dimanche 14 octobre 2012

J'voudrais vivre des soirées parisiennes...

Arriver à Paris...Goûter son air pollué, l'aimer, le chérir même parce que c'est celui de la capitale, du rêve, de notre vie fantasmée de jeunes adultes. Tel était mon sentiment quand je m'y suis installée mon bac en poche. Alors bien sûr j'allais y trouver ma voie, "percer", mais surtout je comptais bien faire des rencontres extraordinaires, et pour cela je voulais investir le dancefloor des soirées parisiennes. 

Ces dancefloors collants de bière et de vodka, jonchés de gobelets, pailles et (quand on pouvait encore fumer) de mégots. Au risque de tomber, de voir votre escarpin préférer rester scotché au sol plutôt qu'à votre pied, vous vous lancez : les bras, les jambes, la tête, dans une frénésie corporelle c'est parti ! Les lumières aveuglantes, les décibels, l'ambiance déchaînée des fins de semaine sont là pour nous inviter à oublier, tout oublier. Cette vie nocturne est exaltante, elle donne l'impression d'être immortel.... 

Mais l'évocation d'une soirée parisienne n'est pas complète si on oublie son étape principale (que vous avez tâché d'oublier pendant toute la soirée à coups de mojitos) : le RETOUR ! Vos pieds malmenés disent stop et refusent d'avancer un pas de plus sur un pavé, ce qui peut vous obliger à subir l'épreuve honteuse de rentrer pieds nus. Mais encore faut-il trouver un moyen de rentrer :  le métro ? Ceci reste à négocier avec vos pieds qui refusent obstinément de courir et à votre estomac qui, après s'être agité sur la piste, est sensible aux odeurs parfois surprenantes de ses wagons ; les vélib' ont généralement été pris d'assaut et les taxis, c'est à condition qu'ils acceptent de s'arrêter et qu'ils ne vous tuent pas en s'écrasant contre un bus ! Mais rien n'égale en bonheur le dernier métro attrapé, la possibilité de s'affaler dans les fauteuils en cuir d'un taxi sur fond de Nostalgie, d'enlever ses chaussures et ...de se coucher en écoutant le soupir de soulagement de vos orteils ! 

Cette vie enlevée, à la rencontre d'inconnus, d'oiseaux de nuit aux mouvements saccadés et souvent cocaïnés, l'angoisse du retour, le soulagement de l'arrivée, m'ont appris à apprécier les soirées off. Celles autour d'une bouteille de vin, tomates cerises et cakes Picard en menant de longues  discussions sur la vie, l'amour et l'avenir ; celles où l'on danse à 15 dans 15m², où l'on fait des blagues nulles mais qui nous font rigoler. Qu'il est bon de se perdre dans les boîtes parisiennes, mais à condition de savoir se retrouver entre amis, en toute simplicité.

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