dimanche 30 décembre 2012

C'est toi la résolution

On y arrive, à ce moment fatidique, où les gens se sentent obligés de terminer la conversation par un subtil et original "à l'année prochaine", où les mêmes gens commencent à vous interroger sur vos bonnes résolutions. Le truc, c'est que les résolutions, c'est un des plus gros mensonges de l'humanité, juste après le Père Noël et la mode vegan. D'ailleurs, pourquoi elles devraient être bonnes, mes résolutions? Moi j'ai été sage pour le Père Noël, je vais pas en plus me faire encore plus sage pour la nouvelle année, sinon on va tous mourir d'ennui. On pourrait au moins prendre des résolutions mauvaises, ou neutres. Ou alors, on pourrait appeler ça par son vrai nom, genre une liste de ce qu'on va essayer de faire, ou une démonstration de mauvaise foi, ou une tragédie existentielle. Des résolutions, ça n'a jamais rien résolu du tout, d'abord. C'est au pire un constat de ses propres limites et défauts, au mieux un changement de vie total pour une durée limitée d'un jour à deux semaines.
Je le sais, même si je décide d'aller à la gym, ça dépendra quand même de mon emploi du temps, des horaires du fitness, de la neige dehors, de ma digestion. Parce que j'ai la flemme. Les résolutions, c'est vouloir faire un pari sur soi-même en sachant qu'on part en tocard. Une grosse connerie quoi.
Parce que moi, des fois, je m'énerve. Moi-même. Et les résolutions, ça n'aide pas. Y'a comme un truc dans l'air qui te fait avoir envie d'en prendre; et tu te retrouves à passer l'après déjeuner à digérer ton foie gras et ton mille-feuille sur des sites de santé pour lutter contre le cholestérol. C'est facile, là, le ventre plein à vomir, en râlant avec ta mère sur le fait qu'on mange trop dans le monde occidental etc etc, de se dire que oui, on peut le faire, se passer de sucreries, de beurre, de fromage et de charcuterie. Le sel de la vie, quoi. On peut s'en passer. Surtout si ça peut en plus limiter nos risques d'AVC ou d'embolie parce qu'on prend une pilule du 3ème âge ou je ne sais quoi (autre demi-heure perdue sur la toile).
C'est peut-être du cynisme, c'est peut-être de la lucidité, mais à un moment il faut grandir, et arrêter de se fixer des moments de changement obligé, comme des deadlines toutes socialement imposées où là, vraiment, si on fait pas un effort, on a trop la honte. Parce que le pire, dans les résolutions, c'est qu'on a beau les appeler bonnes par convention, le gros paradoxe de la résolution c'est que si elle tient plus d'un mois, c'est anormal. Qui a entendu parler de quelqu'un qui a un jour de l'An résolu de dépenser moins et a réussi à résister aux soldes commodément placées deux semaines après? Le Nouvel An, c'est comme la célébration sordide de toutes ces résolutions ironiquement prises qui seront lâchement abandonnées à la première faiblesse, à la première galette frangipane et autres complots saisonniers contre la volonté humaine.
Alors que faire? Résister? En prendre des simples? Se renforcer et suivre vraiment ce qu'on s'est donné comme objectif? Je suis résolu à devenir le méchant, nous dit Richard III au début de la pièce éponyme de Shakespeare. Lui, il s'y tient. Et toi, t'y tiendras-tu?

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