samedi 24 novembre 2012

Un whisky et au lit


« Tu prends quoi toi ? »

Je lance un appel désespéré aux clubbeuses en ce samedi soir car je ne sais plus quoi boire au bar. Et c'est une nouvelle fois la crise. La crise dans tous les domaines.
La crise financière : mon portefeuille dit et redit non aux consos à plus de 10 euros.
La crise identitaire : est-ce que j'aime vraiment la Tequilla ?
La crise de croissance : il faut vraiment que j'arrête les alcools forts non ?

Certains soirs, au bar, on ne sait pas quoi prendre. Et quand on aime aller au bar comme moi, c'est problématique. Bon, au bistrot d'en bas de chez moi, ils le savent, selon l'heure, c'est un café ou un verre de Cahors. Mais en soirée, à quoi doit-t-on « tourner » pour ne pas grossir, ne pas être soûle, ne pas faillir à ces foutues conventions sociales ?

Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es.
En ce cas, les bars sont peuplés de nombreux garçons qui se ressemblent un peu tous. Des garçons tièdes, pales et insipides comme leur bière. Des filles gaies, trop souriantes pour être sincèrement heureuses, qui descendent des Mojitos où il y a plus de menthe qu'autre chose. Bonjour l'originalité.

Dis moi comment tu te sens, je te dirai quoi boire.
Même pas. Je veux une grenadine et je commande l'instant d'après un whisky. Est-ce que je refuse de grandir ? Est-ce que j'ai peur de vieillir ? Est-ce que je n'ai passé l'âge de traîner mes guêtres et mes soucis dans des pubs du 5éme ? Mon pote me rassure en me disant que je suis juste bipolaire;-)
Un Mojito, j'ai l'esprit festif, je suis à la mode, je veux juste faire comme tout le monde et m'amuser un peu.
Une Tequilla Sunrise, j'ai la nostalgie de mes premières amours.
Un Bloody Mary, je me la joue littéraire et je drague en racontant l'anecdote d'Hemingway.
Un cosmopolitain , je me rêve à New York toujours mieux que Paris.
Un martini blanc, je choisis la valeur sure.
Un Rhum, me voilà dans les Îles.
Et enfin un jour, un soir, un whisky, je me sens femme, je me sens libre, je me sens classe et...vieille.
Peut être que je suis simplement fatiguée.
Peut être que c'est le temps, à Paris, où ce soir les 7 plaies d’Égypte semblent s'être données rendez vous pour s'abattre sur la capitale et pour jouer avec nos nerfs et nos écharpes.
Peut être que c'est l'âge, l'âge des grandes contradictions : le moment où l'on passe du Mojito, du « cocktail fun », Tequilla Sunrise, Bloody Mary and co au Whisky sans glace à la grande surprise du serveur.
L'âge aussi où l'on rentre avant 1h du mat' parce qu'on veut faire quelque chose de valable de son dimanche, si tant est que l'on puisse faire quelque chose de valable, le dimanche.
Un temps tout, je vous dis, un temps pour tout.

1 commentaire:

  1. C'est rigolo , mais une bière cela peut avoir beaucoup de caractère : tout dépend si l'on connait ou pas. Et puis l'alcool est-ce une question de descente ou de plaisir? Je suis étonné que l'on puisse avoir une approche identitaire de la boisson , n'est-elle pas plutôt coutumière? Je pense au bon bordeaux accompagnant le rôti de boeuf du dimanche , si tant est que cela soit régulier . Au fond vous ne faites qu'articuler genre et consumérisme de là peut être vos lassitudes.

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