mercredi 19 novembre 2014
mercredi 1 octobre 2014
Couleurs d'automne et sexisme ordinaire : le coup de gueule de WOMA.
Je crois que ça commence mal.
Oui, décidément cette rentrée commence bien mal.
Dommages collatéraux de vacances prises en décalé : pendant qu'on fait (enfin) la sieste au soleil
sur une plage déserte du sud de la Corse,
le courrier pendant ce temps s'accumule à Paris. C'est dans cette monstrueuse
pile que l'on découvre en rentrant, un soir de semaine, après quelques prises de
tête avec Air France, l'affreuse vérité : la couleur de cet automne c'est
le kaki.
Blocage total.
Ça va à qui le kaki ? Après les évènements pour le
moins sinistres de cet été je trouve que commencer l'automne habillée comme si
on partait pour l'Irak c'est du domaine de l'humour très noir, très noir.
Et de toute
façon, dans un registre plus léger, ça donne globalement l'air malade de porter
du kaki, non ?
Rien à faire, les innombrables séries mode m'expliquant
comment le porter ne me convaincront pas.
Je décide, une fois n'est pas coutume
de ne pas être victime de la mode.
Un petit coup de shopping online pour me
récompenser- ballerines noires, basiques mais indispensables- et ça va déjà
mieux. Et là, après un détour sur Facebook, je tombe sur le lien qu'un ami m'a
posté : le discours d'Emma Watson à l'ONU. On en a parlé et c'est tant
mieux.
Néanmoins un petit tour sur les commentaires des pages relayant la vidéo
est pour le moins édifiant.
On trouve des commentaires aussi brillants que
« Tout le monde sait que l'inégalité des salaires est faite pour compenser
les congés maternité des femmes ». Au bord de l'implosion devant ce
déferlement d'imbécilité abyssale, je me demande s'il ne serait pas utile
d'écrire à l'Assemblée Nationale pour exiger que les propos sexistes soient
punis directement et sévèrement à l'image des propos racistes. Mieux encore,
hier, une rumeur selon laquelle les hackers qui ont diffusé les photos de
Jennifer Lawrence et autres actrices hollywoodiennes ont menacé faire de même
avec Emma Watson s'est répandue. Encore un nouvel échantillon de commentaires
réjouissants du type « C'est débile sur le fond mais bon quand même Emma
Watson à poil... ». Visiblement donc, il n'est même pas utile de prendre
des photos comme Jennifer Lawrence pour se retrouver victime du fameux
« slut shaming ». Il suffit juste de se prononcer publiquement, toute
habillée, dans un langage clair et juste pour l'égalité entre hommes et femmes.
Je veux quand même croire
que ce genre de réflexion n'est l'apanage que d'une minorité de mecs débiles et
très certainement frustrés.
Je veux quand même croire que l'appel d'Emma Watson
sera entendu.
Je veux quand même croire que je vivrai ma vie sans être sans
cesse ramenée à mon statut de femme.
Je veux quand même croire que je ne
porterai pas de kaki cet automne parce que non, vraiment je n'aime pas cette
couleur.
Pour preuve que le monde est
quand même vachement cool et pour apporter tout de même ma touche
musicale : hier c'était le David Bowie day à Chicago. So let's dance.
mardi 23 septembre 2014
Ode aux collants.
Il fait frais, il fait froid à Paris. Ca y est. Enfin. Un vrai temps
d’automne où le soleil se fait timide, où l’on frissonne, et où l’on remet des
collants.
Nous avons chacune une relation très particulière avec les collants.
Souvent, ils nous énervent. Surtout
leur prix en réalité…de plus en plus scandaleux.
Leur fragilité aussi. Combien de changements en catastrophe à 10h du
matin dans la cabine du Monoprix ou même dans l’arrière boutique du Franprix
après avoir attendri la caissière (solidarité féminine héhéhé ;-))
Mais tout de même : Quel plaisir de porter des collants !
Quand les jambes sont blanches ou mouchetées de ces vilaines
cicatrices qui sont apparues en grattant tout l’été les piqures de moustique.
Quand les jupes et les robes sont à cette longueur « un peu bâtarde »
où seule une bonne paire de collants opaque arrange tout.
Quand le temps est à la séduction et à la conquête.
Quand le temps est à la fantaisie.
Quand mieux qu’un sac à main, qu'un thé detox ou qu'un cours de sport, le collant devient notre allié… ;-)
Au milieu de toutes ces boxes qui fleurissent ces derniers temps,
l’une d’entre elles me ravit : la gambette box.
D’une part car il y a toujours un collant noir et d’autre part parce qu’elle me pousse à
laisser parler la fantaisie qui est en moi…LOL.
Collant mousse, collant voile, collant lycra, collant sans
démarcation, collant sans couture (seamless pour les anglophones),
collant opaque, body collant, collant de grossesse ( soit... ), collant intégral, collant
de danse, collant résille…A chacune ses goûts et ses couleurs... et ses humeurs.
Quand je mets des collants avec les
coutures apparentes derrière, je pense toujours à ces femmes pendant
l’occupation qui se maquillaient les jambes avec du thé
pour donner l’illusion d’une jambe habillée ou qui dessinaient parfois les coutures au crayon. Le Nylon avait
été inventé en 1938 par la firme Du Pont
de Nemours, mais le début de la seconde guerre mondiale avait mis un frein à
cet essor. Les sites de fabrication avaient été réquisitionnés.
En méditation intense sur les usages de l'Histoire et quelque peu dubitative devant le rayon collants chez Monoprix ce soir, je me suis dit que s'il y avait bien une histoire du pantalon alors pourquoi pas une histoire des collants ou du moins une sociologie du collant ! Pendant une seconde, j'ai cru avoir trouvé l'idée du siècle avant que mon excitation ne finisse par retomber comme un soufflé et que je choisisse finalement une paire de DIM ( #efficace) ;-)).
Alors voilà, je suis bien contente que le froid reprenne ses quartiers d’hiver. Parce que le
froid, quand on est armée de bons collants, bah « ça
conserve ». Et puis je laisse les leggins aux frileuses-chieuses-couineuses et aux
débutantes et je séduis ou je me laisse séduire…en collants.
lundi 16 juin 2014
Le malaise du bien-être
Le bien-être est partout, peut-être parce que c'est la crise. A en croire les livres qui cassent la baraque niveau vente, à en croire la mode des stars américaines qui se mettent au bien-être comme alternative au cinéma, à en croire le boom du développement personnel. Le bonheur c'est trop "in", même le jury du bac en a fait la question du bac de philo. Cameron Diaz écrit un livre, c'est la mode des jus verts, des juice cleanse même, des graines en tous genres.
Moi, vous le devinez, ça me pompe grandement, la mode du bien-être. Une sorte d'énervement contre cette tendance sociétale à s'écouter vivre, à acheter des livres qui nous dictent des "styles de vie" à adopter, des façons de réagir. C'est bassement américain, de la consommation à l'état pur, comme le speed yoga qui pour brûler plus de calories enchaîne les positions comme si c'était un marathon de sexe.
Le bien-être, comme le régime vegan, c'est juste une excuse pour perdre du poids en faisant genre qu'on s'intéresse à son corps. Pas un bouquin de "bien-être" ne va conseiller une bonne pâte carbo ou un bon steak pour se sentir mieux, et pourtant les études récentes prouvent que le beurre et les acides gras essentiels sont vraiment bons pour nous. Mais c'est pas ce "bien" là qui intéresse les addicts du "bien-être". L'idée du bien-être pour Cameron Diaz c'est de poser presque nue sans maquillage sur la couverture. Pourquoi, on ne sait pas, c'est un peu comme les références gratuites aux règles dans "Sous les jupes des filles", au fond, ce n'est pas censé avoir beaucoup de rapport. Et puis, ça fait doucement rigoler, quand même, que des filles en régime perpétuel, avec pas mal de Photoshop et de chirurgie esthétique à leur actif, viennent nous donner des leçons de bien-être. C'est aussi un melting-pot ésotériques de recettes sans gras - soit-disant "whole", le concept du complet, qui est censé descendre le pain blanc de son perchoir -, de techniques pour faire de l'exercice, et d'autres choses que je n'ose imaginer.
Quelque fois, je me sens un peu comme mes grands-parents, dans une attitude "c'était mieux avant". Est-ce que c'est rétrograde de considérer tout ça comme particulièrement futile? De tout temps, il y a eu des livres de cuisine, de recettes. De tout temps, les gens ont exercé leur corps comme leur esprit. Peut-être que ça ne vient pas instinctivement à tout le monde, et que ça fait aigrie ou intolérante, mais le bien-être, ça m'énerve. Faites une liste de vos petit bonheurs quotidiens, et essayez de vous en accorder autant que possible. Apprenez la nutrition à l'école au lieu de croire ce qu'explique une célébrité qui n'a pas de diplôme de diététicienne et qui a probablement forcé sur les régimes pour avoir si peu de rondeurs. C'est du bon sens, ce truc que les gens oublient en faveur du bien-être. Moi, je suis bien. J'ai pas le body de Cameron Diaz, et je sais quoi faire si je veux me sentir encore mieux. Mens sana in corpore sano etc. Mais qu'on ne me parle pas de laisser tomber la baguette et le pâté.
Moi, vous le devinez, ça me pompe grandement, la mode du bien-être. Une sorte d'énervement contre cette tendance sociétale à s'écouter vivre, à acheter des livres qui nous dictent des "styles de vie" à adopter, des façons de réagir. C'est bassement américain, de la consommation à l'état pur, comme le speed yoga qui pour brûler plus de calories enchaîne les positions comme si c'était un marathon de sexe.
Le bien-être, comme le régime vegan, c'est juste une excuse pour perdre du poids en faisant genre qu'on s'intéresse à son corps. Pas un bouquin de "bien-être" ne va conseiller une bonne pâte carbo ou un bon steak pour se sentir mieux, et pourtant les études récentes prouvent que le beurre et les acides gras essentiels sont vraiment bons pour nous. Mais c'est pas ce "bien" là qui intéresse les addicts du "bien-être". L'idée du bien-être pour Cameron Diaz c'est de poser presque nue sans maquillage sur la couverture. Pourquoi, on ne sait pas, c'est un peu comme les références gratuites aux règles dans "Sous les jupes des filles", au fond, ce n'est pas censé avoir beaucoup de rapport. Et puis, ça fait doucement rigoler, quand même, que des filles en régime perpétuel, avec pas mal de Photoshop et de chirurgie esthétique à leur actif, viennent nous donner des leçons de bien-être. C'est aussi un melting-pot ésotériques de recettes sans gras - soit-disant "whole", le concept du complet, qui est censé descendre le pain blanc de son perchoir -, de techniques pour faire de l'exercice, et d'autres choses que je n'ose imaginer.
Quelque fois, je me sens un peu comme mes grands-parents, dans une attitude "c'était mieux avant". Est-ce que c'est rétrograde de considérer tout ça comme particulièrement futile? De tout temps, il y a eu des livres de cuisine, de recettes. De tout temps, les gens ont exercé leur corps comme leur esprit. Peut-être que ça ne vient pas instinctivement à tout le monde, et que ça fait aigrie ou intolérante, mais le bien-être, ça m'énerve. Faites une liste de vos petit bonheurs quotidiens, et essayez de vous en accorder autant que possible. Apprenez la nutrition à l'école au lieu de croire ce qu'explique une célébrité qui n'a pas de diplôme de diététicienne et qui a probablement forcé sur les régimes pour avoir si peu de rondeurs. C'est du bon sens, ce truc que les gens oublient en faveur du bien-être. Moi, je suis bien. J'ai pas le body de Cameron Diaz, et je sais quoi faire si je veux me sentir encore mieux. Mens sana in corpore sano etc. Mais qu'on ne me parle pas de laisser tomber la baguette et le pâté.
lundi 9 juin 2014
Et toi, à la prochaine révolution, tu retournes ta jupe ou ton pantalon ?
Impossible ces temps-ci de flâner -
ou de courir dans les couloirs du métro pour aller bosser ;-) - sans
voir les affiches DU film-de-filles du printemps, ce film qui
paraissait être LE film parfait de notre dimanche soir : une
« belle brochette » d'actrices, un film girly à souhait en mode histoires de cœur,
strass paillettes and co. Tout y était. Armées de congolais, de cerises et de
brownie, nous revoilà donc à notre bonne vieille séance de 22h à
l'UGC Odéon. Et pourtant s'en sont suivies 2h de vide.
Car « sous les jupes des filles »
est absolument et définitivement le non-film-de-filles.
Et Dieu seul sait que je parle en connaissance de cause.
Les actrices d'abord.
C'est vrai que les affiches donnaient
envie tout comme les articles de ELLE d'ailleurs. Des actrices cools,
fraîches, mais pas trop quand même, des actrices qu'on connait et
qu'on aime bien.
Marina Hands, Alice Taglioni, Géraldine
Nakache. Des nanas sympas quoi.
Même Vanessa Paradis. Et même Isabelle
Adjani. Et pourtant...ça sonne faux.
Vanessa Paradis ferait mieux, pour le
coup, d'arrêter les altères et d'aller boire un peu plus de
cocktails méga sucrés en happy hour pour prendre quelques kilos. Quant à Isabelle Adjani. Grand Dieu
Isabelle Adjani ! Notre Reine Margot ! Notre petit pull
marine ! C'est carrément vision d'horreur et
les mots qui nous viennent à l'esprit sont : Pitié, chirurgie
esthétique, nostalgie, vieillir, peur. Dans nos têtes, la
comparaison avec la grande Catherine s'impose et on comprend que, ce
qui fait la différence, c'est l'élégance.
Des clichés surtout.
« Sous les jupes des filles »
répond finalement au film que nous avons vu dimanche dernier « Amour sur
place ou à emporter » ( Attention n'allez pas croire que c'est notre habitude d'aller voir des daubes au ciné c'est juste un petit passage à vide ;-)). Ces deux films banalisent et
aggravent à mon sens les clichés. Parce que bien sûr qu'il faut parler et
évoquer les choses importantes, les choses qui fâchent, la société
qui change : du racisme ambiant et quasi banalisé aux rapports
hommes-femmes qui bougent. Mais doit-on se contenter de reproduire la
normalité et la banalité ? De dépeindre la réalité plate en parlant de
« ulc », « eins » and co ?
Doit-on ériger des « personnages type » et finalement
moins combattre tout ça que de l'accepter ? Une femme d'affaire
est-elle forcément seule et sans amie ? Une femme qui couche
avec un homme marié est-elle juste une nymphomane, le fait elle
juste pour du sexe ?
Une histoire sans queue ni tête.
On s'attendait à un film chorale
sympatoche où tout le monde se croise avec ses petites histoires. Or
ici, les femmes du film ne se croisent qu'une seule fois au cours
d'une braderie, et ce qui les fédère ce sont des joints, des
cocktails et des plaintes sur leurs vies respectives et sur les
hommes. Je sais bien que ces trois éléments composent la vie des
femmes mais tout de même. C'est un cliché de croire que les
réunions copines se résument à des cocktails, des pleurs et du
bâchage généralisé à l'égard de la gente masculine. Le scénario
du film n'a ni queue ni tête et pourtant c'est bien ce qu'il
revendique comme le démontre la scène d'ouverture et de fermeture
du film autour de la question des règles. Le film s'ouvre sur une
scène absolument démente où une femme a l'air de souffrir le
martyr lors de ses règles et se met un tampon dans son lit. Ca fait,
vous savez, comme quand vous vous apprêtez à faire une dissertation
et que vous savez que vous allez être hors sujet. Vous évoquez le
sujet au début puis à la fin et entre les deux, bah ça parle de
beaucoup de choses qui ont un lien avec ce sujet mais définitivement
pas du sujet.
La jupe en question ?
On veut donc nous faire comprendre que
ce qui se trame « sous les
jupes des filles » est complexe, à la fois léger et
plein de souffrances et qu'il faut en parler. Soit.
Parlons de nos règles, mais de manière
un peu plus fine...
Parlons de nos tabous mais joliment...
Parlons féminisme, parlons inégalités
mais sortons des clichés de la working girl ou de l'avocate
qui bafouille un peu lors de sa première plaidoirie ( ou
réquisitoire ou je sais pas ).
Portons des jupes mais cessons de le
revendiquer ?
Certaines critiques évoquent le
rapport au féminisme du film. Comme si on voulait à tout prix voir
la face cachée des femmes, la face sombre pour mieux prouver que
nous sommes les égales des hommes. Peut- être faudrait-il arrêter
d'abord de sans cesse vouloir réhabiliter la jupe en oubliant
combien ça a été politique de porter le pantalon pour les femmes ?
L'avenir du féminisme ne serait-il pas dans l'échange de vêtement
comme une image de fraternité ? Le pantalon a accompagné les
mutations du genre, dans les deux derniers siècles : la jupe
connaitra-t-elle le même sort ? Dans tout les cas au moment où
des lycéens manifestent à Nantes suscitant indignation et débats,
des films grand public qui semblent affirmer le contraire, sortent et
sont l'objet de critiques comme si de rien n'était. J'aurais voulu
un film sur la jupe, un film un peu fin où on se demande si c'est
elle, la jupe, qui dessinera l'unisexe de demain. Car le combat
politique est aussi un combat culturel, une lutte pour
l'appropriation et la transformation des symboles du dominant. Roland
Barthes affirmait qu' « il n'y a pas de trait naturellement
féminin dans le vêtement ; il n'existe que des rotations, des
tournages réguliers de forme. »
Un film décevant donc qui n'est ni un film-de-filles et encore moins un film féministe.
En allant regarder « sous les
jupes des filles », peut être espérions nous nous
retrouver ?
Nous voulions nous voir nous,
en mieux ou en pire ? Nous en mieux habillées ?
Nous en plus névrosées mais juste pas nous
caricaturées.
En sortant de la séance, en remontant le boulevard Saint Michel dans la douceur et la fraicheur d'une nuit d'été parisienne, nous nous
sommes demandées si les hommes en jupe feraient-ils moins la guerre
et plus souvent la vaisselle ?
Car même si nous savons depuis
longtemps que « l'habit ne fait le moine », même si
c'est naïf d'espérer de tels changements, il ne faudrait pas
oublier que le dicton rend un hommage involontaire à la puissance du
verbe vestimentaire ;-)
mardi 20 mai 2014
En boucle ? by WOMA
Qu'est ce que vous écoutez en boucle
vous en ce moment ? La dernière chanson de Beyoncé ? Un vieux truc
des Rolling Stones que vous avez entendu par hasard chez un pote ? La
chanson du moment qui inonde les radios, cette chanson qu'on écoute
malgré soi parce qu'elle passe TOUTES les heures ?
Moi, en ce moment, c'est le nouvel
album de Damon Albarn, puisqu'en ma qualité de « chroniqueuse
musicale » héhéhéhé ;-) je me tiens au courant des trucs
un peu chouettes qui sortent et Going to a town de Rufus
Wainright parce que je l'ai entendue en générique de Tom à la
ferme et que ça m'a frappée. Oui Rufus Wainright, le même qui a
fait les chansons de Moulin Rouge y'a presque 15 ans. En dehors du
fait que ça ne nous rajeunit pas, je me suis demandée pourquoi tout
d'un coup, ça m'avait fait tant d'effet de retomber sur lui. Au
point d'écouter la chanson...en boucle.
Peut-être parce que ça traduit un
état d'esprit du moment.
C'est drôle cette incapacité qu'on a
à écouter des chansons joyeuses quand on est tristes. Au risque que
ça puisse nous remonter le moral en fait. Alex Beaupain c'est quand
même mieux que James Brown dans ces cas là, non ? Du coup je
me suis rendue compte que ni Rufus, ni Damon n'avaient des voix
particulièrement joyeuses...voire une petite tendance à la
dépression pour le dernier.
Est-ce que ça veut dire pour autant
que j'ai tendance à les écouter parce que je suis triste ? Rien
n'est moins sûr et je m'emmêle.
Quand j'écoute une chanson il y'a
toujours un moment en particulier qui me plaît et que j'attends.
Parfois c'est l'intro, parfois c'est juste une inflexion de la voix,
quelques accords de guitare ou une ligne de basse. C'est juste une
question de rythme en fait. J'écoute en boucle parfois juste pour 2
secondes. Parfois pour toute la chanson parce que la voix me fascine.
C'est une des grandes beautés de la musique je trouve : ce
moment fugace qu'on attend avec impatience et dont on sait qu'il va
arriver.
Comme un week end à la mer.
Comme le mariage d'une amie
chère.
Ecouter une chanson en boucle.
Tous ces instants de bonheur
vrais, furtifs, inévitables et...précieux.
vendredi 18 avril 2014
Ta vie est/et ta vie.
La vie n'est-t-elle pas qu'une
succession de petits rites de passage ? De rites de passage au
sens ethnologique du terme, anthropologique même...Enfin...Pour ceux
qui savent faire la différence.:-)
La vie et ses premières fois. Ses
douloureuses ou jolies premières fois.
Il y a les premières fois canoniques,
que tout le monde connait, par lesquelles tout le monde est passé.
Elles sont balisées, décrites dans les romans, dans la presse, par
les gens. Pas de mystère, on les connait avant même de les avoir
vécues. On les attend, on les devine, on les espère, on veut
bousculer le temps et l'espace, on s'en fait tout un fromage, tout ça
pour ça.
Premier copain.
Première bagnolle.
Première fiesta.
Premier appart'.
Premier échec.
Première cuite.
Première victoire.
Première fois où vous mettez les
pieds sur la table, sur VOTRE table.
Première fois où vous allez au
restaurant avec vos amis et que vous commandez du vin - comme les
grands.
Première fois où vous perdez le
ticket du parking.
...
Bon j'arrête ça va commencer à
ressembler à une pub Levis – même si je les aime bien les pubs
Levis :-) surtout quand elle cite du Bukowski.
Puis il y a ce que je qualifierais de «
vraies premières fois », celles auxquelles on ne s'attend pas,
celles qu'on ne sent pas arriver, celles où on ne vous avez pas
prévenu, celles où on kiffe...ou celles où on morfle. Les
premières fois qui vous surprennent, qui vous tombent dessus. Les
premières fois où vous êtes là où l'on ne vous attendait, là où
vous ne vous attendiez pas. Elles sont plus intimes mais le
bouleversement peut être tout aussi important. Car celles là de
premières fois ce sont bien les nôtres. Elles sont très diverses
et varient selon nous, nos personnalités, nos éducations, nos
attentes et nos temporalités.
Première fois où l'on vous appelle
Madame – et que vous prenez 15 ans d'un coup.
Première fois où vous vous sentez
belle et désirable.
Première fois où vous vous sentez
quelqu'un de bien – parce que vous n'êtes pas tombé du mauvais
coté de la force ;-)
Première fois où vous surveillez un
devoir – et où ce n'est plus vous qui composez.
Première fois où vous partez seule en
voyage – et où vous ne pouvez plus compter sur quelqu'un pour
prendre du dentifrice ou du gel douche.
Première fois où vous dites merci –
un beau et grand merci.
Première fois où vous pensez que vous
allez mourir – et que finalement vous renaissez.
Première fois où vous vous dites «
Ah tiens c'est la première fois » - avec ce je ne sais quoi de
bittersweet qui traine puisqu'au moment même de s'en apercevoir c'est déjà
fini et puisque rien ne dure et que l'on ne se baigne jamais dans la
même eau...Et tant mieux ou tant pis d'ailleurs.
La semaine dernière, j'ai vécu une
première fois particulière ;-) : la première fois où je
goutais à ce plaisir coupable de me payer mon premier sac à main de
marque.
Oui, attention je ne parle pas du sac à
main que l'on achète tous les mois ou tous les deux mois. Non. Je
parle du premier, de celui-qui-coute-cher et que l'on voit
dans les magasines, de celui qu'on avait repéré sur des dames ou en
vitrine. De celui que l'on achète finalement en 15 min parce que le
modèle, bah on le connait bien et parce que la couleur, bah on l'a
médité depuis longtemps ( de toute façon à ce prix là il faut du
noir ou du camel pour ne pas s'en lasser ;-) ) J'ai donc trouvé MON
sac. LE sac. J'ai donc fait un chèque ( tout le monde connait ma
passion pour le carnet de chèques, so vintage ), LE chèque
;-(.
Du coup, je me dis qu' il ne me reste
plus qu'à trouver LA robe, LE trench, LA ceinture, LA paire
d'escarpins noirs, LES boucles d'oreilles. Bon ok ça fait beaucoup
encore de choses à trouver mais j'ai bon espoir.
Je commence à trouver LES amis et je
suis presque-sur-le-point de trouver LE mec ;-)
Mais vous me direz peut être que tout
cela n'est qu'une idée. Une de plus. Car même si on y met le prix,
même si on en paie le prix aussi parfois, même si on fait des
efforts et même si l'on croit que c'est pour la vie, les gens, les
choses bougent et évoluent et nous aussi et on y peut rien. Alors il
n'y a plus qu'à faire comme pour le sac : espérer. Espérer
que certaines premières fois seront aussi les dernières. Espérer
que c'est le bon même si l'on sait bien qu'on risque d'en changer à
la saison prochaine...;-)
mercredi 22 janvier 2014
Les heures sombres.
Pour qui ?
Pour nous.
Et plus précisément pour chacune
d'entre nous.
On pourrait se dire que le pire jour de
l'année est passé, ce fameux lundi de début janvier où selon des
chercheurs britanniques le nombre de twitts négatifs est le plus
élevé - Oui parce que maintenant, c'est facebook ou twitter qui
sont les nouveaux baromètres du bonheur : LA BLAGUE. Oui, donc
ce fameux lundi où, c'est vrai, tout le monde reprend, où vous ne
rentrez plus dans rien à deux jours des soldes, où vous avez des
résolutions plein la tête et où vous vous détestez déjà à la
perspective de ne pas les tenir. Les heures sombres donc.
Mais le mauvais temps, c'est le temps
qui dure et puis souvent femme varie et bien fol celui qui s'y fie c'est bien connu alors les jours passent
et ne se ressemblent pas, on reprend du poil de la bête. On met en
pratique le côté positif des résolutions : théâtre,
sorties, apéros, amis, amoureux. On ne s'arrête pas. La vie devant
soi comme ils disent !
Puis arrive ce vendredi où l'on se dit
que Valérie a du passer une sacrée journée de merde et où
sincèrement on la plaint. Du moins, moi, je la plains. Ce vendredi
qui, une fois n'est pas coutume, n'est pas, comme tous les vendredis, plein de soulagement et d'espoir à l'arrivée du week
end. Ce vendredi qui sonne faux. J'ai toujours trouvé le concept de
« président normal » absurde. Moi la normalité ça me
soule, déjà je dois la supporter au quotidien alors en plus à la télé et dans les journaux, merci bien. Et puis j'ai ce besoin débile et naïf (?) de
normes, d'horizon d'attente, d'idéaux à poursuivre…Nous y voilà donc ce fameux vendredi dans la normalité, dans la bassesse même. Si Pascal nous
l'avait bien dit « l'homme n'est ni ange ni bête »,
pour le coup il est plutôt bête. Car sans naïveté aucune de ma part et parce
qu'on va se le dire tout de même, ce n'est pas joli de tromper les
gens, de tromper sa femme ou son compagnon. La vie moderne c'est peut
être dur avec le stress, les nouvelles technologies, la crise et tout mais la tromperie c'est vraiment pas jolie et ça l'est
d'autant moins au sommet de l'Etat. Le président de la République
Française photographié en scooter sortant d'un appartement situé rue du
cirque. Les heures sombres celles qu'on voudrait cacher et qu'on
voudrait oublier.
Que le président ait une maitresse,
bon, ok. Je vais encore me faire taxer de naïve donc ok je le
concède : les maitresses c'est pas nouveau surtout chez les hommes de
pouvoir. Mais je suis désolée à ceux qui me disent que la
prostitution est le plus vieux métier du monde, à ceux qui me
disent que l'infidélité n'est pas un fait nouveau, je réponds que
ce n'est pas pour ça que l'on doit cautionner et la prostitution et l'infidélité, ce n'est pas pour ça que l'on doit cesser de les combattre, et pire que l'on doit les
banaliser sous prétexte que la société et le monde bougent ( comme dans la pub ).
Une maitresse donc, au vu et au su de tous, une première dame
hospitalisée, un des plus importants magasines féminins, mon ELLE :-(, qui titre
« une passion française » et surtout des réponses
pathétiques...de normalité et de faux semblants.
http://www.dailymotion.com/video/x19o39c_closer-premiere-dame-securite-hollande-parle-de-l-affaire-gayet_news
Les
heures sombres vous dis-je. Les heures sombres qui contredisent La
Bruyère qui, dans ses Caractères, réserve cette maxime aux
femmes : « La perfidie si j'ose dire, est un mensonge de
toute la personne ». Pour le coup, même combat.
vendredi 3 janvier 2014
Bittersweet Symphony
Le problème quand on a plusieurs endroits qui peuvent compter comme sa maison, c'est que chaque départ est un déchirement. On est chez soi dans plein d'endroits, dirons les optimistes; en vérité, pour nous les nostalgiques et autres angoissé(e)s de la vie, c'est plutôt le degré zéro de l'enthousiasme, à chaque fois.
Je suis très nostalgique comme personne : j'écoute Abba alors que c'est même pas ma jeunesse, je passe une bonne partie de mon temps libre à re-regarder des films et des séries déjà vues, je relis des livres que j'aime, et même, je me suis fait une (pseudo) carrière de relire des classiques pour gagner mon pain. La maison, c'est le confort, c'est la solitude avec la famille en plus. C'est regarder Bridget Jones et lire des Jane Austen dans sa chambre, mais aussi Downton Abbey avec maman, ou Sissi, ou un téléfilm quelconque. C'est manger des bons petits plats, et si l'on y réfléchit la plupart des gens choisiraient un plat qu'ils adorent ou adoraient quand ils étaient petits, plutôt qu'un nouveau truc, s'ils avaient le choix. Je tuerais en temps normal pour des endives à la béchamel, même, juste parce que ma mère en fait. Du chou rouge en vinaigrette. Une galette à la frangipane. Tout ça, ça fait du bien là où ça passe, ça soigne même si on va déjà bien. Il y a quelque chose de réparateur dans la maison, qui ne s'explique pas vraiment. En quoi serait-il réconfortant de repartir si proche de zéro, de revenir dans une chambre d'ado, si près des journaux intimes un peu pathétiques, des lettres d'amies oubliées ou d'amours passées. Des boucles d'oreilles dépareillées, des boîtes à ne plus savoir ce qui s'y trouve (des bougies pour les gâteaux d'anniversaire, des petits crayons gratuits de chez Ikea). Des cadeaux offerts par l'amoureux d'avant, qui maintenant répandent un souvenir comme anesthésié. Que peut-il y avoir de si beau à stagner?
Moi, je stagne, depuis deux semaines, d'ailleurs j'ai l'impression que la France aussi; on se plaint toujours du président, on est toujours en crise, on a fait une suite aux "Poupées Russes", un remake à "Angélique" et aussi à "Belle et Sébastien", on continue "Hélène et les garçons"... Je ne touche pas un livre sérieux, même si j'essaie. Il y a quelque chose dans ma maison qui me fait me sentir futile et authentique, gamine et pas évoluée, mais ce n'est pas non plus mauvais. C'est une pause, un couloir du temps. Peut-être est-ce aussi pour cela que je suis si choquée par les choses qui changent vraiment; le nouveau cinéma dans ma ville, le nouveau rond-point. Si quelque chose change dans ma maison, ça me perturbe aussi grandement. Où sont mes peluches? Pourquoi suis-je suis vexée que mon père ait jeté mes cassettes Disney?
Tant de choses inexplicables; certains vous diront que c'est agréable, certes, la maison, mais c'est aussi fait pour vous faire repartir, pour vous faire vous rendre compte à quel point vous devez repartir et vivre votre propre vie. Je ne suis pas convaincue. C'est peut-être le syndrome de Peter Pan, de Tanguy, ou du doctorant, mais ça ne fait que commencer. Quand on vit loin, chaque départ est un déchirement. Comme on a déjà des parents divorcés, on doit en plus diviser le peu de temps qu'on a à la maison entre deux maisons, multipliant la culpabilité du "pas assez". Soigneusement répartir les gens à voir, mais voir grandir terriblement et inévitablement la liste angoissante des gens qu'on n'a pas le temps de même contacter. Et puis, c'est déjà la fin, on a le billet de train. C'est le dernier dîner de famille, le dernier après-midi ensemble, et on l'a même pas vu venir.
Que faire alors, quand maman vous dit qu'elle est triste que vous repartiez? "Déjà". Tout est dans ce mot. Sourire, pleurer, philosopher sur la vie? Ou regarder Hercule Poirot en ne suivant pas vraiment, juste pour être là, près de la cheminée, avec le chat et le linge qui sèche, à finir la galette en buvant la tisane "Nuit Calme".
Il y a des jours comme ça où tout est bittersweet, où l'on veut pleurer car la douceur est cruelle, et que toutes les belles choses ont une fin, même les petites. Il faut pourtant se dire "au revoir"; non, je ne suis pas toujours sur le départ; je suis toujours de retour quelque part. La part de moi d'ici.
Je suis très nostalgique comme personne : j'écoute Abba alors que c'est même pas ma jeunesse, je passe une bonne partie de mon temps libre à re-regarder des films et des séries déjà vues, je relis des livres que j'aime, et même, je me suis fait une (pseudo) carrière de relire des classiques pour gagner mon pain. La maison, c'est le confort, c'est la solitude avec la famille en plus. C'est regarder Bridget Jones et lire des Jane Austen dans sa chambre, mais aussi Downton Abbey avec maman, ou Sissi, ou un téléfilm quelconque. C'est manger des bons petits plats, et si l'on y réfléchit la plupart des gens choisiraient un plat qu'ils adorent ou adoraient quand ils étaient petits, plutôt qu'un nouveau truc, s'ils avaient le choix. Je tuerais en temps normal pour des endives à la béchamel, même, juste parce que ma mère en fait. Du chou rouge en vinaigrette. Une galette à la frangipane. Tout ça, ça fait du bien là où ça passe, ça soigne même si on va déjà bien. Il y a quelque chose de réparateur dans la maison, qui ne s'explique pas vraiment. En quoi serait-il réconfortant de repartir si proche de zéro, de revenir dans une chambre d'ado, si près des journaux intimes un peu pathétiques, des lettres d'amies oubliées ou d'amours passées. Des boucles d'oreilles dépareillées, des boîtes à ne plus savoir ce qui s'y trouve (des bougies pour les gâteaux d'anniversaire, des petits crayons gratuits de chez Ikea). Des cadeaux offerts par l'amoureux d'avant, qui maintenant répandent un souvenir comme anesthésié. Que peut-il y avoir de si beau à stagner?
Moi, je stagne, depuis deux semaines, d'ailleurs j'ai l'impression que la France aussi; on se plaint toujours du président, on est toujours en crise, on a fait une suite aux "Poupées Russes", un remake à "Angélique" et aussi à "Belle et Sébastien", on continue "Hélène et les garçons"... Je ne touche pas un livre sérieux, même si j'essaie. Il y a quelque chose dans ma maison qui me fait me sentir futile et authentique, gamine et pas évoluée, mais ce n'est pas non plus mauvais. C'est une pause, un couloir du temps. Peut-être est-ce aussi pour cela que je suis si choquée par les choses qui changent vraiment; le nouveau cinéma dans ma ville, le nouveau rond-point. Si quelque chose change dans ma maison, ça me perturbe aussi grandement. Où sont mes peluches? Pourquoi suis-je suis vexée que mon père ait jeté mes cassettes Disney?
Que faire alors, quand maman vous dit qu'elle est triste que vous repartiez? "Déjà". Tout est dans ce mot. Sourire, pleurer, philosopher sur la vie? Ou regarder Hercule Poirot en ne suivant pas vraiment, juste pour être là, près de la cheminée, avec le chat et le linge qui sèche, à finir la galette en buvant la tisane "Nuit Calme".
Il y a des jours comme ça où tout est bittersweet, où l'on veut pleurer car la douceur est cruelle, et que toutes les belles choses ont une fin, même les petites. Il faut pourtant se dire "au revoir"; non, je ne suis pas toujours sur le départ; je suis toujours de retour quelque part. La part de moi d'ici.
dimanche 1 décembre 2013
Mariez-vous qu'ils disaient : princesse ou communiante ?
Feuilleter des magazines, fureter sur internet, loucher sur tous les blogs divers et variés à la recherche de LA robe, voilà ce qui préoccupe la mariée ou en tous les cas m'a bien plus préoccupée que le choix des bougeoirs ou des plans de table.
Le choix de la tenue, dans un mariage, est un moment crucial, celui où vous pensez à votre (divine) apparition à la mairie, sur la piste de danse ou sur le buffet de vos proches dans un joli cadre pendant...le reste de votre vie !
Je n'ai jamais rêvé d'être une princesse et depuis que j'ai vu les photos de moi à mon baptême j'ai compris que volants, noeuds et frous-frous en tous genre n'étaient pas pour moi. Sauf que ces critères sont plus restrictifs pour un baptême que pour un mariage. Et les questions se sont multipliées : dentelle ? Taille empire ? Bustier ? Strass ? Crème ou blanc ? Il y en a pour tous les goûts (voire même pour le manque de goût) surtout si vous ajoutez le choix hallucinant d'accessoires.
Alors si vous ajoutez à ces questions existentielles le fait qu'une mariée est censée pleurer lorsqu'elle a "trouvé" sa robe (ou que sa robe l'a trouvée pour les plus superstitieux), imaginez la pression le jour J des essayages.
Tout le monde est là. Après une heure d'attente et plusieurs Marlboro, une dame s'occupe de vous comme si vous étiez la seule personne importante sur Terre...Enfilage de jupon, de la première robe et c'est parti ! Entre celles qui vous donnent l'air d'une baronne d'Empire ou d'une Mormonne devant l'autel, vous craignez que le choix soit difficile. Sans parler du voile qui vous donne l'air d'une communiante du début du XXe siècle.
En face de vous, le gynécée s'égaye : votre mère et votre tante vous regardent amoureusement, votre belle-mère fait des blagues, votre témoin furète à la recherche de LA robe et DU détail qui tuent, votre cousine appareil en main est prête à vous canarder et votre copine fashion examine les modèles à la loupe. Bref, tout le monde est au taquet. Un essayage de plus et le déclic est là : c'est la bonne. Celle qui "est faite pour vous" paraît-il, ou encore "la robe qui vous met en valeur mais que vous mettez également en valeur". "La simplicité de la coupe et la qualité du tissu". L'oeil des expertes est aiguisé : c'est de la qualité tu peux y aller. Mon témoin y va franchement "non mais là tu es canon".
J'ai trouvé ma robe et je n'ai pas pleuré. Pourquoi pleurer quand on est si bien ? Avec des gens qui vous aiment au point de vous aider à choisir votre robe de mariée et de risquer des représailles millénaires en cas de mauvais choix ;) . Quand vous faites un petit arrêt sur image : ces 8 personnes qui vous entourent, qui sont aux petits soins, qui sont là depuis longtemps et continueront à l'être, qui vous trouvent belle et vous le disent, leurs yeux brillants de joie, le sourire aux lèvres : c'est ça le vrai bonheur.
On devrait essayer des robes de mariée plus souvent pour ces petits arrêts sur image, ces retrouvailles festives et pour se rappeler qu'aux yeux des gens qu'on aime et qui nous le rendent bien, on est toujours une princesse...
Le choix de la tenue, dans un mariage, est un moment crucial, celui où vous pensez à votre (divine) apparition à la mairie, sur la piste de danse ou sur le buffet de vos proches dans un joli cadre pendant...le reste de votre vie !
Alors si vous ajoutez à ces questions existentielles le fait qu'une mariée est censée pleurer lorsqu'elle a "trouvé" sa robe (ou que sa robe l'a trouvée pour les plus superstitieux), imaginez la pression le jour J des essayages.
Tout le monde est là. Après une heure d'attente et plusieurs Marlboro, une dame s'occupe de vous comme si vous étiez la seule personne importante sur Terre...Enfilage de jupon, de la première robe et c'est parti ! Entre celles qui vous donnent l'air d'une baronne d'Empire ou d'une Mormonne devant l'autel, vous craignez que le choix soit difficile. Sans parler du voile qui vous donne l'air d'une communiante du début du XXe siècle.
En face de vous, le gynécée s'égaye : votre mère et votre tante vous regardent amoureusement, votre belle-mère fait des blagues, votre témoin furète à la recherche de LA robe et DU détail qui tuent, votre cousine appareil en main est prête à vous canarder et votre copine fashion examine les modèles à la loupe. Bref, tout le monde est au taquet. Un essayage de plus et le déclic est là : c'est la bonne. Celle qui "est faite pour vous" paraît-il, ou encore "la robe qui vous met en valeur mais que vous mettez également en valeur". "La simplicité de la coupe et la qualité du tissu". L'oeil des expertes est aiguisé : c'est de la qualité tu peux y aller. Mon témoin y va franchement "non mais là tu es canon".
J'ai trouvé ma robe et je n'ai pas pleuré. Pourquoi pleurer quand on est si bien ? Avec des gens qui vous aiment au point de vous aider à choisir votre robe de mariée et de risquer des représailles millénaires en cas de mauvais choix ;) . Quand vous faites un petit arrêt sur image : ces 8 personnes qui vous entourent, qui sont aux petits soins, qui sont là depuis longtemps et continueront à l'être, qui vous trouvent belle et vous le disent, leurs yeux brillants de joie, le sourire aux lèvres : c'est ça le vrai bonheur.
On devrait essayer des robes de mariée plus souvent pour ces petits arrêts sur image, ces retrouvailles festives et pour se rappeler qu'aux yeux des gens qu'on aime et qui nous le rendent bien, on est toujours une princesse...
jeudi 28 novembre 2013
Si on est pas free, est-ce qu'on a bien compris ?
Je ne suis pas très encline à la
rêverie. Je suis pragmatique. La terre, je l'habite, je la foule.
Les mondes fantastiques, féériques, ça m'emmerde, ça m'angoisse
même. Du coup j'ai longtemps pensé que je n'étais pas fun.
Vraiment pas fun. Mais un jour on m'a fait remarquer que par
mes études, par mon métier, par ma passion, l'Histoire, bah
finalement je pouvais m'évader ailleurs assez souvent et que c'était
une sorte de rêverie. Bon. Réfléchir sur le temps, le manier,
c'est finalement un peu jouer avec lui. Un coup en Orient latin au
XIéme siècle, un coup en Castille au XVéme siècle , un coup à
Verdun en 1917, un coup à Bandung en 1955, mon esprit mine de rien
se balade et s'évade au gré des époques historiques que je
rencontre dans mes livres ou que j'enseigne. Bon. Pourquoi pas ?
Le fait est que moi, je ne rêvais pas en plein jour.
Mais de plus en plus, depuis quelque
temps, je m'aperçois que je m'échappe. Mon esprit m'échappe et
s'échappe. Il se fait la malle. Je déconnecte. Je n'écoute plus
mon interlocuteur au téléphone ou même de visu et je suis
ailleurs. Dans mes pensées...Loin, très loin, bien loin, je ne sais
pas trop où. Et c'est nouveau et un peu déroutant pour moi, gênant
même. Je crois que mon esprit dit juste stop. Stop à toute forme de
communication. Mon esprit s'isole, se protège aussi peut être.
Avant quand j'étais étudiante tant en
recherche qu'en année concours j'avais du temps pour penser, pour
être-seule-avec-moi-même. Mon esprit était free et
d'ailleurs dans mon petit appartement j'était chez Free.
Je m'en plaignais parfois mais au fond j'étais à peu prés
équilibrée ( juste à peu prés;-)) et libre de penser à ce que
je voulais quand je le voulais. Je ne m'apercevais pas que pour moi
ces moments étaient nécessaires et essentiels à mon équilibre.
Aujourd'hui les trois quart du temps
mon esprit n'est plus free, je ne suis plus free,
je ne suis d'ailleurs plus chez Free
mais chez Numéricale ;-). Et j'explique mes nouvelles absences
par ce manque de temps, cette absence de moments free.
Après une journée de 9 heures de
cours ou au beau milieu d'une vie trépidante où les gens se
croisent, s'entrecroisent, me parlent, se parlent, me racontent, se
racontent, mon esprit se perd, au milieu des autres. Je me perds et
finalement trop de communication bah...tue la communication. C'est
comme ça. Et pour moi qui adore communiquer, c'est terrible. Je
déplore cela. Je déplore le fait de ne pouvoir tout faire.
Communiquer et/ou m'isoler ?
Membre de la génération Y, je veux
tout tout de suite et pour toujours. Notre société nous vend d'ailleurs de l'illimité : pour
internet, pour le téléphone, pour la communication en tout genre.
Oui mais ce n'est pas possible. On ne peut pas tout faire. On ne peut pas tout avoir en illimité tout le temps. L'illimité ça ne marche pas pour tout. L'amour n'est pas illimité
par exemple, et surtout le temps n'est pas illimité. Et j'avoue que j'ai tendance à l'oublier ma finitude. "Plus outre" dirait Biega ou Charles Quint, je ne sais plus ;-). Tout n'est pourtant pas
free et surtout nous de moins en moins...Et c'est cruel.
Cet illimité que
l'on nous vend partout nous donne une impression trompeuse et fait de nous des êtres insatisfaits et
stressés de ne pas tout avoir, mais des êtres aussi bien embêtés de
devoir-avoir-le-choix et de devoir renoncer finalement à l'idéologie
free.
Alors voilà, je rêve à un nouveau
forfait illimité, à un nouveau forfait free. Je
sais que c'est impossible mais devant mon ordinateur je rêve
à des journées illimitées pour :
-Dormir ou mieux ne pas dormir,
rêvasser au lit.
-Se mettre du vernis aux ongles des
mains ET des pieds.
-Déjeuner en plus de 10 min et boire
son café ( c'est à dire ne pas l'oublier dans la salle de bain ou
le balancer parce qu'il est trop chaud et que l'on doit déjà
partir...)
-Appeler sa grand mère, l'écouter et
lui raconter.
-Cuisiner pour les gens qu'on aime : ce
qui suppose réfléchir à une recette, aller faire les courses et se
mettre aux fourneaux.
-Faire les magasins, juste du lèche
vitrine mais aussi acheter des trucs. Des trucs pour se faire plaisir
et faire plaisir : s'acheter une crème de nuit, du bain
moussant ou un jean.
-Aller au cinéma et critiquer les
bandes annonces.
-Aller au sport ( quoique...)
-Lire. Putain juste le temps de lire :
la presse et un roman et des livres d'Histoire. Juste le temps de
lire, de s'évader sans discontinuité juste une heure, allez même 30
min.
-Faire des pauses cafés de plus de 10
min…Illimitées.
-Faire une sieste sur la moquette rouge
de la BNF.
-Flâner tiens dans la BNF pour
s'imprégner des grands espaces.
-Préparer un bon cours.
-Et aujourd'hui prendre le temps de
repenser aux bons moments passés avec une amie, à nos discussions
sur les hommes, sur la vie, sur le temps qui nous rattrape autour de
verres de Corbières et la pleurer, cette amie.
Une journée illimité où on pourrait
faire tout ça, être toutes les personnes que l'on est :
l'intellectuelle, la coquette, la sportive ( LOL), l'amie,
l'amoureuse, la dormeuse, la rêveuse, la bosseuse, la salariée, l'heureuse, la malheureuse.
Une journée illimitée qui ne finirait
pas par la liste des choses que l'on reporte à demain ou que l'on
s'efforce de caser ailleurs parce que demain...bah ca sera pareil;-)
Tout se monnaye mais je m'aperçois que
le plus grand luxe, c'est d'avoir le temps.
Et les jours on ne l'a pas ce luxe, bah
faisons les canailles et volons-le le temps car de toute façon il
nous rattrape, un jour ou l'autre.
Grandir dans une société où tout
semble soit disant possible, ça veut dire finalement choisir et je crois qu'il
faut choisir de se ménager du temps free, voilà ce que j'ai
compris.
Être free, se rendre parfois free, c'est avoir compris.
lundi 11 novembre 2013
L'âge de raison...
25 ans. 25 ans ? 25 ans !!!
Petite, je me disais que l'âge idéal était 25 ans : ni trop jeune, ni trop vieux, à 25 ans on a déjà vécu plein de trucs cool et on a la vie devant soi. Je le voyais un peu en mode Hélène et les Garçons : la fac, les potes, les histoires d'amour qui n'en finissent plus de nous enthousiasmer ou de nous faire souffrir.
A 20 ans, je n'y pensais pas : finalement 25 ans c'était loin et puis il s'agissait déjà de vivre le moment présent, d'en profiter. En plus avec toutes les incertitudes de la vie, il me semblait que personne ne pourrait vraiment prévoir ce que serait ma vie 5 ans plus tard.
Le cap est passé : ça y est j'ai 25 ans ! Un boulot en poche, un mariage en vue et un chat qui perd ses poils plus tard je continue à m'interroger : ça veut dire quoi avoir 25 ans ? On sort, mais est-ce bien vrai qu'on tient moins l'alcool ? On bosse en commençant à regretter la vie étudiante, mais en se disant que "c'est bien quand même d'avoir un job". On est posé tout en ayant envie d'aller à l'autre bout du monde. On se sent adulte en faisant son repassage, mais on continue à ignorer les courriers de la banque, de la CAF et de la sécu. On oublie ses rendez-vous médicaux même si, au moins, maintenant, on les prend.
J'ai l'impression qu'avoir 25 ans c'est franchir une étape à la fois difficile et très excitante : celle du passage à l'âge adulte. Celle où on ne fait plus ce qu'on veut quand on veut tout en ayant l'espoir de pouvoir encore le faire. Celle où on gère (ou tout du moins on essaie, avec de gros loupés parfois très drôles). Celle où on a des "responsabilités", parfois franchement angoissantes. Celle où on commence à mettre de l'antiride et à surveiller sa ligne parce que ATTENTION, après 25 ans "votre corps change et élimine moins". Celle où aller au boulot sans se maquiller vous fait prendre le risque de ne pas être reconnue de vos collègues ou de les voir s'inquiéter sur votre état de santé : à 25 ans, nude rime avec maquillage nude.
Mais qui dit étape dit transition : hors de question de ranger mon bureau (que ce soit au boulot ou chez moi), je continuerai à ignorer mon conseiller bancaire quand il m'appelle et à appeler ma mère quand j'ai de la fièvre pour avoir un diagnostic à distance. Je n'arrêterai pas de fumer ni de me lever à 13h le dimanche. Encore moins de manger des McDo pour un oui ou pour un non.
Et regardons autour de nous : n'y a-t-il pas mille façons d'avoir 25 ans ? Dans un studio ou dans une maison avec jardin, avec un chat ou un poisson, au boulot ou à la fac. Finalement, on s'en fout d'avoir 25 ans, tant qu'on les a sereinement :)
Petite, je me disais que l'âge idéal était 25 ans : ni trop jeune, ni trop vieux, à 25 ans on a déjà vécu plein de trucs cool et on a la vie devant soi. Je le voyais un peu en mode Hélène et les Garçons : la fac, les potes, les histoires d'amour qui n'en finissent plus de nous enthousiasmer ou de nous faire souffrir.
A 20 ans, je n'y pensais pas : finalement 25 ans c'était loin et puis il s'agissait déjà de vivre le moment présent, d'en profiter. En plus avec toutes les incertitudes de la vie, il me semblait que personne ne pourrait vraiment prévoir ce que serait ma vie 5 ans plus tard.
Le cap est passé : ça y est j'ai 25 ans ! Un boulot en poche, un mariage en vue et un chat qui perd ses poils plus tard je continue à m'interroger : ça veut dire quoi avoir 25 ans ? On sort, mais est-ce bien vrai qu'on tient moins l'alcool ? On bosse en commençant à regretter la vie étudiante, mais en se disant que "c'est bien quand même d'avoir un job". On est posé tout en ayant envie d'aller à l'autre bout du monde. On se sent adulte en faisant son repassage, mais on continue à ignorer les courriers de la banque, de la CAF et de la sécu. On oublie ses rendez-vous médicaux même si, au moins, maintenant, on les prend.
J'ai l'impression qu'avoir 25 ans c'est franchir une étape à la fois difficile et très excitante : celle du passage à l'âge adulte. Celle où on ne fait plus ce qu'on veut quand on veut tout en ayant l'espoir de pouvoir encore le faire. Celle où on gère (ou tout du moins on essaie, avec de gros loupés parfois très drôles). Celle où on a des "responsabilités", parfois franchement angoissantes. Celle où on commence à mettre de l'antiride et à surveiller sa ligne parce que ATTENTION, après 25 ans "votre corps change et élimine moins". Celle où aller au boulot sans se maquiller vous fait prendre le risque de ne pas être reconnue de vos collègues ou de les voir s'inquiéter sur votre état de santé : à 25 ans, nude rime avec maquillage nude.
Mais qui dit étape dit transition : hors de question de ranger mon bureau (que ce soit au boulot ou chez moi), je continuerai à ignorer mon conseiller bancaire quand il m'appelle et à appeler ma mère quand j'ai de la fièvre pour avoir un diagnostic à distance. Je n'arrêterai pas de fumer ni de me lever à 13h le dimanche. Encore moins de manger des McDo pour un oui ou pour un non.
Et regardons autour de nous : n'y a-t-il pas mille façons d'avoir 25 ans ? Dans un studio ou dans une maison avec jardin, avec un chat ou un poisson, au boulot ou à la fac. Finalement, on s'en fout d'avoir 25 ans, tant qu'on les a sereinement :)
jeudi 24 octobre 2013
Des romans d'Amour.
« Bonjour, je voudrais un roman
d'Amour s'il vous plait.
- C'est à dire ?
- Une belle histoire. Enfin...Vous
voyez quoi.
- Une histoire qui finit bien ?
- Oui, si possible.
- Ah. (sourire gêné)
- Oui. Non mais en fait c'est pas
possible sinon c'est pas un vrai roman d'Amour. »
Voilà la teneur de l'une des dernières
discussions que j'ai eu avec le libraire.
Les histoires d'Amour finissent
mal...En général. Et pourtant on continue à en lire, à en écrire
et à en vivre.
Rien de tel qu'un bon roman d'Amour
pour traverser l'automne.
Un bon-vrai-gros roman d'Amour, un
roman d'Amour comme on en fait plus, un roman sur un Amour qui dure,
une histoire sans fin, avec des cas de conscience inextricables. Une
histoire qui ne finit jamais vraiment pour nous convaincre que non
rien n'est vraiment fini.
Un roman d'Amour ou alors...une
histoire qui finit mal tiens. Comme dans la vraie vie.
En début d'année, j'avais opté pour
Guerre et Paix mais pour l'instant, il faut bien l'avouer, ca
me sert de table de chevet. J'ai eu envie d'un roman d'Amour.
Denis de
Rougemont a écrit que beaucoup de gens ne seraient jamais tombés
amoureux s'ils n'avaient pas lu de roman d'Amour. Les pauvres. La vie serait certes plus
facile sans romans d'Amour et sans Amour mais moins belle, moins
vive, moins dense...Mais le roman d'Amour nous apprend peut être
l'Amour mais peut aussi le tuer au sens où l'on aime avec
des désirs, des attentes, des trucs qu'on a vu , qu'on a lu, qu'on a
attendu et qu'on s'y perd. L'Amour peut mourir des attentes non
assouvies, des ambitions trop hautes, des desseins trop compliqués,
des exigences fausses et irréalisables. Mais d'un autre côté, ce
que nous apprend aussi la littérature c'est l'Absolu, les
grands sentiments. Doit-t-on y renoncer pour se contenter du
médiocre, du contingent, de l'a-peu-prés ? Si on a écrit
toutes ces belles histoires c'est qu'elles ont bien du exister non ? Dans la vraie vie, on souffre - plus ou
moins souvent- selon les histoires et les personnes, mais globalement
on passe toujours -plus ou moins souvent- par des phases pas très
rigolotes. Des phases d'où l'on sort forcément mais qui laissent un
goût amer. Et c'est à ce moment là, après la douleur, ou même
pendant, qu'il faut lire un roman d'Amour. Déjà pour comprendre,
comme pour les tableaux, l'universalité de la chose et son
esthétisme, mais aussi pour se conforter dans son désir d'exigence
et d'Absolu – puisque ce n'est plus que ce qu'il nous reste- et
enfin pour s'évader un moment. Un film, un tableau ce n'est pas
assez long. Ca ne mobilise pas assez longtemps l'esprit. Un roman, ça
infuse, ça murit, ça occasionne des réflexions.
On peut aussi
avoir envie de retrouver ses fols et mièvres espoirs de midinette,
de lire par distraction, de laisser pour un temps les choses
sérieuses, les livres d'Histoire, de Géo, les romans policiers, les
romans de mœurs et juste se laisser aller.
Me voilà donc partie à
la recherche DU roman d'Amour de mon automne.
Des romans d'Amour je dois avouer que
j'en ai pas mal lu. De Belle du seigneur à Bridget Jones en passant par l'Amour dure trois ans de Beigbeder.
Vers quoi me diriger ? Du contemporain ? Du classique ?
Les deux comme souvent.
Pour le classique, j'ai trouvé
Aurélien d'Aragon. Sublimissime tout comme ses poèmes.
Pour le contemporain, j'ai l'impression
de naviguer quelque part entre les histoires gnangnan et les
histoires décousues. J'ai l'impression que c'est difficile de
trouver une histoire n-o-r-m-a-l-e-m-e-n-t bien écrite.
Donc, Les gens heureux lisent et
boivent du café conseillé dans ELLE et lu en 3 h. Bof. Je lis
et je bois du café même quand je suis malheureuse.
Hélène
Grémillon ? Pas mal. Oui, surprenant même.
La liste de mes
envies. Moui. Bon, on
tourne un peu en rond et on attend surtout que les cadors de la
rentrée littéraire sortent leurs livres en poche. Et c'est quand
même une torture ça quand on y pense. Ne pas pouvoir acheter les
livres de la rentrée littéraire parce que c'est la rentrée
justement. Tous ces livres hors de prix qui nous narguent sur les
étalages. Ne pas arriver à choisir entre le Gallimard, le Flammarion,
le POL et devoir attendre que ça sorte en poche. Le problème c'est
qu'après l'envie
m'a passé. Société de
consommation quand tu nous tiens. Pulsion, désir de lecture qui doit
être assouvi tout de suite.
A l'heure où j'écris ce petit post, je me
délecte de l'autobiographie d'une certaine - car je ne la
connaissais pas avant - Violette Leduc, La bâtarde qui a
tout me plaire : une préface de Simone de Beauvoir, des phrases
courtes et denses et profondes, une histoire à la fois simple et
complexe. Une vie quoi. Ou mieux un destin.
Affaire - et film - à suivre...
Finalement...
Encore et toujours de l'Amour.
Inscription à :
Articles (Atom)






