dimanche 16 décembre 2012

Avoir confiance...ou pas ?



« J'ai confiance en toi » est je crois la pire des phrases que l'on peut dire à quelqu'un.
Pire que « je t'aime », « je te déteste », ou whatever. « J'ai confiance en toi. » Et hop le petit coup de pression qui monte et la furieuse envie de hurler « Nooooooooooooooonnnnnn ! »
Ne me dis pas que ça ira quand tu sais qu'il y a de grandes chances pour que ça n'aille pas.
Ne me fais pas te décevoir quand moi je vais me décevoir.

Les grands optimistes n'ont de cesse de répéter qu'il faut avoir confiance.
Bon alors admettons. D'accord, on est tous des Bisounours et on a tous confiance : Oui mais en quoi ? En plusieurs choses en fait.

D'abord, il faut avoir confiance en l'avenir. Si, si, si. Mais ça encore j'y crois. C'est facile. Oui, je crois en l'Histoire, au progrès, en l'avenir, aux capacités infinies de l'être humain. Je crois même aux nanotubes de carbone maintenant ! depuis qu'un ami chercheur m'en a parlé.
Bon, c'est vrai la crise n'arrange rien à l'affaire et il ne fait pas bon avoir 20-25 ans dans les années 2010. Ajoutez à ça des passions un peu étranges et une ferme volonté de faire ce qu'on aime dans la vie et vous avez nous ! La fameuse génération Y en tension permanente entre ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle est ! Et encore je ne vis plus chez mes parents...;-)

Pour les angoissés, c'est un peu compliqué certains jours toute cette confiance.
« C'est pas grave, ça va s'arranger » Mon œil. Ça ne s'arrange pas toujours et même parfois ça empire !

Mais avoir confiance en l'avenir suppose aussi et surtout avoir confiance en l'autre.
Et là ça devient très difficile, voire utopique.
Je ne vais pas revenir sur mes multiples déceptions amicales, amoureuses et même familiales. Vous avez vécu les mêmes et vous savez ce que sait. Vous connaissez bien ce sentiment horrible de déception. Cette boule au fond du ventre qui peut mettre des mois à passer et qui revient certains soirs.
Et pourtant, on se laisse prendre à chaque fois à ce terrible jeu. Des gens entrent dans nos vies, on leur accorde notre confiance, puis ils en sortent aussi vite qu'ils sont venus. Entre temps de bons et parfois de beaux moments. A la fin, la boule au ventre mais le doux sentiment d'en sortir grandie. On a kiffé mais on a souffert quand même. Parfois un peu paumée, parfois pleinement consciente du désastre imminent du jeu, On cède aux sirènes mais à quel prix  ?

Car ça peut être très beau la confiance. Beau et reposant. Qu'il est doux d'avoir des certitudes dans ce monde où tout bouge tout le temps, où l'on voyage, où l'on rencontre plein de gens. Que cela est reposant d'avoir des gens en qui l'on a confiance. Des gens que l'on peut appeler – ou pas;-)- dans la tourmente. Des béquilles, des piliers pour quand on a, pour le coup plus confiance en rien.

L'autre truc sympa, c'est la surprise : trouver quelqu'un là où on ne l'attendait pas. Être surpris. Ne rien prévoir. Se planter souvent mais vivre un truc à part, auquel on ne s'attendait pas. J'en vois qui rigole déjà. Mais je m'en moque. Oui, je veux de la surprise et de l'imprévu.

Enfin, cela passe peut être par la confiance en soi. Et là j'ai une idée tout à fait personnelle. Une idée plutôt cynique et désabusée. Je crois qu'il faut avoir confiance en soi parce qu'on a pas le choix.
Oui. Je ne vais pas vous la jouer yoga et sophro -en plus ce serait nul car je n'y suis jamais allée- je suis désolée : je suis sceptique. Je crois que la seule personne qui peut nous sauver, bah c'est nous même. Avoir confiance, c'est commencer à bien se connaître, c'est se penser, c'est se vouloir perfectible. Et c'est surtout s'accepter imparfait, libre et heureux.

J'ai dit que je croyais aux possibilité de l'être humain mais je commence aussi à en connaître ses limites ainsi que les difficultés qu'il rencontre. Et je pense bien souvent à une phrase de Pascal dans les Pensées :

« L'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »

Donc, je ne vais pas vous dire que nous sommes tous des êtres extraordinaires. Je ne vais pas vous dire que la vie va être un long fleuve tranquille. Je ne vous dirai pas non plus que les derniers seront les premiers. Je vous citerai du Corneille :

« Dans un si grand revers que vous reste-t-il ? - Moi, Moi, dis-je, et c'est assez »

Pierre CORNEILLE, Médée, I, 5.

Alors, il faut avoir confiance, il faut se faire confiance envers et contre tout. Parce que devant le miroir, devant la carte au restau', devant votre copie, devant votre employeur, face à vos doutes, dans vos petites victoires et vos amères défaites, il n'y a finalement que vous. Vous et les infinies possibilités du monde. Et c'est assez.

1 commentaire:

  1. Jolie patte Annabelle, et puis finalement, tu as raison, quand il ne reste rien, ou personne, il reste toujours soi, et on n'a pas le choix. C'est souvent au final pour le meilleur et non pour le pire :)

    J'espère que tu vas bien,

    Elise

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