samedi 13 avril 2013

The rise and fall of Ziggy Stardust by WoMA



C'est en voyant le nouveau clip de David Bowie, « The stars are out tonight », au terme d'une longue attente et d'une excitation non moins palpable, que je me suis rendue compte de deux choses : le génie du rock est un retraité et la poussière d'étoile c'est bien mieux que les étoiles resplendissantes.


Pourquoi ce constat m'a-t-il tant effrayée ?
Eh bien voir l'être le plus créatif, le plus mystérieux et le plus changeant de l'histoire du rock'n'roll en train de faire ses courses - avec Tilda Swinton, certes - ça m'a fait un peu mal.
Parce que de nos jours où la transparence est poussée à l'extrême le mystère d'Aladin Sane ou de Ziggy Stardust serait salvateur. Ça nous ferait du bien de se demander qui est ce personnage sans avoir la réponse et sans savoir ce qu'il pourra bien inventer de nouveau par la suite.
« Plonger au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau », c'est l'ultime vers des Fleurs du Mal de Baudelaire. J'avais découpé et collé ces lettres sur le mur de ma chambre pour me rappeler qu'au fond, c'est ça l'essentiel dans la vie : Ne pas avoir peur du mystère, ni de l'inconnu.
Evidemment, en ce moment on est plutôt obligés de plonger dans l'inconnu soit pour y découvrir des choses déplaisantes soit pour faire des expériences. Si on arrive à dépasser l’appréhension, ce qui je l'accorde, n'est pas vraiment très facile, on se rend compte que l'inconnu, même si ça suppose le doute et l'adversité, nous ouvre au monde, nous rend curieux et par-dessus tout nous aide à accepter qu'on ne peut pas toujours répondre aux questions qu'on se pose. Accepter cela est pour moi la plus grande preuve de maturité qu'on puisse avoir.
Sur le coup j'ai été effrayée de voir papy David dans la plus affreuse représentation de la banalité du quotidien. C'est bien connu, je déteste la banalité. Mais je n'aime pas non plus m'attarder sur le passé et finalement je suis juste contente qu'il ait inventé le rock'n'roll. Même si les années 60 et 70 sont sans doute à mes yeux les plus inventives musicalement et qu'aujourd'hui la plus profonde provocation est de se promener en robe en steacks dans une magnifique interprétation du recyclage, je préfère me dire qu'après tout ce n'est pas grave de vivre dans une époque moins créative, moins flamboyante et même que ça nous encourage peut-être à l'être si on aime avoir l'esprit de contradiction et qu'après tout, la discrétion c'est pas si mal.
La poussière d'étoile pour moi c'est la discrétion, à l'exact opposé des étoiles montantes et je trouve ça bien plus charmant.
C'est d'ailleurs très paradoxal- ou pas du tout en fait - que David Bowie nous parle d'étoiles resplendissantes à 66 ans alors qu'il portait aux nues la poussière d'étoile quand il avait 20 ans et des poussières...Si on s'arrête un quart de seconde pour réfléchir, il est finalement possible d'interpréter ça comme une lueur d'espoir. En effet, le fait que le mec le plus extraordinaire de sa génération se roule dans la poussière -même étoilée- dans sa jeunesse, est plutôt un fait encourageant pour nous, sorte de lost generation n°2. Peut-être que nous aussi nous ferons nos courses en pull de Noël, et peut-être que ça ne sera plus aussi provocant que pour old David.
Mais après tout on s'en fiche. Parce que si on arrive à avoir une jeunesse au moins à moitié aussi créative que la sienne, eh bien, ça vaut le coup de la manger à pleines mains, cette poussière d'étoile.

By WoMA ( Woman of Modern Age)

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