L'autre jour, je ne sais
pas pourquoi j'ai eu envie d'écouter Barbara. Sans doute à cause de
ce livre, ramené à la maison. Je ne l'ai jamais ouvert mais son
titre m'accroche à chaque fois que je passe devant la bibliothèque.
Peut être un peu plus que les autres. Et ce peut-être parce qu'il
dépasse un peu plus que les autres de sur l'étagère avec sa
couverture rose vif et ses grosses lettres blanches.
J'écoute donc Barbara et
je me dis que c'est une des premières images que j'ai eu d'une femme
qui chante. Pourtant mes parents n'écoutaient pas trop Barbara. Non.
Niveau chanson française ils préféraient Brel ou Ferré, Bashung
ou Manset et un peu moins Barbara. Que des mecs quoi. Pas Piaf, non,
surtout pas Piaf. Trop vieux, trop surfait, trop sentimental. Mais
parfois au milieu de tous ces chanteurs, les rockeurs de mon père,
j'écoutais Barbara. Et les sopranos des opéras de Mozart. Et Tina
Turner.
Elles sont toutes si
différentes et pourtant elles chantent. Dans ma tête d'enfant,
elles étaient chacune dans une petite case, associées à une idée.
Barbara, c'était Brel en fille. La reine de la nuit elle, me faisait
peur, comme Janis Joplin avec sa drôle de voix. Patti je l'aimais
bien aussi. Peut-être parce que c'était en quelque sorte la
préférée de mon père. Pour moi, l'éducation sentimentale de la
musique n'a pas vraiment été le fait des femmes comme on pourrait
le croire pourtant, avec toutes les mélodies sucrées des Yéyés,
France, Françoise etc...
Les filles qui chantent
ne sont jamais les mêmes. Malgré tous les efforts des maisons de
disques ou de je-ne-sais-qui, il n'est pas possible de leur coller
une étiquette précise. Quand t'écoutes Brel, Barbara ou Bashung,
ce qu'ils mettent dans leur voix, les émotions qu'ils font passer,
ça n'a rien à voir avec ce qu'ils sont mais avec leur talent. Avec
leur envie. Ces femmes sont toutes si différentes que maintenant, je
n'ai plus envie de les mettre dans des cases. Parce que j'ai appris
très tôt à ne pas les réduire à ce qu'elles étaient. Et puis de
toute façon j'ai toujours pensé que la plus grosse nana du monde de
la chanson c'était Sinatra...
Alors ok, y'a un rapport
de séduction dans le monde de la musique qui fait que les
innombrables chansons d'amour sont un peu stéréotypées. Aux femmes
le désespoir d'un amour perdu, aux hommes la sérénade de
séduction...
Mais ce qui est beau avec
une chanson, c'est que chacun peut en faire ce qu'il veut : Nina
Simone a réussi à faire une reprise absolument splendide de « Comme
d'habitude » de notre Cloclo national. Pour moi, cette chanson
c'est vraiment la preuve que peu importe le genre de la musique ou de
la personne, avec de l'envie on peut vraiment faire quelque chose de
beau. Si la chanson ne plaît pas sous une forme, elle plaira sous
une autre. Et on peut donc en conclure qu'une mauvaise chanson
n'existe pas.
Je n'ai jamais eu de problème ni avec
la police, ni avec l'administration – enfin comme tout le monde
quoi ;-) -, ni avec la société, ni surtout avec ma nationalité.
Mon identité, c'est autre chose mais ma nationalité, je la connais
et elle est française.
Alors au début moi, naïvement, un
débat sur l'identité nationale, j'ai trouvé ça pas mal, j'ai dit
ok pourquoi pas ? Allons y tous, réfléchissons gaiement
ensemble à ce qui fait notre identité nationale ! Dans nos belles
différences, trouvons ce qui nous rassemble !
Puis je me suis aperçue que déjà
identité et nation ne vont pas forcément de pair. Aprés en discutant
avec mes amis j'ai vite vu c'était une question complexe, une
question que l'on devrait mener sur des terrains philosophiques,
sociologiques, universitaires et non sur la place publique, sous le
feux des projecteurs qui grossissent et enlaidissent bien souvent
tout, orchestrés par ces foutus médias qui gâchent les choses et
transforment parfois les avis et la réalité. Enfin j'ai compris
que si le débat était facile pour moi et évident, il l'était moins
pour d'autres. Et pourtant tout au long de ma vie j'aurais pu ( du?)
le percevoir ça. Du moment où l'on m'a proposé des friands au
poisson à la cantoche à celui où l'on m'a parlé perse en passant
par celui où l'on m'a photographié au Parc Guell à Barcelone parce
que je faisais « couleur locale ». Ce que je veux dire
c'est qu'on range les gens vite fait dans des cases selon le lieu où
ils se trouvent et surtout selon leur couleur de peaux ou la clarté
de leurs yeux ou la profondeur de leur regard ou la hauteur de leurs pommettes. Et moi les cases ça
m'emmerde et ça m'a toujours emmerdé. D'ailleurs maintenant
j'essaie d'apprendre aux quelques loulous que j'ai sous ma
responsabilité que jamais rien n'est blanc ou noir mais que tout est
souvent gris, qu'il faut toujours critiquer et aller voir l'envers du
truc pour comprendre que, dans la vie, il y a beaucoup de surprises
et que les évidences c'est trop facile, les évidences, c'est pour
les enfants, les évidences, ça n'existe pas. Donc dans ma vie, j'ai souvent été
tout sauf française. Mais ça m'amusait parce que pour le coup je le
savais moi qui j'étais.
A une tout autre échelle, moins
nationale que locale, c'est encore la même chose. Mon accent me
trahit apparemment. « Et vous êtes d'ou ? » Déjà
ça ne vous regarde pas et en plus je ne le sais pas trop en fait d'où je suis.
De Campagne sur Aude ? Du village
où mon grand père repose dans un caveau au pied d'un cyprès. De
Paris ?
J'ai lu qu'un géographe disait :
« Chaque individu est attaché à un ensemble de lieux :
son lieu de naissance, les lieux d'origine de sa famille, les lieux
dans lesquels il a vécu successivement, les lieux qu'il fréquente
et qu'il a fréquentés, les lieux de vie de ses proches, mais aussi
les lieux plus imaginaires ou projetés comme les lieux de vie
souhaités ou de projets éventuels. » Je suis donc d'un peu
partout ? Ils ne sont pas très clairs parfois les géographes et ils s'en sortent en concluant que « les territorialités des Français sont
profondément transformées par l'accroissement des mobilités ».
Merci pour le constat joliment énoncé. Quid de l'éclairage ? ;-)
Donc je réfléchis, je réfléchis, je
blague, je blague, je répète, je répète, je fais la fille du sud
puis la bobo, je papote au Descartes avec mes amis, puis avec mon
père et je finis par conclure que quand même on peut dire que mon
nouveau « territoire » c'est le Véme arrondissement de
Paris où je vis depuis 4 ans et que donc il faut que je vote.
Dans un sursaut de je-ne-sais-pas-quoi, peut être tout simplement aussi parce que je fais un cours à
mes premières sur le territoire de proximité, je décide de me
pointer à la mairie du Véme pour m'inscrire sur les listes
électorales. De la cohérence tout de même. A un moment donné, Mme
Marin, la donneuse de leçon qui se la joue en mode Robin Williams
dans le cercle des poètes disparus doit elle aussi prendre ses
responsabilités citoyennes.
Me voilà donc partie gaiement à la
mairie. Et là, un drame et une constatation : le délit de sale
gueule existe bel et bien en France. Déjà, de vieilles rombières me
passent devant car oui j'ai un premier défaut je suis jeune donc je
dois les laisser passer sans sourciller ces vieilles peaux.
Puis quand j'arrive à trouver le
bureau concerné, je tombe littéralement des nues : on me rit
au nez et me traite de menteuse avec ma petite quittance de loyer :
« C'est peut être un faux ! » Bah oui tu m'étonnes
avec ma gueule de métèque, d'iranienne, perse ou de je sais pas quoi,
je suis allée chez Gibert m'acheter un carnet de fausses
quittances !
Pour finir, je tends toute penaude ma
carte d'identité pour m'entendre dire : « Ah bah au
moins elle est à jour. » Oui Madame, elle est à jour et elle
l'a toujours été.
Bref, je repars déprimée avec une
liste de justificatifs longue comme le bras à fournir...
Je ne sais pas au fond ce qu'on a
remis en cause, ni de quelle identité on a douté. Mon identité de
parisienne du Véme ? Bof. Mon identité de française ?
Peut être. Mais finalement, c'est un peu pareil et le mal est là.
Je ressors énervée et surtout très déçue. De la méfiance
ambiante. De toutes ces tracasseries. Du manque de liberté et de
tolérance.
Je ronchonne, repense aux échelles, à
la mondialisation, aux mobilités, à mon village, à mon appart', à
l'histoire de l'immigration. Et je me dis que je commence à en avoir
vraiment marre d'avoir à me justifier sur ce que je suis quand je le
découvre peu à peu moi même. Je me dis que j'ai le droit d'aller
et venir et de vivre dignement où je veux. Je me dis aussi en écoutant
Souchon que mes problèmes identitaires sont le lot de beaucoup mais
que pour certains la violence est plus grande et qu'à mon échelle –
il ne faudrait pas que la géographie me contamine trop ;-)- descendre la
rue Soufflot, c'est déjà ça.
Des prospectus pour un photographe et
pour une voiture. Les prix, exorbitants. Les sourires, un peu
crispants.
Le rendez vous en terre inconnue
commence.
Tout est absolument et définitivement
rose.
Tout est excessivement cher. Et tout le
monde sourit...excessivement.
Mais on s'en moque, nous, on est là
pour faire des repérages et pour passer un bon moment ! C'est
vrai quoi quand on y pense on est grandes maintenant ( LOL ) on a des jobs et
un mariage à préparer ! C'est pas comme si on continuait à se coucher et à se lever à pas d'heures et à s'envoyer des Bagels à 16h de l'aprem ;-) !
Les stands pour les alliances, les
châteaux de princesse, les dj, les faire-parts défilent. Il y en a
pour tous les goûts et c'est finalement assez amusant de constater
qu'il y en a autant de goûts.
Plus ou moins préparées à
l'ambiance, nous avançons gaiement et nonchalamment dans la foule,
papotant, s'extasiant, fouinant des idées, récupérant des
prospectus.
La population est diverse. Et j'en suis
plutôt surprise. Du couple beauf au couple glam, du couple amoureux
au couple froid et déjà énervé. De la meuf botoxée à 25 ans qui
essaie une robe strassée sur un stand à la vieille taupe
couincouille qui regarde de loin, n'assumant peut être pas de se
retrouver là.
On arrive à temps pour le défilé de
robes de mariés qui est bondé de telle sorte que je ne parviens
même pas à voir un modèle...Mais qu'importe celle que choisira ma
pote elle sera mieux, plus belle parce que ce sera celle de ma pot
;-) Nous constatons que la mode est au bandeau, so années 80, sympa
mais importable. Et puis nous frétillons, une fois encore, sur
Follow the river et Get lucky. Bonheur d'être
mainstream parfois au milieu de tout ce rose ;-) Puis nous trouvons
un stand de robes de mariés sublimes en dentelles. Et là minute
émerveillement et rêve. Cela correspond tout à fait à ce que nous
cherchons.
Le salon du mariage est un rendez vous
en terre inconnue pour tout le monde car le salon du mariage vend du
rêve. Aucune mariée ou presque ne se retrouve totalement et
inconditionnellement là dedans. Chacune glane des idées, rêve un
moment.
C'est une vitrine qui montre une
véritable industrie. Je pense que tout le monde peut en sortir
angoissé en se trouvant bien loin de tout ça. Non, nous ne nous
marierons pas toutes dans un châteaux. Pas forcément parce que nous
n'en avons pas toutes les moyens. Non plus banalement parce que nous
ne sommes pas toutes des princesses et que nous n'aspirons pas toutes
à l'être même l'espace d'un jour. Certaines préfèreront le calme
champêtre d'un petit village ou une salle des fêtes où tonton René
pourra entonner sa chanson au trou normand, où les ados pourront
aller picoler ou fumer des pétards en douce sur le parking. Non,
nous ne gouterons pas toutes à des cupcakes ou à des wedding cakes
parce que certaines préfèrent tout simplement les choux enrobés de
caramel qui pètent les dents. Et puis certaines n'en sont même pas au stade du couple...Alors le mariage ;-) ! Mais l'essentiel au fond c'est que
chacune trouve son bonheur. Et pour le coup, une fois ces impressions passées,
c'est ce qui ressort dans ce salon : le bonheur et l'amour.
C'est la minute gnangnan de mon post. Parce que oui, c'est beaucoup fake, oui
il y a des gens beaufs, des gens qui font le gueule mais il y a
surtout des gens qui y croient à tout ça. On s'aperçoit quand même
que ce qui flotte là, entre les stands, à travers les sourires
parfois crispés c'est l'espoir et l'amouuuuuuuuuuuuuuuur.
Et même moi, l'éternelle célibataire,
je rêve l'espace d'un instant en me disant que quelqu'un à qui je
vais pouvoir demander ce qu'il pense de la décoration de table
existe peut être ;-)
Quand nous avons commencé à écrire
ce blog, mes deux comparses et moi même, le gros point que nous
avions en commun était nos prises de tête, nos angoisses
existentielles et nos crises métaphysiques persistantes sur la vie.
Cette après midi avec Biega, j'ai pu
constater que nous avions franchi un seuil. Si si si en ce dimanche
après midi, le premier de l'automne, nous nous sommes rendues au
salon du mariage. Et surtout nous en sommes revenues non sans
interrogations – faut pas non plus pousser;-) , mais relativement
sereines et assurées je crois de ce que nous étions et de ce que
nous voulions être chacune à notre manière, à notre façon. On a
laissé le côté raison et on s'est adonné au côté fille qui aide
lui aussi à grandir quand on y reflechit.
Le salon du mariage c'est une
bonbonnière qui semble un peu fake, sur le point d'exploser,
le salon du mariage c'est aussi comme les vacances au camping, les
apéros au pâté, on ne s'en vante pas toujours, ça fait peut être
beauf, ça ne nous correspond pas tout le temps mais c'est léger,
rigolo et ça fait parti de la vie.
On s'est moqué, on a critiqué mais
pas trop quand même bien conscientes que finalement on y était
quand même à ce salon. On a aussi rêvé et on en a un peu pris
plein les yeux comme dans un concert de Lady Gaga au Stade de France
parce que, attention aux policiers du sexisme, une robe de mariée ça
laisse rarement indifférente même la plus féministe des nanas ;-)
A l'heure des barbes
voluptueuses, drues ou fines, fournies ou parsemées, poivre et sel
et autres formes atypiques, il est bon que chaque homme, normalement
constitué, en quête d’une
virilité supplémentaire - action
d’exacerber son coté homme des cavernes enclin à la ressemblance Chabalienne - opte pour l'abandon du rasoir.
Un abandon simple, mais
efficace. Alors oui : boudez votre mousse à raser et votre rasoir 3
lames électriques, à lames jetables voire vibrantes pour les plus
pittoresques d’entre vous, chassez- les de vos sacoches et de vos
tiroirs et arborez une splendide barbe !
Notez qu’en plus d’un
confort de peau, votre tire lire vous remerciera de surcroit. Car à
l’heure des lobbyings marketing, chaque rasoir gagne quelques
centimes d'euros de plus au fil des nouveautés. Et c’est ainsi
qu’en convulsant devant le prix des lames aux
supermarchés j’ai jeté l’éponge aspirant à un retour aux
choses simples : le plébiscite des poils.
Voilà donc déjà
deux ans que j’arbore une jolie barbe noire et rien à dire à ce
sujet, mon sex-appeal a pris un net envol – effet collatéral ou
simple concours de circonstances ? ça c’est une autre
question !Et tout ceci face au désarroi des hauts noms de
l’industrie du rasoir qui préféreraient surement nous voir avec
un visage juvénile et angélique afin d’engendrer à la hausse
leur chiffre d’affaire et marge associée.
Mouvement culturel, avec
le temps la barbe est devenue un objet de mode, ou sa popularité ne
serait plus à démontrer – cooptée par les mouvements Hipster,
que je remercie d’ailleurs.
En effet, les hipsters
sont aujourd’hui partout, et non plus seulement à la capitale. Il
n’y a qu’à ouvrir les yeux un instant, ces nouveaux bobos
déambulent dans toutes les rues, troquets et bistrots, et autres
endroits en vogue. Caricaturalement vêtus d’une chemise à
carreaux, d’un sac en toile, perchés sur un fixie, portant une
coupe bien déstructurée généralement très courte sur les tempes
et plus « fouillonne » sur le dessus. Sans oublier
l’inévitable barbe, éléments caractéristiques du mouvement :
cette barbe de dix jours, épaisses et protectrice.
Oh oui, que Gillette se
réjouisse amèrement, mais les hipsters sont partout et avec eux,
le port de la barbe se popularise.
Mais je m’égare,
revenons donc au point initial du sujet, LES BARBES et plus
égoïstement, MA BARBE, elle était belle, présente et faisait
ressortir en moi ce charisme qui me manquait… mais voilà éternel
insatisfait, empêcheur de tourner en rond, putain de génération Y
me direz vous, j’ai voulu une fois de plus changer et ce sont les
vacances qui auront emporté avec elles mon attribut velu. N'en
déplaise à quiconque, ma barbe a laissé place à une ravissante
moustache qui aiguise mon caractère tout en me démarquant
significativement du monde environnant. En fidèle acteur de notre
génération, je suis branché voire connecté et mes états d’âme
de poil sont figés dans les tabloïds du net- attitude puérile ou
superficielle pour certains mais obsessivement réconfortant pour les
addicts - je vous laisse vous reconnaître.
Mario Bross, Don Diego,
Dali, De Musset, Mercury, tout autant de « person’stachu »
qui alimentent nos références dans le domaine. En ce qui me
concerne, ils alimentent surtout les railleries et gentils quolibets
amicaux qui sévissent depuis ce fameux jour de tonte mais je refuse
d'être le Bouc Emissaire de l'éternel manque de folie voire de
spontanéité des gens : j’assume la nouveauté et pire encore
je la plébiscite !
Paradoxalement cela me
fait sourire et participe activement à l’assurance que je ressens
depuis que je la porte.
Pour le reste, je
l’accorde, le style procuré est nettement plus décalé, plus
pointu et affirmé, alors oui, je vous le confirme cher barbu, n’ayez
pas crainte de raser la barbe et de laisser ces quelques poils au
dessus de vos lèvres supérieures.
Mettez de coté vos
rancœurs contre l’industrie du rasoir et ressortez vos blaireaux
bien enfouis. Amusez-vous de vos poils, tournez-les, travaillez-les,
car nous n’avons qu’une vie, qu’une jeunesse et qu’il serait
si triste de s’ennuyer dans les trames plates et monotones du
quotidien. La mode ouvre des portes, saisissez-les mais surtout
amusez-vous avec et cela ne saura déplaire à la gente féminine ou
à l’autre d’ailleurs ;-).
Bon ok, vu comme ça, ça
part mal. Des nouvelles chansons on en écoute tous les jours, et à
n'importe quel moment de l'année, puis le plaisir d'acheter un
nouveau disque – oui, allez, même à la FNAC – a disparu. Avec
internet on peut avoir sa chanson en 30 secondes et la couper au bout
de 30 secondes si ça nous chante. On passe à autre chose, on veut
tout écouter, tout connaître.
Vous l'aurez compris,
niveau musique j'aime prendre mon temps donc cet état d'esprit et
ces nouvelles habitudes me gonflent un peu. Du coup, j'ai décidé de
profiter de la rentrée, cette période si chargée, pour prendre le
temps. Prendre le temps d'écouter les quelques chansons qui
circulent déjà des nouveaux albums de Janelle Monae ou d'Arctic
Monkeys prévus cet automne. Prendre le temps d'écouter ces groupes
de rock au nom souvent ridicule qui ont sorti des chansons avant
l'été et que j'ai laissé passer ou presque. Vivre ces moments où
l'on se rend compte que souvent, cette chanson, là, on l'a déjà
entendue.
J'ai aussi pris le temps
de me poser un moment devant mon ordi et de parcourir la toile pour
trouver du nouveau -Baudelaire n'est définitivement jamais très
loin- , ce que j'adore faire mais que je fais trop peu, vraiment trop
peu à mon goût. Et puis bien sûr et c'est presque le meilleur,
j'ai pris le temps redécouvrir des vieux trucs, des sons qui ont
l'air si modernes mais qui datent des années 60, des chansons
inconnues d'artistes connus ou même des groupes, des chanteurs, des
chanteuses d'une renommée certaine que je n'avais jamais pris le
temps d'écouter.
L'autre jour, plaisir
coupable, devant une certaine émission de Stéphane Bern, j'ai
entendu qu'après son passage en France alors qu'il était enfant,
Mozart fut aussitôt oublié. Cruelle déception quand il revient,
une fois adulte, croyant que personne ne l'a oublié... Encore une
fois, pour ceux qui en douteraient encore, voilà bien une preuve que
même certaines petites anecdotes de l'histoire nous apprennent
quelque chose sur notre temps : Mozart, perdu au milieu de
dizaines d'autres d'enfants prodiges à la Cour de France, un tube de
l'été parmi des dizaines d'autres... En tout cas moi je ne me
rappelle pas de ce qui a transporté les foules en 2006.
Alors pour éviter ça,
même à la rentrée, je me pose, je me laisse guider et vous
laisse avec une petite chanson d'un groupe écossais bien connu pour
vous faire sautiller en préparant votre cartable.
Nouvelle année, nouvelle rubrique. Un truc très à la mode en
ces temps de bridezilla-mania où la future mariée prend souvent des airs
d’hystérique de la pièce montée.
Parce que oui je me marie. Bon en soi, c’est pas ouf, plein
de gens se sont mariés avant moi et il y en aura des tas après moi. Sauf que moi
j’en reviens pas : sans être une hystérique, des fois je me surprends à
sourire béatement en me disant que dans moins d’un an maintenant, je vivrai un
des plus beaux jours de ma vie.
Niais ? Et bien oui. Parce qu’un mariage sans niaiserie
ça n’existe pas. Mais en attendant le grand jour, ces moments de béatitude sont tout de même ponctués par de
sacrées angoisses. L’organisation, les idées, les questions (op)pressantes.
Tout ça concourt à vous transformer en une surexcitée du crépon et du papier de
soie.
Un exemple : le thème du mariage.
Mon angoisse n°1. A peine annoncée la bonne nouvelle, on me
harcèle déjà : c’est quoi le thème ? Déjà je ne comprends pas le
concept…en gros je choisis une idée et je fais tout en fonction ? Si
j’opte pour la mer ça veut dire qu’on se retrouve avec des poissons et des
étoiles de mer partout ? Et si c’est la montagne : on fait une
animation ski sur herbe, on met des combis Northface et on mange avec de
charmantes marmottes en plastique en porte-couverts ? Pas possible. Pas
moi. J’aime pas les marmottes et j’ai peur des fruits de mer (c’est étrange, je
sais).
Rapidement, je sens que c’est la question à esquiver et je
la joue «anticonformiste », il n’y aura pas de thème.
Sauf que je ne le suis pas et mon cerveau erre à la
recherche DU thème représentatif de notre couple. Je sens que je vais nous
trouver une passion commune MAIS originale (et oui parce qu’en plus il
faut être original) :
- la montagne ? Ok il en vient, mais je n’aime pas le ski.
- la mer : Aucun rapport avec nous sauf si on compte les étés à Rosas sous
des parasols Heineken. Comme déco raffinée (bah oui quand même, j’ai quelques
exigences) on a vu mieux.
- l’Espagne ? On y a vécu, on y va souvent : sauf que la déco toros y flamencas ou rouge et jaune avec
churros party pour éponger, je la sens trèèèès mal…
- la musique ? Il écoute du hard rock, moi de la varièt’ ou des musiques
du monde sorties de nulle part.C’est un
sujet tabou.
- La campagne ? Il vient de la ville...
O rage, ô désespoir ! Cette histoire de thème me monte
à la tête : on n’a rien en commun ! L’Homme imperturbable et
flegmatique me rassure (parce que je lui dis of course !) : les
thèmes c’est nul, on s’en fout, on n’a qu’à faire « nous » comme
thème. Génial. Je suis vachement avancée. C’est quoi le thème nous ? Nos
photos partout ? Ah bah on pourrait faire « blonds et bruns » ou
« espagnols et russes ». 3e conflit mondial en perspective
ou blagues lourdingues assurés.
Je lâche le thème. En désespoir de cause, une copine me
propose Marlboro, « avec tout ce que tu fumes ils pourraient même te
sponsoriser ». Coool. J’adore mes copines ;). On me dit de choisir
deux couleurs : oui mais ça ça m’angoisse encore plus : binaire,
manichéen, rigide, voilà ce que ça évoque pour moi deux couleurs. Et puis je ne
saurais même pas choisir deux couleurs.
Nouvelle angoisse : en fait je n’ai pas de
personnalité.
J’arrête de chercher : le thème viendra ou ne viendra
pas, parce que si ça continue le thème sera « dépression nerveuse ».
Tant pis.
Quelques mois plus tard, je relativise. En fait le coup du
thème c’est le truc à la mode. Sauf qu’on n’a pas tous un élement qui nous
caractérise genre la musique, Paris, la mer, la Provence. On a juste des
envies, des idées qui se font jour petit à petit. Je pique des idées par-ci,
par-là. Je mets du liberty, des fleurs des champs. Alors vous me direz thème
bucolique ? Thème romantique ? Pfff, je sais pas, juste thème
« Les Nounous » comme on nous surnomme déjà par chez nous.
A suivre : Rendez-vous en terre inconnue : le
Salon du Mariage (ça sent l’aventure…)
« La
femme est bien dans son droit, et même elle accomplit une espèce de
devoir en s’appliquant à paraître magique et surnaturelle; il
faut qu’elle étonne, qu’elle charme; idole, elle doit se dorer
pour être adorée. Elle doit donc emprunter à tous les arts les
moyens de s’élever au-dessus de la nature pour mieux subjuguer les
cœurs et frapper les esprits. Il importe fort peu que la ruse et
l’artifice soient connus de tous, si le succès en est certain et
l’effet toujours irrésistible. (…) Quant au noir artificiel qui
cerne l’œil et au rouge qui marque la partie supérieure de la
joue, bien que l’usage en soit tiré du même principe, du besoin
de surpasser la nature, le résultat est fait pour satisfaire à un
besoin tout opposé. Le rouge et le noir représentent la vie, une
vie surnaturelle et excessive; ce cadre noir rend le regard plus
profond et plus singulier, donne à l’œil une apparence plus
décidée de fenêtre ouverte sur l’infini; le rouge, qui enflamme
la pommette, augmente encore la clarté de la prunelle et ajoute à
un beau visage féminin la passion mystérieuse de la prêtresse.
Ainsi, si je suis bien compris, la peinture du visage ne doit pas
être employées dans le but vulgaire, inavouable, d’imiter la
belle nature, et de rivaliser avec la jeunesse. On a d’ailleurs
observé que l’artifice n’embellissait pas la laideur et ne
pouvait servir que la beauté. Qui oserait assigner à l’art la
fonction stérile d’imiter la nature?
Le
maquillage n’a pas à se cacher, à éviter de se laisser deviner;
il peut, au contraire, s’étaler, sinon avec affectation, au moins
avec une espèce de candeur. »
C'est
pas moi qui l'dis ! C'est Baudelaire.
Je
me suis achetée un nouveau rouge à lèvres. Encore et toujours. Un
rouge à lèvres Chanel « Rouge Passion » pour les grands
soirs et surtout les petites soirées. Bah oui, un pour tous le jours
et un pour sortir. Ca semble évident, non ? Du moins pour
certaines « Sephora addict » qui se reconnaitrons ;-). Et
pourtant. Se maquiller n'est pas toujours une évidence et peut être
l'objet de controverses.
En
dépensant une nouvelle fois une petite fortune en maquillage, j'ai
pensé à cette réflexion de Baudelaire. Je suis allée la relire
pour me rassurer peut être, pour trouver une caution à mes fols
achats et je me suis demandée si j'étais vraiment d'accord avec ça.
D'un
côté, je trouve ces mots d'une modernité et d'une liberté
magnifiques. Bien sûr, je ne cite ici que quelques passages mais le
poète s'interroge sur le naturel et l'artificiel et sur la quête du
Beau.
Qu'est
ce que le Beau ? Est il nécessairement naturel ? Est il
obligatoirement le résultat de l'action de l'homme ? Beaucoup
d'artistes, de philosophes se sont posés la question.
De
mes lectures, je n'ai retenu que la phrase suivante : « Le Beau est ce qui met tout le monde d'accord ». Même si je ne
sais plus de qui sait je pense que c'est surement un type important
et très brillant. Cette citation est liée dans mon cerveau
tourmenté à cette pub d'Orange qui passait pendant les bandes
annonces au ciné où l'on voyait des gens se prendre « une
claque ».
Donc :
Où se loge, se cache la beauté ? Et plus particulièrement :
Qu'est ce qu'être belle ?
J'écarte
toute considération sur le charme ou le style pour parler en fait du
maquillage.
Se
maquiller est un acte intime, un cadeau, un plaisir. Quelque chose
qui requiert une initiation.
De
votre mère que vous avez toujours vue porter du rouge à lèvres rouge à vos copines
qui vous offrent votre premier blush en passant par celle qui vous
apprend à vous mettre du crayon noir.
Se
maquiller est un partage. Un partage de secrets, de petits moments volés dans la salle de bain.
Mais
se maquiller est ce que c'est vraiment comme le dit Baudelaire
sublimer la nature et faire du Beau ? On peut se le demander.
Nous avons toutes vu et commenté les maquillages de ces filles
fardées, poudrées, eyelinées ( mot que je viens d'inventer;-)) à
outrance et nous nous sommes toutes souvent exclamées en cœur :
« C'est trop ! » « C'est affreux ! ».
Mais
est ce que c'est vraiment si affreux ? Est ce que ce n'est pas
ça en réalité suivre la mode, être fun ? Être funky en assumant de porter
des trucs absolument oufs et décalés ?
Et
puis est ce qu'on est vraiment mieux au naturel ? Sérieux, au
réveil, avec la trace du drap, c'est mieux ? Touchant, chou,
oui mais mieux ?
Un
de mes meilleurs amis, s'est exclamé un jour au petit dej' comme nous nous
réveillons tous lors d'un week end mémorable en Provence « Tiens ça fait longtemps que je ne t'avais pas vu
au naturel, je suis content de te retrouver ». Je lui ai
expliqué que je n'avais pas l'impression de m'être perdue. Nous
sommes partis dans une discussion là dessus. Après avoir chouiné
et aprés avoir fait semblant d'être vexée, j'ai réfléchis et
j'ai compris que oui, il avait peut être raison. Je me suis
maquillée tard. Si j'y prends maintenant du plaisir, ce
changement, c'est sûr, révèle un passage et soulève des
interrogations que seul un ami, quelqu'un qui grandit à vos côtés et qui vous voit évoluer peut cerner et soulever.
Est
ce que je suis une autre quand je me maquille ?
Oui,
probablement. Une autre qui se veut plus belle, plus assurée. Une
autre qui veut parfois aussi certains jours se cacher derrière son
terracotta et son noir aux yeux.
Finalement,
le maquillage ne nous rend pas spécialement plus ou moins belle, il
nous permet juste d'être une autre.
Une
fille plus funky qui essaie le mascara bleu turquoise cette été.
Une
fille pimpante avec son joli rose au joues.
Une
femme fatale au rouge à lèvres rouge.
Une
éternelle adolescente qui essaie de se faire les smoky eyes avec ses
copines certains dimanches soirs.
Une
femme adulte, une working girl qui dans le tourbillon de la vie
n'oublie pas de prendre soin d'elle pour plaire. Mais pour plaire à
qui en fait ? Ca c'est peut être une autre histoire et ça
dépend des moments. ;-)
Retenons
donc que : « Le rouge et le noir représentent la vie,
une vie surnaturelle et excessive. » Et remercions encore une fois Baudelaire pour ces jolies choses.