Déjà, le titre fonctionne pas en français, puisque le jeu de mot ô combien nouveau (cf Grey's Anatomy) d'un personnage qui s'appelle Grey et qui en plus a le tempérament un peu "gris". Bref, tout se perd.
Quitte à vraiment essayer, je comptais bien le faire en anglais. Les expressions idiomatiques de mémés britonnes peuplent les pages à coup de "Holy Cow" (vache sacrée) à la vue de choses aussi diverses et surprenantes qu'une chemise blanche, une érection, un Macbook et un donjon SM. L'histoire a l'originalité d'une chanson de Justin Bieber et la même qualité d'écriture; la narratrice, jeune amerloque censée vivre à Seattle mais avec des expressions de mémé britannique, cache assez mal son jeu et en ressort avec des incohérences digne d'une rédaction de 5ème.
Donc, il paraît qu'à la base ça sort d'une fanfiction de Twilight, et ça se voit; l'héroïne est une anti-héroïne fadasse, maigrichonne, qui ne peut pas faire deux pas sans tomber et provoquer les instincts protecteurs moyen-âgeux de mâles affamés. Au fur et à mesure qu'on avance dans les pages laborieuses
Déjà, il faudrait m'expliquer sur quelle planète un "long index" c'est le summum du sensuel. Franchement moi ça me ferait plutôt vraiment peur, en mode Nosferatu. Le trip vampire de Twilight devient un trip plutôt SM, mais avec les mêmes
Alors voilà, ceci n'est pas un coup de gueule contre la bonne vieille "chick lit", littérature de filles; ça peut être super bien fait et divertissant, sans aller jusqu'au Goncourt, mais ce n'est pas fait pour non plus. Par contre, 50 Shades, c'est la disgrâce d'un genre qui est épuisé jusqu'à la corde, qui ne sait se renouveler. Elle en dit trop mais pas assez, on déteste les personnages à la minute où ils sont présentés, tout est un désastre littéraire. 50 Shades, c'est un peu comme Madonna à 65 ans en décolleté et mini-jupe; on n'a pas demandé à en voir autant, on n'est pas non plus sûrs qu'il y ait un contexte propice à ce genre de tenue. M'enfin, ça fait son petit chemin, ça ravive la flamme chez les mamans amerloques, tout en restant paradoxalement propret dans la provoc. Mais qu'on ne me fasse pas croire que c'est un nouveau truc féministe où les femmes se libèrent assez pour lire ces conneries et où on devrait tous/toutes applaudir. Emma Bovary lisait déjà des romans minables et regardez où ça l'a menée.

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