mercredi 19 novembre 2014

Des vies nouvelles et parallèles.

Comme le beaujolais nouveau, le blog nouveau est arrivé en novembre !

Rejoignez nous à cette adresse pour de nouveaux posts, des photos…Bref : Plus Oultre comme disait Charles Quint ou l'une de mes amies, je ne sais plus ;-)

http://mifillemiraisonleblog.wordpress.com


mercredi 1 octobre 2014

Couleurs d'automne et sexisme ordinaire : le coup de gueule de WOMA.

Je crois que ça commence mal. Oui, décidément cette rentrée commence bien mal. 
Dommages collatéraux de vacances prises en décalé : pendant qu'on fait (enfin) la sieste au soleil sur une plage  déserte du sud de la Corse, le courrier pendant ce temps s'accumule à Paris. C'est dans cette monstrueuse pile que l'on découvre en rentrant, un soir de semaine, après quelques prises de tête avec Air France, l'affreuse vérité : la couleur de cet automne c'est le kaki. 


Blocage total. 
Ça va à qui le kaki ? Après les évènements pour le moins sinistres de cet été je trouve que commencer l'automne habillée comme si on partait pour l'Irak c'est du domaine de l'humour très noir, très noir. 
Et de toute façon, dans un registre plus léger, ça donne globalement l'air malade de porter du kaki, non ? 
Rien à faire, les innombrables séries mode m'expliquant comment le porter ne me convaincront pas. 
Je décide, une fois n'est pas coutume de ne pas être victime de la mode. 
Un petit coup de shopping online pour me récompenser- ballerines noires, basiques mais indispensables- et ça va déjà mieux. Et là, après un détour sur Facebook, je tombe sur le lien qu'un ami m'a posté : le discours d'Emma Watson à l'ONU. On en a parlé et c'est tant mieux. 



Néanmoins un petit tour sur les commentaires des pages relayant la vidéo est pour le moins édifiant. 
On trouve des commentaires aussi brillants que « Tout le monde sait que l'inégalité des salaires est faite pour compenser les congés maternité des femmes ». Au bord de l'implosion devant ce déferlement d'imbécilité abyssale, je me demande s'il ne serait pas utile d'écrire à l'Assemblée Nationale pour exiger que les propos sexistes soient punis directement et sévèrement à l'image des propos racistes. Mieux encore, hier, une rumeur selon laquelle les hackers qui ont diffusé les photos de Jennifer Lawrence et autres actrices hollywoodiennes ont menacé faire de même avec Emma Watson s'est répandue. Encore un nouvel échantillon de commentaires réjouissants du type « C'est débile sur le fond mais bon quand même Emma Watson à poil... ». Visiblement donc, il n'est même pas utile de prendre des photos comme Jennifer Lawrence pour se retrouver victime du fameux « slut shaming ». Il suffit juste de se prononcer publiquement, toute habillée, dans un langage clair et juste pour l'égalité entre  hommes et femmes.
Je veux quand même croire que ce genre de réflexion n'est l'apanage que d'une minorité de mecs débiles et très certainement frustrés. 
Je veux quand même croire que l'appel d'Emma Watson sera entendu. 
Je veux quand même croire que je vivrai ma vie sans être sans cesse ramenée à mon statut de femme. 
Je veux quand même croire que je ne porterai pas de kaki cet automne parce que non, vraiment je n'aime pas cette couleur.

Pour preuve que le monde est quand même vachement cool et pour apporter tout de même ma touche musicale : hier c'était le David Bowie day à Chicago. So let's dance.


mardi 23 septembre 2014

Ode aux collants.

Il fait frais, il fait froid à Paris. Ca y est. Enfin. Un vrai temps d’automne où le soleil se fait timide, où l’on frissonne, et où l’on remet des collants.

Nous avons chacune une relation très particulière avec les collants.
Souvent, ils nous énervent. Surtout leur prix en réalité…de plus en plus scandaleux.
Leur fragilité aussi. Combien de changements en catastrophe à 10h du matin dans la cabine du Monoprix ou même dans l’arrière boutique du Franprix après avoir attendri la caissière (solidarité féminine héhéhé ;-))

Mais tout de même : Quel plaisir de porter des collants !
Quand les jambes sont blanches ou mouchetées de ces vilaines cicatrices qui sont apparues en grattant tout l’été les piqures de moustique.
Quand les jupes et les robes sont à cette longueur « un peu bâtarde » où seule une bonne paire de collants opaque arrange tout.
Quand le temps est à la séduction et à la conquête.
Quand le temps est à la fantaisie.
Quand mieux qu’un sac à main, qu'un thé detox ou qu'un cours de sport, le collant devient notre allié… ;-)




Au milieu de toutes ces boxes qui fleurissent ces derniers temps, l’une d’entre elles me ravit :  la gambette box.


D’une part car il y a toujours un collant noir  et d’autre part parce qu’elle me pousse à laisser parler la fantaisie qui est en moi…LOL.

Collant mousse, collant voile, collant lycra, collant sans démarcation, collant sans couture (seamless pour les anglophones), collant opaque, body collant, collant de grossesse ( soit... ), collant intégral, collant de danse, collant résille…A chacune ses goûts et ses couleurs... et ses humeurs.

Quand je mets des collants avec les coutures apparentes derrière, je pense toujours à ces femmes pendant l’occupation qui se maquillaient les jambes avec du thé pour donner l’illusion d’une jambe habillée ou qui dessinaient parfois les coutures au crayon. Le Nylon avait été  inventé en 1938 par la firme Du Pont de Nemours, mais le début de la seconde guerre mondiale avait mis un frein à cet essor. Les sites de fabrication avaient été réquisitionnés.

En méditation intense sur les usages de l'Histoire et quelque peu dubitative devant le rayon collants chez Monoprix ce soir, je me suis dit que s'il y avait bien une histoire du pantalon alors pourquoi pas une histoire des collants ou du moins une sociologie du collant ! Pendant une seconde, j'ai cru avoir trouvé l'idée du siècle avant que mon excitation ne finisse par retomber comme un soufflé et que je choisisse finalement une paire de DIM ( #efficace) ;-)).


Alors voilà,  je suis bien contente que le froid reprenne ses quartiers d’hiver. Parce que le froid, quand on est armée de bons collants, bah «  ça conserve ». Et puis je laisse les leggins aux frileuses-chieuses-couineuses et aux débutantes et je séduis ou je me laisse séduire…en collants.

lundi 16 juin 2014

Le malaise du bien-être

Le bien-être est partout, peut-être parce que c'est la crise. A en croire les livres qui cassent la baraque niveau vente, à en croire la mode des stars américaines qui se mettent au bien-être comme alternative au cinéma, à en croire le boom du développement personnel. Le bonheur c'est trop "in", même le jury du bac en a fait la question du bac de philo. Cameron Diaz écrit un livre, c'est la mode des jus verts, des juice cleanse même, des graines en tous genres.
Moi, vous le devinez, ça me pompe grandement, la mode du bien-être. Une sorte d'énervement contre cette tendance sociétale à s'écouter vivre, à acheter des livres qui nous dictent des "styles de vie" à adopter, des façons de réagir. C'est bassement américain, de la consommation à l'état pur, comme le speed yoga qui pour brûler plus de calories enchaîne les positions comme si c'était un marathon de sexe.
Le bien-être, comme le régime vegan, c'est juste une excuse pour perdre du poids en faisant genre qu'on s'intéresse à son corps. Pas un bouquin de "bien-être" ne va conseiller une bonne pâte carbo ou un bon steak pour se sentir mieux, et pourtant les études récentes prouvent que le beurre et les acides gras essentiels sont vraiment bons pour nous. Mais c'est pas ce "bien" là qui intéresse les addicts du "bien-être". L'idée du bien-être pour Cameron Diaz c'est de poser presque nue sans maquillage sur la couverture. Pourquoi, on ne sait pas, c'est un peu comme les références gratuites aux règles dans "Sous les jupes des filles", au fond, ce n'est pas censé avoir beaucoup de rapport. Et puis, ça fait doucement rigoler, quand même, que des filles en régime perpétuel, avec pas mal de Photoshop et de chirurgie esthétique à leur actif, viennent nous donner des leçons de bien-être. C'est aussi un melting-pot ésotériques de recettes sans gras - soit-disant "whole", le concept du complet, qui est censé descendre le pain blanc de son perchoir -, de techniques pour faire de l'exercice, et d'autres choses que je n'ose imaginer.
Quelque fois, je me sens un peu comme mes grands-parents, dans une attitude "c'était mieux avant". Est-ce que c'est rétrograde de considérer tout ça comme particulièrement futile? De tout temps, il y a eu des livres de cuisine, de recettes. De tout temps, les gens ont exercé leur corps comme leur esprit. Peut-être que ça ne vient pas instinctivement à tout le monde, et que ça fait aigrie ou intolérante, mais le bien-être, ça m'énerve. Faites une liste de vos petit bonheurs quotidiens, et essayez de vous en accorder autant que possible. Apprenez la nutrition à l'école au lieu de croire ce qu'explique une célébrité qui n'a pas de diplôme de diététicienne et qui a probablement forcé sur les régimes pour avoir si peu de rondeurs. C'est du bon sens, ce truc que les gens oublient en faveur du bien-être. Moi, je suis bien. J'ai pas le body de Cameron Diaz, et je sais quoi faire si je veux me sentir encore mieux. Mens sana in corpore sano etc. Mais qu'on ne me parle pas de laisser tomber la baguette et le pâté.

lundi 9 juin 2014

Et toi, à la prochaine révolution, tu retournes ta jupe ou ton pantalon ?

Impossible ces temps-ci de flâner - ou de courir dans les couloirs du métro pour aller bosser ;-) - sans voir les affiches DU film-de-filles du printemps, ce film qui paraissait être LE film parfait de notre dimanche soir : une « belle brochette » d'actrices, un film girly à souhait en mode histoires de cœur, strass paillettes and co. Tout y était. Armées de congolais, de cerises et de brownie, nous revoilà donc à notre bonne vieille séance de 22h à l'UGC Odéon. Et pourtant s'en sont suivies 2h de vide.
Car « sous les jupes des filles » est absolument et définitivement le non-film-de-filles. Et Dieu seul sait que je parle en connaissance de cause.

Les actrices d'abord.

C'est vrai que les affiches donnaient envie tout comme les articles de ELLE d'ailleurs. Des actrices cools, fraîches, mais pas trop quand même, des actrices qu'on connait et qu'on aime bien.
Marina Hands, Alice Taglioni, Géraldine Nakache. Des nanas sympas quoi.
Même Vanessa Paradis. Et même Isabelle Adjani. Et pourtant...ça sonne faux.
Vanessa Paradis ferait mieux, pour le coup, d'arrêter les altères et d'aller boire un peu plus de cocktails méga sucrés en happy hour pour prendre quelques kilos. Quant à Isabelle Adjani. Grand Dieu Isabelle Adjani ! Notre Reine Margot ! Notre petit pull marine ! C'est carrément vision d'horreur et les mots qui nous viennent à l'esprit sont : Pitié, chirurgie esthétique, nostalgie, vieillir, peur. Dans nos têtes, la comparaison avec la grande Catherine s'impose et on comprend que, ce qui fait la différence, c'est l'élégance.

Des clichés surtout.

« Sous les jupes des filles » répond finalement au film que nous avons vu dimanche dernier « Amour sur place ou à emporter » ( Attention n'allez pas croire que c'est notre habitude d'aller voir des daubes au ciné c'est juste un petit passage à vide ;-)). Ces deux films banalisent et aggravent à mon sens les clichés. Parce que bien sûr qu'il faut parler et évoquer les choses importantes, les choses qui fâchent, la société qui change : du racisme ambiant et quasi banalisé aux rapports hommes-femmes qui bougent. Mais doit-on se contenter de reproduire la normalité et la banalité ? De dépeindre la réalité plate en parlant de « ulc », « eins » and co ? Doit-on ériger des « personnages type » et finalement moins combattre tout ça que de l'accepter ? Une femme d'affaire est-elle forcément seule et sans amie ? Une femme qui couche avec un homme marié est-elle juste une nymphomane, le fait elle juste pour du sexe ?

Une histoire sans queue ni tête.

On s'attendait à un film chorale sympatoche où tout le monde se croise avec ses petites histoires. Or ici, les femmes du film ne se croisent qu'une seule fois au cours d'une braderie, et ce qui les fédère ce sont des joints, des cocktails et des plaintes sur leurs vies respectives et sur les hommes. Je sais bien que ces trois éléments composent la vie des femmes mais tout de même. C'est un cliché de croire que les réunions copines se résument à des cocktails, des pleurs et du bâchage généralisé à l'égard de la gente masculine. Le scénario du film n'a ni queue ni tête et pourtant c'est bien ce qu'il revendique comme le démontre la scène d'ouverture et de fermeture du film autour de la question des règles. Le film s'ouvre sur une scène absolument démente où une femme a l'air de souffrir le martyr lors de ses règles et se met un tampon dans son lit. Ca fait, vous savez, comme quand vous vous apprêtez à faire une dissertation et que vous savez que vous allez être hors sujet. Vous évoquez le sujet au début puis à la fin et entre les deux, bah ça parle de beaucoup de choses qui ont un lien avec ce sujet mais définitivement pas du sujet.

La jupe en question ?

On veut donc nous faire comprendre que ce qui se trame « sous les jupes des filles » est complexe, à la fois léger et plein de souffrances et qu'il faut en parler. Soit.
Parlons de nos règles, mais de manière un peu plus fine...
Parlons de nos tabous mais joliment...
Parlons féminisme, parlons inégalités mais sortons des clichés de la working girl ou de l'avocate qui bafouille un peu lors de sa première plaidoirie ( ou réquisitoire ou je sais pas ).
Portons des jupes mais cessons de le revendiquer ?
Certaines critiques évoquent le rapport au féminisme du film. Comme si on voulait à tout prix voir la face cachée des femmes, la face sombre pour mieux prouver que nous sommes les égales des hommes. Peut- être faudrait-il arrêter d'abord de sans cesse vouloir réhabiliter la jupe en oubliant combien ça a été politique de porter le pantalon pour les femmes ? L'avenir du féminisme ne serait-il pas dans l'échange de vêtement comme une image de fraternité ? Le pantalon a accompagné les mutations du genre, dans les deux derniers siècles : la jupe connaitra-t-elle le même sort ? Dans tout les cas au moment où des lycéens manifestent à Nantes suscitant indignation et débats, des films grand public qui semblent affirmer le contraire, sortent et sont l'objet de critiques comme si de rien n'était. J'aurais voulu un film sur la jupe, un film un peu fin où on se demande si c'est elle, la jupe, qui dessinera l'unisexe de demain. Car le combat politique est aussi un combat culturel, une lutte pour l'appropriation et la transformation des symboles du dominant. Roland Barthes affirmait qu' « il n'y a pas de trait naturellement féminin dans le vêtement ; il n'existe que des rotations, des tournages réguliers de forme. »

Un film décevant donc qui n'est ni un film-de-filles et encore moins un film féministe.

En allant regarder « sous les jupes des filles », peut être espérions nous nous retrouver ?
Nous voulions nous voir nous, en mieux ou en pire ? Nous en mieux habillées ? Nous en plus névrosées mais juste pas nous caricaturées.

En sortant de la séance, en remontant le boulevard Saint Michel dans la douceur et la fraicheur d'une nuit d'été parisienne, nous nous sommes demandées si les hommes en jupe feraient-ils moins la guerre et plus souvent la vaisselle ?
Car même si nous savons depuis longtemps que « l'habit ne fait le moine », même si c'est naïf d'espérer de tels changements, il ne faudrait pas oublier que le dicton rend un hommage involontaire à la puissance du verbe vestimentaire ;-)






mardi 20 mai 2014

En boucle ? by WOMA


Qu'est ce que vous écoutez en boucle vous en ce moment ? La dernière chanson de Beyoncé ? Un vieux truc des Rolling Stones que vous avez entendu par hasard chez un pote ? La chanson du moment qui inonde les radios, cette chanson qu'on écoute malgré soi parce qu'elle passe TOUTES les heures ?

Moi, en ce moment, c'est le nouvel album de Damon Albarn, puisqu'en ma qualité de « chroniqueuse musicale » héhéhéhé ;-) je me tiens au courant des trucs un peu chouettes qui sortent et Going to a town de Rufus Wainright parce que je l'ai entendue en générique de Tom à la ferme et que ça m'a frappée. Oui Rufus Wainright, le même qui a fait les chansons de Moulin Rouge y'a presque 15 ans. En dehors du fait que ça ne nous rajeunit pas, je me suis demandée pourquoi tout d'un coup, ça m'avait fait tant d'effet de retomber sur lui. Au point d'écouter la chanson...en boucle.

Peut-être parce que ça traduit un état d'esprit du moment.
C'est drôle cette incapacité qu'on a à écouter des chansons joyeuses quand on est tristes. Au risque que ça puisse nous remonter le moral en fait. Alex Beaupain c'est quand même mieux que James Brown dans ces cas là, non ? Du coup je me suis rendue compte que ni Rufus, ni Damon n'avaient des voix particulièrement joyeuses...voire une petite tendance à la dépression pour le dernier.
Est-ce que ça veut dire pour autant que j'ai tendance à les écouter parce que je suis triste ? Rien n'est moins sûr et je m'emmêle.


Quand j'écoute une chanson il y'a toujours un moment en particulier qui me plaît et que j'attends. Parfois c'est l'intro, parfois c'est juste une inflexion de la voix, quelques accords de guitare ou une ligne de basse. C'est juste une question de rythme en fait. J'écoute en boucle parfois juste pour 2 secondes. Parfois pour toute la chanson parce que la voix me fascine. C'est une des grandes beautés de la musique je trouve : ce moment fugace qu'on attend avec impatience et dont on sait qu'il va arriver. 
Comme un week end à la mer. 
Comme le mariage d'une amie chère.
 Ecouter une chanson en boucle. 

Tous ces instants de bonheur vrais, furtifs, inévitables et...précieux.

vendredi 18 avril 2014

Ta vie est/et ta vie.

La vie n'est-t-elle pas qu'une succession de petits rites de passage ? De rites de passage au sens ethnologique du terme, anthropologique même...Enfin...Pour ceux qui savent faire la différence.:-)
La vie et ses premières fois. Ses douloureuses ou jolies premières fois.

Il y a les premières fois canoniques, que tout le monde connait, par lesquelles tout le monde est passé. Elles sont balisées, décrites dans les romans, dans la presse, par les gens. Pas de mystère, on les connait avant même de les avoir vécues. On les attend, on les devine, on les espère, on veut bousculer le temps et l'espace, on s'en fait tout un fromage, tout ça pour ça.
Premier copain.
Première bagnolle.
Première fiesta.
Premier appart'.
Premier échec.
Première cuite.
Première victoire.
Première fois où vous mettez les pieds sur la table, sur VOTRE table.
Première fois où vous allez au restaurant avec vos amis et que vous commandez du vin - comme les grands.
Première fois où vous perdez le ticket du parking.
...
Bon j'arrête ça va commencer à ressembler à une pub Levis – même si je les aime bien les pubs Levis :-) surtout quand elle cite du Bukowski.




Puis il y a ce que je qualifierais de « vraies premières fois », celles auxquelles on ne s'attend pas, celles qu'on ne sent pas arriver, celles où on ne vous avez pas prévenu, celles où on kiffe...ou celles où on morfle. Les premières fois qui vous surprennent, qui vous tombent dessus. Les premières fois où vous êtes là où l'on ne vous attendait, là où vous ne vous attendiez pas. Elles sont plus intimes mais le bouleversement peut être tout aussi important. Car celles là de premières fois ce sont bien les nôtres. Elles sont très diverses et varient selon nous, nos personnalités, nos éducations, nos attentes et nos temporalités.
Première fois où l'on vous appelle Madame – et que vous prenez 15 ans d'un coup.
Première fois où vous vous sentez belle et désirable.
Première fois où vous vous sentez quelqu'un de bien – parce que vous n'êtes pas tombé du mauvais coté de la force ;-)
Première fois où vous surveillez un devoir – et où ce n'est plus vous qui composez.
Première fois où vous partez seule en voyage – et où vous ne pouvez plus compter sur quelqu'un pour prendre du dentifrice ou du gel douche.
Première fois où vous dites merci – un beau et grand merci.
Première fois où vous pensez que vous allez mourir – et que finalement vous renaissez.
Première fois où vous vous dites « Ah tiens c'est la première fois » - avec ce je ne sais quoi de bittersweet qui traine puisqu'au moment même de s'en apercevoir c'est déjà fini et puisque rien ne dure et que l'on ne se baigne jamais dans la même eau...Et tant mieux ou tant pis d'ailleurs.

La semaine dernière, j'ai vécu une première fois particulière ;-) : la première fois où je goutais à ce plaisir coupable de me payer mon premier sac à main de marque.
Oui, attention je ne parle pas du sac à main que l'on achète tous les mois ou tous les deux mois. Non. Je parle du premier, de celui-qui-coute-cher et que l'on voit dans les magasines, de celui qu'on avait repéré sur des dames ou en vitrine. De celui que l'on achète finalement en 15 min parce que le modèle, bah on le connait bien et parce que la couleur, bah on l'a médité depuis longtemps ( de toute façon à ce prix là il faut du noir ou du camel pour ne pas s'en lasser ;-) ) J'ai donc trouvé MON sac. LE sac. J'ai donc fait un chèque ( tout le monde connait ma passion pour le carnet de chèques, so vintage ), LE chèque ;-(.

Du coup, je me dis qu' il ne me reste plus qu'à trouver LA robe, LE trench, LA ceinture, LA paire d'escarpins noirs, LES boucles d'oreilles. Bon ok ça fait beaucoup encore de choses à trouver mais j'ai bon espoir.
Je commence à trouver LES amis et je suis presque-sur-le-point de trouver LE mec ;-)
Mais vous me direz peut être que tout cela n'est qu'une idée. Une de plus. Car même si on y met le prix, même si on en paie le prix aussi parfois, même si on fait des efforts et même si l'on croit que c'est pour la vie, les gens, les choses bougent et évoluent et nous aussi et on y peut rien. Alors il n'y a plus qu'à faire comme pour le sac : espérer. Espérer que certaines premières fois seront aussi les dernières. Espérer que c'est le bon même si l'on sait bien qu'on risque d'en changer à la saison prochaine...;-)



mercredi 22 janvier 2014

Les heures sombres.


Pour qui ?
Pour nous.
Et plus précisément pour chacune d'entre nous.

On pourrait se dire que le pire jour de l'année est passé, ce fameux lundi de début janvier où selon des chercheurs britanniques le nombre de twitts négatifs est le plus élevé - Oui parce que maintenant, c'est facebook ou twitter qui sont les nouveaux baromètres du bonheur : LA BLAGUE. Oui, donc ce fameux lundi où, c'est vrai,  tout le monde reprend, où vous ne rentrez plus dans rien à deux jours des soldes, où vous avez des résolutions plein la tête et où vous vous détestez déjà à la perspective de ne pas les tenir. Les heures sombres donc.

Mais le mauvais temps, c'est le temps qui dure et puis souvent femme varie et bien fol celui qui s'y fie c'est bien connu alors les jours passent et ne se ressemblent pas, on reprend du poil de la bête. On met en pratique le côté positif des résolutions : théâtre, sorties, apéros, amis, amoureux. On ne s'arrête pas. La vie devant soi comme ils disent !

Puis arrive ce vendredi où l'on se dit que Valérie a du passer une sacrée journée de merde et où sincèrement on la plaint. Du moins, moi, je la plains. Ce vendredi qui, une fois n'est pas coutume, n'est pas, comme tous les vendredis,  plein de soulagement et d'espoir à l'arrivée du week end. Ce vendredi qui sonne faux. J'ai toujours trouvé le concept de « président normal » absurde. Moi la normalité ça me soule, déjà je dois la supporter au quotidien alors en plus à la télé et dans les journaux, merci bien. Et puis j'ai ce besoin débile et naïf (?) de normes, d'horizon d'attente, d'idéaux à poursuivre…Nous y voilà donc ce fameux vendredi dans la normalité, dans la bassesse même. Si Pascal nous l'avait bien dit « l'homme n'est ni ange ni bête », pour le coup il est plutôt bête. Car sans naïveté aucune de ma part et parce qu'on va se le dire tout de même, ce n'est pas joli de tromper les gens, de tromper sa femme ou son compagnon. La vie moderne c'est peut être dur avec le stress, les nouvelles technologies, la crise et tout mais la tromperie c'est vraiment pas jolie et ça l'est d'autant moins au sommet de l'Etat. Le président de la République Française photographié en scooter sortant d'un appartement situé rue du cirque. Les heures sombres celles qu'on voudrait cacher et qu'on voudrait oublier.

Que le président ait une maitresse, bon, ok. Je vais encore me faire taxer de naïve donc ok je le concède : les maitresses c'est pas nouveau surtout chez les hommes de pouvoir. Mais je suis désolée à ceux qui me disent que la prostitution est le plus vieux métier du monde, à ceux qui me disent que l'infidélité n'est pas un fait nouveau, je réponds que ce n'est pas pour ça que l'on doit cautionner et la prostitution et l'infidélité, ce n'est pas pour ça que l'on doit cesser de les combattre, et pire que l'on doit les banaliser sous prétexte que la société et le monde bougent ( comme dans la pub ). Une maitresse donc, au vu et au su de tous, une première dame hospitalisée, un des plus importants magasines féminins, mon ELLE :-(,  qui titre « une passion française » et surtout des réponses pathétiques...de normalité et de faux semblants.  

http://www.dailymotion.com/video/x19o39c_closer-premiere-dame-securite-hollande-parle-de-l-affaire-gayet_news


Les heures sombres vous dis-je. Les heures sombres qui contredisent La Bruyère qui, dans ses Caractères, réserve cette maxime aux femmes : « La perfidie si j'ose dire, est un mensonge de toute la personne ». Pour le coup, même combat.

vendredi 3 janvier 2014

Bittersweet Symphony

Le problème quand on a plusieurs endroits qui peuvent compter comme sa maison, c'est que chaque départ est un déchirement. On est chez soi dans plein d'endroits, dirons les optimistes; en vérité, pour nous les nostalgiques et autres angoissé(e)s de la vie, c'est plutôt le degré zéro de l'enthousiasme, à chaque fois.
Je suis très nostalgique comme personne : j'écoute Abba alors que c'est même pas ma jeunesse, je passe une bonne partie de mon temps libre à re-regarder des films et des séries déjà vues, je relis des livres que j'aime, et même, je me suis fait une (pseudo) carrière de relire des classiques pour gagner mon pain. La maison, c'est le confort, c'est la solitude avec la famille en plus. C'est regarder Bridget Jones et lire des Jane Austen dans sa chambre, mais aussi Downton Abbey avec maman, ou Sissi, ou un téléfilm quelconque. C'est manger des bons petits plats, et si l'on y réfléchit la plupart des gens choisiraient un plat qu'ils adorent ou adoraient quand ils étaient petits, plutôt qu'un nouveau truc, s'ils avaient le choix. Je tuerais en temps normal pour des endives à la béchamel, même, juste parce que ma mère en fait. Du chou rouge en vinaigrette. Une galette à la frangipane. Tout ça, ça fait du bien là où ça passe, ça soigne même si on va déjà bien. Il y a quelque chose de réparateur dans la maison, qui ne s'explique pas vraiment. En quoi serait-il réconfortant de repartir si proche de zéro, de revenir dans une chambre d'ado, si près des journaux intimes un peu pathétiques, des lettres d'amies oubliées ou d'amours passées. Des boucles d'oreilles dépareillées, des boîtes à ne plus savoir ce qui s'y trouve (des bougies pour les gâteaux d'anniversaire, des petits crayons gratuits de chez Ikea). Des cadeaux offerts par l'amoureux d'avant, qui maintenant répandent un souvenir comme anesthésié. Que peut-il y avoir de si beau à stagner?
Moi, je stagne, depuis deux semaines, d'ailleurs j'ai l'impression que la France aussi; on se plaint toujours du président, on est toujours en crise, on a fait une suite aux "Poupées Russes", un remake à "Angélique" et aussi à "Belle et Sébastien", on continue "Hélène et les garçons"... Je ne touche pas un livre sérieux, même si j'essaie. Il y a quelque chose dans ma maison qui me fait me sentir futile et authentique, gamine et pas évoluée, mais ce n'est pas non plus mauvais. C'est une pause, un couloir du temps. Peut-être est-ce aussi pour cela que je suis si choquée par les choses qui changent vraiment; le nouveau cinéma dans ma ville, le nouveau rond-point. Si quelque chose change dans ma maison, ça me perturbe aussi grandement. Où sont mes peluches? Pourquoi suis-je suis vexée que mon père ait jeté mes cassettes Disney?
Tant de choses inexplicables; certains vous diront que c'est agréable, certes, la maison, mais c'est aussi fait pour vous faire repartir, pour vous faire vous rendre compte à quel point vous devez repartir et vivre votre propre vie. Je ne suis pas convaincue. C'est peut-être le syndrome de Peter Pan, de Tanguy, ou du doctorant, mais ça ne fait que commencer. Quand on vit loin, chaque départ est un déchirement. Comme on a déjà des parents divorcés, on doit en plus diviser le peu de temps qu'on a à la maison entre deux maisons, multipliant la culpabilité du "pas assez". Soigneusement répartir les gens à voir, mais voir grandir terriblement et inévitablement la liste angoissante des gens qu'on n'a pas le temps de même contacter. Et puis, c'est déjà la fin, on a le billet de train. C'est le dernier dîner de famille, le dernier après-midi ensemble, et on l'a même pas vu venir.
Que faire alors, quand maman vous dit qu'elle est triste que vous repartiez? "Déjà". Tout est dans ce mot. Sourire, pleurer, philosopher sur la vie? Ou regarder Hercule Poirot en ne suivant pas vraiment, juste pour être là, près de la cheminée, avec le chat et le linge qui sèche, à finir la galette en buvant la tisane "Nuit Calme".
Il y a des jours comme ça où tout est bittersweet, où l'on veut pleurer car la douceur est cruelle, et que toutes les belles choses ont une fin, même les petites. Il faut pourtant se dire "au revoir"; non, je ne suis pas toujours sur le départ; je suis toujours de retour quelque part. La part de moi d'ici.