On y arrive, à ce moment fatidique, où les gens se sentent obligés de terminer la conversation par un subtil et original "à l'année prochaine", où les mêmes gens commencent à vous interroger sur vos bonnes résolutions. Le truc, c'est que les résolutions, c'est un des plus gros mensonges de l'humanité, juste après le Père Noël et la mode vegan. D'ailleurs, pourquoi elles devraient être bonnes, mes résolutions? Moi j'ai été sage pour le Père Noël, je vais pas en plus me faire encore plus sage pour la nouvelle année, sinon on va tous mourir d'ennui. On pourrait au moins prendre des résolutions mauvaises, ou neutres. Ou alors, on pourrait appeler ça par son vrai nom, genre une liste de ce qu'on va essayer de faire, ou une démonstration de mauvaise foi, ou une tragédie existentielle. Des résolutions, ça n'a jamais rien résolu du tout, d'abord. C'est au pire un constat de ses propres limites et défauts, au mieux un changement de vie total pour une durée limitée d'un jour à deux semaines.
Je le sais, même si je décide d'aller à la gym, ça dépendra quand même de mon emploi du temps, des horaires du fitness, de la neige dehors, de ma digestion. Parce que j'ai la flemme. Les résolutions, c'est vouloir faire un pari sur soi-même en sachant qu'on part en tocard. Une grosse connerie quoi.
Parce que moi, des fois, je m'énerve. Moi-même. Et les résolutions, ça n'aide pas. Y'a comme un truc dans l'air qui te fait avoir envie d'en prendre; et tu te retrouves à passer l'après déjeuner à digérer ton foie gras et ton mille-feuille sur des sites de santé pour lutter contre le cholestérol. C'est facile, là, le ventre plein à vomir, en râlant avec ta mère sur le fait qu'on mange trop dans le monde occidental etc etc, de se dire que oui, on peut le faire, se passer de sucreries, de beurre, de fromage et de charcuterie. Le sel de la vie, quoi. On peut s'en passer. Surtout si ça peut en plus limiter nos risques d'AVC ou d'embolie parce qu'on prend une pilule du 3ème âge ou je ne sais quoi (autre demi-heure perdue sur la toile).
C'est peut-être du cynisme, c'est peut-être de la lucidité, mais à un moment il faut grandir, et arrêter de se fixer des moments de changement obligé, comme des deadlines toutes socialement imposées où là, vraiment, si on fait pas un effort, on a trop la honte. Parce que le pire, dans les résolutions, c'est qu'on a beau les appeler bonnes par convention, le gros paradoxe de la résolution c'est que si elle tient plus d'un mois, c'est anormal. Qui a entendu parler de quelqu'un qui a un jour de l'An résolu de dépenser moins et a réussi à résister aux soldes commodément placées deux semaines après? Le Nouvel An, c'est comme la célébration sordide de toutes ces résolutions ironiquement prises qui seront lâchement abandonnées à la première faiblesse, à la première galette frangipane et autres complots saisonniers contre la volonté humaine.
Alors que faire? Résister? En prendre des simples? Se renforcer et suivre vraiment ce qu'on s'est donné comme objectif? Je suis résolu à devenir le méchant, nous dit Richard III au début de la pièce éponyme de Shakespeare. Lui, il s'y tient. Et toi, t'y tiendras-tu?
dimanche 30 décembre 2012
mercredi 26 décembre 2012
Noël : 1 / Babel : 0.
Je dois l'avouer. Noël a encore gagné
cette année.
Tous les ans, c'est pareil. Tous les
ans, je me dis : « Oh, non ! Par pitié, fin du sketch.
Moi, j'aime pas les fêtes » Je n'exagère pas, quelques jours
avant, je suis crevée et malade, et irascible et de mauvaise humeur. Normal quoi ? Diront les mauvaises langues ;-)
Et pourtant, tous les ans, je me retrouve heureuse et mélancolique le 26
décembre.
Car Noël, en fin de compte, c'est
surtout synonyme de bonne bouffe et de famille. Les deux choses les
plus importantes au monde.
La bonne bouffe d'abord. Oui, ça y est
nous avons toutes pris 2 kilos et encore je suis optimiste. Nos
fringues nous serrent et la culpabilité nous étreint. Mais voyons
le côté optimiste de la chose : on a consommé et ça en
temps de crise, ce n'est pas rien. On a fait des folies. Foie gras,
champagne, saumon, chocolat, allez hop un dernier pour la route !
Mais la bonne bouffe, c'est aussi
synonyme de repas animés, où tout le monde crie et personne
n'arrive à se faire entendre, où on joue son rôle, tranquille,
d'année en année dans le tableau familial.
Le rebelle, la grande gueule, celle qui
ne se lève jamais à table, le chef de famille, la maîtresse de
maison, l'éternelle étudiante, la studieuse, la calme...On oublie
les petits fours...dans le four. On se fait virer de la cuisine parce qu'on goute un peu trop souvent pour savoir s'il y a assez de sel et l'on s'engouffre beaucoup de toast en prétextant la recherche d'esthétique et de symétrie dans la présentation. ;-)On planque les cadeaux dans un coin. On est déçu ou agréablement surprise que l'on connaisse encore aussi bien nos goûts. Les discussions s'enchainent et nous font franchement rire. Des colonies au
mariage gay, de la crise à l'avenir...Tout y passe. Entre le fromage
et le dessert, entre deux chocolats et un armagnac. On est pas
d'accord. Bah, non. Bien sûr que l'on est pas d'accord. Sur le fond
et pour la forme. On râle, on taquine, on s'insurge. Question de
génération ? Mauvaise foi ? Véritable opposition ?
On s'en moque au fond. C'est vrai quoi, Noël sans désaccord en fin
de repas, sans citrate de Bétaïne, sans guirlande qui clignote, ce
n'est pas vraiment Noël.
A Noël, c'est la trêve. On oublie les
« gueguerres », les tensions, les rancoeurs, et on se
contente de se détendre et de demander des nouvelles. Alors parfois c'est pénible, ça
semble demander beaucoup d'efforts mais parfois aussi c'est vachement
cool. On retrouve des gens que l'on ne voit pas dans l'année, on
prend le temps de boire un café au soleil, on blague, on retrouve de vieux automatismes, on refait les mêmes vannes, on papote histoires de famille,
histoires à la noix, et puis histoires plus intimes.
J'ai eu un moment
difficile...Pffff...M'en parle....C'est chaud la vie. Confidence pour
confidence : ouais c'est carrément chaud la vie.
On dit souvent qu'on ne choisit pas sa
famille mais qu'on la subit. C'est vrai, on ne la choisit pas. De là
à dire qu'on la subit...Je ne pense pas. La famille fait partie d'un
de ces nombreux trucs paradoxaux dans la vie. Un truc lourd mais
essentiel, léger, sympa mais pesant. Un truc qu'il faut construire.
La famille, ce sont ces gens qui vous connaissent bien, qui ne vous
passent rien, mais qui finalement vous offrent beaucoup et surtout
qui vous aiment quand même. Bah oui, ils sont obligés.
Prenons le bon côté des choses :
en famille, pas besoin de tricher. Quel bonheur ! On peut être
horrible comme on a pu l'être pendant notre crise d'adolescence, on
nous pardonne, on nous connait, on sait qu'au fond on est gentil, va.
Alors oui, c'est vrai. On joue un rôle, on dit ou fait par convention ou par provocation ce qu'on attend de nous. Et pourtant on change, on a changé, tout le monde change et personne ne
vous voit changer. Tout le monde vous ressort de vieux dossiers mais
finalement, c'est rigolo et rassurant. Les vieux dossiers.
Dans un monde où le changement, c'est
maintenant, changeons, changeons, toute l'année durant efforçons nous de changer et de donner le change, mais continuons ces
repas de famille de Noël où tout le monde joue son rôle et a l'opinion
qu'on attend de lui.
Noël est un rituel rassurant.
Enervant, stressant mais finalement rassurant.
On a fait des cadeaux aux gens qu'on
aime. Stressé, on a cherché des trucs toujours plus originaux et
plus fous et finit par offrir des bijoux et des livres, valeurs
sures.
On est allé au ski, comme le veut la
tradition, le 24 décembre, et on a échappé aux préparatifs du
réveillon.
A Noël, presque tout est permis.
On peut ne pas bosser sans
culpabiliser.
On peut aller à la messe de minuit
pour être avec les gens qu'on aime et kiffer chanter faux « les
anges dans nos campagnes. »
On peut reprendre deux fois de la
bûche.
Et Noël gagne tous les ans.
Parce que la magie opère.
Parce que seuls les lâches partent ou
abandonnent. Les autres restent et font des efforts qui payent toujours d'une façon ou d'une autre à la fin.
Parce que dans ce monde de déracinés
avoir un chez soi, un endroit où l'on revient tous les ans et où ne
vous demande pas d'où vous êtes parce que vous êtes d'ici, c'est
vachement cool.
Parce que des gens qui se souviennent
que vos chocolats préférés sont les Pyrénéens de Lindt et qui
vous offre tous les ans un pyjama sachant très bien que vous ne
prenez jamais la peine de vous en acheter un dans l'année, c'est
touchant.
Parce que la famille, c'est sacré.
jeudi 20 décembre 2012
Ne me quitte pas...
Un jour (pas si lointain), une amie m'a dit "dans la vie il y a ceux qui partent et ceux qui restent". C'était sa pensée profonde 11403. Mais moi j'aime bien les pensées profondes : simples, efficaces et tellement vraies !
Pour les petits tracas du quotidien, il y a toujours une oreille attentive voire compatissante. Parfois même de bons conseils : "tu te demandes quel vernis mettre ? Le marron glacé, classe et glamour". "C'est l'horreur, je n'ai rien à me mettre pour cette soirée ! " "Et ta petite robe noire taille empire?" "Ah oui, je l'avais oubliée celle-là". Des petits tracas on en a beaucoup, tout autant que des mots rassurants. Pour votre fête d'anniversaire, tout le monde est okay, vient enjoué, se rue sur vos innombrables déclinaisons de cakes (à chacun sa spécialité) et repart tout aussi content.
Mais qui est là pour vous, je veux dire vraiment pour vous ? Qui reste quand une catastrophe arrive ? Qui ose vous appeler en sachant quand vous n'avez pas le concours que vous deviez avoir ? Qui prend du temps pour manger des rillettes dans le 5e un soir de déprime ? Et bien c'est simple, ceux-qui-restent. Qui en ont le courage et l'envie. Qui ont suffisamment d'amour ou d'amitié pour vous aimer même quand vous n'avez pas une bonne blague à sortir. Qui, vous voyant désespéré le jour de votre anniversaire, sonnent le branle bas de combat pour que vous souffliez quand même vos bougies. Certainement pas ceux qui, repus, s'éclipsent au mauvais moment.
Les jours où je fais le point sur ce qui compte vraiment dans ma vie, je repense à cette pensée profonde. Et là, elle ne m'a jamais parue aussi vraie : que ça aille ou non, que je sois au top ou pas, je sais qu'il y a des gens autour de moi, famille, amis, qui eux ne me quittent pas et n'ont pas l'air de vouloir me quitter à la première bourrasque. Et je peux vous dire qu'il y en a eu, qu'il y en a et qu'il y en aura encore des bourrasques...avec leur lot de pensées profondes...
mercredi 19 décembre 2012
La liste
Rassurez vous je ne vais pas vous parler de la liste au Père Noël. Déjà parce que ça a le don de m'énerver, le Père Noël, mais aussi parce qu'on a jamais les cadeaux que l'on veut, et que de toute façon, ne vous faites pas d'illusion, on ne le verra pas cette année, le Père Noël, fin du monde oblige.
A nos âges, on est moins fun - juste sur certains points rassurez vous ;-)- et on est stressé de la vie. On vieillit -ou bien on a toujours été psychorigide?- et on fait des listes. Des listes de compétition. Des post-it de listes. D'aucun les appellent des « to do list ». Oh yeah. On organise, on planifie. On se rassure. On cloue des projets pour être sur d'arriver au moins jusque là.
Je suis la reine des listes. Des quiches et des listes, c'est bien connu. Elles sont sympas mes petites listes et puis elles me ressemblent. Elles sont pleines de paradoxes. Ma vie s'étale sur les post it.
-Rappeler mamie.
-Manucure.
-Ficher Atlande.
-Acheter du thé.
-S'occuper du dossier CAF.
-Lessive.
-Rendre livres BU.
Vous avez aussi les actions qui sont repoussées et réinscrites de liste en liste du genre :
-Ranger les cours.
-Passer l'aspirateur.
-Aller au sport.
Les trucs mignons :
-Acheter des corayas cœur ail et fines herbes pour une telle.
-Souhaiter anniversaire à un tel.
-Acheter des chocolats pour Monsieur Delgado.
Les insolites :
- Ne plus jamais rappeler ce connard.
- Penser à prendre ce p**** de parapluie.
Les préférés :
-Faire la valise.
-Penser à imprimer les billets.
-Acheter des bottes noires.
A la fin, on ose même écrire :
- Sortir la poubelle.
Pour être sur de le rayer celui-là.;-)
La période ajoute la liste de cadeaux qui ne parvient pas à s'amenuiser et à être gribouillée. Bah oui forcément, à chaque fois que je vais pour acheter un cadeau à quelqu'un je finis par me l'offrir, ce qui est en soi assez embêtant. A la fois pour mon budget mais aussi pour mon moral car la culpabilité me ronge tout de suite après et je me dis que je suis une affreuse égoïste, une mauvaise personne qui arbore tout de même un superbe collier et un super sac qui à la base, étaient destinés à ma cousine ou ma meilleure amie. Mais ce n'étaient pas tellement leur style finalement.;-)
Bref, j'aime bien mes petites listes, elles me rassurent et me ressemblent. Elle me stressent et me rappellent à l'ordre et puis quand elles me narguent, je n'ai qu'à les jeter. Si la vie pouvait parfois être aussi simple qu'un post it certains jours. Reset. Reconfiguration des montres. Hop. On la refait, on recommence. Ceci n'a jamais existé.
Je pense à cette chanson de Rose où elle fait la liste des choses qu'elle veut faire avec son amoureux. Ah c'est sur que c'est plus fun que mes listounettes à moi ! Je ne dis pas que je ne voudrais pas « m'enfermer tout le jour et écrire des mots d'amour » ou « pardonner tes erreurs » Mais je ne peux pas. Déjà je ne pardonne plus et puis je n'aime pas rester dans mon appart' car au bout d'un moment je tourne en rond. Plus sérieusement, c'est joli, ça donne envie, c'est rose et plein d'entrain mais est ce que c'est vraiment jouable ? Est ce que ce n'est pas d'autant plus énervant qu'on sait bien que ce n'est pas jouable tout ça et que ça nous entretient dans l'illusion ?
Mes listes au moins elles sont réelles. J'ai du mal à en venir à bout mais j'y arrive. La sienne, je suis vraiment sceptique. Ou très cynique alors.
Mais, bon allez, je dois avouer qu'après une salve de concours blancs destructeurs, où j'ai mal à la main à force de noircir des pages et des pages de « paradigme », de « il s'agira donc », de « Par conséquent », de « cet exemple nous révèle que », et puis un peu désespérée du love, en proie à un énième petit chagrin d'amour -cœur d'artichaut oblige-je la trouve chouette moi cette chanson qui m'énerve. Parfaite pour illustrer mon côté Mi "désabusé de la life" -Mi rêveur, Mi naïf -Mi combatif, Mi Fille -Mi Raison.
Maman j'ai (pas) raté l'avion
En anglais le film "Maman j'ai raté l'avion" s'appelle "Home Alone"; c'est peut-être l'un des rares cas où un film américain a un meilleur titre en français qu'en anglais (il y aurait tout un article à faire sur le sujet d'ailleurs). Effectivement, au final, c'est mieux d'insister sur le fait que le petit blond a raté son avion, parce que pour moi ça a toujours été le sujet principal du film. Moi, j'ai une phobie terrible de l'avion, alors j'étais toujours super contente quand Macaulay Culkin se retrouvait seul. Bien joué, mec, t'as plus à prendre l'avion finalement!
Quand j'étais petite, j'ai pris l'avion trois fois peut-être, l'une d'entre elles toute seule en UM avant d'avoir dix ans. J'ai rien senti, j'étais super contente. Bon, j'allais à Rome et c'est une autre histoire, mais je ne me souviens pas d'avoir eu peur de l'avion avant au moins mes 18 ans. Est-ce que quand on est gosse on ne ressent pas la peur? Donc, maintenant, en avion, j'ai peur. Quand ça bouge, j'ai peur. Quand ça ne bouge pas, je me dis qu'on est au dessus du vide, et ça me fait peur. Quand je suis la seule à flipper, j'ai peur, mais si les autres ont peur aussi, j'ai d'autant plus peur. Bref, j'aime pas l'avion.
Avec tout ça, on pourrait croire que les aéroports seraient un lieu de détente, après ou avant la bataille, où au moins on sait qu'on n'est pas encore ou plus dans l'avion. En théorie, c'est plutôt cool un aéroport, avec les magasins, les restaurants, des toilettes super propres, un air de neuf et de design. Mais bon, d'abord il y a l'emmerdement horrible avant; comment on arrive à l'aéroport, que ce soit bus, RER ou même taxi, c'est toujours affreux; il faut se trimbaler des tonnes de trucs, une valise qui roule mal, un sac à dos plein à ras bord plus un sac à main. Il y a le flip du "ma valise est en surpoids", 75 euros chez Air France. Il y a le dégoût de payer un taxi pour être tranquille et de se retrouver avec un chauffeur psychopathe. Après 6h de bus dans mon trajet normal de retour en France, je suis déjà transpirante et fatiguée, et j'en ai encore pour 15h de voyage sans douche et sans repas normal. Alors forcément, quand j'arrive à l'aéroport, les gens m'énervent. Ils sont devant moi, ils sont bruyants, mais surtout, ils sont beaux. On dirait qu'ils sortent d'une des pubs dans les magasins de parfums de duty-free. Parce qu'à New York, les gens sont sur le 31 en permanence.
Le pire, c'est les filles. Je hais les filles d'aéroport. Elles sont tirées à quatre épingles, cheveux propres, maquillage impec. Je suis en jogging, l'oeil hagard; on dirait qu'elles sont dans une comédie romantique américaine et qu'elles attendent le moment où le gars va arriver pour les demander en mariage ou rétablir la vérité suite à un quiproquo. Elles sont en talons hauts, alors que la vidéo dans l'avion dit que justement les talons hauts c'est pas tip top en cas d'évacuation d'urgence.
Moi, à l'aéroport, j'ai pas le temps de faire la belle, de défiler comme sur un nuage à la Cate Blanchett reine des elfes dans Bilbo le Hobbit. Je suis en retard, j'ai mon sac à dos et mon manteau et mon écharpe sous le bras. Toutes les 5 minutes je vérifie que j'ai pas perdu mon passeport ou ma carte d'embarquement. J'ai chaud et froid en même temps. Alors, les pin-up du voyage, elles me font chier grave. Elles ont une pochette super cool avec tout bien rangé dedans, mais elles le mettent où leur ordi? Elles ont leur billet d'avion sur leur iPad parce qu'elles sont des pin-up geeks et dans le vent. Elles ont un oreiller d'avion. Elles se font des manucures dans un de ces salons de beauté improbables d'aéroport. Parce que franchement, c'est vraiment le moment d'acheter du maquillage et du parfum quand tu t'apprêtes à faire un voyage affreux. Pour moi à la limite, ça fait sens, j'ai l'air tellement horrible après mes 6h de bus que si je croise un miroir dans un rayon de 5 mètres à un magasin de duty-free, je vais ressentir le besoin d'y entrer et de me ravaler la façade à coup de fond de teint que je ne mettrai jamais et de rouge à lèvres Dior, et ce malgré l'odeur de 10000 parfums mélangés.
Alors, je crie au complot: c'est un coup de pub, ces filles sont fausses, des modèles payés pour être là et nous faire consommer des produits de beauté. Franchement, s'il y a un moment dans ma vie où on pourrait m'épargner la comparaison avec des meufs canons et classe, c'est vraiment l'aéroport. Je n'ai ni l'envie ni le temps d'une crise d'identité; je dois me préparer psychologiquement à flipper non stop pendant 7 heures. J'ai pas le temps pour vos conneries.
Si vous me croyez pas, allez lire ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane
Ou ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane_heard
Quand j'étais petite, j'ai pris l'avion trois fois peut-être, l'une d'entre elles toute seule en UM avant d'avoir dix ans. J'ai rien senti, j'étais super contente. Bon, j'allais à Rome et c'est une autre histoire, mais je ne me souviens pas d'avoir eu peur de l'avion avant au moins mes 18 ans. Est-ce que quand on est gosse on ne ressent pas la peur? Donc, maintenant, en avion, j'ai peur. Quand ça bouge, j'ai peur. Quand ça ne bouge pas, je me dis qu'on est au dessus du vide, et ça me fait peur. Quand je suis la seule à flipper, j'ai peur, mais si les autres ont peur aussi, j'ai d'autant plus peur. Bref, j'aime pas l'avion.
Avec tout ça, on pourrait croire que les aéroports seraient un lieu de détente, après ou avant la bataille, où au moins on sait qu'on n'est pas encore ou plus dans l'avion. En théorie, c'est plutôt cool un aéroport, avec les magasins, les restaurants, des toilettes super propres, un air de neuf et de design. Mais bon, d'abord il y a l'emmerdement horrible avant; comment on arrive à l'aéroport, que ce soit bus, RER ou même taxi, c'est toujours affreux; il faut se trimbaler des tonnes de trucs, une valise qui roule mal, un sac à dos plein à ras bord plus un sac à main. Il y a le flip du "ma valise est en surpoids", 75 euros chez Air France. Il y a le dégoût de payer un taxi pour être tranquille et de se retrouver avec un chauffeur psychopathe. Après 6h de bus dans mon trajet normal de retour en France, je suis déjà transpirante et fatiguée, et j'en ai encore pour 15h de voyage sans douche et sans repas normal. Alors forcément, quand j'arrive à l'aéroport, les gens m'énervent. Ils sont devant moi, ils sont bruyants, mais surtout, ils sont beaux. On dirait qu'ils sortent d'une des pubs dans les magasins de parfums de duty-free. Parce qu'à New York, les gens sont sur le 31 en permanence.
Le pire, c'est les filles. Je hais les filles d'aéroport. Elles sont tirées à quatre épingles, cheveux propres, maquillage impec. Je suis en jogging, l'oeil hagard; on dirait qu'elles sont dans une comédie romantique américaine et qu'elles attendent le moment où le gars va arriver pour les demander en mariage ou rétablir la vérité suite à un quiproquo. Elles sont en talons hauts, alors que la vidéo dans l'avion dit que justement les talons hauts c'est pas tip top en cas d'évacuation d'urgence.
Moi, à l'aéroport, j'ai pas le temps de faire la belle, de défiler comme sur un nuage à la Cate Blanchett reine des elfes dans Bilbo le Hobbit. Je suis en retard, j'ai mon sac à dos et mon manteau et mon écharpe sous le bras. Toutes les 5 minutes je vérifie que j'ai pas perdu mon passeport ou ma carte d'embarquement. J'ai chaud et froid en même temps. Alors, les pin-up du voyage, elles me font chier grave. Elles ont une pochette super cool avec tout bien rangé dedans, mais elles le mettent où leur ordi? Elles ont leur billet d'avion sur leur iPad parce qu'elles sont des pin-up geeks et dans le vent. Elles ont un oreiller d'avion. Elles se font des manucures dans un de ces salons de beauté improbables d'aéroport. Parce que franchement, c'est vraiment le moment d'acheter du maquillage et du parfum quand tu t'apprêtes à faire un voyage affreux. Pour moi à la limite, ça fait sens, j'ai l'air tellement horrible après mes 6h de bus que si je croise un miroir dans un rayon de 5 mètres à un magasin de duty-free, je vais ressentir le besoin d'y entrer et de me ravaler la façade à coup de fond de teint que je ne mettrai jamais et de rouge à lèvres Dior, et ce malgré l'odeur de 10000 parfums mélangés.
Alors, je crie au complot: c'est un coup de pub, ces filles sont fausses, des modèles payés pour être là et nous faire consommer des produits de beauté. Franchement, s'il y a un moment dans ma vie où on pourrait m'épargner la comparaison avec des meufs canons et classe, c'est vraiment l'aéroport. Je n'ai ni l'envie ni le temps d'une crise d'identité; je dois me préparer psychologiquement à flipper non stop pendant 7 heures. J'ai pas le temps pour vos conneries.
Si vous me croyez pas, allez lire ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane
Ou ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane_heard
dimanche 16 décembre 2012
Avoir confiance...ou pas ?
« J'ai confiance en toi » est je crois la pire des phrases que l'on peut dire à quelqu'un.
Pire que « je t'aime », « je te déteste », ou whatever. « J'ai confiance en toi. » Et hop le petit coup de pression qui monte et la furieuse envie de hurler « Nooooooooooooooonnnnnn ! »
Ne me dis pas que ça ira quand tu sais qu'il y a de grandes chances pour que ça n'aille pas.
Ne me fais pas te décevoir quand moi je vais me décevoir.
Les grands optimistes n'ont de cesse de répéter qu'il faut avoir confiance.
Bon alors admettons. D'accord, on est tous des Bisounours et on a tous confiance : Oui mais en quoi ? En plusieurs choses en fait.
D'abord, il faut avoir confiance en l'avenir. Si, si, si. Mais ça encore j'y crois. C'est facile. Oui, je crois en l'Histoire, au progrès, en l'avenir, aux capacités infinies de l'être humain. Je crois même aux nanotubes de carbone maintenant ! depuis qu'un ami chercheur m'en a parlé.
Bon, c'est vrai la crise n'arrange rien à l'affaire et il ne fait pas bon avoir 20-25 ans dans les années 2010. Ajoutez à ça des passions un peu étranges et une ferme volonté de faire ce qu'on aime dans la vie et vous avez nous ! La fameuse génération Y en tension permanente entre ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle est ! Et encore je ne vis plus chez mes parents...;-)
Pour les angoissés, c'est un peu compliqué certains jours toute cette confiance.
« C'est pas grave, ça va s'arranger » Mon œil. Ça ne s'arrange pas toujours et même parfois ça empire !
Mais avoir confiance en l'avenir suppose aussi et surtout avoir confiance en l'autre.
Et là ça devient très difficile, voire utopique.
Je ne vais pas revenir sur mes multiples déceptions amicales, amoureuses et même familiales. Vous avez vécu les mêmes et vous savez ce que sait. Vous connaissez bien ce sentiment horrible de déception. Cette boule au fond du ventre qui peut mettre des mois à passer et qui revient certains soirs.
Et pourtant, on se laisse prendre à chaque fois à ce terrible jeu. Des gens entrent dans nos vies, on leur accorde notre confiance, puis ils en sortent aussi vite qu'ils sont venus. Entre temps de bons et parfois de beaux moments. A la fin, la boule au ventre mais le doux sentiment d'en sortir grandie. On a kiffé mais on a souffert quand même. Parfois un peu paumée, parfois pleinement consciente du désastre imminent du jeu, On cède aux sirènes mais à quel prix ?
Car ça peut être très beau la confiance. Beau et reposant. Qu'il est doux d'avoir des certitudes dans ce monde où tout bouge tout le temps, où l'on voyage, où l'on rencontre plein de gens. Que cela est reposant d'avoir des gens en qui l'on a confiance. Des gens que l'on peut appeler – ou pas;-)- dans la tourmente. Des béquilles, des piliers pour quand on a, pour le coup plus confiance en rien.
L'autre truc sympa, c'est la surprise : trouver quelqu'un là où on ne l'attendait pas. Être surpris. Ne rien prévoir. Se planter souvent mais vivre un truc à part, auquel on ne s'attendait pas. J'en vois qui rigole déjà. Mais je m'en moque. Oui, je veux de la surprise et de l'imprévu.
Enfin, cela passe peut être par la confiance en soi. Et là j'ai une idée tout à fait personnelle. Une idée plutôt cynique et désabusée. Je crois qu'il faut avoir confiance en soi parce qu'on a pas le choix.
Oui. Je ne vais pas vous la jouer yoga et sophro -en plus ce serait nul car je n'y suis jamais allée- je suis désolée : je suis sceptique. Je crois que la seule personne qui peut nous sauver, bah c'est nous même. Avoir confiance, c'est commencer à bien se connaître, c'est se penser, c'est se vouloir perfectible. Et c'est surtout s'accepter imparfait, libre et heureux.
J'ai dit que je croyais aux possibilité de l'être humain mais je commence aussi à en connaître ses limites ainsi que les difficultés qu'il rencontre. Et je pense bien souvent à une phrase de Pascal dans les Pensées :
« L'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »
Donc, je ne vais pas vous dire que nous sommes tous des êtres extraordinaires. Je ne vais pas vous dire que la vie va être un long fleuve tranquille. Je ne vous dirai pas non plus que les derniers seront les premiers. Je vous citerai du Corneille :
« Dans un si grand revers que vous reste-t-il ? - Moi, Moi, dis-je, et c'est assez »
Pierre CORNEILLE, Médée, I, 5.
Alors, il faut avoir confiance, il faut se faire confiance envers et contre tout. Parce que devant le miroir, devant la carte au restau', devant votre copie, devant votre employeur, face à vos doutes, dans vos petites victoires et vos amères défaites, il n'y a finalement que vous. Vous et les infinies possibilités du monde. Et c'est assez.
mercredi 12 décembre 2012
Un vote, une carte de voeu, du talent !
Noël c'est magique, mais quand ça rime avec dizaines de cartes de voeux ça l'est déjà bien moins ! Sauuuuuf si vous avez la chance d'écrire sur la carte dessinée par Laura pour le magazine Be. Elle participe à un concours pour le magazine Be à l'occasion de Noël.
N'hésitez pas à voter pour elle si vous aussi vous aimez les fêtes sans aucune modération :
http://www.be.com/challenges/challenges-mode/1522546-participez-concours-illustration/4039890-souhaite-bonne-annee.htm
dimanche 2 décembre 2012
Encore un matin…
Demain c'est lundi...et le lundi apporte son lot d'angoisse c'est bien connu. La pire de toute est celle du matin : comment je vais réussir à me lever tôt cinq jours d'affilée ? Un défi renouvelé chaque jour, chaque semaine, chaque mois...pour toute une vie !
J’ai souvent entendu que le monde appartenait à ceux qui se
lèvent tôt. Je l’ai trop entendu. Maintenant je le prends mal. Si c’est vrai,
alors le monde est loin de m’appartenir ! Le matin je ne suis pas enjouée
devant une tartine de Nutella agrémentée d’un jus d’orange frais et d’un
yaourt, le matin je ne mange pas de muesli avec un kiwi parce que c’est plein
de vitamines C, je ne ressemble pas aux blondinets de la pub ricorée en chantant que "le soleil vient de se lever", parce que quand je me lève il fait encore nuit !
Le matin…je meurs devant mon jus de pomme leader price et mes
deux malheureux krisprolls dont je repousse le mastiquage parce que ma mâchoire
est endormie et qu’elle refuse de s’activer. S’activer, l’inverse de mon matin. Je suis lente, mon corps est désespérément lent, mon esprit
aussi. Je le sais, ils me font payer de les avoir extraits de leur torpeur
ensommeillée. « Tu m’as obligé à me lever ? Tu vas voir tu vas le
payer : tu vas devoir courir pour attraper ton RER, tu t’y engouffreras
transpirante, décoiffée et tu auras un choc thermique ! ». Sauf que
j’essaie de leur expliquer que ce n’est pas de ma faute si on vit dans une
société du matin.
Tous ces gens qui se lèvent tôt et traînent leurs songes à
peine achevés dans le RER sont bien la preuve, pourtant, que je ne suis pas la
seule à haïr le matin. Alors je feinte le matin : si j’ai un évènement, je
me dis que le matin est un petit moment réservé pour se faire belle, si je suis
complètement embuée je regarde un reportage sur les tigres sur Arte et me
laisse porter par la fougue de ces félins, si je suis fatiguée, je me dis que
dans 12h je dors et que rien que pour ça, ça vaut la peine de se lever. Mais il
y a le matin insurmontable, celui où votre journée commence par un
« putain » rageur, dénonciateur de l’injustice qui nous est faite à
nous, les laissez-pour-compte du soir.
Mais ce qui m’angoisse le plus dans le matin, c’est que
chaque jour il se répète. Pire encore, chaque jour de toute ma vie je vais
devoir me lever. Et arrivera un moment où j’aurai passé l’âge de me lever à
midi le dimanche, où de charmants bambins sauteront sur mon lit pour me faire
culpabiliser d’être une mère-du-soir et pas la mère de la famille Ricoré du
matin. Parce qu’en plus, le matin je suis de mauvaise humeur : je n’ai pas
mes cheveux blonds négligemment lâchés sur les épaules, ni un pyjama blanc
immaculé, des lèvres roses sur un teint pâle. D’ailleurs je vous épargne la
description de ce que je suis réellement. Alors la question est posée, chaque
jour de plus belle : Mais pourquoi ? Pourquoi le matin ?
Jean-Jacques Goldman l’avait bien compris… « ça ne sert à
rien ».
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