lundi 22 octobre 2012

La douce frénésie du lundi.

 
Ah ! LE lundi ! Le premier jour de la semaine. L'objet de nos grandes angoisses métaphysiques du dimanche soir. Le jour que l'on veut passer. Le jour qui n'existe pas.

Et bien, non. Pas pour moi. Je joue encore une fois l'enquiquineuse et j'écris pour vous livrer un truc horrible, effrayant, dérangeant, perturbant pour certains qui raillent mon entrain et mon optimisme niais : J'ai toujours aimé les lundis.

 

Le lundi, c'est le jour où tout repart, où tout se remet en marche. Les métros, les boulangeries, les gens. Tout le monde est bien habillé. Les femmes se déhanchent en talons aiguilles, les cheveux coiffés et propres -encore une de nos grandes théories sur les cheveux gras qui ne doivent pas l'être et qui plus est le lundi. Les hommes sont fraîchement rasés avec leur chemise repassées. Tout doit, du moins en apparence, bien aller le lundi. C'est le jeu non ? Et du coup, on se force, on est happé et on a envie de croire que tout va bien.

Le lundi, on retrouve les gens que l'on avait cherchés à oublier tout le week end mais aussi des personnes sympathiques que l'on est content de recroiser. Au café, les habitués reviennent, se racontent le week end, râlent, se piquent Libé. Cette petite routine qui peut paraître pesante fait en fait, le sel du lundi. Je pense alors à Saint Augustin -si si dés le lundi matin parfois... on ne se refait pas ;-)- : « le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède ».

Le lundi est un éternel commencement. L'énergie revient.
Le lundi, on veut bouffer le monde en écoutant France Inter...Les infos...La chronique Géopolitique... On veut s'engager, militer, s'insurger. On proclame de grandes résolutions.

Le lundi matin, on cours partout. On se la joue « La France qui avance ». On se sent vivant avec ses dix mille trucs à faire, ses dix mille projets ! Pour ma part, je cours -après quoi ? J'espère le savoir un jour- dans les rues, dans le métro avec mes petits talons ! Je vis, je vole, je souffre, j'existe ! Youhou ! En puis en plus, depuis quelques semaines, figurez vous que le lundi, à Paris, ben, il fait beau. Très beau même. On se lève avec le soleil, on descend la rue en regardant un coin de ciel bleu. L'air est un peu frais, le bus est carrément bondé mais on s'en fout parce qu'on peut sortir les lunettes et qu'il fait beau, que la lumière est belle et qu'elle sublime même ce jeune homme mangeant sa chocolatine à l'arrêt de bus. Les fenêtres de la classe sont ouvertes : « Mais Madame, vous avez l'air heureuse ce matin ! » « Oui ce matin, c'est lundi, il fait beau et je suis heureuse. Demain, on verra, le mardi arrivera. Mais ça c'est une autre histoire, en attendant : Dictée ! »

Le lundi après midi, je veux croquer les lèvres toutes roses de ce garçon qui sent si bon et qui vient s'asseoir à côté de moi en cours-au diable le renoncement ! Je suis persuadée que ça, c'est grâce au monday power. Le lundi, on aborde, on arrête de tourner autour du pot, on conquiers, on se lance. On colonise des territoires entiers ! Et Messieurs, je suis sure que vous le sentez que, oui, le lundi, tout est permis. Les sourires sont plus insistants. La drague du lundi est une chose extraordinairement délicieuse. Le lundi, je distribue mes sourires pour les jours où mes sourcils restent froncés et où le monde est chagrin.

Alors, bien sûr il y a des lundis moins bien, où le soleil ne brille pas, où les ennuis et les problèmes pleuvent en cascade. Dans ces cas là, il faut se reporter sur l'espoir du lundi soir qui reste une superbe sensation...Ce sera mieux demain...Dans ces cas là, en attendant, il faut surtout bien programmer son ipod et s'imaginer un « lundi au soleil » car c'est assurément une chose que l'on n'aura jamais mais que l'on peut abondamment rêver...Mépriser l'environnement grisouille, les tronches en biais, monter le son, chanter sur du  Claude François ou du Vincent Delerm ;-) et attendre que ça passe, que les beaux jours reviennent car « ça s'en va et ça revient ».
Parce que c'est vraiment beau comme le jour et bête comme la pluie, finalement, un lundi.

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