lundi 24 septembre 2012

Parce que l'éducation des filles fait avancer le monde.



Pochette - Toutes à l'école

Assumez votre côté "Mi Fille Mi Raison" et filez chez Minelli !

Yo soy español, español, español...

Les espagnols parlent fort, ne peuvent se passer d'huile d'olive et vivent de jamon...oui des clichés à mille lieues de notre ascétisme parisien ! Alors quand je vais en Espagne, je vis...sans complexes et je renoue avec la spontanéité !

J'aime qu'on me dise "hola guapa" quand je rentre dans un magasin, habituée que je suis des moues hautaines et des sourires compassés des vendeuses parisiennes.

J'aime pouvoir dire mujer, tio ou tia quand je m'adresse à quelqu'un et que le monsieur du péage me dise "hola que tal" et non pas ..."ça fera 3€45"...

J'aime la sangria, les cervezas con limon et les bars madrilènes où toutes les générations chantent autour de la victoire de la Roja...bien plus que les afterworks parisiens !

J'envie les femmes âgées, permanentées, maquillées et manucurées qui devisent à minuit sur un banc et m'appellent "niña" !

J'adore visiter leurs innombrables églises et me régale de leurs saint Jérôme pénitents, qui côtoient les bars gays de la Chueca à Madrid et les loterias.

L'Espagne c'est un peu la spontanéité qui nous manque, le bruit que l'on fuit, la générosité que l'on se  cache. Alors oui j'aime quand ils parlent fort, parce que nous on passe notre temps à essayer d'être discrets ; et quand ils hurlent "Yo soy español" à l'occasion d'une victoire...j'ai envie de hurler avec eux !

dimanche 23 septembre 2012

Le pique nique touche à sa faim

Alors même que la saison des pique-niques voit s'estomper ses derniers beaux moments, l'heure est comme d'habitude à la nostalgie. Finie l'improvisation Monop' et bords de Seine, fini le côté cheap excusable parce que bobo, fini le sauciflard et la logique du facilement pique-niquable. En effet, lorsqu'on se retrouve à 19h à la supérette du coin pour improviser un pique-nique estival, on ne peut vraiment choisir ni la brandade à réchauffer, ni le sandwich au pain de mie le moins cher du Monop Boul'Mich; il y a une certaine tradition du pique-nique. D'abord, il faut du pain, et un couteau. Puis, des choses à tartiner. Pas de fromage à pâte dure, pas de jambon non plus. Il faut des trucs qu'on puisse prendre avec les doigts sans finir les mains pleines de graisses. Qu'est-ce qu'un pique-nique sans la traditionnelle barquette de tomates cerises? On peut aussi donner dans l'alternatif, des tomates cerises de toutes les couleurs aux chips violettes, en passant par le gazpacho en brique. Mais au fond le pique-nique, c'est avant tout une affaire éphémère, un concept qui change avec le temps.

Mais oui, vous vous souvenez, les sorties de classe à la grotte du coin, à la ferme, au musée, où nous étions alors libérés de la cantine pour donner libre cours à nos caprices avec nos parents. Camille avait un sandwich au pain de mie Harry's ; de suite c'était une mode, tous nos parents ne pouvaient lutter avec leurs jambon-beurre baguette. Et puis il y a eu la part de pizza froide, super peu pratique mais qui a eu son moment de gloire aussi. Anne avait une carotte crue, on voulait tous ça aussi, dans un petit Tupperware. Antoine avait des Luncheables, ces sortes de crackers ronds avec des morceaux de jambon rond et du cheddar orange rond aussi pour aller avec. Certains parents donnaient une petite bouteille d'eau, d'autres avaient carrément du Sunny Delight. Et l'on échangeait tout gaiement avant de partir pour une partie d'attrape-bisou. Au fond, tout ça n'a pas changé. On mange toujours avec les copains, on aime toujours ça parce que ça change du quotidien quiche mal réchauffée au boulot qui est l'équivalent adulte de la cantine bruyante de nos années CP.

Pourtant, la bouffe a changé. Certes, quelqu'un a introduit les tomates cerises, les yaourts à boire, les Pom'Potes, mais au fond, l'important, c'est qu'on revient aux basiques. Maintenant que je dois carrément prendre la voiture pour aller acheter une pauvre baguette au pays des bagels et autres foutaises à mie, repenser à ces moments où je faisais un caprice à mes parents pour du pain "américain" me fait doucement rigoler. Mon petit frère et moi, on adorait le Sunny Delight. Maintenant, je fais 15 minutes de queue au brunch le weekend pour avoir mon jus d'oranges pressées. La vie nous change, et elle change notre façon de pique-niquer. On fait au fond tous encore ça comme des enfants, le sandwich à la main et le paquet de chips en partage. Il y a une mythologie du pique-nique qui participe du souvenir d'enfance, mais qui se construit encore à l'âge adulte. Un jour, à une représentation de Don Giovanni au théâtre du Capitole à Toulouse, et alors que j'avais pourtant le ventre plein, la vision (et l'odeur) d'un poulet rôti amené sur scène lors d'un pique-nique de Don Giovanni avec je ne sais quelle jeune victime m'a donné faim comme rarement dans ma vie j'ai eu faim. La nourriture est la nourriture de l'âme, pour de vrai. Au mois de mai dernier, violant toutes les règles du pique-nique, j'ai amené un poulet rôti aux Buttes Chaumont. Je l'ai mangé là, avec les doigts, avec les amis. Et au creux de mon début d'automne pluvieux au milieu de nulle part au pays des burgers, j'y pense, et je souris.

« Ne le laisse pas tomber, il est si fragile. Être un homme libéré, tu sais c'est pas si facile »


De nos jours, la jeune femme doit sans arrêt jouer à être...une autre. Le délicieux jeu social me direz vous, où je ne suis Moi que par rapport à l'Autre. Bien sûr. Mais je veux en réalité parler de la relation homme-femme. Et plus particulièrement de la relation amoureuse.

Une jeune femme doit se méfier quand elle se fait draguer. Se méfier quand elle envoie des messages. Se méfier quand elle parle, bien souvent, trop. Ne pas paraître trop intelligente. Ne pas faire de l'ombre à Doudou. Attention, j'en vois déjà certaines et certains me crier : «  Mais, que fais-tu de la simultanéité, de la spontanéité des sentiments au sein des relations humaines ! Tout ne se calcule pas ! ». La bonne blague. Nous avons tous un cerveau qui fonctionne les trois quarts du temps plutôt bien et plutôt vite, c'est même cela qui nous différentie de l'animal- la fameuse ratio de Sénèque-et donc l'intellectualisation nous guette toujours...Ceci dit, je reprends donc.

Nous devons toutes, à un moment donné du moins, paraître une autre à côté de l'être aimé, et rentrer dans un jeu subtil. Comme en situation coloniale, où certains historiens et sociologues ont observé que le colonisateur est tenté de s'accepter comme colonisateur tandis que le colonisé est obligé, pour vivre, de s'accepter comme colonisé, la jeune femme doit être « rangée, féminine, raisonnable ». Elle doit minauder. Mais attention, pétrie par des années de féminisme, elle doit aussi être hystérique. Elle doit « faire la forte » puisque tout le monde sait bien finalement qu'elle est faible. Elle doit sans cesse se redéfinir par rapport à Lui.

Combien de jeunes femmes ont été lâchement abandonnées au coin d'un bar juste après avoir dit leur métier, ou parler de leurs études ! Combien de fois nous sommes nous faites taxées de « pédantes » ou de « trop intelligentes » de « Madame expose sa culture » en précisant un fait inexact-le Diable est dans les détails, en émettant un avis tranché et sensé sur des questions politiques ou d'actualité ou en faisant une référence littéraire ! Car, il faut bien le dire, les filles, nous faisons peur aux hommes d'aujourd'hui.

Pourquoi donc ? Peut être tout simplement, parce qu'à mon sens, nous allons bien. Pas la grande forme non plus. Mais bien quoi. Et si en finalement, dans notre combat incessant vers « le toujours plus », à force de déceptions et de sacrifices, nous nous étions endurcies, et avions peut être appris à vivre avec nos déceptions, nos ambitions, nos désirs, et nos foutues mais nécessaires exigences. Car entre exiger de manière absolue et bêtement intransigeante et ne pas se trahir, il existe tout un espace où se définit notre liberté de femme et d'être humain. Alors, suivons un des préceptes du Che -juste un alors;-) « Soyons exigeantes, demandons l'impossible ». N'ayons pas peur de tout vouloir. Et surtout un homme comme nous, un homme qui s'assume, un homme libéré.

Sommes nous obligées, à chaque fois, par pudeur ou par culpabilité, de jouer « à la femme faible et sans défense » pour ne pas bousculer l'orgueil et le mal être des jeunes hommes, qui finalement, bien plus que nous qui avons amorcé depuis bien longtemps notre révolution, sont en crise ?
Peut être qu'être un homme libéré, c'est pas si facile ? Peut être qu'assumer et aimer une fille qui va bien, c'est même carrément flippant en fait. Oui, mais il va falloir s'y faire. Est-ce qu'un homme pourrait enfin accepter de sortir, de faire sa vie même, avec une femme plus forte que lui dans certains domaines, mieux dans ses baskets, une femme qui jugerait que sa vie lui convient, tout en admettant qu'à deux, c'est carrément mieux.;-)

Et alors, pour ce faire, ne devrions pas aider nos chers et tendres ? Car finalement, est-ce que nous ne serions pas un peu trop centrées sur nous ? Sur nos problèmes, nos acquis ?

Je propose donc que tout le monde s'aide à aller mieux ! Aidons nos amoureux à régler leurs problèmes de masculinité avec la douceur et la patience qui nous caractérisent bien sûr à toutes.;-)
Parce que, comme le dit Sophie Marceau- Alfred de Musset en fait- à Vincent Lindon dans un film qu'on ne présente plus :
« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; Toutes les femmes sont perfides, artificielles, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fanges ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. »

dimanche 16 septembre 2012

Pensées profondes n°...

Un samedi soir sur la terre. Un restau' dans le 14éme. Deux filles au milieu d'un groupe d'amis. Du vin rouge et des steaks tartares. De la difficulté de faire rentrer quelqu'un dans son univers. "Non, mais il est différent. Oui, il est différent. Rhooo ben écoute...T'as qu'à sortir avec toi même alors !" Eclat de rire général. L'enfer, c'est l'autre, c'est les autres.
Mais c'est si bon.

vendredi 14 septembre 2012

Alors tu seras une femme, ma fille...Une épreuve de plus : le cours de sport.


We are back ! You-hou.
Car, oui, il a fallu revenir à la salle de sport et plus précisément au cours d'abdos-fessiers. Le mois de septembre et ses nombreux délices, me direz vous.
Alors, ce soir, à l'heure de l'apéro- qu'on ne peut pas faire, de manière raisonnable, tous les soirs- nous avons revêtu nos habits de Lumière : sweat, « cycliste », baskets et...chaussettes ( bouhhhh!) et nous sommes revenues au sport.

Le cours de sport est dans la vie d'une femme, je pense, un grand moment. Un grand problème surtout. Une grande épreuve enfin. Toute femme, normalement constituée, se doit donc, dans notre société du foutu bien être, avoir foulé, au moins une fois, le sol d'une salle de sport. C'est comme savoir cuisiner, ça fait partie de ces classiques que, même une féministe convaincue a honte de ne pas savoir faire....Ça changera peut être un jour.;-)
Pour ma part, j'avais longtemps dit non. Non à la salle de sport. Non aux clichés. Non. A moi, on m'aime comme je suis, avec mes rondeurs, ma flemme légendaire, et ma grande gueule. Non, moi, c'est vraiment pas mon truc. Non, toutes ces femmes qui prennent soin de leur corps, qui perdent leur temps, non, tout ça, c'est superficiel...La bonne blague.

Ça nous a donc pris au printemps dernier. Le changement, c'était maintenant, enfin avant. Bref, vous comprenez. Nous nous devions à tout prix, à défaut de réussir un concours, d'avoir un corps de rêve sur la playa, avec des cuisses fuselées et un ventre plat. Il ne nous restait que ça.

Le premier cours, franchement, on a bien ri. De nous, de notre nouvelle panoplie et de notre motivation. Pour la poignée de grandes sportives, mais surtout de grandes cérébrales que nous sommes, ça a été une vraie épreuve. Bien loin de vouloir refaire le débat simpliste, auquel j'ai pourtant longtemps souscrit, opposant le sportif décérébré mais épanoui à l'intellectuel rondouillard et frustré-il y a des personnes à la fois sportives et intelligentes...qu'il faudrait tuer;-)- il faut quand même dire que, pour quelqu'un qui passe les ¾ de son temps assise à son bureau à lire, à écrire ou à enseigner, un cours de sport, c'est quand même un monde à part.
Aux premières notes de Lady Gaga, aux premières consignes, on a échangé des regards amusés en pouffant. Nous étions fières. Vous comprenez, l'accomplissement était parfait. Une journée à la BU ou au boulot puis un cours de sport entre copines, les « Wonder Woman » de Sex and the City à côté pouvaient aller se rhabiller. Fières, certes, mais aussi, pour ma part, un peu perdue, pas très à l'aise quand même, d'autant plus que la blonde du premier rang, tout sourire, au corps de rêve semblait, elle, très à l'aise et connaître les exercices par cœur.

Bon, la première mini-crise en mode «  Où suis-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ? » résolue, une autre survient. Car, commencent...les explications. Et là. Blackout. Je ne sais pas si mon cerveau s'est mis en mode veille ou si je suis vraiment idiote, mais impossible de comprendre, et donc de faire, LA position demandée. Blondinet parle un langage qui est pour moi du chinois. Ah oui ! Parce que Blondinet, c'est le prof' ! Un cliché, mais un très joli et très agréable cliché. Trop blond, trop sympa, trop souriant, trop beau, trop sport quoi. Je reprends donc. Alors que tout le monde s'exerce, je bloque sur LA manœuvre qui doit consister à faire travailler mon muscle « ischio » droit par une flexion de je-ne-sais-quoi, le tout en ayant le bassin « en retroversion ». Et là je commence à paniquer. Pire que quand on a une mauvaise note ou qu'on a dit une grosse bêtise dans un dîner. Comble du déshonneur. Je suffoque. Je transpire et je m'énerve. Blondinet s'avance vers moi et entreprend de m'aider à faire le mouvement. Horreur, je perds la face. Me voilà ridicule, sur mon tapis de sol, devant une salle entière de nanas.

L'enseignement ou la morale de cette histoire comme nous dirait ce brave Jean, c'est qu'un cours de sport est définitivement une épreuve. Non seulement, vous êtes jaugées et jugées par vos semblables, vos compagnons de galère, mais vous avez aussi le temps de voir que toutes ces filles sont mieux faites que vous. Et pourtant, une solidarité se créée. La salle de sport est une étape dans la vie d'une femme. Une espèce de rite de passage plus ou moins facile selon les prédispositions naturelles de chacune. Comme un bizutage. On a peur mais on y va ( parce que si on a pas peur, c'est qu'on est pas courageux, hein ?;-)) et on se sent toute fière après. On lève surtout le voile sur le secret, le grand secret : nous sommes toutes des femmes...pareilles. Du bout de nos ongles de toutes les couleurs à la racine de nos cheveux courts, longs, frisés, lisses, détachés ou savamment attachés dans un chignon « bun » so chic cet automne- c'est pas moi qui l'ai dit, c'est ELLE.

Et finalement, à la maxime de Juvénal, mens sana in corpore sano, je dis oui. Oui. Oui. Et re-oui.
Au début, à la salle de sport, on y va pour faire comme tout le monde, pour essayer. Parce qu'on n'en peut plus de penser et parce que, dans cette société aseptisée et policée, on n'en peut parfois plus de se taire, et qu'alors à défaut de pouvoir continuer à dire les choses en face, à crier, à pleurer, il faut bien trouver un exutoire...de plus.;-)
A la fin, on y va pour soi. Parce que, c'est vrai, ça vide vraiment l'esprit. Parce que Blondinet, il a des yeux « bleu lagon » à s'y noyer dedans. Parce que ces petits moments privilégiés presque exclusivement féminins à la salle de sport, il faut les apprécier et les préserver. Et parce que, dans la vie d'une femme, les abdos-fessiers, c'est quand même primordial.

jeudi 13 septembre 2012

Rubrique "My Generation" : Rendez-vous en terre inconnue...


J'aime les voyages, le dépaysement, les dizaines de souvenirs qu'on rapporte sans savoir pourquoi, le décalage horaire, bref tout ! Surtout j'aime la surprise, me dire que je ne m'attendais pas à "ça" et me sentir bien quand même. Mes attentes ont été comblées par un rendez-vous en terre inconnue...Rien à voir avec les steppes mongoles ou les hauts plateaux éthiopiens. Non, non, vraiment rien à voir. Pour autant j'ai vécu la surprise et le dépaysement en plein coeur de Paris, comme si ma destination constituait une petite enclave où le temps s'est arrêté...

Cette contrée hors du temps, c'est notre célèbre agence destinée à aider les "personnes à la recherche d'un emploi", nous dit le politiquement correct. Je n'y étais jamais allée auparavant, espérais franchement ne jamais avoir à y aller et j'ai bien cru ne jamais en revenir ! Les longs couloirs blancs qui se succèdent et s'entremêlent pour mener à de petites salles "d'entretien" mal isolées, la succession des portes fermées, le bruit léger des voix...j'avais l'impression de vivre Le Procès ! Or, ce livre m'a traumatisée et maintenant j'ai peur d'être manipulée (bon j'avoue ça fait un peu parano) et là j'avais l'impression qu'on allait me demander : "pourquoi avoir mis une marinière verte? vous aimez la viande rouge?" bref des questions insignifiantes dont les réponses sont systématiquement utilisées contre vous. Mais ça c'est Kafka, et moi j'en suis sortie indemne ! Le dépaysement, la crainte ressentie par l'aventurière (oui c'est moi l'aventurière !), les dangers encourus, tout cela m'a donné le sentiment de voyager !

J'ai aussi fait des rencontres... Comment ne pas vous parler de Jojo ? La cinquantaine, elle n'a pas de boulot depuis vingt ans, son mec l'a plaquée mais elle l'avoue sans détours "j'ai la niaque" ! Son seul sujet d'inquiétude ce sont ses chats. D'ailleurs vous saviez qu'il y a un mec à Caen qui en a plus de deux cents ? C'est fou ce qu'on peut apprendre dans la salle d'attente ! Peu après j'ai rencontré Dédé, ancien videur. Son dos le fait souffrir, ce qui le rend irritable. Alors, un seul regard de travers et il "l'emplafonne le mec" ! Je pourrais vous parler de Momo, de Mimi qui réalise des documentaires, bref d'un tas de gens très différents. En les rencontrant le dépaysement est vraiment total ! Mais en partant, après s'être à nouveau engouffré dans les longs couloirs blancs, lorsque l'on rejoint la sortie, on se dit que ce sont eux qui donnent des couleurs à l'agence et c'est surtout grâce à eux que les attentes sont moins longues !


C'était un joli voyage que j'ai fait et ...ce qui est génial...c'est que j'y retourne dans trois mois !

mercredi 12 septembre 2012

Rubrique "Random Ramdam": Viens m'le dire de profil si t'es un homme.






Est-ce que nos mères ont raison? Est-ce qu'on est plus accros à notre vie virtuelle qu'à nos mecs réels? C'est à n'y plus rien comprendre: d'un côté on peut tout voir, tout vivre, tout observer sur Facebook, de l'autre on nous sert des hommes sur un plateau: http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/09/12/shopping-adopteunmec-com-ouvre-une-boutique-a-paris-et-met-les-hommes-en-vitrine/

Comme dirait Francis (Cabrel, pour les intimes), est-ce que ce monde est sérieux? Oui, comme les autres, je passe du temps sur Facebook. Ok, beaucoup de temps sur Facebook. Je ne le nie pas. J'ai la peur de la distance, la phobie du contact perdu. Alors je facebookise mes journées, postant une vidéo poilante sur un mur ami, un article intéressant chez quelqu'un d'autre, une photo sur ma propre cloison. Au final, c'est quand même aussi ça, Facebook, des têtes cloisonnées. C'est l'open space de l'interweb, l'étude de comment voir son voisin sans qu'il ne nous voie trop. Mais au fond ma grand-mère sait déjà ces choses-là. On ne fait que donner au virtuel ses gallons de réalité. Le Facebook "vitre sans tain" se répand, tellement opaque qu'on peut se mirer dedans. Perso je ne sais pas comment faire ce truc. Et si mon ex peut voir mon mur, parce qu'on a des voisins communs? Tant pis pour sa photo, tu t'es vu quand t'as mis ton statut? Les conversations deviennent plus directes, plus efficaces. D'autres diront qu'on y perd. On se parle plus de face mais de profil. Publicité mensongère : c'est une affaire de tête du client plutôt que de livre, cette histoire-là.

C'était court, c'était gratuit, c'était la pensée du mercredi.

lundi 10 septembre 2012

« Rentrer à Paris et... »


Croiser des regards.
Sourire.
Reparler à des inconnus.
Ré-entendre le traditionnel «  Et vous venez d'où avec un si joli accent ? »
Raconter sa vie au taxi qui râle.
Rougir ( si, si même moi ! )
Écouter et redécouvrir les bruits de la ville.
Rêvasser et être mélancolique.
Retrouver ses amis et ses amies.
Se remaquiller.
Aller au Sacré Cœur admirer la vue.
Se planter devant la façade de Notre Dame la nuit, et se dire que quand même, qu'on y croit ou non, « ça a de la gueule ».
Pénétrer dans la Cour Carrée du Louvre avec de la bonne musique dans les oreilles et avoir le cœur qui bat un peu plus fort.
Se pourrir les chaussures au jardin des Tuileries.
Glander place des Vosges.
Constater, non sans un certain désarroi, qu'on n'arrive toujours pas à reconnaître toutes les reines de France au jardin du Luxembourg.
Se perdre ( c'est rare quand même...;-))
Aller bruncher rue Montorgueil et trouver les gens bobos.
Rejouer à la bobo.
Prévoir d'aller visiter le «  Nord de Paris » ( Whaou!). Mais une autre fois parce que c'est vraiment trop loin.;-)
Manquer mourir plusieurs fois en Vélib'.
Se faire insulter en Vélib' boulevard Raspail et se dire que, vraiment tout se perd.
Se la jouer « à la parisienne » en faisant du Vélib' en jupe et en talons.
Réussir à réenclencher son vélo à la borne, avec une pseudo facilité qui impressionne les touristes ( on m'a expliqué qu'en fait c'est la selle qu'il faut, je cite « guider en enclenchant », et non le guidon. Tout un art...)
Critiquer les livres de la rentrée littéraire en sirotant un chocolat chez Angelina.
Aller revoir les impressionnistes à Orsay.
Se faire traiter de snob, se trouver snob et s'en amuser.
S'émerveiller des nouvelles collections Automne- Hiver dans les vitrines en cours des magasins.
Se dire que le vrai drame de sa vie c'est de n'avoir jamais assez d'argent au moment de faire les magasins.
Se convaincre que l'essentiel n'est pas là, mais pester contre ces bourgeoises de la rive gauche trop bien habillées.
Redécouvrir la rue des Abbesses.
Repayer le café plus de 2 euros.
Jouer avec les rayons du soleil à travers les arbres, en terrasse, place de la Sorbonne.
Revenir au cinéma ( même s'il n'y a rien) et rentrer à pieds en rêvant...ou en téléphonant à sa meilleure amie.
Avoir envie d'un apéro tous les soirs.
Embrasser de beaux inconnus au Violon Dingue.
Regarder les jolis garçons.
Téléphoner tard le soir place du Panthéon et voir débarquer Louis Garrel en vélo.
Se sentir la reine du monde.
Lire ELLE le vendredi matin sur le zinc et jouer la belle indifférente aux avances d'un trentenaire en costume.
Boire des martinis.
Faire des picnic en bord de Seine et dire pour la énième fois que Notre Dame a vraiment un beau cul.
Raconter ses vacances à son concierge.
Arriver devant chez Berthillon, rue Saint Louis en l'île et constater que «  Bein c'est fermé ».
Avoir pour ambition de se remettre au sport.
S'avouer vaincue et souscrire enfin à un pass Imagnin R en se disant que tout de même, il y a un temps pour tout. Pour frauder et pour être en règle.
Retrouver l'odeur des couloirs de la Sorbonne.
Remettre des boules Quies et se retrouver ( enfin ?;-) ) seule avec soi même et s'écouter penser -un petit luxe qui ne coûte pas grand chose.
Manger des tartelettes poires amandes nappées de mousse au chocolat, entre amis, un lundi soir place des Grands Hommes.
Aller chez Monoprix acheter une bêtise à plus de 22h.
Retrouver la caissière qui râle du Carrefour Market.
Retrouver les habitués du bistrot d'en bas tous bronzés.
Vaincre l'épreuve de la laverie.
Manger du taboulé devant le collège de France et en avoir honte.
Tutoyer le vigile de la bibliothèque.
Se faire bousculer.
Voir le bus vous passer devant à 8h' du matin, un jour de rentrée.
Se sentir vieille.
Être chargée de plusieurs sacs, « à main », « de cours », «  pour le picnic », « de sport »
Se réveiller avec Pat' Co ( et donc avant 9heures).
Traîner chez Gibert et lire un peu à chaque fois le Guide du Routard Paris.
Être à la fois toute excitée et dépitée à la vue de tous ces livres géniaux qu'on n'aura jamais le temps de lire, mais penser qu'au moins, à la retraite, on ne s'ennuiera pas. ( Ça fait loin quand même...)
Se dire « absolument débordée » et être « absolument débordée ».
Râler, râler, râler, râler, râler...Au moins pour la forme.
Faire des projets de soirées parisiennes et de week end en province.
Soudain, tout le monde me manque.
Vouloir repartir.

C'est donc la rentrée. Et écrire sur mes retrouvailles avec Paris me semblait difficile tant les sentiments qui m'animent sont contradictoires. Alors j'ai commencé cette petite liste. Rien de bien sorcier, ni de très construit. Et pourtant dans cet hétéroclite et joyeux fatras de sentiments, de sensations, d'émotions, de petits bonheurs, ma vie, mes retrouvailles avec la ville où j'ai choisi de vivre et d'essayer d'être heureuse.
Le sensualisme de Condillac prend ici tout son sens. Paris existe pour moi, avant tout à travers mes sens avant d'exister de façon ordonné dans ma pensée.
Tantôt loin des clichés, tantôt dangereusement et tragiquement si prés, mes sens -voir, entendre, observer, caresser, goûter, sentir, toucher- créent un nouveau Paris. Le mien.


Rentrer à Paris, se remettre en mouvement et renouer avec cet entrain quasi guerrier qui nous anime parfois.
Rentrer à Paris, chanter dans sa tête, quand cette rentrée nous paraît insurmontable et que le soleil nous manque, du bon vieux Souchon... «  La vie ne vaut rien (…) mais rien ne vaut la vie ».
Rentrer à Paris, retrouver sa vie, pas l'enfer, pas le paradis, non. Juste sa vie. Rien de trop grand, ni de trop petit. Une vie quoi.

Rubrique "My Generation" : l'Un est l'autre...

Mi fille mi raison...un vrai dilemme pour nous, jeunes filles d'aujourd'hui ! Comment être belles, intelligentes et en même temps crédibles ?
 
Alors oui, on nous dit que pour les hommes non plus le XXIe siècle n'est pas de tout repos ! Comment redéfinir leur masculinité dans un monde où la femme tient une place de plus en plus importante, où d'importants changements ont eu lieu dans le rapport hommes-femmes ? Bien à l'abri de leur statut "d'homme" (homme d'action..homme de guerre..homme politique, etc.), ils n'ont pas à se demander qui, du mâle ou de l'homme intelligent, privilégier. Pendant ce temps on angoisse à l'idée du prochain entretien et/ou examen : une jupe ? des ballerines ? Des escarpins ou un pantalon ? Ou l'art d'être bien sans en faire trop...d'avoir l'air de rechercher du travail et pas un rencard !
 
Là on se dit qu'on a quand même un peu régressé et que la tenue ultra sexy de Brigitte Bardot sur sa harley est bien loin, la minijupe aussi...Parce que les cuissardes vernies détonnent dans le paysage liberty et autres réminiscences de la campagne anglaise ! Les cheveux ultra lissés par la magie brésilienne ou japonaise ont remplacé les tignasses ébouriffées et le khôl, le fard à paupière bleu. En soi, ce n'est pas toujours un mal, il faut l'avouer ! Mais quand même on aimerait bien se la jouer pin up sans passer pour Barbie (qui n'a pas de cerveau, faut-il le rappeler ?) ou femme fatale sans être Lara Croft.


La femme libérée est has-been et devenue "facile"...et il semble qu'on lui préfère aujourd'hui la femme "rangée"...féminine, mais... si raisonnable !

Rubrique " Pensées profondes n°..." :


Allez, comme on entamerait un petit carnet où l'on noterait, parce que seuls les écrits restent,  toutes les petites sentences, parfois bien senties, de nos amis ou d'illustres inconnus...Et qu'on relirait, comme on regarde un vieil album photo, les jours où c'est moins bien.

"Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver".
Marcel Proust.

vendredi 7 septembre 2012

« My Generation » : PNC aux portes, armement des toboggans, vérification de la porte opposée. « Up in the air » et pour quelques heures, « anywhere out of the world ».


 
Au début, je n'aimais pas voyager. J'étais stressée, angoissée même. Les départs -même pour des vacances- étaient toujours synonymes de déracinement, d'exil presque. Je me sentais coupable de partir, moi la « terre à terre », la fervente régionaliste, élevée dans le culte du « De toute façon, on peut faire le tour du monde, il n'y pas d'ailleurs meilleur qu'ici ». C'est vrai quoi les Gitans disent bien : «  Les poissons dans la mer, les oiseaux dans le ciel et les hommes sur terre. »

Puis, un beau jour, on quitte la maison. Son bac' en poche, au volant de sa -feu- saxo bic couleur « bleu horizon », on s'en va, par un beau dimanche soir de septembre, le cœur battant, chargée de recommandations et...de conserves. Et c'est grisant.
Après, c'est la folie. On commence à lire des livres de ouf, on commence à réfléchir, à décloisonner notre horizon-tant mental que physique, on rencontre des gens, des gens vachement différents de nous. Des gens qui ont voyagé partout...ou pas, et qui ont plein de projets de voyage... ou pas. Au début, on écoute et on rigole doucement. On admire même parfois. On raconte nos deux-trois expériences exotiques avec Papi et mamie. Puis, un jour, ça germe et on se dit : « Tiens, pourquoi pas moi ? Ça a l'air sympa. »
Et là, ça commence, on se lance. D'un week end à Paris, on se retrouve à traverser les USA d'est en ouest en bagnole durant un été. On s'habitue aux petits problèmes, on relativise, on arrive même à survivre à une nuit passée en salle d'embarquement à Philadelphie ( c'est dire ! ) et à la fin, on apprécie tous ces départs et surtout tous ces retours. Quoi de plus beau, quoi de plus fort que de rentrer chez soi. Quoi de plus grand d'avoir les larmes aux yeux en apercevant sur un quai de gare les personnes qu'on aime. Quoi de plus émouvant que de redécouvrir son pays, ses vignes, ses maisons, ses couleurs, son soleil...La magie dure quelques instants. Mais punaise, qu'est ce qu'on se sent alors vivant. Je referme la parenthèse «  envolée lyrique ».;-)
Alors du coup, on voyage de plus en plus, pour aller découvrir des endroits, et surtout pour voir les gens qu'on aime, nos amis de cette génération éparpillée et aventurière. «  check in », « check out », on en vient même, pour rire, par faire des barbarismes... « T'as checkiné ? ». Vive le cosmopolitisme.

L'on découvre d'abord le train...et la SNCF à laquelle, je refuse, tout le monde le sait, d'être fidèle. Je m'en fais un point d'honneur même. Un point d'honneur ruineux, certes. Mais un point d'honneur quand même. Ce qui est totalement idiot étant donné que je prends régulièrement et de plus en plus le train...Mais, bon, qui n'a pas ces petites, absurdes mais délicieuses contradictions ?;-)

Enfin, un beau jour, l'on découvre l'avion dont le système ne fonctionne pas mieux, je dois le concéder, mais qui, pour ma part, me fait rêver.
L'avion, c'est d'abord, un plus cher. Il faut bien l'avouer quoiqu'il existe des tarifs préférentiels pour les moins de 25 ans.
L'avion, c'est rassurant. Les hôtesses sourient toujours et sont tout le temps gentilles et classes- ça change du look de certains contrôleurs de trains sur la ligne Toulouse -Paris.;-)
L'avion, c'est exotique. On se croirait partir pour « voyage en terre inconnue » à chaque fois. Quand on débarque à même le Tarmac de l'aéroport de Perpignan et qu'on subit à chaque fois un choc thermique, je suis désolée, les Antilles, à côté, c'est léger, léger ;-)
L'avion, c'est reposant. Bon ok, il y a des passagers mais la plupart du temps ce sont- sauf en période de vacances scolaires où la France est dans son ensemble envahie de terrifiants braillards en culottes courtes- des Monsieurs de l'âge de mon père qui sentent bon, parlent doucement et n'essaient pas d'engager la conversation...Ou des jeunes trentenaires et quadras sexy, en costume, au sourire colgate, à la George Clooney. Et là je dis oui. Et je n'évoque même pas le cas des pilotes.;-)
L'avion, c'est aussi tout un symbole. On vole quand même ! On s'extasie en passant au dessus du viaduc de Millau. On rêve en contemplant la Méditerranée. On tente de compter à chaque fois toutes les églises de Perpignan en survolant la ville. La France est encore plus belle vue du ciel.

Enfin, l'avion, c'est surtout le seul moment où je coupe mon portable et où je me retrouve coupée du monde. Je lis alors la presse en m'énervant. Puis je me calme en me disant que, quand même, tout n'est pas perdu, puisque ce sont encore des galettes de la Mère Poulard du Mont Saint Michel qui sont données avec le café Nespresso. Je me dis aussi, fatiguée de mes vaines et métaphysiques réflexions, que je n'ai pas besoin, au fond, de savoir si Saint Augustin, a raison ou non - l'Homme est-t-il in via ou in patria ?- et que de s'envoyer en l'air de temps en temps ne fait de mal à personne.



"My Generation" : envoyée dans la vallée infernale...

C'est décidé je repars ! Membre assumée de la génération "éparpillée" et aventurière qui est là nôtre, je me réserve une agréable fin de vacances sous le soleil espagnol ! 

Mais partir c'est...prendre le train. En soi c'est bien anodin, très pratique et finalement assez rapide. Sauf que dans les faits c'est bruyant, empli d'odeurs étranges telle que celle du croque monsieur du TGV bar et surtout c'est plein de voisins ! Dans ces cas là, je me rappelle que j'ai mon permis et que si j'avais fait HEC je me lancerais sur les routes de France dans une Fiat 500 à toit ouvrant. Ou sans, parce que c'est quand même plus cher et que c'est déjà assez compliqué de regarder devant, derrière et sur les côtés. 

On connaît tous les avantages du train et de sa carte 12-25 qui nous permet de voyager à prix raisonnable, surtout quand on part un mardi à 6H30 et qu'on accepte de rentrer un jeudi à minuit et demi, heure à laquelle il n'y a plus beaucoup de transports. Ah oui et surtout quand on va dans des endroits où je ne vais jamais...Bon, glissons !

Mon billet à la main, dûment composté, flanquée de Glamour, Biba et Closer, un pour chaque heure de train (si, si en lisant tout ça peut bien faire une heure de lecture chacun), je pars à la recherche d'une place pour ma valise. Ca y est, j'ai réussi à la hisser  dans les rangements en hauteur sous l'oeil goguenard de jeunes trentenaires qui me proposent, une fois qu'elle est calée, de m'aider ! Ca commence bien. Et là, c'est toujours la déception ! Quand je rêve d'être à côté d'un couple de personnes âgées en pleine sieste, je me retrouve toujours à côté d'enfants. J'adore les enfants...sauf dans un train ! Le pire c'est ceux qui pleurent et pleurent et pleurent tellement qu'à la fin c'est moi qui ai envie de pleurer ! 

Heureusement, la SNCF a répondu aux attentes des voyageurs excédés et envisage de créer un wagon pour que toutes ces heureuses familles évoluent ensemble dans un même wagon. Je plains les parents ...et les enfants, en fait je plains tout le monde dans ce cas là, parce que rien qu'à imaginer le bruit j'ai une migraine ! Sauf que pour moi cette solution rime avec retour à des lectures plus sérieuses, longues heures de méditation sur le sens de ma vie et sur le menu de la semaine prochaine... J'ai hâte ! 

Alors je dis vive le wagon familles ! Et surtout ...je prie pour ne pas être, un jour, la proie des regards noirs et des raclements de gorge significatifs. Autrement dit, j'espère que je pourrai aller me cacher avec mes enfants en train de hurler parce que Doudou est tombé, parce que Papa est pas là, et parce que le père Noël existe pas vraiment, dans un de ces wagons !


jeudi 6 septembre 2012

Rubrique "C'est mon choix" : Oui je sais...


Oui je sais...c'est ce qui est écrit sur mon "cache horribles photos des paquets de cigarettes" ! Non, je ne me voile pas la face, je n'ai pas peur d'avoir les dents horribles photographiées puisque je me lave régulièrement les dents ! Bon ok, peut être que je me voile un peu la face...

En fait, toutes ces recommandations qui nous font savoir les affreux dangers auxquels on s'expose en ne suivant pas les recommandations de l'Union pour la prévention de la santé (ou un truc du genre), ne nous empêchent pas de faire...quelques petits écarts. Et puis soyons honnêtes, cette fameuse union ne connaît pas la vie étudiante. Comment voulez-vous manger cinq fruits et légumes par jour ? Surtout quand la moitié de vos repas sont pris dans un hall de bibliothèque glacial, sans micro-ondes à disposition, avec la perspective d'une après-midi palpitante avec César ou Agricola dans une salle de lecture toute aussi glaciale ? Alors il y a la pompote, fidèle compagnon de ces repas, mais bon au bout d'un moment les Pompotes c'est lassant, surtout quand on n'aime que la traditionnelle compote de pommes. Et puis le café c'est un peu un fruit, très gras certes, mais vu que ça pousse sur un arbre, ça fait partie des cinq F&L à manger par jour, non ?

Alors, oui on sait, il faut faire du sport, ne pas boire d'alcool, surtout ne pas fumer (quand je pense qu'il y a à peine vingt ans j'aurais pu assister à de longs cours un peu soporifiques une petite cigarette (toute petite...) à la main). Mais on a beau savoir, on aime bien se bercer d'illusions, se dire que plus tard nos enfants mangeront d'excellents petits pots concoctés par nous (ou par Lui ! ) et que nous leur interdirons formellement de fumer (je ne t'ai pas mis au monde pour que tu te tues à petit feu !) en oubliant nous mêmes qu'on ne suivait absolument pas ces recommandations. 

Comme je me le dis chaque dimanche soir (le dimanche soir c'est un peu comme le 31 décembre, propice à de nouvelles résolutions) : demain j'arrête ! la cigarette, les pizzas, que je remplace par un grand verre d'eau, des petites courgettes grillées (sans huile), beaucoup de sport ! 

Oui je sais...mais est-ce que j'ai envie ?

mercredi 5 septembre 2012

Rubrique "C'était mieux avant" : Une chambre à soi

Une chambre à soi, c'est un essai de Virginia Woolf; on pourrait croire que ce n'est pas trop l'exemple à suivre, Virginia, vu comment elle a fini. Mais bon, elle avait quand même sacrément la classe. Bref, je repense souvent à mon appartement à moi. A plusieurs appartements en fait, à ceux que j'ai habité seule quand je faisais mes études à Toulouse, puis à Paris. Mes appartements de fille, quoi. On a toutes eu cet appart, celui qui était trop petit pour une soirée à 30, mais juste ce qu'il faut pour y être seule en fait. Celui qui sentait bon notre parfum, nos odeurs, celui qui nous ressemblait à coup de posters, de photos et d'eau de fleur d'oranger. On pouvait y mettre des rideaux rouge, des trucs à fleurs, une théière. Personne ne serait venu nous dire que notre appart était trop girly ou surchargé. Tout l'intérêt de cet appart était d'être girly et surchargé. On y prenait le thé entre copines, on y recevait des gentlemen parfois. On y mangeait par terre ou sur le lit, parce que les tables c'est pour les adultes. Parfois on y mangeait seule devant un épisode de Friends, parfois entre potes, par terre autour d'un poulet rôti du marché.


 Maintenant, quand on grandit, on va souvent vivre ailleurs, dans un appart plus grand, voire une maison. On partage cet endroit avec quelqu'un, et d'un coup ce n'est plus notre espace à nous, c'est un endroit pour deux. Fini le rose, les fleurs partout, les choses avec des pois dessus. Il faut des trucs neutres, pour que l'homme n'ait pas l'impression de vivre dans un Polly Pocket. Seulement voilà, est-ce qu'au fond, on n'aimait pas plus notre appart de fille? Vous vous souvenez de Monica qui s'exclame en pleurnichant "And I'm gonna have to live with a boy?" Et si la vraie vie avait été avant? L'âge d'or entre la chambre d'enfant et la maison d'adultes, quelque part parmi les mugs Belle-Epoque, les catalogues Princesse tam tam et les paires de chaussures qu'on ne peut pas trier, les petits carnets qu'on n'ose pas commencer, les sacs à main empilés qu'on n'ose plus vider.



Donc, dans la série "C'était mieux avant", plusieurs choses:
1. Les Polly Pocket c'était génial, c'était la vie avant Facebook.
2. Princesse tam tam refait le soutif de vos 20 ans, et ce en orange vif. A vos tutus.

mardi 4 septembre 2012

Rubrique "My Generation": Wake me up, before you go go.

Un homme sage a dit, partir, c’est mourir un peu. Inversement, mourir, c’est partir beaucoup. A choisir, je préfère partir. On part toujours de quelque part, et ce qui définit le départ c’est surtout sa localisation; “Je viens du Sud, et par tous les chemins j’y reviens”, nous dit Sardou. Quelqu’un qui n’a pas d’attaches ne part jamais vraiment, il ne fait que voyager, se déplacer. Notre génération nomade et éparpillée reconnaît ses points de départs; sur Facebook, on peut avoir un lieu d’où l’on vient et un lieu actuel. Ce lieu est le même pour de moins en moins de personnes. Qu’on vienne d’un patelin du Midi, de Dunkerque ou de Paris, il est à présent nécessaire de bouger. Avec ou sans argent, on bouge; on fait Erasmus, on part avec Easyjet, on va en Australie bosser dans des fermes. Nos parents nous avaient dit qu’on pourrait choisir le métier qu’on voudrait, faire des études qui nous plairaient. On a fait des études, et puis on est partis. A défaut de choisir un métier, on choisit notre destination. Notre génération vit le low-cost de la mobilité; on part un an, puis deux, et très vite on oublie comment revenir. On part pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs, mais on s’en fiche tant qu’il y a internet. On part goûter la couleur locale, et on ne rêve que de pâté et de fromage qui pue. Plus on part, en fait, plus on revient. Les aventuriers partent plutôt en Asie, les riches partent plutôt à New York, les humanitaires partent en Afrique. Notre destination nous définit-elle plus que notre point de départ? Je suis allé toucher des éléphants et nager dans l’eau turquoise plutôt que d’aller travailler dans un hôpital à Nairobi, je suis allé étudier aux Etats Unis plutôt que de faire un road-trip au Guatemala. On a donc aussi inventé la honte de la destination, comme on a honte de sa ville natale. Il y a des destinations honorables, des destinations hype, des destinations simplement à la mode, des destinations de hippies, des destinations de gosses de riches. 

Et toi, dis-moi où tu pars et je te dirai qui tu es.

L'Art de Voler (Incipit bis)


Voler est un art subtil et nombreux sont ceux qui se sont brûlés les ailes. Car à moins d’être pilote de ligne ou Tom Cruise, soyons honnêtes, l’entreprise est périlleuse !

Ces contre-indications n’ont pourtant pas brisé l’élan d’Antonio Altarriba qui, tout au long de sa vie, s’est essayé à l’envol…mais dans un tout autre registre !
L’art de voler avant d’être l’objet de cet article est en réalité le titre d’un ouvrage, et plus précisément d’une Bande Dessinée réalisée par Antonio Altarriba (il s’agit du fils ) et Kim. Habituellement je ne suis pas tellement BD, mais en feuilletant magazine je suis tombée sur une bonne critique de cet ouvrage, et je me suis lancée !

Loin d’être déçue, j’ai découvert avec Antonio père un peu de cet art…
Après avoir fui l’horizon limité du domaine paternel, il connaît tour à tour la tourmente de la guerre civile espagnole, de l’exil dans le sud de la France, de la clandestinité pendant la Seconde Guerre Mondiale avant de finir ses jours…enfermé dans une maison de retraite espagnole. Cette fin, à mille lieues des chemins si souvent arpentés, sonne comme un enfermement. A cela, le vieillard répond par l’envol…

Si le sujet est passionnant, les choix d’Antonio père le sont plus encore. Je garde un souvenir poignant de ma lecture : lorsque le jeune Antonio, grimpé sur un des murs bordant les champs paternels demande « Et on fait comment pour regarder au loin ? ». Le dessin représente alors deux minuscules silhouettes plantées sur un mur de pierre branlant et, bloquant l’horizon, une succession d’innombrables murs délimitant d’innombrables parcelles... Encore tout jeune, il prend son vélo pour gagner la ville la plus proche, préférant la fuite à l’enfermement. Une solution qu’il applique de nouveau, à l’âge de 90 ans, en sautant du dernier étage de son asile...

On pourrait trouver l’histoire morbide ou son protagoniste courageux, selon les sensibilités. J’y vois surtout la nécessité de trouver une alternative à l’enfermement, qu’il se manifeste physiquement ou mentalement. 

Cette lecture constitue à mes yeux un bon point de départ pour apprendre ou réapprendre à s’évader. Comme l’Albatros « exilé sur le sol au milieu des huées », nous avons parfois besoin de nous élever et de prendre notre envol. Qu’elles que soient nos évasions, leur durée, leur contenu, elles nous permettent de survoler nos lassitudes…un peu à la manière de ce blog.