lundi 11 novembre 2013

L'âge de raison...

25 ans. 25 ans ? 25 ans !!!

Petite, je me disais que l'âge idéal était 25 ans : ni trop jeune, ni trop vieux, à 25 ans on a déjà vécu plein de trucs cool et on a la vie devant soi. Je le voyais un peu en mode Hélène et les Garçons : la fac, les potes, les histoires d'amour qui n'en finissent plus de nous enthousiasmer ou de nous faire souffrir.

A 20 ans, je n'y pensais pas : finalement 25 ans c'était loin et puis il s'agissait déjà de vivre le moment présent, d'en profiter. En plus avec toutes les incertitudes de la vie, il me semblait que personne ne pourrait vraiment prévoir ce que serait ma vie 5 ans plus tard.

Le cap est passé : ça y est j'ai 25 ans ! Un boulot en poche, un mariage en vue et un chat qui perd ses poils plus tard je continue à m'interroger : ça veut dire quoi avoir 25 ans ? On sort, mais est-ce bien vrai qu'on tient moins l'alcool ? On bosse en commençant à regretter la vie étudiante, mais en se disant que "c'est bien quand même d'avoir un job". On est posé tout en ayant envie d'aller à l'autre bout du monde. On se sent adulte en faisant son repassage, mais on continue à ignorer les courriers de la banque, de la CAF et de la sécu. On oublie ses rendez-vous médicaux même si, au moins, maintenant, on les prend.



J'ai l'impression qu'avoir 25 ans c'est franchir une étape à la fois difficile et très excitante : celle du passage à l'âge adulte. Celle où on ne fait plus ce qu'on veut quand on veut tout en ayant l'espoir de pouvoir encore le faire. Celle où on gère (ou tout du moins on essaie, avec de gros loupés parfois très drôles). Celle où on a des "responsabilités", parfois franchement angoissantes. Celle où on commence à mettre de l'antiride et à surveiller sa ligne parce que ATTENTION, après 25 ans "votre corps change et élimine moins". Celle où aller au boulot sans se maquiller vous fait prendre le risque de ne pas être reconnue de vos collègues ou de les voir s'inquiéter sur votre état de santé : à 25 ans, nude rime avec maquillage nude.

Mais qui dit étape dit transition : hors de question de ranger mon bureau (que ce soit au boulot ou chez moi), je continuerai à ignorer mon conseiller bancaire quand il m'appelle et  à appeler ma mère quand j'ai de la fièvre pour avoir un diagnostic à distance. Je n'arrêterai pas de fumer ni de me lever à 13h le dimanche. Encore moins de manger des McDo pour un oui ou pour un non.

Et regardons autour de nous : n'y a-t-il pas mille façons d'avoir 25 ans ? Dans un studio ou dans une maison avec jardin, avec un chat ou un poisson, au boulot ou à la fac. Finalement, on s'en fout d'avoir 25 ans, tant qu'on les a sereinement :)

jeudi 24 octobre 2013

Des romans d'Amour.


« Bonjour, je voudrais un roman d'Amour s'il vous plait.
- C'est à dire ?
- Une belle histoire. Enfin...Vous voyez quoi.
- Une histoire qui finit bien ?
- Oui, si possible.
- Ah. (sourire gêné)
- Oui. Non mais en fait c'est pas possible sinon c'est pas un vrai roman d'Amour. »

Voilà la teneur de l'une des dernières discussions que j'ai eu avec le libraire.
Les histoires d'Amour finissent mal...En général. Et pourtant on continue à en lire, à en écrire et à en vivre.

Rien de tel qu'un bon roman d'Amour pour traverser l'automne. 
Un bon-vrai-gros roman d'Amour, un roman d'Amour comme on en fait plus, un roman sur un Amour qui dure, une histoire sans fin, avec des cas de conscience inextricables. Une histoire qui ne finit jamais vraiment pour nous convaincre que non rien n'est vraiment fini.
Un roman d'Amour ou alors...une histoire qui finit mal tiens. Comme dans la vraie vie.
En début d'année, j'avais opté pour Guerre et Paix mais pour l'instant, il faut bien l'avouer, ca me sert de table de chevet. J'ai eu envie d'un roman d'Amour. 

Denis de Rougemont a écrit que beaucoup de gens ne seraient jamais tombés amoureux s'ils n'avaient pas lu de roman d'Amour. Les pauvres. La vie serait certes plus facile sans romans d'Amour et sans Amour mais moins belle, moins vive, moins dense...Mais le roman d'Amour nous apprend peut être l'Amour mais peut aussi le tuer au sens où l'on aime avec des désirs, des attentes, des trucs qu'on a vu , qu'on a lu, qu'on a attendu et qu'on s'y perd. L'Amour peut mourir des attentes non assouvies, des ambitions trop hautes, des desseins trop compliqués, des exigences fausses et irréalisables. Mais d'un autre côté, ce que nous apprend aussi la littérature c'est l'Absolu, les grands sentiments. Doit-t-on y renoncer pour se contenter du médiocre, du contingent, de l'a-peu-prés ? Si on a écrit toutes ces belles histoires c'est qu'elles ont bien du exister non ? Dans la vraie vie, on souffre - plus ou moins souvent- selon les histoires et les personnes, mais globalement on passe toujours -plus ou moins souvent- par des phases pas très rigolotes. Des phases d'où l'on sort forcément mais qui laissent un goût amer. Et c'est à ce moment là, après la douleur, ou même pendant, qu'il faut lire un roman d'Amour. Déjà pour comprendre, comme pour les tableaux, l'universalité de la chose et son esthétisme, mais aussi pour se conforter dans son désir d'exigence et d'Absolu – puisque ce n'est plus que ce qu'il nous reste- et enfin pour s'évader un moment. Un film, un tableau ce n'est pas assez long. Ca ne mobilise pas assez longtemps l'esprit. Un roman, ça infuse, ça murit, ça occasionne des réflexions. 
On peut aussi avoir envie de retrouver ses fols et mièvres espoirs de midinette, de lire par distraction, de laisser pour un temps les choses sérieuses, les livres d'Histoire, de Géo, les romans policiers, les romans de mœurs et juste se laisser aller. 

Me voilà donc partie à la recherche DU roman d'Amour de mon automne.

Des romans d'Amour je dois avouer que j'en ai pas mal lu. De Belle du seigneur à Bridget Jones en passant par l'Amour dure trois ans de Beigbeder.





Vers quoi me diriger ? Du contemporain ? Du classique ?
Les deux comme souvent.
Pour le classique, j'ai trouvé Aurélien d'Aragon. Sublimissime tout comme ses poèmes.
Pour le contemporain, j'ai l'impression de naviguer quelque part entre les histoires gnangnan et les histoires décousues. J'ai l'impression que c'est difficile de trouver une histoire n-o-r-m-a-l-e-m-e-n-t bien écrite.
Donc, Les gens heureux lisent et boivent du café conseillé dans ELLE et lu en 3 h. Bof. Je lis et je bois du café même quand je suis malheureuse. 
Hélène Grémillon ? Pas mal. Oui, surprenant même. 
La liste de mes envies. Moui. Bon, on tourne un peu en rond et on attend surtout que les cadors de la rentrée littéraire sortent leurs livres en poche. Et c'est quand même une torture ça quand on y pense. Ne pas pouvoir acheter les livres de la rentrée littéraire parce que c'est la rentrée justement. Tous ces livres hors de prix qui nous narguent sur les étalages. Ne pas arriver à choisir entre le Gallimard, le Flammarion, le POL et devoir attendre que ça sorte en poche. Le problème c'est qu'après l'envie m'a passé. Société de consommation quand tu nous tiens. Pulsion, désir de lecture qui doit être assouvi tout de suite.

A l'heure où j'écris ce petit post, je me délecte de l'autobiographie d'une certaine - car je ne la connaissais pas avant - Violette Leduc, La bâtarde qui  a tout me plaire : une préface de Simone de Beauvoir, des phrases courtes et denses et profondes, une histoire à la fois simple et complexe. Une vie quoi. Ou mieux un destin. 
Affaire - et film - à suivre...
Finalement...
Encore et toujours de l'Amour.


dimanche 13 octobre 2013

L'art, ça élève.


Je suis retournée voir une exposition au Grand Palais après deux années d'absence. 
Un samedi après midi en plus "aux heures d'affluence" comme on dit, comprenant enfin pourquoi ce n'est pas pour rien que les gens vont au musée le week end. Bah oui,  c'est parce que la semaine, il y a un truc qui prend pas mal de temps et d'énergie qui s'appelle le travail qui nous empêche d'y aller.
Un samedi après midi donc entre copines, mieux entre amies. 
Un samedi après midi où j'ai fait 30 min de queue dans le froid. 
Mais un samedi après midi un peu moins gris. Un samedi après midi  où je me suis retrouvée dans ma vie d'avant, ma vie de provinciale arrivant à Paris, ma vie de semi mondaine. 
Un samedi après midi où j'ai eu l'impression de faire un truc de ma journée.

L'expo' en question était super. J'ai aimé non seulement le peintre, sa vie, sa vision du monde mais j'ai aimé aussi réfléchir, m'évader, rêver.

Le tableau phare de l'exposition est une toile de 1909 intitulée La loge de théâtre, le monsieur et la dame. Outre le fait qu'on la présente comme le présage de l'art du XXéme siècle avec ces aplats de couleurs, ces visages flous etc cette toile représente un couple.



Un homme, au second plan, inerte au regard noir, seul et une femme qui semble bien lasse, malheureuse et délaissée et qui cherche en s'appuyant de sa main peut être un moyen de fuir. Ces deux personnages sont étrangers l'un à l'autre ; chacun dans son mutisme, dans son univers, dans ses tracasseries. C'est vrai que nous avions parlé la majeure partie de l'aprés midi du couple, de l'amour de nos difficultés, de nos interrogations. 
Et me voilà arrivée là devant ce tableau qui semble retranscrire mes sentiments. Et surtout me voilà rassurée. Rassurée de voir que mes interrogations pouvaient être celles de tout le monde et que de ces interrogations pouvait jaillir de belles choses.
Au magasin de l'exposition, j'ai lu qu'un critique mettait en relation le tableau avec le poéme d'Aragon : Il n'y a pas d'amour heureux.  Tout ça m'a permis de relativiser, d'accepter et de sublimer mes doutes.
Si l'incompatibilité entre deux personnes est a-temporelle, si pour moi à un instant t elle me semble insurmontable et franchement déprimante, ce tableau me permet aussi de voir aussi que c'est le lot de beaucoup de gens et que c'est peut être le propre de l'amour. Wahou.  Comme vous le voyez je ne vais pas au musée pour rien ;-). L'art m'a hier après midi permis de rendre mon « réel » plus acceptable car plus universel pour un moment.
L'art, ça nous élève. Avec l'art on grandit et on réfléchit car s'intéresser à l'art nous apprend à nous intéresser à la vie, aux autres, à la différence. L'art ça élève aussi...les élèves. Lorsque un jeune homme de 16 ans veut faire un TPE sur le street art, sur un certain Banksy que je ne connais pas, lorsque je lui demande pourquoi il créé, comment il créé, où il créé, bah je trouve ça beau et je crois que grâce à l'art qu'il n'y a plus de professeur ou d'élève, il y a deux personnes qui échangent et essaient de se comprendre.
L'art, ça élève l'existence certains jours. On est rarement indifférent à la beauté, à la vision du monde d'un artiste. C'est un moyen de communiquer en profondeur sans agression.
L'art nous rappelle qu'on est tous dans le même bateau et qu'on se la fantasme trop parfois la réalité et qu'on tombe tous de haut. Du haut vers le bas. Et même parfois en  bas, bah on creuse encore puis on finit par remonter.

L'art nous réconcilie donc avec la vie. Pour Proust, l'art ça apprend même à vivre, ça permet de mieux considérer les choses qui nous entoure. La beauté d'une pomme ou d'un fruit Proust la découvre en regardant les natures mortes de Chardin à 24 ans lors d'une visite du Louvre. Et l'hommage qu'il rend au genre de la nature morte témoigne bien de tout cela.


« Dans ces chambres où vous ne voyez rien que l’image de la banalité des autres et ce reflet de votre ennui, Chardin enfin comme la lumière, donnant à chaque chose sa couleur, évoquant de la nuit éternelle où ils étaient ensevelis tous les êtres de la nature morte ou animée, avec la signification de sa forme si brillante pour le regard, si obscure pour l’esprit. Comme la Princesse réveillée, chacun est rendu à la vie, reprend ses couleurs, se met à causer avec vous, à vivre, à durer. Sur ce buffet où, depuis les plis rapides de la nappe à demi relevée jusqu’au couteau posé de côté, dépassant de toute la lame, tout garde le souvenir de la hâte des domestiques, tout porte le témoignage de la gourmandise des invités. Le compotier aussi glorieux encore et dépouillé déjà qu’un verger d’automne se couronne au sommet de pêches joufflues et roses comme des chérubins, inaccessibles et souriantes comme des immortels. Un chien qui lève la tête ne peut arriver jusqu’à elles et les rend plus désirables d’être vainement désirées. Son œil les goûte et surprend sur le duveté de leur peau qu’elle humecte, la suavité de leur saveur. Transparents comme le jour et désirables comme des sources, des verres où quelques gorgées de vin doux se prélassent comme au fond d’un gosier, sont à côté de verres déjà presque vides, comme à côté des emblèmes de la soif ardente, les emblèmes de la soif apaisée. Incliné comme une corolle flétrie un verre est à demi renversé ; le bonheur de son attitude découvre le fuseau de son pied, la finesse de ses attaches, la transparence de son vitrage, la noblesse de son évasement. À demi fêlé, indépendant désormais des besoins des hommes qu’il ne servira plus, il trouve dans sa grâce inutile la noblesse d’une buire de Venise.
Légères comme des coupes nacrées et fraîches comme l’eau de la mer qu’elles nous tendent, des huîtres traînent sur la nappe, comme, sur l’autel de la gourmandise, ses symboles fragiles et charmants.
Dans un seau de l’eau fraîche traîne à terre, toute poussée encore par le pied rapide qui l’a vivement dérangée. Un couteau qu’on y a vivement caché et qui marque la précipitation de la jouissance, soulève les disques d’or des citrons qui semblent posés là par le geste de la gourmandise, complétant l’appareil de la volupté. Maintenant venez jusqu’à la cuisine dont l’entrée est sévèrement gardée par la tribu des vases de toute grandeur, serviteurs capables et fidèles, race laborieuse et belle. Sur la table les couteaux actifs qui vont droit au but, reposent dans une oisiveté menaçante et inoffensive. Mais au-dessus de vous un monstre étrange, frais encore comme la mer où il ondoya, une raie est suspendue, dont la vue mêle au désir de la gourmandise le charme curieux du calme ou des tempêtes de la mer dont elle fut le formidable témoin, faisant passer comme un souvenir du Jardin des plantes à travers un goût de restaurant. Elle est ouverte et vous pouvez admirer la beauté de son architecture délicate et vaste, teintée de sang rouge, de nerfs bleus et de muscles blancs, comme la nef d’une cathédrale polychrome. À côté, dans l’abandon de leur mort des poissons sont tordus en une courbe raide et désespérée, à plat ventre, les yeux sortis. Puis un chat, superposant à cet aquarium la vie obscure de ses formes plus savantes et plus conscientes, l’éclat de ses yeux posé sur la raie, fait manœuvrer avec une hâte lente le velours de ses pattes sur les huitres soulevées et décèle à la fois la prudence de son caractère, la convoitise de son palais et la témérité de son entreprise. L’œil qui aime à jouer avec les autres sens et à reconstituer à l’aide de quelques couleurs, plus que tout un passé, tout un avenir, sent déjà la fraîcheur des huîtres qui vont mouiller les pattes du chat et on entend déjà, au moment où l’entassement précaire de ces nacres fragiles fléchira sous le poids du chat, le petit cri de leur fêlure et le tonnerre de leur chute. »

mardi 8 octobre 2013

Des filles qui chantent by WOMA.


L'autre jour, je ne sais pas pourquoi j'ai eu envie d'écouter Barbara. Sans doute à cause de ce livre, ramené à la maison. Je ne l'ai jamais ouvert mais son titre m'accroche à chaque fois que je passe devant la bibliothèque. Peut être un peu plus que les autres. Et ce peut-être parce qu'il dépasse un peu plus que les autres de sur l'étagère avec sa couverture rose vif et ses grosses lettres blanches.
J'écoute donc Barbara et je me dis que c'est une des premières images que j'ai eu d'une femme qui chante. Pourtant mes parents n'écoutaient pas trop Barbara. Non. Niveau chanson française ils préféraient Brel ou Ferré, Bashung ou Manset et un peu moins Barbara. Que des mecs quoi. Pas Piaf, non, surtout pas Piaf. Trop vieux, trop surfait, trop sentimental. Mais parfois au milieu de tous ces chanteurs, les rockeurs de mon père, j'écoutais Barbara. Et les sopranos des opéras de Mozart. Et Tina Turner.
Elles sont toutes si différentes et pourtant elles chantent. Dans ma tête d'enfant, elles étaient chacune dans une petite case, associées à une idée. Barbara, c'était Brel en fille. La reine de la nuit elle, me faisait peur, comme Janis Joplin avec sa drôle de voix. Patti je l'aimais bien aussi. Peut-être parce que c'était en quelque sorte la préférée de mon père. Pour moi, l'éducation sentimentale de la musique n'a pas vraiment été le fait des femmes comme on pourrait le croire pourtant, avec toutes les mélodies sucrées des Yéyés, France, Françoise etc...

Les filles qui chantent ne sont jamais les mêmes. Malgré tous les efforts des maisons de disques ou de je-ne-sais-qui, il n'est pas possible de leur coller une étiquette précise. Quand t'écoutes Brel, Barbara ou Bashung, ce qu'ils mettent dans leur voix, les émotions qu'ils font passer, ça n'a rien à voir avec ce qu'ils sont mais avec leur talent. Avec leur envie. Ces femmes sont toutes si différentes que maintenant, je n'ai plus envie de les mettre dans des cases. Parce que j'ai appris très tôt à ne pas les réduire à ce qu'elles étaient. Et puis de toute façon j'ai toujours pensé que la plus grosse nana du monde de la chanson c'était Sinatra...
Alors ok, y'a un rapport de séduction dans le monde de la musique qui fait que les innombrables chansons d'amour sont un peu stéréotypées. Aux femmes le désespoir d'un amour perdu, aux hommes la sérénade de séduction...
Mais ce qui est beau avec une chanson, c'est que chacun peut en faire ce qu'il veut : Nina Simone a réussi à faire une reprise absolument splendide de « Comme d'habitude » de notre Cloclo national. Pour moi, cette chanson c'est vraiment la preuve que peu importe le genre de la musique ou de la personne, avec de l'envie on peut vraiment faire quelque chose de beau. Si la chanson ne plaît pas sous une forme, elle plaira sous une autre. Et on peut donc en conclure qu'une mauvaise chanson n'existe pas.

by WOMA


dimanche 29 septembre 2013

Quoi ma gueule ? Qu'est ce qu'elle ma gueule ?


Je n'ai jamais eu de problème ni avec la police, ni avec l'administration – enfin comme tout le monde quoi ;-) -, ni avec la société, ni surtout avec ma nationalité. Mon identité, c'est autre chose mais ma nationalité, je la connais et elle est française.
Alors au début moi, naïvement, un débat sur l'identité nationale, j'ai trouvé ça pas mal, j'ai dit ok pourquoi pas ? Allons y tous, réfléchissons gaiement ensemble à ce qui fait notre identité nationale ! Dans nos belles différences, trouvons ce qui nous rassemble !
Puis je me suis aperçue que déjà identité et nation ne vont pas forcément de pair. Aprés en discutant avec mes amis j'ai vite vu c'était une question complexe, une question que l'on devrait mener sur des terrains philosophiques, sociologiques, universitaires et non sur la place publique, sous le feux des projecteurs qui grossissent et enlaidissent bien souvent tout, orchestrés par ces foutus médias qui gâchent les choses et transforment parfois les avis et la réalité. Enfin j'ai compris que si le débat était facile pour moi et  évident, il l'était moins pour d'autres. Et pourtant tout au long de ma vie j'aurais pu ( du?) le percevoir ça. Du moment où l'on m'a proposé des friands au poisson à la cantoche à celui où l'on m'a parlé perse en passant par celui où l'on m'a photographié au Parc Guell à Barcelone parce que je faisais « couleur locale ». Ce que je veux dire c'est qu'on range les gens vite fait dans des cases selon le lieu où ils se trouvent et surtout selon leur couleur de peaux ou la clarté de leurs yeux ou la profondeur de leur regard ou la hauteur de leurs pommettes. Et moi les cases ça m'emmerde et ça m'a toujours emmerdé. D'ailleurs maintenant j'essaie d'apprendre aux quelques loulous que j'ai sous ma responsabilité que jamais rien n'est blanc ou noir mais que tout est souvent gris, qu'il faut toujours critiquer et aller voir l'envers du truc pour comprendre que,  dans la vie, il y a beaucoup de surprises et que les évidences c'est trop facile, les évidences, c'est pour les enfants, les évidences, ça n'existe pas. Donc dans ma vie, j'ai souvent été tout sauf française. Mais ça m'amusait parce que pour le coup je le savais moi qui j'étais.

A une tout autre échelle, moins nationale que locale, c'est encore la même chose. Mon accent me trahit apparemment. «  Et vous êtes d'ou ? » Déjà ça ne vous regarde pas et en plus je ne le sais pas trop en fait d'où je suis.
De Campagne sur Aude ? Du village où mon grand père repose dans un caveau au pied d'un cyprès. De Paris ?
J'ai lu qu'un géographe disait : «  Chaque individu est attaché à un ensemble de lieux : son lieu de naissance, les lieux d'origine de sa famille, les lieux dans lesquels il a vécu successivement, les lieux qu'il fréquente et qu'il a fréquentés, les lieux de vie de ses proches, mais aussi les lieux plus imaginaires ou projetés comme les lieux de vie souhaités ou de projets éventuels. » Je suis donc d'un peu partout ? Ils ne sont pas très clairs parfois les géographes et ils s'en sortent en concluant que « les territorialités des Français sont profondément transformées par l'accroissement des mobilités ». Merci pour le constat joliment énoncé. Quid de l'éclairage ? ;-)
Donc je réfléchis, je réfléchis, je blague, je blague, je répète, je répète, je fais la fille du sud puis la bobo, je papote au Descartes avec mes amis, puis avec mon père et je finis par conclure que quand même on peut dire que mon nouveau « territoire » c'est le Véme arrondissement de Paris où je vis depuis 4 ans et que donc il faut que je vote.
Dans un sursaut de je-ne-sais-pas-quoi, peut être tout simplement aussi parce que je fais un cours à mes premières sur le territoire de proximité, je décide de me pointer à la mairie du Véme pour m'inscrire sur les listes électorales. De la cohérence tout de même. A un moment donné, Mme Marin, la donneuse de leçon qui se la joue en mode Robin Williams dans le cercle des poètes disparus doit elle aussi prendre ses responsabilités citoyennes.
Me voilà donc partie gaiement à la mairie. Et là, un drame et une constatation : le délit de sale gueule existe bel et bien en France. Déjà, de vieilles rombières me passent devant car oui j'ai un premier défaut je suis jeune donc je dois les laisser passer sans sourciller ces vieilles peaux.
Puis quand j'arrive à trouver le bureau concerné, je tombe littéralement des nues : on me rit au nez et me traite de menteuse avec ma petite quittance de loyer : «  C'est peut être un faux ! » Bah oui tu m'étonnes avec ma gueule de métèque, d'iranienne, perse ou de je sais pas quoi, je suis allée chez Gibert m'acheter un carnet de fausses quittances !
Pour finir, je tends toute penaude ma carte d'identité pour m'entendre dire : «  Ah bah au moins elle est à jour. » Oui Madame, elle est à jour et elle l'a toujours été.
Bref, je repars déprimée avec une liste de justificatifs longue comme le bras à fournir...
Je ne sais pas au fond ce qu'on a remis en cause, ni de quelle identité on a douté. Mon identité de parisienne du Véme ? Bof. Mon identité de française ? Peut être. Mais finalement, c'est un peu pareil et le mal est là. Je ressors énervée et surtout très déçue. De la méfiance ambiante. De toutes ces tracasseries. Du manque de liberté et de tolérance.
Je ronchonne, repense aux échelles, à la mondialisation, aux mobilités, à mon village, à mon appart', à l'histoire de l'immigration. Et je me dis que je commence à en avoir vraiment marre d'avoir à me justifier sur ce que je suis quand je le découvre peu à peu moi même. Je me dis que j'ai le droit d'aller et venir et de vivre dignement où je veux. Je me dis aussi en écoutant Souchon que mes problèmes identitaires sont le lot de beaucoup mais que pour certains la violence est plus grande et qu'à mon échelle – il ne faudrait pas que la géographie me contamine trop ;-)- descendre la rue Soufflot, c'est déjà ça.



dimanche 22 septembre 2013

Mariez vous qu'ils disaient : Le salon du mariage : Rendez vous en terre inconnue.


Arche de la Défense : 13h30.
Des prospectus pour un photographe et pour une voiture. Les prix, exorbitants. Les sourires, un peu crispants.
Le rendez vous en terre inconnue commence.
Tout est absolument et définitivement rose.
Tout est excessivement cher. Et tout le monde sourit...excessivement.


Mais on s'en moque, nous, on est là pour faire des repérages et pour passer un bon moment ! C'est vrai quoi quand on y pense on est grandes maintenant  ( LOL ) on a des jobs et un mariage à préparer ! C'est pas comme si on continuait à se coucher et à se lever à pas d'heures et à s'envoyer des Bagels à 16h de l'aprem ;-) !
Les stands pour les alliances, les châteaux de princesse, les dj, les faire-parts défilent. Il y en a pour tous les goûts et c'est finalement assez amusant de constater qu'il y en a autant de goûts.
Plus ou moins préparées à l'ambiance, nous avançons gaiement et nonchalamment dans la foule, papotant, s'extasiant, fouinant des idées, récupérant des prospectus.
La population est diverse. Et j'en suis plutôt surprise. Du couple beauf au couple glam, du couple amoureux au couple froid et déjà énervé. De la meuf botoxée à 25 ans qui essaie une robe strassée sur un stand à la vieille taupe couincouille qui regarde de loin, n'assumant peut être pas de se retrouver là.

On arrive à temps pour le défilé de robes de mariés qui est bondé de telle sorte que je ne parviens même pas à voir un modèle...Mais qu'importe celle que choisira ma pote elle sera mieux, plus belle parce que ce sera celle de ma pot ;-) Nous constatons que la mode est au bandeau, so années 80, sympa mais importable. Et puis nous frétillons, une fois encore, sur Follow the river et Get lucky. Bonheur d'être mainstream parfois au milieu de tout ce rose ;-) Puis nous trouvons un stand de robes de mariés sublimes en dentelles. Et là minute émerveillement et rêve. Cela correspond tout à fait à ce que nous cherchons.

Le salon du mariage est un rendez vous en terre inconnue pour tout le monde car le salon du mariage vend du rêve. Aucune mariée ou presque ne se retrouve totalement et inconditionnellement là dedans. Chacune glane des idées, rêve un moment.
C'est une vitrine qui montre une véritable industrie. Je pense que tout le monde peut en sortir angoissé en se trouvant bien loin de tout ça. Non, nous ne nous marierons pas toutes dans un châteaux. Pas forcément parce que nous n'en avons pas toutes les moyens. Non plus banalement parce que nous ne sommes pas toutes des princesses et que nous n'aspirons pas toutes à l'être même l'espace d'un jour. Certaines préfèreront le calme champêtre d'un petit village ou une salle des fêtes où tonton René pourra entonner sa chanson au trou normand, où les ados pourront aller picoler ou fumer des pétards en douce sur le parking. Non, nous ne gouterons pas toutes à des cupcakes ou à des wedding cakes parce que certaines préfèrent tout simplement les choux enrobés de caramel qui pètent les dents. Et puis certaines n'en sont même pas au stade du couple...Alors le mariage ;-) ! Mais l'essentiel au fond c'est que chacune trouve son bonheur. Et pour le coup, une fois ces impressions passées, c'est ce qui ressort dans ce salon : le bonheur et l'amour. C'est la minute gnangnan de mon post. Parce que oui, c'est beaucoup fake, oui il y a des gens beaufs, des gens qui font le gueule mais il y a surtout des gens qui y croient à tout ça. On s'aperçoit quand même que ce qui flotte là, entre les stands, à travers les sourires parfois crispés c'est l'espoir et l'amouuuuuuuuuuuuuuuur.
Et même moi, l'éternelle célibataire, je rêve l'espace d'un instant en me disant que quelqu'un à qui je vais pouvoir demander ce qu'il pense de la décoration de table existe peut être ;-)

Quand nous avons commencé à écrire ce blog, mes deux comparses et moi même, le gros point que nous avions en commun était nos prises de tête, nos angoisses existentielles et nos crises métaphysiques persistantes sur la vie.

Cette après midi avec Biega, j'ai pu constater que nous avions franchi un seuil. Si si si en ce dimanche après midi, le premier de l'automne, nous nous sommes rendues au salon du mariage. Et surtout nous en sommes revenues non sans interrogations – faut pas non plus pousser;-) , mais relativement sereines et assurées je crois de ce que nous étions et de ce que nous voulions être chacune à notre manière, à notre façon. On a laissé le côté raison et on s'est adonné au côté fille qui aide lui aussi à grandir quand on y reflechit.

Le salon du mariage c'est une bonbonnière qui semble un peu fake, sur le point d'exploser, le salon du mariage c'est aussi comme les vacances au camping, les apéros au pâté, on ne s'en vante pas toujours, ça fait peut être beauf, ça ne nous correspond pas tout le temps mais c'est léger, rigolo et ça fait parti de la vie.

On s'est moqué, on a critiqué mais pas trop quand même bien conscientes que finalement on y était quand même à ce salon. On a aussi rêvé et on en a un peu pris plein les yeux comme dans un concert de Lady Gaga au Stade de France parce que, attention aux policiers du sexisme, une robe de mariée ça laisse rarement indifférente même la plus féministe des nanas ;-)

jeudi 5 septembre 2013

The kind of magic by Tony.




A l'heure des barbes voluptueuses, drues ou fines, fournies ou parsemées, poivre et sel et autres formes atypiques, il est bon que chaque homme, normalement constitué, en quête d’une virilité supplémentaire - action d’exacerber son coté homme des cavernes enclin à la ressemblance Chabalienne - opte pour l'abandon du rasoir.

Un abandon simple, mais efficace. Alors oui : boudez votre mousse à raser et votre rasoir 3 lames électriques, à lames jetables voire vibrantes pour les plus pittoresques d’entre vous, chassez- les de vos sacoches et de vos tiroirs et arborez une splendide barbe !
Notez qu’en plus d’un confort de peau, votre tire lire vous remerciera de surcroit. Car à l’heure des lobbyings marketing, chaque rasoir gagne quelques centimes d'euros de plus au fil des nouveautés. Et c’est ainsi qu’en convulsant devant le prix des lames aux supermarchés j’ai jeté l’éponge aspirant à un retour aux choses simples : le plébiscite des poils. 
Voilà donc déjà deux ans que j’arbore une jolie barbe noire et rien à dire à ce sujet, mon sex-appeal a pris un net envol – effet collatéral ou simple concours de circonstances ? ça c’est une autre question !Et tout ceci face au désarroi des hauts noms de l’industrie du rasoir qui préféreraient surement nous voir avec un visage juvénile et angélique afin d’engendrer à la hausse leur chiffre d’affaire et marge associée.

Mouvement culturel, avec le temps la barbe est devenue un objet de mode, ou sa popularité ne serait plus à démontrer – cooptée par les mouvements Hipster, que je remercie d’ailleurs.
En effet, les hipsters sont aujourd’hui partout, et non plus seulement à la capitale. Il n’y a qu’à ouvrir les yeux un instant, ces nouveaux bobos déambulent dans toutes les rues, troquets et bistrots, et autres endroits en vogue. Caricaturalement vêtus d’une chemise à carreaux, d’un sac en toile, perchés sur un fixie, portant une coupe bien déstructurée généralement très courte sur les tempes et plus « fouillonne » sur le dessus. Sans oublier l’inévitable barbe, éléments caractéristiques du mouvement : cette barbe de dix jours, épaisses et protectrice.
Oh oui, que Gillette se réjouisse amèrement, mais les hipsters sont partout et avec eux, le port de la barbe se popularise.

Mais je m’égare, revenons donc au point initial du sujet, LES BARBES et plus égoïstement, MA BARBE, elle était belle, présente et faisait ressortir en moi ce charisme qui me manquait… mais voilà éternel insatisfait, empêcheur de tourner en rond, putain de génération Y me direz vous, j’ai voulu une fois de plus changer et ce sont les vacances qui auront emporté avec elles mon attribut velu. N'en déplaise à quiconque, ma barbe a laissé place à une ravissante moustache qui aiguise mon caractère tout en me démarquant significativement du monde environnant. En fidèle acteur de notre génération, je suis branché voire connecté et mes états d’âme de poil sont figés dans les tabloïds du net- attitude puérile ou superficielle pour certains mais obsessivement réconfortant pour les addicts - je vous laisse vous reconnaître.

Mario Bross, Don Diego, Dali, De Musset, Mercury, tout autant de « person’stachu » qui alimentent nos références dans le domaine. En ce qui me concerne, ils alimentent surtout les railleries et gentils quolibets amicaux qui sévissent depuis ce fameux jour de tonte mais je refuse d'être le Bouc Emissaire de l'éternel manque de folie voire de spontanéité des gens : j’assume la nouveauté et pire encore je la plébiscite !

Paradoxalement cela me fait sourire et participe activement à l’assurance que je ressens depuis que je la porte.

Pour le reste, je l’accorde, le style procuré est nettement plus décalé, plus pointu et affirmé, alors oui, je vous le confirme cher barbu, n’ayez pas crainte de raser la barbe et de laisser ces quelques poils au dessus de vos lèvres supérieures.
Mettez de coté vos rancœurs contre l’industrie du rasoir et ressortez vos blaireaux bien enfouis. Amusez-vous de vos poils, tournez-les, travaillez-les, car nous n’avons qu’une vie, qu’une jeunesse et qu’il serait si triste de s’ennuyer dans les trames plates et monotones du quotidien. La mode ouvre des portes, saisissez-les mais surtout amusez-vous avec et cela ne saura déplaire à la gente féminine ou à l’autre d’ailleurs ;-).