vendredi 14 septembre 2012

Alors tu seras une femme, ma fille...Une épreuve de plus : le cours de sport.


We are back ! You-hou.
Car, oui, il a fallu revenir à la salle de sport et plus précisément au cours d'abdos-fessiers. Le mois de septembre et ses nombreux délices, me direz vous.
Alors, ce soir, à l'heure de l'apéro- qu'on ne peut pas faire, de manière raisonnable, tous les soirs- nous avons revêtu nos habits de Lumière : sweat, « cycliste », baskets et...chaussettes ( bouhhhh!) et nous sommes revenues au sport.

Le cours de sport est dans la vie d'une femme, je pense, un grand moment. Un grand problème surtout. Une grande épreuve enfin. Toute femme, normalement constituée, se doit donc, dans notre société du foutu bien être, avoir foulé, au moins une fois, le sol d'une salle de sport. C'est comme savoir cuisiner, ça fait partie de ces classiques que, même une féministe convaincue a honte de ne pas savoir faire....Ça changera peut être un jour.;-)
Pour ma part, j'avais longtemps dit non. Non à la salle de sport. Non aux clichés. Non. A moi, on m'aime comme je suis, avec mes rondeurs, ma flemme légendaire, et ma grande gueule. Non, moi, c'est vraiment pas mon truc. Non, toutes ces femmes qui prennent soin de leur corps, qui perdent leur temps, non, tout ça, c'est superficiel...La bonne blague.

Ça nous a donc pris au printemps dernier. Le changement, c'était maintenant, enfin avant. Bref, vous comprenez. Nous nous devions à tout prix, à défaut de réussir un concours, d'avoir un corps de rêve sur la playa, avec des cuisses fuselées et un ventre plat. Il ne nous restait que ça.

Le premier cours, franchement, on a bien ri. De nous, de notre nouvelle panoplie et de notre motivation. Pour la poignée de grandes sportives, mais surtout de grandes cérébrales que nous sommes, ça a été une vraie épreuve. Bien loin de vouloir refaire le débat simpliste, auquel j'ai pourtant longtemps souscrit, opposant le sportif décérébré mais épanoui à l'intellectuel rondouillard et frustré-il y a des personnes à la fois sportives et intelligentes...qu'il faudrait tuer;-)- il faut quand même dire que, pour quelqu'un qui passe les ¾ de son temps assise à son bureau à lire, à écrire ou à enseigner, un cours de sport, c'est quand même un monde à part.
Aux premières notes de Lady Gaga, aux premières consignes, on a échangé des regards amusés en pouffant. Nous étions fières. Vous comprenez, l'accomplissement était parfait. Une journée à la BU ou au boulot puis un cours de sport entre copines, les « Wonder Woman » de Sex and the City à côté pouvaient aller se rhabiller. Fières, certes, mais aussi, pour ma part, un peu perdue, pas très à l'aise quand même, d'autant plus que la blonde du premier rang, tout sourire, au corps de rêve semblait, elle, très à l'aise et connaître les exercices par cœur.

Bon, la première mini-crise en mode «  Où suis-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? » résolue, une autre survient. Car, commencent...les explications. Et là. Blackout. Je ne sais pas si mon cerveau s'est mis en mode veille ou si je suis vraiment idiote, mais impossible de comprendre, et donc de faire, LA position demandée. Blondinet parle un langage qui est pour moi du chinois. Ah oui ! Parce que Blondinet, c'est le prof' ! Un cliché, mais un très joli et très agréable cliché. Trop blond, trop sympa, trop souriant, trop beau, trop sport quoi. Je reprends donc. Alors que tout le monde s'exerce, je bloque sur LA manœuvre qui doit consister à faire travailler mon muscle « ischio » droit par une flexion de je-ne-sais-quoi, le tout en ayant le bassin « en retroversion ». Et là je commence à paniquer. Pire que quand on a une mauvaise note ou qu'on a dit une grosse bêtise dans un dîner. Comble du déshonneur. Je suffoque. Je transpire et je m'énerve. Blondinet s'avance vers moi et entreprend de m'aider à faire le mouvement. Horreur, je perds la face. Me voilà ridicule, sur mon tapis de sol, devant une salle entière de nanas.

L'enseignement ou la morale de cette histoire comme nous dirait ce brave Jean, c'est qu'un cours de sport est définitivement une épreuve. Non seulement, vous êtes jaugées et jugées par vos semblables, vos compagnons de galère, mais vous avez aussi le temps de voir que toutes ces filles sont mieux faites que vous. Et pourtant, une solidarité se créée. La salle de sport est une étape dans la vie d'une femme. Une espèce de rite de passage plus ou moins facile selon les prédispositions naturelles de chacune. Comme un bizutage. On a peur mais on y va ( parce que si on a pas peur, c'est qu'on est pas courageux, hein ?;-)) et on se sent toute fière après. On lève surtout le voile sur le secret, le grand secret : nous sommes toutes des femmes...pareilles. Du bout de nos ongles de toutes les couleurs à la racine de nos cheveux courts, longs, frisés, lisses, détachés ou savamment attachés dans un chignon « bun » so chic cet automne- c'est pas moi qui l'ai dit, c'est ELLE.

Et finalement, à la maxime de Juvénal, mens sana in corpore sano, je dis oui. Oui. Oui. Et re-oui.
Au début, à la salle de sport, on y va pour faire comme tout le monde, pour essayer. Parce qu'on n'en peut plus de penser et parce que, dans cette société aseptisée et policée, on n'en peut parfois plus de se taire, et qu'alors à défaut de pouvoir continuer à dire les choses en face, à crier, à pleurer, il faut bien trouver un exutoire...de plus.;-)
A la fin, on y va pour soi. Parce que, c'est vrai, ça vide vraiment l'esprit. Parce que Blondinet, il a des yeux « bleu lagon » à s'y noyer dedans. Parce que ces petits moments privilégiés presque exclusivement féminins à la salle de sport, il faut les apprécier et les préserver. Et parce que, dans la vie d'une femme, les abdos-fessiers, c'est quand même primordial.

1 commentaire:

  1. Les cheveux plus longs, c'est pour réussir le "bun" or not ?
    (D'ailleurs marrant de lire ce mot dans un post sur le sport... vu que ça veut dire également "beignet" et "pain à burger". Faut dire que pendant mon cours de step hebdomadaire, ou mon footing à Montsouris, je pense beaucoup à la bouffe).
    Well done cet article très chère!

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