De nos jours, la jeune femme doit sans arrêt jouer à être...une autre. Le délicieux jeu social me direz vous, où je ne suis Moi que par rapport à l'Autre. Bien sûr. Mais je veux en réalité parler de la relation homme-femme. Et plus particulièrement de la relation amoureuse.
Une jeune femme doit se méfier quand elle se fait draguer. Se méfier quand elle envoie des messages. Se méfier quand elle parle, bien souvent, trop. Ne pas paraître trop intelligente. Ne pas faire de l'ombre à Doudou. Attention, j'en vois déjà certaines et certains me crier : « Mais, que fais-tu de la simultanéité, de la spontanéité des sentiments au sein des relations humaines ! Tout ne se calcule pas ! ». La bonne blague. Nous avons tous un cerveau qui fonctionne les trois quarts du temps plutôt bien et plutôt vite, c'est même cela qui nous différentie de l'animal- la fameuse ratio de Sénèque-et donc l'intellectualisation nous guette toujours...Ceci dit, je reprends donc.
Nous devons toutes, à un moment donné du moins, paraître une autre à côté de l'être aimé, et rentrer dans un jeu subtil. Comme en situation coloniale, où certains historiens et sociologues ont observé que le colonisateur est tenté de s'accepter comme colonisateur tandis que le colonisé est obligé, pour vivre, de s'accepter comme colonisé, la jeune femme doit être « rangée, féminine, raisonnable ». Elle doit minauder. Mais attention, pétrie par des années de féminisme, elle doit aussi être hystérique. Elle doit « faire la forte » puisque tout le monde sait bien finalement qu'elle est faible. Elle doit sans cesse se redéfinir par rapport à Lui.
Combien de jeunes femmes ont été lâchement abandonnées au coin d'un bar juste après avoir dit leur métier, ou parler de leurs études ! Combien de fois nous sommes nous faites taxées de « pédantes » ou de « trop intelligentes » de « Madame expose sa culture » en précisant un fait inexact-le Diable est dans les détails, en émettant un avis tranché et sensé sur des questions politiques ou d'actualité ou en faisant une référence littéraire ! Car, il faut bien le dire, les filles, nous faisons peur aux hommes d'aujourd'hui.
Pourquoi donc ? Peut être tout simplement, parce qu'à mon sens, nous allons bien. Pas la grande forme non plus. Mais bien quoi. Et si en finalement, dans notre combat incessant vers « le toujours plus », à force de déceptions et de sacrifices, nous nous étions endurcies, et avions peut être appris à vivre avec nos déceptions, nos ambitions, nos désirs, et nos foutues mais nécessaires exigences. Car entre exiger de manière absolue et bêtement intransigeante et ne pas se trahir, il existe tout un espace où se définit notre liberté de femme et d'être humain. Alors, suivons un des préceptes du Che -juste un alors;-) « Soyons exigeantes, demandons l'impossible ». N'ayons pas peur de tout vouloir. Et surtout un homme comme nous, un homme qui s'assume, un homme libéré.
Sommes nous obligées, à chaque fois, par pudeur ou par culpabilité, de jouer « à la femme faible et sans défense » pour ne pas bousculer l'orgueil et le mal être des jeunes hommes, qui finalement, bien plus que nous qui avons amorcé depuis bien longtemps notre révolution, sont en crise ?
Peut être qu'être un homme libéré, c'est pas si facile ? Peut être qu'assumer et aimer une fille qui va bien, c'est même carrément flippant en fait. Oui, mais il va falloir s'y faire. Est-ce qu'un homme pourrait enfin accepter de sortir, de faire sa vie même, avec une femme plus forte que lui dans certains domaines, mieux dans ses baskets, une femme qui jugerait que sa vie lui convient, tout en admettant qu'à deux, c'est carrément mieux.;-)
Et alors, pour ce faire, ne devrions pas aider nos chers et tendres ? Car finalement, est-ce que nous ne serions pas un peu trop centrées sur nous ? Sur nos problèmes, nos acquis ?
Je propose donc que tout le monde s'aide à aller mieux ! Aidons nos amoureux à régler leurs problèmes de masculinité avec la douceur et la patience qui nous caractérisent bien sûr à toutes.;-)
Parce que, comme le dit Sophie Marceau- Alfred de Musset en fait- à Vincent Lindon dans un film qu'on ne présente plus :
« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; Toutes les femmes sont perfides, artificielles, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fanges ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »
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