indemne ! Le dépaysement, la crainte ressentie par l'aventurière (oui c'est moi l'aventurière !), les dangers encourus, tout cela m'a donné le sentiment de voyager !
J'ai aussi fait des rencontres... Comment ne pas vous parler de Jojo ? La cinquantaine, elle n'a pas de boulot depuis vingt ans, son mec l'a plaquée mais elle l'avoue sans détours "j'ai la niaque" ! Son seul sujet d'inquiétude ce sont ses chats. D'ailleurs vous saviez qu'il y a un mec à Caen qui en a plus de deux cents ? C'est fou ce qu'on peut apprendre dans la salle d'attente ! Peu après j'ai rencontré Dédé, ancien videur. Son dos le fait souffrir, ce qui le rend irritable. Alors, un seul regard de travers et il "l'emplafonne le mec" ! Je pourrais vous parler de Momo, de Mimi qui réalise des documentaires, bref d'un tas de gens très différents. En les rencontrant le dépaysement est vraiment total ! Mais en partant, après s'être à nouveau engouffré dans les longs couloirs blancs, lorsque l'on rejoint la sortie, on se dit que ce sont eux qui donnent des couleurs à l'agence et c'est surtout grâce à eux que les attentes sont moins longues !
C'était un joli voyage que j'ai fait et ...ce qui est génial...c'est que j'y retourne dans trois mois !
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