J'ai regardé les Oscars. Après tout, tant qu'à vivre de ce côté-là de l'Atlantique, autant le faire vraiment et se faire un bon paquet de chips devant le pic culturel de l'année américaine. En effet, personne ne parle ou presque de cette expo qui a l'air géniale au Met qui commence demain, sur l'impressionnisme, la mode et la modernité. Par contre, première page du New York Times sur le "Red Carpet Project", où les journalistes classent par couleur de robe les actrices hollywoodiennes, et où Emmanuelle Riva et la fillette à l'imprononçable prénom de "Beasts of the Southern Wild", Quvenzhané Wallis, se retrouvent dans la même catégorie. Parce qu'elles sont atypiques, ou parce qu'elles ont choisi du bleu marine pour leur robe? Ont-elles choisi du bleu marine parce qu'elles sont atypiques? On pourrait s'arrêter deux minutes sur le fait qu'Hollywood s'enthousiasme grandement d'avoir nominé ces deux ovnis, dans un geste d'hypocrisie et de démagogie sans pareille. Si tout était normal, s'ils n'avaient justement pas édifié en normalité les blondes et brunettes en taille 34 refaites en plastique bloquées à un âge indéterminé entre 25 et 40 ans, est-ce que justement on ne devrait pas trouver ça normal qu'une actrice puisse toucher l'excellence à 84 ou 8 ans? On les a vues, les Barbara Streisand et autres Nicole Kidman et Catherine Zeta-Jones (en play-back revisitant Chicago à la sauce Beyoncé au Superbowl). Elles ne m'impressionnent pas, et me font autant d'effet ou peut-être moins que des poupées Barbie alignées en rang chez Carrefour. Mais non, à la place tout le monde s'extasie devant l'adorable petite et la touchante petite vieille. Et puis merde, disons-le, elles étaient toutes deux bien plus méritantes dans la catégorie meilleure actrice, tournant dans des films aussi majeurs que Beasts of the Southern Wild et Amour, que la jeunette Jennifer Lawrence et sa comédie romantique qui ne marquera pas l'histoire du cinéma.
Mais bon voilà, l'Oscar de la meilleure actrice, c'est pour la relativement meilleure; ça ne dépend pas du film, de la profondeur du dialogue. Il s'agit surtout de se débrouiller pour que la plupart des gens, en voyant ce film, se disent, wow, celle-là, elle crève l'écran. Et ça, Jennifer Lawrence, elle sait faire. Elle a l'air de rien comme ça, et on la connaissait même pas il y a deux ans, et elle est plus jeune que moi. Elle fait américaine quand même, bonne enfant, copine et canon à la fois. Elle n'a pas la classe d'une Hepburn ou la volupté d'une Angelina Jolie. A priori. Et puis, on la voit évoluer dans ce film comme dans les autres, avec sa beauté simple, sa franchise d'actrice, son naturel débordant, et cette énergie brillante. Jennifer Lawrence, c'est la meilleure actrice de l'année parce que tout Hollywood, tous les Etats-Unis sont tombés amoureux d'elle au premier regard. Elle ne remplit pas les canons de beauté normaux, avec son visage un peu rond, son sourire gauche ou même carrément franchouillard, est même la plupart du temps plutôt plus en chair que l'anorexique hollywoodienne moyenne. On la voit bien se faire un burger devant une série télé chez elle, ou sortir tranquille avec ses amies. Mais en plus de ça, elle est intelligente, et elle a un sens de la répartie et une finesse qui font pâlir les autres Jennifer et aussi Anne Hathaway qui se veut l'intello classe de la bande. Elle prend un film tout con sur lequel elle est embauchée, comme Hunger Games (truc d'action pour ados) ou Silver Linings Playbook (comédie romantique un peu dramatique), et elle en fait des films vraiment mieux que ce qu'ils auraient dû être. Elle y donne tout, entièrement, pas comme Kristen Stewart qui y va à reculons et avec sa posture horrible de gamine effarouchée.
Jennifer Lawrence, c'est comme ce bouquin un peu nul dont on a lu la quatrième de couverture sans être trop convaincus, et qui finalement devient notre bouquin préféré. Elle a pas eu besoin de s'enlaidir pour son rôle(Charlize Theron et bien d'autres), ou de jouer un grand personnage historique ou une femme d'exception pour choper la statuette. Elle a juste joué, et paf, la magie a opéré. On va devoir s'attendre à la voir tellement qu'on la détestera à la fin, dans les années qui viennent. Mais en même temps, si elle réussit son coup, elle sera l'équivalent de Meryl Streep maintenant. Une femme qui nous convainc intimement de sa beauté de femme parce que c'est une belle actrice, et pas parce qu'elle a passé des heures chez le coiffeur. D'ailleurs, elle en a rien à faire de tout ça, elle sait même pas monter des escaliers dans une robe meringue. C'est juste la fille qui a l'air magnifique une minute, et qui te rappelle qu'elle est comme toi la minute d'après, en tombant dans les escaliers la tête la première, et en faisant preuve d'auto-dérision juste après. Chapeau.
lundi 25 février 2013
samedi 16 février 2013
Tu prends ou tu prends pas ?
Si quelqu'un décide de ne plus être ton ami c'est qu'il ne l'a jamais vraiment été. Aristote a dit ça. Ou un truc du genre. En tous les cas, c'est un peu compliqué son histoire et je ne suis pas sûre d'être d'accord. Je dis pas sûre, parce que c'est dur de pas être d'accord avec Aristote quand on n'est pas une grande philosophe.
Dans ma vie de catégories il y a les amis, les copains, les potes, les deux dernières catégories sont parfois et pour mon plus grand plaisir des amis en devenir. Mais ça ce n'est pas vraiment moi qui décide, c'est la vie, les affinités, les occasions, et le plus souvent de belles rencontres. Si je repense à mes amitiés, je me rends compte à quel point elles supportent mal le temps avec son lot de changements et de déménagements. Ceux qui étaient au coeur de ma vie il y a peu sont aujourd'hui loin, voire partis...
On aimerait continuer à partager avec eux, savoir ce qu'ils deviennent, leurs projets, leurs victoires, leur témoigner notre affection. Mais le point positif, parce qu'au fond il y a toujours un point positif, c'est qu'il y a ceux qui restent et les nouveaux, ceux qu'on se fait un plaisir d'accueillir dans sa vie et qui nous accueillent en retour. Alors non parfois on n'est plus ami avec les gens à cause de la vie tout simplement. A cause de la vie et de ses aléas, grands ou petits, à cause du changement. Alors qu'on se le dise, je ne suis pas d'accord avec Aristote ! Après tout dépend de ce qu'il entend par ami...Et là ça commence à se compliquer sérieusement.
On aimerait continuer à partager avec eux, savoir ce qu'ils deviennent, leurs projets, leurs victoires, leur témoigner notre affection. Mais le point positif, parce qu'au fond il y a toujours un point positif, c'est qu'il y a ceux qui restent et les nouveaux, ceux qu'on se fait un plaisir d'accueillir dans sa vie et qui nous accueillent en retour. Alors non parfois on n'est plus ami avec les gens à cause de la vie tout simplement. A cause de la vie et de ses aléas, grands ou petits, à cause du changement. Alors qu'on se le dise, je ne suis pas d'accord avec Aristote ! Après tout dépend de ce qu'il entend par ami...Et là ça commence à se compliquer sérieusement.
C'est vrai ça, c'est quoi un ami ? Je crois que c'est quelqu'un dont on peut peser le pour et le contre : on le connaît suffisamment bien pour savoir ses qualités, ses défauts, ses points forts, ses points faibles. Un genre de SWOT de l'amitié (Strengths-weaknesses-opportunities-threats, ça c'est mon nouveau côté com'). Quand on est ami, on l'est donc en connaissance de cause.
Alors ce n'est pas toujours évident de se livrer sous un jour peu glamour, de faire des compromis, d'accepter les défauts de l'autre ; pas évident de tomber le masque ; pas évident non plus de tout prendre chez l'autre.
Et pourtant on a tous un ami toujours en retard, un ami désorganisé, un ami autoritaire, un ami boudeur voire renfrogné. Celui qui vous déplace 5 fois de suite un rendez-vous ou raccroche deux fois en cours de conversation parce qu'il a un double appel et du coup vous avez l'impression de téléphoner entre deux tunnels alpins. Celui qui ne vous donne pas de nouvelles pendant deux mois et vous contacte alors que vous commenciez à appeler tous les hôpitaux et funerariums de Paris. Mais cet ami c'est aussi celui qui vous dit que le bun vous va bien, qui écoute vos crises existentielles (et dieu sait qu'il y en a), qui vient vous chercher à la gare et vous aide à porter vos valises dans le métro, qui vous aide à monter un meuble ikéa jusqu'à minuit un samedi soir, un ami qui serait capable de vous accompagner dans une grosse baston parce qu'au fond vous êtes son ami.
On a tendance à faire la liste des points négatifs : elle est snob, il est à l'arrache, elle est psychorigide...en oubliant que vous enfumez tous vos amis à chaque rencontre, que vous pouvez être particulièrement désagréable quand vous êtes de mauvaise humeur et que vous êtes boudeuse et possessive. 1 point partout. Sauf qu'en amitié on n'est pas au football américain, on s'en fout. Les points sont là, ils vont, ils viennent et je ne suis pas sûre de pouvoir tenir une telle comptabilité très longtemps à moins d'en faire un tableau Excel. Sauf que là ça deviendrait grave.
Alors ce n'est pas toujours évident de se livrer sous un jour peu glamour, de faire des compromis, d'accepter les défauts de l'autre ; pas évident de tomber le masque ; pas évident non plus de tout prendre chez l'autre.
Et pourtant on a tous un ami toujours en retard, un ami désorganisé, un ami autoritaire, un ami boudeur voire renfrogné. Celui qui vous déplace 5 fois de suite un rendez-vous ou raccroche deux fois en cours de conversation parce qu'il a un double appel et du coup vous avez l'impression de téléphoner entre deux tunnels alpins. Celui qui ne vous donne pas de nouvelles pendant deux mois et vous contacte alors que vous commenciez à appeler tous les hôpitaux et funerariums de Paris. Mais cet ami c'est aussi celui qui vous dit que le bun vous va bien, qui écoute vos crises existentielles (et dieu sait qu'il y en a), qui vient vous chercher à la gare et vous aide à porter vos valises dans le métro, qui vous aide à monter un meuble ikéa jusqu'à minuit un samedi soir, un ami qui serait capable de vous accompagner dans une grosse baston parce qu'au fond vous êtes son ami.
On a tendance à faire la liste des points négatifs : elle est snob, il est à l'arrache, elle est psychorigide...en oubliant que vous enfumez tous vos amis à chaque rencontre, que vous pouvez être particulièrement désagréable quand vous êtes de mauvaise humeur et que vous êtes boudeuse et possessive. 1 point partout. Sauf qu'en amitié on n'est pas au football américain, on s'en fout. Les points sont là, ils vont, ils viennent et je ne suis pas sûre de pouvoir tenir une telle comptabilité très longtemps à moins d'en faire un tableau Excel. Sauf que là ça deviendrait grave.
L'amitié c'est donc aussi le flou, l'incertitude. Les plaisirs sans prise de tête et les bouderies sans lendemain. Les bons moments et les moments les plus mauvais. Les attentions sans retour et les attentions qu'on n'attendait pas. L'amitié c'est tu prends ou tu prends pas.
L'amitié c'est indispensable... sans ça on est un peu tous des "hommes inachevés"...
mercredi 13 février 2013
Déploration
Le pape démissionne. C'est tombé il y
a deux jours. Un lundi. Comme ça.
Oui, il démissionne. Il s'arrache, il
n'y arrive plus. Et tout le monde, passé le choc pour certains,
s'extasie, salue le geste et « l'entrée de l'Eglise dans la
modernité. » Car oui Rimbaud l'a bien dit : « il
faut être absolument moderne ».
Et moi, je fais comme d'habitude, je
râle. Oui je râle et de façon exagéré - parce qu'on ne se refait décidément pas - je déplore. Je déplore comme à l'époque
médiévale ou plutôt comme le Christ qui doit se retourner dans sa
tombe, ah non mais il n'y est plus de toute façon ;-)
Je ne vais pas vous livrer ici mes
croyances intimes, mes ressentis, dans cette société du
voyeurisme, de la non pudeur, je ne vais pas verser là dedans. Et
puis de toute façon une de mes professeures d'histoire m'avait dit
un jour que deux domaines échapperaient toujours à l'historien, aux
gens et à l'analyse en général : la sexualité et la foi. Ma
foi n'est donc pas l'objet de ce post.
L'objet de ce post est ce que symbolise
pour moi le geste du pape.
Je ne trouve pas ce geste « très
moderne » ou « porteur d'espoir. »
Non, je ne suis pas rétrograde –
même si j'avoue avoir surkiffé le discours en latin. Je trouve
juste que l'on oublie que le pape est avant tout un symbole, une
représentation concrète, humaine d'une notion abstraite. Dans cette
société en perte de symbolisme, on oublie la puissance des
symboles.
Le pape comme m'a dit une amie c'est le
quasi deus in terra. C'est le vicaire du Christ. C'est à la
fois une personne et une abstraction.
Et là, que fait le symbole ? Il
abandonne. Parce qu'il est vieux, parce qu'il n'y arrive plus. Parce
que je ne sais pas trop. Mais ce n'est pas important à mon sens, il
doit avoir de bonnes raisons. On en a tous.
Alors, voilà, moi, je trouve que cela
n'est pas très « porteur d'espoir ».
On assiste selon moi à une forme de
contamination. Les mœurs qui se déploient, les logiques à l'oeuvre
dans nos sociétés ont contaminé la société chrétienne. C'est le
turn over au Vatican aussi. Le commun des mortels changent
d'avis, de métiers, de mecs et le Vatican change de pape.
On se lasse, on se quitte, on
s'abandonne, on n'assume plus rien. Et finalement à mon sens le pape
aussi en tout cas c'est ce que m'évoque son geste.
Je ne suis pas de ceux qui croient que
le changement est toujours bon dans tous les domaines.
La religion est un choix, un choix
intime, un idéal et elle ne doit justement pas subir les influences
extérieures. Bien sûr, on va me dire : « Et le
préservatif ? » Et oui quoi le préservatif ce n'est pas
parce que le pape ne le conseille pas qu'il ne faut pas en mettre. Je
pense que tout est une question de choix et d'équilibre.
Et aujourd'hui ça me rend triste que
même le pape abandonne. Quand moi j'ai parfois envie d'abandonner.
Mais moi au fond de mes possibles abandons, on s'en moque, je ne suis
pas à la tête de la chrétienté. Je ne guide pas des millions de
fidèles.
Je ne suis pas naïve, nos dirigeants religieux ou
politiques ne sont que des hommes je le sais bien mais des hommes qui
se doivent d'être exemplaires. De nous montrer l'exemple, de tracer
un idéal même inaccessible. Et ce n'est plus le cas. Non parce que
la normalité, je la vois tous les jours dans ma glace et au café
d'en bas, c'est sympa la normalité mais j'ai besoin de rêver.
Donc voilà, quelques jours avant le début du Carême le pape démissionne. Et
nous ?
Bah non. Nous, on continue, on assume
et on reste. On fait le gros dos et on attend que le mauvais temps
passe. On persévère. On y croit, on tombe, on trébuche mais on
reste pour nous, et pour le symbole. La beauté, la magie et
l'espoir...du symbole.
jeudi 31 janvier 2013
Je tousse, donc je meurs
Réveil difficile...pourtant pas un "putain" ne sort de ma bouche...je le sens, ça ne va pas ! Tant pis, quel que soit le microbe qui m'attaque il n'aura de moi que du mépris. Cette espèce de sale petite chose me fait tousser. Qu'à cela ne tienne, de toute façon je tousse toute l'année, et un syllogisme implacable dit :
L'hiver il fait froid
Quand il fait froid les gens toussent
Donc l'hiver les gens toussent.
Sauf que ce machin prend de l'ampleur : ceux qui me voient trouvent que j'ai une sale tête, au téléphone j'ai une petite voix. Bon. Mépris, mépris, mépris : tu ne m'auras pas, pas moi ! Sauf qu'avec deux pulls et une couette, j'ai froid et que ma cage thoracique se rétracte. Je pense à Dr House...je suis peut-être un cas intéressant de lupus ou autre maladie étrange. Dans ce cas je veux être soignée par le grand Gregory House quitte à y rester ! Sauf que là j'ai vraiment mal, alors je me décide à voir un médecin (réel).
A Paris, autant vous dire que c'est une épopée. Entre ceux qui n'ont pas de place avant mars prochain (mon lupus attendra) et ceux qui prennent 70€ pour vous donner de la Vitamine C, mon coeur balance ! Je trouve finalement un rendez-vous à 10 minutes de chez moi. Sauf que dans mon état, avec mes jambes flageolantes et ma fièvre de cheval je mets 20 minutes...Là c'est sûr, la fin est proche, j'agonise ! Sauf que ni lupus, ni maladie nécessitant l'intervention de Greg House, j'ai la grippe ! Je déteste la grippe, d'une part House ne me recevra jamais pour ça, d'autre part ça se soigne "par de la Vitamine C, du Doliprane et des infusions de thym", du repos. "Et restez chez vous". En fait ça se soigne pas quoi ! Autant me retirer chez les Pères Chartreux trois jours et boire une bouteille de leur elixir à 45° tous les matins, en plus niveau "restez chez vous " y a pas mieux, le massif de la Chartreuse niveau tentations de la vie sociale c'est plutôt restreint !
Je rentre méditative : rester chez soi et se reposer, en fait ça veut dire ne rien faire ? Donc en gros mourir d'ennui...Parce que dormir toute la journée, honnêtement c'est impossible, j'ai déjà du mal à dormir la nuit. En plus de ça, comment je peux ne rien faire quand j'ai une tonne de repassage, un mémoire, des devoirs par dessus la tête et plein de livres à lire ? La colère m'emporte contre cette saleté de microbe, ou de virus (je n'ai toujours pas compris la différence si ce n'est une question d'antibiotiques non remboursés) : comment, lui, ce petit truc ridiculement minuscule et méprisable, a-t-il osé s'attaquer à MOI, moi qui ne suis jamais malade ? Je me défoule, je lui dis qu'il ne m'aura pas, que de toute façon je vais le bousiller à coup de vitamines C et de sirop au caramel (que je surdose un peu, mais c'est le seul point positif de ma grippe) ! Et pourtant il s'acharne, deux jours plus tard je suis toujours HS...mais telle la Pasionaria je vous le dis moi, vilains microbes "No pasaran!"
L'hiver il fait froid
Quand il fait froid les gens toussent
Donc l'hiver les gens toussent.
Sauf que ce machin prend de l'ampleur : ceux qui me voient trouvent que j'ai une sale tête, au téléphone j'ai une petite voix. Bon. Mépris, mépris, mépris : tu ne m'auras pas, pas moi ! Sauf qu'avec deux pulls et une couette, j'ai froid et que ma cage thoracique se rétracte. Je pense à Dr House...je suis peut-être un cas intéressant de lupus ou autre maladie étrange. Dans ce cas je veux être soignée par le grand Gregory House quitte à y rester ! Sauf que là j'ai vraiment mal, alors je me décide à voir un médecin (réel).
A Paris, autant vous dire que c'est une épopée. Entre ceux qui n'ont pas de place avant mars prochain (mon lupus attendra) et ceux qui prennent 70€ pour vous donner de la Vitamine C, mon coeur balance ! Je trouve finalement un rendez-vous à 10 minutes de chez moi. Sauf que dans mon état, avec mes jambes flageolantes et ma fièvre de cheval je mets 20 minutes...Là c'est sûr, la fin est proche, j'agonise ! Sauf que ni lupus, ni maladie nécessitant l'intervention de Greg House, j'ai la grippe ! Je déteste la grippe, d'une part House ne me recevra jamais pour ça, d'autre part ça se soigne "par de la Vitamine C, du Doliprane et des infusions de thym", du repos. "Et restez chez vous". En fait ça se soigne pas quoi ! Autant me retirer chez les Pères Chartreux trois jours et boire une bouteille de leur elixir à 45° tous les matins, en plus niveau "restez chez vous " y a pas mieux, le massif de la Chartreuse niveau tentations de la vie sociale c'est plutôt restreint !
Je rentre méditative : rester chez soi et se reposer, en fait ça veut dire ne rien faire ? Donc en gros mourir d'ennui...Parce que dormir toute la journée, honnêtement c'est impossible, j'ai déjà du mal à dormir la nuit. En plus de ça, comment je peux ne rien faire quand j'ai une tonne de repassage, un mémoire, des devoirs par dessus la tête et plein de livres à lire ? La colère m'emporte contre cette saleté de microbe, ou de virus (je n'ai toujours pas compris la différence si ce n'est une question d'antibiotiques non remboursés) : comment, lui, ce petit truc ridiculement minuscule et méprisable, a-t-il osé s'attaquer à MOI, moi qui ne suis jamais malade ? Je me défoule, je lui dis qu'il ne m'aura pas, que de toute façon je vais le bousiller à coup de vitamines C et de sirop au caramel (que je surdose un peu, mais c'est le seul point positif de ma grippe) ! Et pourtant il s'acharne, deux jours plus tard je suis toujours HS...mais telle la Pasionaria je vous le dis moi, vilains microbes "No pasaran!"
mardi 15 janvier 2013
L'art de vivre dans le RER
Dans le RER, il faut être tout fin, minuscule, pour se glisser entre les passagers arrogants et pressés.
Il faut être rapide, encore plus rapide que ces mêmes passagers pressés, pour pouvoir se jeter sur un siège vide, au pire sur un strapontin au risque de devoir se lever à la prochaine station.
Il faut être méchant, pour pouvoir s'extirper de ce même siège et du train et ne pas avoir à attendre la prochaine station et faire bêtement le chemin arrière, à pied.
Il faut être discret, si vous ne voulez pas que votre voisin lise vos SMS, regarde votre Facebook ou écoute votre appel.
Il faut être encore plus discret pour écouter la conversation de vos voisins sans qu'ils vous prennent en flagrant délit de curiosité et autres fouinasseries.
Dans le RER, il faut avoir l'esprit de groupe et râler en même temps que vos compagnons de route quand le train s'arrête brutalement entre deux stations ou quand une mamie russe menace de tirer le signal de sécurité parce qu'elle n'a pas compris comment on ouvrait les portes.
Il faut être the Sentinel pour entendre ce que vous annonce le conducteur.
Parfois aussi il faudrait être sourd pour ne pas avoir à supporter l'accordéoniste qui massacre Besame Mucho et Historia de un amor. Ou pire encore celui qui prend un horrible accent du Sud pour imiter Francis Cabrel.
Il faut avoir de l'humour quand une amie voit son sac bloqué entre les portes pendant trois stations...jusqu'à ce que le train s'ouvre du bon côté !
Dans le RER, il ne faut pas être trop habillée de peur d'avoir un choc thermique ;
Il ne faut pas non plus être claustrophobe lorsque le train, bondé, s'arrête dans un tunnel noir et y reste 20 mn toutes lumières éteintes.
Il ne faut pas avoir peur du ridicule lorsque votre visage est affreusement défiguré par la pression de la porte...
Bref, dans le RER, il faut être un aventurier, un héros des temps modernes, capable de survivre à des conditions extrêmes ! Etes-vous prêts ?
Il faut être rapide, encore plus rapide que ces mêmes passagers pressés, pour pouvoir se jeter sur un siège vide, au pire sur un strapontin au risque de devoir se lever à la prochaine station.
Il faut être méchant, pour pouvoir s'extirper de ce même siège et du train et ne pas avoir à attendre la prochaine station et faire bêtement le chemin arrière, à pied.
Il faut être discret, si vous ne voulez pas que votre voisin lise vos SMS, regarde votre Facebook ou écoute votre appel.
Il faut être encore plus discret pour écouter la conversation de vos voisins sans qu'ils vous prennent en flagrant délit de curiosité et autres fouinasseries.
Dans le RER, il faut avoir l'esprit de groupe et râler en même temps que vos compagnons de route quand le train s'arrête brutalement entre deux stations ou quand une mamie russe menace de tirer le signal de sécurité parce qu'elle n'a pas compris comment on ouvrait les portes.
Il faut être the Sentinel pour entendre ce que vous annonce le conducteur.
Parfois aussi il faudrait être sourd pour ne pas avoir à supporter l'accordéoniste qui massacre Besame Mucho et Historia de un amor. Ou pire encore celui qui prend un horrible accent du Sud pour imiter Francis Cabrel.
Il faut avoir de l'humour quand une amie voit son sac bloqué entre les portes pendant trois stations...jusqu'à ce que le train s'ouvre du bon côté !
Dans le RER, il ne faut pas être trop habillée de peur d'avoir un choc thermique ;
Il ne faut pas non plus être claustrophobe lorsque le train, bondé, s'arrête dans un tunnel noir et y reste 20 mn toutes lumières éteintes.
Il ne faut pas avoir peur du ridicule lorsque votre visage est affreusement défiguré par la pression de la porte...
Bref, dans le RER, il faut être un aventurier, un héros des temps modernes, capable de survivre à des conditions extrêmes ! Etes-vous prêts ?
mardi 1 janvier 2013
Une très grande, une très belle et une très bonne année.
Filer voir ce florilège de petites e-cartes ! Bon, moi, je suis encore à l'ancienne avec mon papier à lettre et mes timbres parce que ça me semble plus simple et parce que c'est comme ça. ;-)
Mais je dois avouer que ces e-cartes font vraiment envie.
Je pourrais les envoyer toutes à l'ensemble des gens qui partagent ma vie.
Alors, faites votre choix...Choisissez bien votre carte, et surtout son destinataire...;-)
Parce qu'en 2013, on n'a plus le temps de se tromper.
Parce que que comme disait Vincent Van Gogh, "il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens"...Et ça commence peut être par leur souhaiter une bonne année 2013.
http://www.mylittleparis.com/operation/ecards-mylittle/index.html
En attendant...

Mais je dois avouer que ces e-cartes font vraiment envie.
Je pourrais les envoyer toutes à l'ensemble des gens qui partagent ma vie.
Alors, faites votre choix...Choisissez bien votre carte, et surtout son destinataire...;-)
Parce qu'en 2013, on n'a plus le temps de se tromper.
Parce que que comme disait Vincent Van Gogh, "il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens"...Et ça commence peut être par leur souhaiter une bonne année 2013.
http://www.mylittleparis.com/operation/ecards-mylittle/index.html
En attendant...
dimanche 30 décembre 2012
C'est toi la résolution
On y arrive, à ce moment fatidique, où les gens se sentent obligés de terminer la conversation par un subtil et original "à l'année prochaine", où les mêmes gens commencent à vous interroger sur vos bonnes résolutions. Le truc, c'est que les résolutions, c'est un des plus gros mensonges de l'humanité, juste après le Père Noël et la mode vegan. D'ailleurs, pourquoi elles devraient être bonnes, mes résolutions? Moi j'ai été sage pour le Père Noël, je vais pas en plus me faire encore plus sage pour la nouvelle année, sinon on va tous mourir d'ennui. On pourrait au moins prendre des résolutions mauvaises, ou neutres. Ou alors, on pourrait appeler ça par son vrai nom, genre une liste de ce qu'on va essayer de faire, ou une démonstration de mauvaise foi, ou une tragédie existentielle. Des résolutions, ça n'a jamais rien résolu du tout, d'abord. C'est au pire un constat de ses propres limites et défauts, au mieux un changement de vie total pour une durée limitée d'un jour à deux semaines.
Je le sais, même si je décide d'aller à la gym, ça dépendra quand même de mon emploi du temps, des horaires du fitness, de la neige dehors, de ma digestion. Parce que j'ai la flemme. Les résolutions, c'est vouloir faire un pari sur soi-même en sachant qu'on part en tocard. Une grosse connerie quoi.
Parce que moi, des fois, je m'énerve. Moi-même. Et les résolutions, ça n'aide pas. Y'a comme un truc dans l'air qui te fait avoir envie d'en prendre; et tu te retrouves à passer l'après déjeuner à digérer ton foie gras et ton mille-feuille sur des sites de santé pour lutter contre le cholestérol. C'est facile, là, le ventre plein à vomir, en râlant avec ta mère sur le fait qu'on mange trop dans le monde occidental etc etc, de se dire que oui, on peut le faire, se passer de sucreries, de beurre, de fromage et de charcuterie. Le sel de la vie, quoi. On peut s'en passer. Surtout si ça peut en plus limiter nos risques d'AVC ou d'embolie parce qu'on prend une pilule du 3ème âge ou je ne sais quoi (autre demi-heure perdue sur la toile).
C'est peut-être du cynisme, c'est peut-être de la lucidité, mais à un moment il faut grandir, et arrêter de se fixer des moments de changement obligé, comme des deadlines toutes socialement imposées où là, vraiment, si on fait pas un effort, on a trop la honte. Parce que le pire, dans les résolutions, c'est qu'on a beau les appeler bonnes par convention, le gros paradoxe de la résolution c'est que si elle tient plus d'un mois, c'est anormal. Qui a entendu parler de quelqu'un qui a un jour de l'An résolu de dépenser moins et a réussi à résister aux soldes commodément placées deux semaines après? Le Nouvel An, c'est comme la célébration sordide de toutes ces résolutions ironiquement prises qui seront lâchement abandonnées à la première faiblesse, à la première galette frangipane et autres complots saisonniers contre la volonté humaine.
Alors que faire? Résister? En prendre des simples? Se renforcer et suivre vraiment ce qu'on s'est donné comme objectif? Je suis résolu à devenir le méchant, nous dit Richard III au début de la pièce éponyme de Shakespeare. Lui, il s'y tient. Et toi, t'y tiendras-tu?
Je le sais, même si je décide d'aller à la gym, ça dépendra quand même de mon emploi du temps, des horaires du fitness, de la neige dehors, de ma digestion. Parce que j'ai la flemme. Les résolutions, c'est vouloir faire un pari sur soi-même en sachant qu'on part en tocard. Une grosse connerie quoi.
Parce que moi, des fois, je m'énerve. Moi-même. Et les résolutions, ça n'aide pas. Y'a comme un truc dans l'air qui te fait avoir envie d'en prendre; et tu te retrouves à passer l'après déjeuner à digérer ton foie gras et ton mille-feuille sur des sites de santé pour lutter contre le cholestérol. C'est facile, là, le ventre plein à vomir, en râlant avec ta mère sur le fait qu'on mange trop dans le monde occidental etc etc, de se dire que oui, on peut le faire, se passer de sucreries, de beurre, de fromage et de charcuterie. Le sel de la vie, quoi. On peut s'en passer. Surtout si ça peut en plus limiter nos risques d'AVC ou d'embolie parce qu'on prend une pilule du 3ème âge ou je ne sais quoi (autre demi-heure perdue sur la toile).
C'est peut-être du cynisme, c'est peut-être de la lucidité, mais à un moment il faut grandir, et arrêter de se fixer des moments de changement obligé, comme des deadlines toutes socialement imposées où là, vraiment, si on fait pas un effort, on a trop la honte. Parce que le pire, dans les résolutions, c'est qu'on a beau les appeler bonnes par convention, le gros paradoxe de la résolution c'est que si elle tient plus d'un mois, c'est anormal. Qui a entendu parler de quelqu'un qui a un jour de l'An résolu de dépenser moins et a réussi à résister aux soldes commodément placées deux semaines après? Le Nouvel An, c'est comme la célébration sordide de toutes ces résolutions ironiquement prises qui seront lâchement abandonnées à la première faiblesse, à la première galette frangipane et autres complots saisonniers contre la volonté humaine.
Alors que faire? Résister? En prendre des simples? Se renforcer et suivre vraiment ce qu'on s'est donné comme objectif? Je suis résolu à devenir le méchant, nous dit Richard III au début de la pièce éponyme de Shakespeare. Lui, il s'y tient. Et toi, t'y tiendras-tu?
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