mercredi 31 octobre 2012

La minute couleur locale: Halloween, Ici Trouille

Aujourd'hui, c'est Halloween. Mais bon, en vrai, ça dure depuis bien une semaine cette histoire; depuis l'épisode de Modern Family costumé mercredi dernier jusqu'aux décalcomanies (comme dirait mon père) monstres et "spooky" de ce soir, Halloween ça dure pendant une semaine, et je vous parle même pas des magasins et autres centres commerciaux.
N'empêche, c'est assez cool; je me souviens quand j'ai découvert Halloween, j'avais peut-être 15 ans, peut-être 13, avec mon petit frère on a eu pour Noël ou autre la cassette d'Hocus Pocus. Ce film était génial, on le connaissait par coeur, peut-être même qu'on le connaît encore par coeur. Il y avait des sorcières, c'était à Salem, et je m'émerveillais de cette fête où, au lieu d'aller dans des cimetières porter des chrysanthèmes, les enfants se déguisent et vont frapper aux portes de voisins pour des bonbons. Certes, Halloween est sûrement coupable d'une grande partie du diabète et de l'obésité aux Etats-Unis, mais au moins c'est rigolo. En France, dans notre jeunesse, c'était un peu trop américain de faire Halloween, personne n'avait vraiment de bonbons à nous donner, et il n'y a pas trop cette tradition du costume. A la place, il y a des marchands de chrysanthèmes sur le bord des routes. De nos jours c'est peut-être un peu plus généralisé, mais c'est quand même toujours "ze" fête américaine.

Du coup, ma première année ici, j'étais motivée du Halloween, j'avais trois costumes différents pour les trois soirées du weekend, il a fallu me retenir d'aller faire "Trick or Treat" dans les maisons avoisinantes. Et puis l'enthousiasme redescend: il y a les multiples sexy nurse, slutty pumpkin, slutty French maid, slutty (insérer nom de fruit)... Halloween dans une ville pleine de jeunes étudiants américains, c'est moins drôle qu'on le pense. Ils font du bruit, ils vomissent dans le coin de la chambre d'un ami qui organise la fête, bref, la magie d'Halloween se perd. On se retrouve à lancer un "chut", la porte entrouverte à 2h du matin à une princesse qui drague un footballeur devant notre porte parce qu'on veut dormir. On est vieille et aigrie. On déteste la table de 30 sorority girls et fraternity boys qui boivent des sakés bombs en hurlant, pendant qu'on essaie d'avoir une discussion sympa autour de sushis. Une fille en soutif et legging entre, le mot SLUT écrit en lettres noires sur son ventre. Est-ce ironique? Une fille sapée, sur son 31, enceinte, entre et on est choqué: puis on se rend compte que son déguisement c'est d'être une teenage mum, et alors c'est soit très drôle soit de très mauvais goût. Bref, on est blasé.

Et puis, au détour du vrai jour d'Halloween, les employés du département où je bosse ont organisé une fête dans le couloir, avec des doigts de sorcières en sablé avec un ongle en amande colorée rouge, du fromage qui pue, des chips et du vin. On boit de l'apple cider avec les enfants des profs (dont l'un est déguisé en magicien mais voulait être "Minnie Mouse", on est pas "gender-oriented" ici). Le directeur et ses assistants sont en personnages de Star Trek, un copain de Séville est en nonne espagnole ou même en Inquisition. On me prête une perruque et tout va bien. La fatigue, le stress, partis; je m'empiffre en faisant des blagues. Du coup, en rentrant, je retrouve un vieux costume et je le mets, pour la forme. Je me pointe au dîner à la cafétéria et il y a une compétition de costume. Je gagne 2 kilos de bonbons.

Et puis avec ma copine Alice au pays des merveilles et une coccinelle, et un Evil Knievel que tout le monde prend pour Elvis, on part à la chapelle de l'université, un endroit assez splendide, pour voir "Faust" de Murnau avec une orgue et des effets de sons dignes d'un film de science-fiction. Et là, on peut le dire, Halloween, ça a de la gueule.

Nota Bene: Les bonbons américains sont vraiment pas terribles comparés aux français. Je veux des langues, des têtes brûlées, des Kinder Choco-bon, des cocas, des schtroumfs, des cerises.

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