On y arrive, à ce moment fatidique, où les gens se sentent obligés de terminer la conversation par un subtil et original "à l'année prochaine", où les mêmes gens commencent à vous interroger sur vos bonnes résolutions. Le truc, c'est que les résolutions, c'est un des plus gros mensonges de l'humanité, juste après le Père Noël et la mode vegan. D'ailleurs, pourquoi elles devraient être bonnes, mes résolutions? Moi j'ai été sage pour le Père Noël, je vais pas en plus me faire encore plus sage pour la nouvelle année, sinon on va tous mourir d'ennui. On pourrait au moins prendre des résolutions mauvaises, ou neutres. Ou alors, on pourrait appeler ça par son vrai nom, genre une liste de ce qu'on va essayer de faire, ou une démonstration de mauvaise foi, ou une tragédie existentielle. Des résolutions, ça n'a jamais rien résolu du tout, d'abord. C'est au pire un constat de ses propres limites et défauts, au mieux un changement de vie total pour une durée limitée d'un jour à deux semaines.
Je le sais, même si je décide d'aller à la gym, ça dépendra quand même de mon emploi du temps, des horaires du fitness, de la neige dehors, de ma digestion. Parce que j'ai la flemme. Les résolutions, c'est vouloir faire un pari sur soi-même en sachant qu'on part en tocard. Une grosse connerie quoi.
Parce que moi, des fois, je m'énerve. Moi-même. Et les résolutions, ça n'aide pas. Y'a comme un truc dans l'air qui te fait avoir envie d'en prendre; et tu te retrouves à passer l'après déjeuner à digérer ton foie gras et ton mille-feuille sur des sites de santé pour lutter contre le cholestérol. C'est facile, là, le ventre plein à vomir, en râlant avec ta mère sur le fait qu'on mange trop dans le monde occidental etc etc, de se dire que oui, on peut le faire, se passer de sucreries, de beurre, de fromage et de charcuterie. Le sel de la vie, quoi. On peut s'en passer. Surtout si ça peut en plus limiter nos risques d'AVC ou d'embolie parce qu'on prend une pilule du 3ème âge ou je ne sais quoi (autre demi-heure perdue sur la toile).
C'est peut-être du cynisme, c'est peut-être de la lucidité, mais à un moment il faut grandir, et arrêter de se fixer des moments de changement obligé, comme des deadlines toutes socialement imposées où là, vraiment, si on fait pas un effort, on a trop la honte. Parce que le pire, dans les résolutions, c'est qu'on a beau les appeler bonnes par convention, le gros paradoxe de la résolution c'est que si elle tient plus d'un mois, c'est anormal. Qui a entendu parler de quelqu'un qui a un jour de l'An résolu de dépenser moins et a réussi à résister aux soldes commodément placées deux semaines après? Le Nouvel An, c'est comme la célébration sordide de toutes ces résolutions ironiquement prises qui seront lâchement abandonnées à la première faiblesse, à la première galette frangipane et autres complots saisonniers contre la volonté humaine.
Alors que faire? Résister? En prendre des simples? Se renforcer et suivre vraiment ce qu'on s'est donné comme objectif? Je suis résolu à devenir le méchant, nous dit Richard III au début de la pièce éponyme de Shakespeare. Lui, il s'y tient. Et toi, t'y tiendras-tu?
dimanche 30 décembre 2012
mercredi 26 décembre 2012
Noël : 1 / Babel : 0.
Je dois l'avouer. Noël a encore gagné
cette année.
Tous les ans, c'est pareil. Tous les
ans, je me dis : « Oh, non ! Par pitié, fin du sketch.
Moi, j'aime pas les fêtes » Je n'exagère pas, quelques jours
avant, je suis crevée et malade, et irascible et de mauvaise humeur. Normal quoi ? Diront les mauvaises langues ;-)
Et pourtant, tous les ans, je me retrouve heureuse et mélancolique le 26
décembre.
Car Noël, en fin de compte, c'est
surtout synonyme de bonne bouffe et de famille. Les deux choses les
plus importantes au monde.
La bonne bouffe d'abord. Oui, ça y est
nous avons toutes pris 2 kilos et encore je suis optimiste. Nos
fringues nous serrent et la culpabilité nous étreint. Mais voyons
le côté optimiste de la chose : on a consommé et ça en
temps de crise, ce n'est pas rien. On a fait des folies. Foie gras,
champagne, saumon, chocolat, allez hop un dernier pour la route !
Mais la bonne bouffe, c'est aussi
synonyme de repas animés, où tout le monde crie et personne
n'arrive à se faire entendre, où on joue son rôle, tranquille,
d'année en année dans le tableau familial.
Le rebelle, la grande gueule, celle qui
ne se lève jamais à table, le chef de famille, la maîtresse de
maison, l'éternelle étudiante, la studieuse, la calme...On oublie
les petits fours...dans le four. On se fait virer de la cuisine parce qu'on goute un peu trop souvent pour savoir s'il y a assez de sel et l'on s'engouffre beaucoup de toast en prétextant la recherche d'esthétique et de symétrie dans la présentation. ;-)On planque les cadeaux dans un coin. On est déçu ou agréablement surprise que l'on connaisse encore aussi bien nos goûts. Les discussions s'enchainent et nous font franchement rire. Des colonies au
mariage gay, de la crise à l'avenir...Tout y passe. Entre le fromage
et le dessert, entre deux chocolats et un armagnac. On est pas
d'accord. Bah, non. Bien sûr que l'on est pas d'accord. Sur le fond
et pour la forme. On râle, on taquine, on s'insurge. Question de
génération ? Mauvaise foi ? Véritable opposition ?
On s'en moque au fond. C'est vrai quoi, Noël sans désaccord en fin
de repas, sans citrate de Bétaïne, sans guirlande qui clignote, ce
n'est pas vraiment Noël.
A Noël, c'est la trêve. On oublie les
« gueguerres », les tensions, les rancoeurs, et on se
contente de se détendre et de demander des nouvelles. Alors parfois c'est pénible, ça
semble demander beaucoup d'efforts mais parfois aussi c'est vachement
cool. On retrouve des gens que l'on ne voit pas dans l'année, on
prend le temps de boire un café au soleil, on blague, on retrouve de vieux automatismes, on refait les mêmes vannes, on papote histoires de famille,
histoires à la noix, et puis histoires plus intimes.
J'ai eu un moment
difficile...Pffff...M'en parle....C'est chaud la vie. Confidence pour
confidence : ouais c'est carrément chaud la vie.
On dit souvent qu'on ne choisit pas sa
famille mais qu'on la subit. C'est vrai, on ne la choisit pas. De là
à dire qu'on la subit...Je ne pense pas. La famille fait partie d'un
de ces nombreux trucs paradoxaux dans la vie. Un truc lourd mais
essentiel, léger, sympa mais pesant. Un truc qu'il faut construire.
La famille, ce sont ces gens qui vous connaissent bien, qui ne vous
passent rien, mais qui finalement vous offrent beaucoup et surtout
qui vous aiment quand même. Bah oui, ils sont obligés.
Prenons le bon côté des choses :
en famille, pas besoin de tricher. Quel bonheur ! On peut être
horrible comme on a pu l'être pendant notre crise d'adolescence, on
nous pardonne, on nous connait, on sait qu'au fond on est gentil, va.
Alors oui, c'est vrai. On joue un rôle, on dit ou fait par convention ou par provocation ce qu'on attend de nous. Et pourtant on change, on a changé, tout le monde change et personne ne
vous voit changer. Tout le monde vous ressort de vieux dossiers mais
finalement, c'est rigolo et rassurant. Les vieux dossiers.
Dans un monde où le changement, c'est
maintenant, changeons, changeons, toute l'année durant efforçons nous de changer et de donner le change, mais continuons ces
repas de famille de Noël où tout le monde joue son rôle et a l'opinion
qu'on attend de lui.
Noël est un rituel rassurant.
Enervant, stressant mais finalement rassurant.
On a fait des cadeaux aux gens qu'on
aime. Stressé, on a cherché des trucs toujours plus originaux et
plus fous et finit par offrir des bijoux et des livres, valeurs
sures.
On est allé au ski, comme le veut la
tradition, le 24 décembre, et on a échappé aux préparatifs du
réveillon.
A Noël, presque tout est permis.
On peut ne pas bosser sans
culpabiliser.
On peut aller à la messe de minuit
pour être avec les gens qu'on aime et kiffer chanter faux « les
anges dans nos campagnes. »
On peut reprendre deux fois de la
bûche.
Et Noël gagne tous les ans.
Parce que la magie opère.
Parce que seuls les lâches partent ou
abandonnent. Les autres restent et font des efforts qui payent toujours d'une façon ou d'une autre à la fin.
Parce que dans ce monde de déracinés
avoir un chez soi, un endroit où l'on revient tous les ans et où ne
vous demande pas d'où vous êtes parce que vous êtes d'ici, c'est
vachement cool.
Parce que des gens qui se souviennent
que vos chocolats préférés sont les Pyrénéens de Lindt et qui
vous offre tous les ans un pyjama sachant très bien que vous ne
prenez jamais la peine de vous en acheter un dans l'année, c'est
touchant.
Parce que la famille, c'est sacré.
jeudi 20 décembre 2012
Ne me quitte pas...
Un jour (pas si lointain), une amie m'a dit "dans la vie il y a ceux qui partent et ceux qui restent". C'était sa pensée profonde 11403. Mais moi j'aime bien les pensées profondes : simples, efficaces et tellement vraies !
Pour les petits tracas du quotidien, il y a toujours une oreille attentive voire compatissante. Parfois même de bons conseils : "tu te demandes quel vernis mettre ? Le marron glacé, classe et glamour". "C'est l'horreur, je n'ai rien à me mettre pour cette soirée ! " "Et ta petite robe noire taille empire?" "Ah oui, je l'avais oubliée celle-là". Des petits tracas on en a beaucoup, tout autant que des mots rassurants. Pour votre fête d'anniversaire, tout le monde est okay, vient enjoué, se rue sur vos innombrables déclinaisons de cakes (à chacun sa spécialité) et repart tout aussi content.
Mais qui est là pour vous, je veux dire vraiment pour vous ? Qui reste quand une catastrophe arrive ? Qui ose vous appeler en sachant quand vous n'avez pas le concours que vous deviez avoir ? Qui prend du temps pour manger des rillettes dans le 5e un soir de déprime ? Et bien c'est simple, ceux-qui-restent. Qui en ont le courage et l'envie. Qui ont suffisamment d'amour ou d'amitié pour vous aimer même quand vous n'avez pas une bonne blague à sortir. Qui, vous voyant désespéré le jour de votre anniversaire, sonnent le branle bas de combat pour que vous souffliez quand même vos bougies. Certainement pas ceux qui, repus, s'éclipsent au mauvais moment.
Les jours où je fais le point sur ce qui compte vraiment dans ma vie, je repense à cette pensée profonde. Et là, elle ne m'a jamais parue aussi vraie : que ça aille ou non, que je sois au top ou pas, je sais qu'il y a des gens autour de moi, famille, amis, qui eux ne me quittent pas et n'ont pas l'air de vouloir me quitter à la première bourrasque. Et je peux vous dire qu'il y en a eu, qu'il y en a et qu'il y en aura encore des bourrasques...avec leur lot de pensées profondes...
mercredi 19 décembre 2012
La liste
Rassurez vous je ne vais pas vous parler de la liste au Père Noël. Déjà parce que ça a le don de m'énerver, le Père Noël, mais aussi parce qu'on a jamais les cadeaux que l'on veut, et que de toute façon, ne vous faites pas d'illusion, on ne le verra pas cette année, le Père Noël, fin du monde oblige.
A nos âges, on est moins fun - juste sur certains points rassurez vous ;-)- et on est stressé de la vie. On vieillit -ou bien on a toujours été psychorigide?- et on fait des listes. Des listes de compétition. Des post-it de listes. D'aucun les appellent des « to do list ». Oh yeah. On organise, on planifie. On se rassure. On cloue des projets pour être sur d'arriver au moins jusque là.
Je suis la reine des listes. Des quiches et des listes, c'est bien connu. Elles sont sympas mes petites listes et puis elles me ressemblent. Elles sont pleines de paradoxes. Ma vie s'étale sur les post it.
-Rappeler mamie.
-Manucure.
-Ficher Atlande.
-Acheter du thé.
-S'occuper du dossier CAF.
-Lessive.
-Rendre livres BU.
Vous avez aussi les actions qui sont repoussées et réinscrites de liste en liste du genre :
-Ranger les cours.
-Passer l'aspirateur.
-Aller au sport.
Les trucs mignons :
-Acheter des corayas cœur ail et fines herbes pour une telle.
-Souhaiter anniversaire à un tel.
-Acheter des chocolats pour Monsieur Delgado.
Les insolites :
- Ne plus jamais rappeler ce connard.
- Penser à prendre ce p**** de parapluie.
Les préférés :
-Faire la valise.
-Penser à imprimer les billets.
-Acheter des bottes noires.
A la fin, on ose même écrire :
- Sortir la poubelle.
Pour être sur de le rayer celui-là.;-)
La période ajoute la liste de cadeaux qui ne parvient pas à s'amenuiser et à être gribouillée. Bah oui forcément, à chaque fois que je vais pour acheter un cadeau à quelqu'un je finis par me l'offrir, ce qui est en soi assez embêtant. A la fois pour mon budget mais aussi pour mon moral car la culpabilité me ronge tout de suite après et je me dis que je suis une affreuse égoïste, une mauvaise personne qui arbore tout de même un superbe collier et un super sac qui à la base, étaient destinés à ma cousine ou ma meilleure amie. Mais ce n'étaient pas tellement leur style finalement.;-)
Bref, j'aime bien mes petites listes, elles me rassurent et me ressemblent. Elle me stressent et me rappellent à l'ordre et puis quand elles me narguent, je n'ai qu'à les jeter. Si la vie pouvait parfois être aussi simple qu'un post it certains jours. Reset. Reconfiguration des montres. Hop. On la refait, on recommence. Ceci n'a jamais existé.
Je pense à cette chanson de Rose où elle fait la liste des choses qu'elle veut faire avec son amoureux. Ah c'est sur que c'est plus fun que mes listounettes à moi ! Je ne dis pas que je ne voudrais pas « m'enfermer tout le jour et écrire des mots d'amour » ou « pardonner tes erreurs » Mais je ne peux pas. Déjà je ne pardonne plus et puis je n'aime pas rester dans mon appart' car au bout d'un moment je tourne en rond. Plus sérieusement, c'est joli, ça donne envie, c'est rose et plein d'entrain mais est ce que c'est vraiment jouable ? Est ce que ce n'est pas d'autant plus énervant qu'on sait bien que ce n'est pas jouable tout ça et que ça nous entretient dans l'illusion ?
Mes listes au moins elles sont réelles. J'ai du mal à en venir à bout mais j'y arrive. La sienne, je suis vraiment sceptique. Ou très cynique alors.
Mais, bon allez, je dois avouer qu'après une salve de concours blancs destructeurs, où j'ai mal à la main à force de noircir des pages et des pages de « paradigme », de « il s'agira donc », de « Par conséquent », de « cet exemple nous révèle que », et puis un peu désespérée du love, en proie à un énième petit chagrin d'amour -cœur d'artichaut oblige-je la trouve chouette moi cette chanson qui m'énerve. Parfaite pour illustrer mon côté Mi "désabusé de la life" -Mi rêveur, Mi naïf -Mi combatif, Mi Fille -Mi Raison.
Maman j'ai (pas) raté l'avion
En anglais le film "Maman j'ai raté l'avion" s'appelle "Home Alone"; c'est peut-être l'un des rares cas où un film américain a un meilleur titre en français qu'en anglais (il y aurait tout un article à faire sur le sujet d'ailleurs). Effectivement, au final, c'est mieux d'insister sur le fait que le petit blond a raté son avion, parce que pour moi ça a toujours été le sujet principal du film. Moi, j'ai une phobie terrible de l'avion, alors j'étais toujours super contente quand Macaulay Culkin se retrouvait seul. Bien joué, mec, t'as plus à prendre l'avion finalement!
Quand j'étais petite, j'ai pris l'avion trois fois peut-être, l'une d'entre elles toute seule en UM avant d'avoir dix ans. J'ai rien senti, j'étais super contente. Bon, j'allais à Rome et c'est une autre histoire, mais je ne me souviens pas d'avoir eu peur de l'avion avant au moins mes 18 ans. Est-ce que quand on est gosse on ne ressent pas la peur? Donc, maintenant, en avion, j'ai peur. Quand ça bouge, j'ai peur. Quand ça ne bouge pas, je me dis qu'on est au dessus du vide, et ça me fait peur. Quand je suis la seule à flipper, j'ai peur, mais si les autres ont peur aussi, j'ai d'autant plus peur. Bref, j'aime pas l'avion.
Avec tout ça, on pourrait croire que les aéroports seraient un lieu de détente, après ou avant la bataille, où au moins on sait qu'on n'est pas encore ou plus dans l'avion. En théorie, c'est plutôt cool un aéroport, avec les magasins, les restaurants, des toilettes super propres, un air de neuf et de design. Mais bon, d'abord il y a l'emmerdement horrible avant; comment on arrive à l'aéroport, que ce soit bus, RER ou même taxi, c'est toujours affreux; il faut se trimbaler des tonnes de trucs, une valise qui roule mal, un sac à dos plein à ras bord plus un sac à main. Il y a le flip du "ma valise est en surpoids", 75 euros chez Air France. Il y a le dégoût de payer un taxi pour être tranquille et de se retrouver avec un chauffeur psychopathe. Après 6h de bus dans mon trajet normal de retour en France, je suis déjà transpirante et fatiguée, et j'en ai encore pour 15h de voyage sans douche et sans repas normal. Alors forcément, quand j'arrive à l'aéroport, les gens m'énervent. Ils sont devant moi, ils sont bruyants, mais surtout, ils sont beaux. On dirait qu'ils sortent d'une des pubs dans les magasins de parfums de duty-free. Parce qu'à New York, les gens sont sur le 31 en permanence.
Le pire, c'est les filles. Je hais les filles d'aéroport. Elles sont tirées à quatre épingles, cheveux propres, maquillage impec. Je suis en jogging, l'oeil hagard; on dirait qu'elles sont dans une comédie romantique américaine et qu'elles attendent le moment où le gars va arriver pour les demander en mariage ou rétablir la vérité suite à un quiproquo. Elles sont en talons hauts, alors que la vidéo dans l'avion dit que justement les talons hauts c'est pas tip top en cas d'évacuation d'urgence.
Moi, à l'aéroport, j'ai pas le temps de faire la belle, de défiler comme sur un nuage à la Cate Blanchett reine des elfes dans Bilbo le Hobbit. Je suis en retard, j'ai mon sac à dos et mon manteau et mon écharpe sous le bras. Toutes les 5 minutes je vérifie que j'ai pas perdu mon passeport ou ma carte d'embarquement. J'ai chaud et froid en même temps. Alors, les pin-up du voyage, elles me font chier grave. Elles ont une pochette super cool avec tout bien rangé dedans, mais elles le mettent où leur ordi? Elles ont leur billet d'avion sur leur iPad parce qu'elles sont des pin-up geeks et dans le vent. Elles ont un oreiller d'avion. Elles se font des manucures dans un de ces salons de beauté improbables d'aéroport. Parce que franchement, c'est vraiment le moment d'acheter du maquillage et du parfum quand tu t'apprêtes à faire un voyage affreux. Pour moi à la limite, ça fait sens, j'ai l'air tellement horrible après mes 6h de bus que si je croise un miroir dans un rayon de 5 mètres à un magasin de duty-free, je vais ressentir le besoin d'y entrer et de me ravaler la façade à coup de fond de teint que je ne mettrai jamais et de rouge à lèvres Dior, et ce malgré l'odeur de 10000 parfums mélangés.
Alors, je crie au complot: c'est un coup de pub, ces filles sont fausses, des modèles payés pour être là et nous faire consommer des produits de beauté. Franchement, s'il y a un moment dans ma vie où on pourrait m'épargner la comparaison avec des meufs canons et classe, c'est vraiment l'aéroport. Je n'ai ni l'envie ni le temps d'une crise d'identité; je dois me préparer psychologiquement à flipper non stop pendant 7 heures. J'ai pas le temps pour vos conneries.
Si vous me croyez pas, allez lire ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane
Ou ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane_heard
Quand j'étais petite, j'ai pris l'avion trois fois peut-être, l'une d'entre elles toute seule en UM avant d'avoir dix ans. J'ai rien senti, j'étais super contente. Bon, j'allais à Rome et c'est une autre histoire, mais je ne me souviens pas d'avoir eu peur de l'avion avant au moins mes 18 ans. Est-ce que quand on est gosse on ne ressent pas la peur? Donc, maintenant, en avion, j'ai peur. Quand ça bouge, j'ai peur. Quand ça ne bouge pas, je me dis qu'on est au dessus du vide, et ça me fait peur. Quand je suis la seule à flipper, j'ai peur, mais si les autres ont peur aussi, j'ai d'autant plus peur. Bref, j'aime pas l'avion.
Avec tout ça, on pourrait croire que les aéroports seraient un lieu de détente, après ou avant la bataille, où au moins on sait qu'on n'est pas encore ou plus dans l'avion. En théorie, c'est plutôt cool un aéroport, avec les magasins, les restaurants, des toilettes super propres, un air de neuf et de design. Mais bon, d'abord il y a l'emmerdement horrible avant; comment on arrive à l'aéroport, que ce soit bus, RER ou même taxi, c'est toujours affreux; il faut se trimbaler des tonnes de trucs, une valise qui roule mal, un sac à dos plein à ras bord plus un sac à main. Il y a le flip du "ma valise est en surpoids", 75 euros chez Air France. Il y a le dégoût de payer un taxi pour être tranquille et de se retrouver avec un chauffeur psychopathe. Après 6h de bus dans mon trajet normal de retour en France, je suis déjà transpirante et fatiguée, et j'en ai encore pour 15h de voyage sans douche et sans repas normal. Alors forcément, quand j'arrive à l'aéroport, les gens m'énervent. Ils sont devant moi, ils sont bruyants, mais surtout, ils sont beaux. On dirait qu'ils sortent d'une des pubs dans les magasins de parfums de duty-free. Parce qu'à New York, les gens sont sur le 31 en permanence.
Le pire, c'est les filles. Je hais les filles d'aéroport. Elles sont tirées à quatre épingles, cheveux propres, maquillage impec. Je suis en jogging, l'oeil hagard; on dirait qu'elles sont dans une comédie romantique américaine et qu'elles attendent le moment où le gars va arriver pour les demander en mariage ou rétablir la vérité suite à un quiproquo. Elles sont en talons hauts, alors que la vidéo dans l'avion dit que justement les talons hauts c'est pas tip top en cas d'évacuation d'urgence.
Moi, à l'aéroport, j'ai pas le temps de faire la belle, de défiler comme sur un nuage à la Cate Blanchett reine des elfes dans Bilbo le Hobbit. Je suis en retard, j'ai mon sac à dos et mon manteau et mon écharpe sous le bras. Toutes les 5 minutes je vérifie que j'ai pas perdu mon passeport ou ma carte d'embarquement. J'ai chaud et froid en même temps. Alors, les pin-up du voyage, elles me font chier grave. Elles ont une pochette super cool avec tout bien rangé dedans, mais elles le mettent où leur ordi? Elles ont leur billet d'avion sur leur iPad parce qu'elles sont des pin-up geeks et dans le vent. Elles ont un oreiller d'avion. Elles se font des manucures dans un de ces salons de beauté improbables d'aéroport. Parce que franchement, c'est vraiment le moment d'acheter du maquillage et du parfum quand tu t'apprêtes à faire un voyage affreux. Pour moi à la limite, ça fait sens, j'ai l'air tellement horrible après mes 6h de bus que si je croise un miroir dans un rayon de 5 mètres à un magasin de duty-free, je vais ressentir le besoin d'y entrer et de me ravaler la façade à coup de fond de teint que je ne mettrai jamais et de rouge à lèvres Dior, et ce malgré l'odeur de 10000 parfums mélangés.
Alors, je crie au complot: c'est un coup de pub, ces filles sont fausses, des modèles payés pour être là et nous faire consommer des produits de beauté. Franchement, s'il y a un moment dans ma vie où on pourrait m'épargner la comparaison avec des meufs canons et classe, c'est vraiment l'aéroport. Je n'ai ni l'envie ni le temps d'une crise d'identité; je dois me préparer psychologiquement à flipper non stop pendant 7 heures. J'ai pas le temps pour vos conneries.
Si vous me croyez pas, allez lire ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane
Ou ça: http://theoatmeal.com/comics/airplane_heard
dimanche 16 décembre 2012
Avoir confiance...ou pas ?
« J'ai confiance en toi » est je crois la pire des phrases que l'on peut dire à quelqu'un.
Pire que « je t'aime », « je te déteste », ou whatever. « J'ai confiance en toi. » Et hop le petit coup de pression qui monte et la furieuse envie de hurler « Nooooooooooooooonnnnnn ! »
Ne me dis pas que ça ira quand tu sais qu'il y a de grandes chances pour que ça n'aille pas.
Ne me fais pas te décevoir quand moi je vais me décevoir.
Les grands optimistes n'ont de cesse de répéter qu'il faut avoir confiance.
Bon alors admettons. D'accord, on est tous des Bisounours et on a tous confiance : Oui mais en quoi ? En plusieurs choses en fait.
D'abord, il faut avoir confiance en l'avenir. Si, si, si. Mais ça encore j'y crois. C'est facile. Oui, je crois en l'Histoire, au progrès, en l'avenir, aux capacités infinies de l'être humain. Je crois même aux nanotubes de carbone maintenant ! depuis qu'un ami chercheur m'en a parlé.
Bon, c'est vrai la crise n'arrange rien à l'affaire et il ne fait pas bon avoir 20-25 ans dans les années 2010. Ajoutez à ça des passions un peu étranges et une ferme volonté de faire ce qu'on aime dans la vie et vous avez nous ! La fameuse génération Y en tension permanente entre ce qu'elle voudrait être et ce qu'elle est ! Et encore je ne vis plus chez mes parents...;-)
Pour les angoissés, c'est un peu compliqué certains jours toute cette confiance.
« C'est pas grave, ça va s'arranger » Mon œil. Ça ne s'arrange pas toujours et même parfois ça empire !
Mais avoir confiance en l'avenir suppose aussi et surtout avoir confiance en l'autre.
Et là ça devient très difficile, voire utopique.
Je ne vais pas revenir sur mes multiples déceptions amicales, amoureuses et même familiales. Vous avez vécu les mêmes et vous savez ce que sait. Vous connaissez bien ce sentiment horrible de déception. Cette boule au fond du ventre qui peut mettre des mois à passer et qui revient certains soirs.
Et pourtant, on se laisse prendre à chaque fois à ce terrible jeu. Des gens entrent dans nos vies, on leur accorde notre confiance, puis ils en sortent aussi vite qu'ils sont venus. Entre temps de bons et parfois de beaux moments. A la fin, la boule au ventre mais le doux sentiment d'en sortir grandie. On a kiffé mais on a souffert quand même. Parfois un peu paumée, parfois pleinement consciente du désastre imminent du jeu, On cède aux sirènes mais à quel prix ?
Car ça peut être très beau la confiance. Beau et reposant. Qu'il est doux d'avoir des certitudes dans ce monde où tout bouge tout le temps, où l'on voyage, où l'on rencontre plein de gens. Que cela est reposant d'avoir des gens en qui l'on a confiance. Des gens que l'on peut appeler – ou pas;-)- dans la tourmente. Des béquilles, des piliers pour quand on a, pour le coup plus confiance en rien.
L'autre truc sympa, c'est la surprise : trouver quelqu'un là où on ne l'attendait pas. Être surpris. Ne rien prévoir. Se planter souvent mais vivre un truc à part, auquel on ne s'attendait pas. J'en vois qui rigole déjà. Mais je m'en moque. Oui, je veux de la surprise et de l'imprévu.
Enfin, cela passe peut être par la confiance en soi. Et là j'ai une idée tout à fait personnelle. Une idée plutôt cynique et désabusée. Je crois qu'il faut avoir confiance en soi parce qu'on a pas le choix.
Oui. Je ne vais pas vous la jouer yoga et sophro -en plus ce serait nul car je n'y suis jamais allée- je suis désolée : je suis sceptique. Je crois que la seule personne qui peut nous sauver, bah c'est nous même. Avoir confiance, c'est commencer à bien se connaître, c'est se penser, c'est se vouloir perfectible. Et c'est surtout s'accepter imparfait, libre et heureux.
J'ai dit que je croyais aux possibilité de l'être humain mais je commence aussi à en connaître ses limites ainsi que les difficultés qu'il rencontre. Et je pense bien souvent à une phrase de Pascal dans les Pensées :
« L'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. »
Donc, je ne vais pas vous dire que nous sommes tous des êtres extraordinaires. Je ne vais pas vous dire que la vie va être un long fleuve tranquille. Je ne vous dirai pas non plus que les derniers seront les premiers. Je vous citerai du Corneille :
« Dans un si grand revers que vous reste-t-il ? - Moi, Moi, dis-je, et c'est assez »
Pierre CORNEILLE, Médée, I, 5.
Alors, il faut avoir confiance, il faut se faire confiance envers et contre tout. Parce que devant le miroir, devant la carte au restau', devant votre copie, devant votre employeur, face à vos doutes, dans vos petites victoires et vos amères défaites, il n'y a finalement que vous. Vous et les infinies possibilités du monde. Et c'est assez.
mercredi 12 décembre 2012
Un vote, une carte de voeu, du talent !
Noël c'est magique, mais quand ça rime avec dizaines de cartes de voeux ça l'est déjà bien moins ! Sauuuuuf si vous avez la chance d'écrire sur la carte dessinée par Laura pour le magazine Be. Elle participe à un concours pour le magazine Be à l'occasion de Noël.
N'hésitez pas à voter pour elle si vous aussi vous aimez les fêtes sans aucune modération :
http://www.be.com/challenges/challenges-mode/1522546-participez-concours-illustration/4039890-souhaite-bonne-annee.htm
dimanche 2 décembre 2012
Encore un matin…
Demain c'est lundi...et le lundi apporte son lot d'angoisse c'est bien connu. La pire de toute est celle du matin : comment je vais réussir à me lever tôt cinq jours d'affilée ? Un défi renouvelé chaque jour, chaque semaine, chaque mois...pour toute une vie !
J’ai souvent entendu que le monde appartenait à ceux qui se
lèvent tôt. Je l’ai trop entendu. Maintenant je le prends mal. Si c’est vrai,
alors le monde est loin de m’appartenir ! Le matin je ne suis pas enjouée
devant une tartine de Nutella agrémentée d’un jus d’orange frais et d’un
yaourt, le matin je ne mange pas de muesli avec un kiwi parce que c’est plein
de vitamines C, je ne ressemble pas aux blondinets de la pub ricorée en chantant que "le soleil vient de se lever", parce que quand je me lève il fait encore nuit !
Le matin…je meurs devant mon jus de pomme leader price et mes
deux malheureux krisprolls dont je repousse le mastiquage parce que ma mâchoire
est endormie et qu’elle refuse de s’activer. S’activer, l’inverse de mon matin. Je suis lente, mon corps est désespérément lent, mon esprit
aussi. Je le sais, ils me font payer de les avoir extraits de leur torpeur
ensommeillée. « Tu m’as obligé à me lever ? Tu vas voir tu vas le
payer : tu vas devoir courir pour attraper ton RER, tu t’y engouffreras
transpirante, décoiffée et tu auras un choc thermique ! ». Sauf que
j’essaie de leur expliquer que ce n’est pas de ma faute si on vit dans une
société du matin.
Tous ces gens qui se lèvent tôt et traînent leurs songes à
peine achevés dans le RER sont bien la preuve, pourtant, que je ne suis pas la
seule à haïr le matin. Alors je feinte le matin : si j’ai un évènement, je
me dis que le matin est un petit moment réservé pour se faire belle, si je suis
complètement embuée je regarde un reportage sur les tigres sur Arte et me
laisse porter par la fougue de ces félins, si je suis fatiguée, je me dis que
dans 12h je dors et que rien que pour ça, ça vaut la peine de se lever. Mais il
y a le matin insurmontable, celui où votre journée commence par un
« putain » rageur, dénonciateur de l’injustice qui nous est faite à
nous, les laissez-pour-compte du soir.
Mais ce qui m’angoisse le plus dans le matin, c’est que
chaque jour il se répète. Pire encore, chaque jour de toute ma vie je vais
devoir me lever. Et arrivera un moment où j’aurai passé l’âge de me lever à
midi le dimanche, où de charmants bambins sauteront sur mon lit pour me faire
culpabiliser d’être une mère-du-soir et pas la mère de la famille Ricoré du
matin. Parce qu’en plus, le matin je suis de mauvaise humeur : je n’ai pas
mes cheveux blonds négligemment lâchés sur les épaules, ni un pyjama blanc
immaculé, des lèvres roses sur un teint pâle. D’ailleurs je vous épargne la
description de ce que je suis réellement. Alors la question est posée, chaque
jour de plus belle : Mais pourquoi ? Pourquoi le matin ?
Jean-Jacques Goldman l’avait bien compris… « ça ne sert à
rien ».
samedi 24 novembre 2012
Un whisky et au lit
« Tu prends quoi toi ? »
Je lance un appel désespéré aux clubbeuses en ce samedi soir car je ne sais plus quoi boire au bar. Et c'est une nouvelle fois la crise. La crise dans tous les domaines.
La crise financière : mon portefeuille dit et redit non aux consos à plus de 10 euros.
La crise identitaire : est-ce que j'aime vraiment la Tequilla ?
La crise de croissance : il faut vraiment que j'arrête les alcools forts non ?
Certains soirs, au bar, on ne sait pas quoi prendre. Et quand on aime aller au bar comme moi, c'est problématique. Bon, au bistrot d'en bas de chez moi, ils le savent, selon l'heure, c'est un café ou un verre de Cahors. Mais en soirée, à quoi doit-t-on « tourner » pour ne pas grossir, ne pas être soûle, ne pas faillir à ces foutues conventions sociales ?
Dis moi ce que tu bois, je te dirai qui tu es.
En ce cas, les bars sont peuplés de nombreux garçons qui se ressemblent un peu tous. Des garçons tièdes, pales et insipides comme leur bière. Des filles gaies, trop souriantes pour être sincèrement heureuses, qui descendent des Mojitos où il y a plus de menthe qu'autre chose. Bonjour l'originalité.
Dis moi comment tu te sens, je te dirai quoi boire.
Même pas. Je veux une grenadine et je commande l'instant d'après un whisky. Est-ce que je refuse de grandir ? Est-ce que j'ai peur de vieillir ? Est-ce que je n'ai passé l'âge de traîner mes guêtres et mes soucis dans des pubs du 5éme ? Mon pote me rassure en me disant que je suis juste bipolaire;-)
Un Mojito, j'ai l'esprit festif, je suis à la mode, je veux juste faire comme tout le monde et m'amuser un peu.
Une Tequilla Sunrise, j'ai la nostalgie de mes premières amours.
Un Bloody Mary, je me la joue littéraire et je drague en racontant l'anecdote d'Hemingway.
Un cosmopolitain , je me rêve à New York toujours mieux que Paris.
Un martini blanc, je choisis la valeur sure.
Un Rhum, me voilà dans les Îles.
Et enfin un jour, un soir, un whisky, je me sens femme, je me sens libre, je me sens classe et...vieille.
Peut être que je suis simplement fatiguée.
Peut être que c'est le temps, à Paris, où ce soir les 7 plaies d’Égypte semblent s'être données rendez vous pour s'abattre sur la capitale et pour jouer avec nos nerfs et nos écharpes.
Peut être que c'est l'âge, l'âge des grandes contradictions : le moment où l'on passe du Mojito, du « cocktail fun », Tequilla Sunrise, Bloody Mary and co au Whisky sans glace à la grande surprise du serveur.
L'âge aussi où l'on rentre avant 1h du mat' parce qu'on veut faire quelque chose de valable de son dimanche, si tant est que l'on puisse faire quelque chose de valable, le dimanche.
Un temps tout, je vous dis, un temps pour tout.
dimanche 18 novembre 2012
Éloge du fragment ou...Poétique du texto.
Qui de nos jours n'est pas accro' -totalement pour ma part- ou partiellement, aux textos ou SMS, élégant acronyme recouvrant l'expression anglaise ( beurk ;-)) Short Message Service.
La vie serait bien triste sans ces petits messages qui ponctuent notre quotidien bien souvent cruel, difficile et grisouille-minute déploration;-) parce que c'est dimanche quand même et que, ça y est, Noël arrive avec ses décorations et son impératif d'optimisme niais que l'on se doit d'afficher pednat un mois.
Les textos rythment nos folles journées. Ils nous permettent de vivre plusieurs vies, d'échanger avec des gens différents. La magie de l'évasion. Tout est multiplié.
Je trouve que le texto a rapport à la poésie. C'est quelque chose de poétique, d'intime. Un jeu. Jeu de mots.
En rêvassant la dernière fois, je me suis fait la réflexion que l'écriture par texto pouvait se comparer à l'écriture du fragment. Bien sûr, nous savons bien que les messages que nous envoyons sont rédigés dans l'immédiateté, dans la hâte, la plupart du temps. On répond vite, du tac ou tac. Foutue efficacité oblige. Mais si l'on commence à jouer, si on exploite tout le potentiel du message, il devient écriture fragmentaire, poésie même. Il y a quelque temps de cela, j'avais eu l'occasion d'avoir un cours sur l'écriture du fragment, cours passionnant au cours duquel j'avais lu et découvert toute cette esthétique. Moi la grande bavarde : Dire tout en peu de chose. Un pari.
Jean Michel Maulpoix écrit : « La poésie s'achève aujourd'hui : elle disparaît et se parvient. La parole souffre, la page blanchit, on n'entrevoit pas de formes nouvelles. Jamais les horizons du poème ne furent si proches et si vides. Le temps du fragment est venu, ce qui ne signifie pas que la littérature agonise, mais qu'elle marque une pause et se raréfie momentanément, comme pour observer de plus prés ce silence qui est sa douleur. Le fragment pondère la parole, contrarie le chant, reconnaît ses faiblesses, évalue ses pouvoirs. Il entretient en poésie l'effort de la pensée.
Interrogeons son encre. Émondons l'arbre : qu'il cesse de cacher la forêt. »
J'en vois déjà s'exclamer : « Mais elle est devenue complètement folle ! Cette agreg' lui monte définitivement à la tête ! Les textos, de la poésie ! » Et bien non. Je m'interroge. Je le redis tous les SMS ne sont pas pure poésie. Nous sommes bien d'accord, mais leur pratique et l'écriture de certains d'entre eux peut, à mon sens, présenter quelque chose de poétique, complexe et difficile à définir – comme la poésie finalement?;-).
Donc, parfois, le texto, peut être une manière d'aller à l'essentiel, de toucher le point faible.
De « Parler peu, mais plus juste. Creuser le ciel en nous taisant bien droit. Bel hiéroglyphe. »
Le texto, souvent décrié, dans nos sociétés, est en fait un truc extraordinaire. En effet, il permet d'abord de garder tout le temps un lien certes tenu, avec les personnes aimées. Par la pensée. Bien sûr, c'est mille fois mieux de discuter avec ses amis, de les voir, de les sentir, d'entendre le son de leur voix. Mais le temps file, et l'on ne peut tout faire à même temps. Le texto, même simplissime, permet de dire : « Là, dans ce tourbillon, je pense à toi ».
Alors après se créé parfois une certaine dépendance. On attend la réponse. On guette son téléphone. Et je me demande finalement si ce problème de dépendance n'est pas un faux problème en réalité. Bien sûr qu'on est dépendant des autres, bien sûr qu'on attend un signe, un coup de fil, un sourire, une explication ou …un texto. La « dépendance » se doit donc d'être assumée.André Breton disait « Au-delà de ce qui arrive ou n'arrive pas, l'attente est magnifique. »Le texto est une étape dans le badinage amoureux. Une belle étape où on échange, on s'écrit. Pudeur du sms attendu, espéré et réfléchi.
Il faut donc aussi évoquer les cotés « moins funs » du texto, l'attente de la réponse et le décryptage.
Et là, je voudrais rendre un hommage vibrant aux copines. Mais qu'il est long le temps que l'on perd à analyser ce qu'Il a mis, ce qu'il a voulu dire et surtout ce qu'il va falloir répondre !
Une de mes amies, d'un certain âge, me disait qu'elle déplorait le fait que les jeunes fille ne se parlaient plus, pianotant sans cesse sur leur clavier. Je ne suis pas d'accord et je pense même que c'est tout le contraire. Elles passent leur journée à se parler, à échanger. Et puis arrêtons aussi de croire que parce qu'on fait dix mille choses en même temps on ne se concentre sur aucune. Nous sommes des femmes oui ou non ?!
Après il est vrai qu'il faut parfois déconnecter, mais ces moments là, nous savons très bien les percevoir et les vivre. Tout message ne remplacera jamais, un verre entre amis, un calin, un sourire ou une bonne dispute. Car un texto, c'est parfois aussi super facile et super lâche. Pour les gens entiers qui ne peuvent mentir au téléphone. On textote et hop ! L'énervement glisse, passe inaperçu...La crise est évitée.
Ainsi, vive les textos ! Vive les bêtises échangées toute la journées entre copines ! vive les mots doux ! Vive la poésie et les phrases pour ne rien dire !
Rimbaud disait : « Il faut être absolument moderne ». Il faut vivre avec son temps mais il faut avant tout vivre avec les gens et si cela passe beaucoup pour notre génération, par ces petits messages, continuons de pianoter sans cesse puisque « Le fragment a vocation à réconcilier le beau et le simple, l'émerveillement et la pensée. »
Bonheur du texto clin d’œil qui fait du bien certains matins. Bonheurs des « bonnes chances », des « Je pense à toi », des "je t'embrasse", des « je te trouve jolie », minuscules beautés qui font du bien.
dimanche 4 novembre 2012
Critique littéraire: 50 Nuances de Fariboles
On a annoncé récemment les finalistes du Goncourt. En parallèle il y avait la sortie du best-seller ultra erotico-soft ou "mummy porn" américain "50 Shades of Grey", en France. Je peux déjà imaginer les batailles de regards dans le métro avec les "j'assume totalement mon côté futile", ou les snobs anciens khâgneux, en passant par le sacré Kindle et autre liseuse qui permet surtout de cacher ses lectures coupables. Et s'il y a jamais eu une lecture coupable, c'est celle de "Cinquante nuances de Grey".
Déjà, le titre fonctionne pas en français, puisque le jeu de mot ô combien nouveau (cf Grey's Anatomy) d'un personnage qui s'appelle Grey et qui en plus a le tempérament un peu "gris". Bref, tout se perd.
Quitte à vraiment essayer, je comptais bien le faire en anglais. Les expressions idiomatiques de mémés britonnes peuplent les pages à coup de "Holy Cow" (vache sacrée) à la vue de choses aussi diverses et surprenantes qu'une chemise blanche, une érection, un Macbook et un donjon SM. L'histoire a l'originalité d'une chanson de Justin Bieber et la même qualité d'écriture; la narratrice, jeune amerloque censée vivre à Seattle mais avec des expressions de mémé britannique, cache assez mal son jeu et en ressort avec des incohérences digne d'une rédaction de 5ème.
Donc, il paraît qu'à la base ça sort d'une fanfiction de Twilight, et ça se voit; l'héroïne est une anti-héroïne fadasse, maigrichonne, qui ne peut pas faire deux pas sans tomber et provoquer les instincts protecteurs moyen-âgeux de mâles affamés. Au fur et à mesure qu'on avance dans les pages laborieusesdu roman de cette grosse blague, le paradoxe de la fille un peu banale et nulle se précise; tous les hommes qui l'entourent sont bien évidemment amoureux d'elle, voire veulent la trousser 24h/24. Soit elle dégage des hormones de choc, soit il y a un problème de cohérence. Après, il y a le "héros". Lui, donc, forcément il a été traumatisé très jeune et maintenant est "50 shades of fucked up" (permettez moi de rire), il a des goûts spéciaux mais ce n'est pas trop grave, il est aussi grave pété de thunes et donc ça peut s'arranger.
Déjà, il faudrait m'expliquer sur quelle planète un "long index" c'est le summum du sensuel. Franchement moi ça me ferait plutôt vraiment peur, en mode Nosferatu. Le trip vampire de Twilight devient un trip plutôt SM, mais avec les mêmesficelles câbles au niveau de la narration : donc on a une jeune fille séduite par un homme impressionnant, richissime, à la beauté peu convaincante de dandy vaguement sorti des Feux de l'amour. Les conversations échangées via emails par le couple en fleur me font d'ailleurs penser aux efforts répétés de ce genre de feuilleton de mamies pour se moderniser et attirer des populations plus djeuns: genre maintenant (ou plutôt il y a 5 ans aux US) y'a un bar dans les Feux de l'Amour où tout le monde va traîner et se descendre des cafés latte en écoutant de la musique rock. Bref, ça sonne creux et faux. Twilight, c'était rigolo et plutôt très mal écrit; 50 Shades, c'est honteux et écrit avec les pieds. La pseudonymée E.L. James n'arrive pas à trouver la demie mesure entre des mots crus qui sonnent aussi déplacés qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, du genre "fuck" ou "érection" et j'en passe, et la modestie assez déplacée elle aussi d'une anti-héroïne qui semble ne pouvoir évoquer ses parties génitales que par le terme de "down there" (toujours en italiques). La meuf, cinq minutes avant elle a son quatrième orgasme deux heures après sa "première fois" (dont un juste par les tétons), et maintenant elle fait la chochotte. Mme Bovary nous a habitués à mieux.
Alors voilà, ceci n'est pas un coup de gueule contre la bonne vieille "chick lit", littérature de filles; ça peut être super bien fait et divertissant, sans aller jusqu'au Goncourt, mais ce n'est pas fait pour non plus. Par contre, 50 Shades, c'est la disgrâce d'un genre qui est épuisé jusqu'à la corde, qui ne sait se renouveler. Elle en dit trop mais pas assez, on déteste les personnages à la minute où ils sont présentés, tout est un désastre littéraire. 50 Shades, c'est un peu comme Madonna à 65 ans en décolleté et mini-jupe; on n'a pas demandé à en voir autant, on n'est pas non plus sûrs qu'il y ait un contexte propice à ce genre de tenue. M'enfin, ça fait son petit chemin, ça ravive la flamme chez les mamans amerloques, tout en restant paradoxalement propret dans la provoc. Mais qu'on ne me fasse pas croire que c'est un nouveau truc féministe où les femmes se libèrent assez pour lire ces conneries et où on devrait tous/toutes applaudir. Emma Bovary lisait déjà des romans minables et regardez où ça l'a menée.
Déjà, le titre fonctionne pas en français, puisque le jeu de mot ô combien nouveau (cf Grey's Anatomy) d'un personnage qui s'appelle Grey et qui en plus a le tempérament un peu "gris". Bref, tout se perd.
Quitte à vraiment essayer, je comptais bien le faire en anglais. Les expressions idiomatiques de mémés britonnes peuplent les pages à coup de "Holy Cow" (vache sacrée) à la vue de choses aussi diverses et surprenantes qu'une chemise blanche, une érection, un Macbook et un donjon SM. L'histoire a l'originalité d'une chanson de Justin Bieber et la même qualité d'écriture; la narratrice, jeune amerloque censée vivre à Seattle mais avec des expressions de mémé britannique, cache assez mal son jeu et en ressort avec des incohérences digne d'une rédaction de 5ème.
Donc, il paraît qu'à la base ça sort d'une fanfiction de Twilight, et ça se voit; l'héroïne est une anti-héroïne fadasse, maigrichonne, qui ne peut pas faire deux pas sans tomber et provoquer les instincts protecteurs moyen-âgeux de mâles affamés. Au fur et à mesure qu'on avance dans les pages laborieuses
Déjà, il faudrait m'expliquer sur quelle planète un "long index" c'est le summum du sensuel. Franchement moi ça me ferait plutôt vraiment peur, en mode Nosferatu. Le trip vampire de Twilight devient un trip plutôt SM, mais avec les mêmes
Alors voilà, ceci n'est pas un coup de gueule contre la bonne vieille "chick lit", littérature de filles; ça peut être super bien fait et divertissant, sans aller jusqu'au Goncourt, mais ce n'est pas fait pour non plus. Par contre, 50 Shades, c'est la disgrâce d'un genre qui est épuisé jusqu'à la corde, qui ne sait se renouveler. Elle en dit trop mais pas assez, on déteste les personnages à la minute où ils sont présentés, tout est un désastre littéraire. 50 Shades, c'est un peu comme Madonna à 65 ans en décolleté et mini-jupe; on n'a pas demandé à en voir autant, on n'est pas non plus sûrs qu'il y ait un contexte propice à ce genre de tenue. M'enfin, ça fait son petit chemin, ça ravive la flamme chez les mamans amerloques, tout en restant paradoxalement propret dans la provoc. Mais qu'on ne me fasse pas croire que c'est un nouveau truc féministe où les femmes se libèrent assez pour lire ces conneries et où on devrait tous/toutes applaudir. Emma Bovary lisait déjà des romans minables et regardez où ça l'a menée.
Itinéraire urbain d'une enfant gâtée
Depuis quelques temps, je verse, un peu trop, je m'en rends compte, dans le « Tout Paris ».
« Ça va à Paris ? Ouais ça va !
Et tu t'y plais ? Ouais plutôt !
Et tu visites ? Ouais !
Et tu sors ? Ouais !
Quel quartier ? » Et blablabla.
Je déroule alors, « avé le sourire » de la provinciale satisfaite, ma géographie parisienne, mes petits coins, mes habitudes, mes émerveillements, mes agacements. Et vas y que je te sors du Casanova : « On ne vit qu'à Paris, on végète ailleurs ». Un petit commentaire sur les transports en commun, un autre sur la vie nocturne. Bref, je force le trait. J'exagère, et me comporte comme n'importe quelle parisienne insupportable. « Parisiano-centrée », je surenchéris et m'entend évoquer toute sorte de clichés. En crise de légitimité, j'en fais des tonnes car, je ne sais pas en réalité, si je suis « parisienne ». Je vis à Paris, je vis Paris mais cela suffit-il ? (Et attendez un peu la suite avant de penser que mon interrogation est totalement idiote et sans fondement étant donné l'accent que je me paie...;-))
Il faisait nuit quand je suis revenue à Toulouse. Et nous savons tous combien, c'est beau, une ville la nuit. Je me suis d'abord dit : rien a changé. Je connais toujours les rues, les stations de métro. Je suis rassurée. « Prends à gauche, c'est sens interdit ». « Gare toi là bas ».
Le patron du Florida a pris un petit coup de vieux mais bon il est toujours là. La plaque du duc de Montmorency non plus n'a pas bougé, le Gaumont, le « Bon vivre », le canal, la Daurade, la rue « Parga ». Sans parler du lycée Pierre de Fermat. Tout y est. Ouf.
Et pourtant, il y a comme un malaise. Je ne suis plus chez moi et de joyeux fantômes peuplent mes redécouvertes. Voilà que j'aperçois un tel traîner sa peine et son nez qui coule vers le jardin des plantes, un autre marcher d'un pas faussement pressé en direction du George and Dragon. Voici que j'entends à nouveau les éclats de rire de certaines déambulant joyeusement place du Cap', que je vois une autre, le port de tête toujours élégant, sortir de l'institut de beauté. Les endroits m'apparaissent plus petits, plus intimes. Le square Charles de Gaulle a été refait. Il me semble « moins à moi ». Où est passé le tourniquet ? Et la pelouse ? A la Mairie, je passe sous le porche puis me retrouve sur le Capitole. Souvenir de matins froids et plein d'espoirs, où je traversais la place en vélo. Souvenir d'innombrables cafés au Florida, de repas à pizza Marzano, de flâneries chez Ombres Blanches. Souvenir de Big Mac mangés certains soirs, en solitaire, « face à la mer » pour la blague, mais surtout face à soi même, surplombant le Capitole, à faire le point sur ma vie- mon activité préférée.
C'est comme si les gens vivaient en ville, vivait la ville et que je les regardais. J'en suis presque jalouse. « Et les gars ! Moi aussi je suis d'ici ! Moi aussi j'ai l'accent !Je ne suis pas touriste ! Je ne suis pas que de passage ! » Je me sens à la fois familière des lieux et pourtant si étrangère dans cette ville que j'aime, dans la ville de mes 18 ans, ville où les saisons de transition sont les plus belles, du Marathon des mots au Printemps de septembre. Ville où j'ai beaucoup appris, où j'ai travaillé, où j'ai aimé, où j'ai déambulé dans les rues, ivre et sous le choc après une lecture des Chants de Maldoror, ville où je me suis perdue, où je me suis garée, où j'ai longtemps marché. Bref où j'ai vécu. J'avais oublié tout ça. Et tout ça m'est revenu en pleine figure.
Toulouse affirme triomphante ses ambitions de métropole- c'est écrit partout. Toulouse a changé ( déjà, je n'y vis plus et mes amis non plus ;-) ) comme moi j'ai changé. Et tant mieux ou tant pis. Mais c'est ainsi. On ne peut aller contre le temps qui passe. Un jour, on s'aime à la folie, le lendemain, on ne s'aime plus. Et après quoi ? L'indifférence ? C'est ainsi. Le changement. Toujours ce fichu changement.
Donc, après avoir traversé la France en voiture, fatiguée mais heureuse, je suis revenue à Toulouse et j'ai pleuré. Oui pleuré. A chaudes larmes car je ne fais jamais les choses à moitié. Des larmes de crocodile peut être comme disent certains. J'ai pleuré sur mes souvenirs, mes ressentis, mes espoirs, mes déconvenues, mes joies. J'ai pleuré de fatigue et d'émotion. J'ai pleuré de contentement. J'ai pleuré comme on rit sur le temps qui passe. Dans le midi, chez moi, on dit ou on écrit sur les cadrans solaires : « las que pasount tournant per jamai ». Je demande pardon pour mes fautes à ceux qui savent encore écrire l'occitan et je laisse à certains le soin de traduire...Oui, on ne se baigne jamais dans la même eau et, bien ou mal, il faut l'accepter. Il paraît que ça s'appelle grandir.
Je me demande alors : est-ce les pierres se souviennent ? Aujourd'hui, je suis parisienne, j'aime vivre à Paris, comme j'ai aimé vivre à Toulouse. La ville nous modèle, nous façonne, nous aide à avancer. La ville laisse des traces en nous. Mais nous, que laissons-nous à la ville ?
Un jour, un ami m'a raconté qu'aux questions suivantes : "Qui suis-je ? D'où suis-je ? Où vais-je ?" Pierre Dac répondait : « Moi, je suis moi, je viens de chez moi, et j'y retourne ».
Alors, à Toulouse, je me suis demandée, à l'heure de la mondialisation, au temps de la lost generation ;-), des déracinés, des grands voyageurs, d'où j'étais. De mon petit village ? De Toulouse ? De Paris ? Et, au milieu des miens, après un bonne cuisse de canard confite et quelques verres de rouge, j'en ai conclu, que l'on était, en réalité, du lieu géographique où l'on avait choisi, pour un temps ou pour toute la vie, d'être heureux. Et puis enfin, au milieu de la nuit toulousaine, j'ai eu envie d'écouter pour la énième fois Claude Nougaro. ;-)
jeudi 1 novembre 2012
Et toi tu es déguisée en quoi ?
Je venais de me connecter sur mon ordi quand je vois que Popeline a écrit un super article sur Halloween, the Halloween américain et du coup je me dis que ce que je vais écrire sera peut-être redondant, un peu grisâtre...mais en fait ce n'est pas tellement Halloween qui me tracasse mais la question du déguisement !
Je dois l'avouer, j'ai la hantise des déguisements. Prévenue suffisamment à l'avance, je passe des semaines paniquée à l'idée de devoir trouver l'idée sympa, genre je me suis pas trop investie mais ça en jette, l'idée pas trop ridicule qui me permettrait de garder toute dignité, bref, l'Idée ! Prévenue trop tard, c'est la fin ! Je sors un vieux truc et ça se termine en non-déguisement en mode fille rabajoie (mais mieux vaut être rabajoie que ridicule, non ?). on J'ai de l'imagination pour un tas de truc mais ça...le néant, le blanc, le vide total. Je ne vois pas en quoi ou qui je pourrais me déguiser, parce qu'au fond j'aime bien être moi et que j'ai déjà des problèmes avec mes multiples moi(s) alors on va pas en rajouter ! Et puis l'idée de recroiser quelqu'un qui me dira "ah ouiiiii, tu étais la citrouille " me perturbe, me perturbe vraiment même !
Je dois l'avouer, j'ai la hantise des déguisements. Prévenue suffisamment à l'avance, je passe des semaines paniquée à l'idée de devoir trouver l'idée sympa, genre je me suis pas trop investie mais ça en jette, l'idée pas trop ridicule qui me permettrait de garder toute dignité, bref, l'Idée ! Prévenue trop tard, c'est la fin ! Je sors un vieux truc et ça se termine en non-déguisement en mode fille rabajoie (mais mieux vaut être rabajoie que ridicule, non ?). on J'ai de l'imagination pour un tas de truc mais ça...le néant, le blanc, le vide total. Je ne vois pas en quoi ou qui je pourrais me déguiser, parce qu'au fond j'aime bien être moi et que j'ai déjà des problèmes avec mes multiples moi(s) alors on va pas en rajouter ! Et puis l'idée de recroiser quelqu'un qui me dira "ah ouiiiii, tu étais la citrouille " me perturbe, me perturbe vraiment même !
Quand on se décide enfin à jouer le jeu, qu'on se présente à la soirée après avoir traversé la moitié de Paris rouge comme une tomate sous les regards moqueurs et qu'on est reçu par un "Et toi t'es déguisée en quoi ?", tout s'effondre. Le sourire gêné, on murmure "baaaah en citrouille ça se voit...non ? hein ? tu l'avais vu ?". Et non, il ne l'avait pas vu. De toute façon, garder sa dignité en étant une citrouille c'est déjà un défi, alors en plus être une citrouille réussie...C'est pareil quand ramasse les deux trois souvenirs rapportés par sa grand-mère de Séville et c'est partie pour l'Espagnole-cliché. Un jogging lâche, des baskets montantes, une casquette bleue ? C'est le racaillou. Et ça tombe à l'eau. Déjà devant la glace on le sentait, c'était pas une bonne idée... Et puis il y a les fois où on arrive non déguisée et c'est le tollé général : tu dois trouver un déguisement ! Comme à ce réveillon où le thème était la lettre E (concept que je n'avais pas bien saisi) et où je me suis retrouvée entourée d'une Européenne particulièrement réussie, d'un évêque, d'un épouvantail, d'un éléphant et...d'un elfe (mon préféré). In extremis j'ai assorti ma tenue de réveillon (très classique du reste) de deux branches d'arbuste que j'ai coincées difficilement dans mes cheveux relevés pour faire un ...Elan ! Oui c'était nul, terriblement nul mais j'étais (un peu) déguisée tout en ressemblant à moi. Pas de problème de schizophrénie pour le mois à venir !
Alors je crois que se déguiser c'est plus que de la déconne, c'est un art. L'art de lâcher, de faire parler ses différents moi, de sortir de son soi de tous les jours et de révéler sa face cachée. Le pire dans cette histoire c'est qu'un jour je devrais penser aux déguisements de mes enfants...les fée clochette, petite sirène et autres princesses hybrides, pire encore je devrais peut-être moi même, endosser le costume du père Noël et rire d'une vois grasse ! Finalement, je préfère la citrouille ;)
mercredi 31 octobre 2012
La minute couleur locale: Halloween, Ici Trouille
Aujourd'hui, c'est Halloween. Mais bon, en vrai, ça dure depuis bien une semaine cette histoire; depuis l'épisode de Modern Family costumé mercredi dernier jusqu'aux décalcomanies (comme dirait mon père) monstres et "spooky" de ce soir, Halloween ça dure pendant une semaine, et je vous parle même pas des magasins et autres centres commerciaux.
N'empêche, c'est assez cool; je me souviens quand j'ai découvert Halloween, j'avais peut-être 15 ans, peut-être 13, avec mon petit frère on a eu pour Noël ou autre la cassette d'Hocus Pocus. Ce film était génial, on le connaissait par coeur, peut-être même qu'on le connaît encore par coeur. Il y avait des sorcières, c'était à Salem, et je m'émerveillais de cette fête où, au lieu d'aller dans des cimetières porter des chrysanthèmes, les enfants se déguisent et vont frapper aux portes de voisins pour des bonbons. Certes, Halloween est sûrement coupable d'une grande partie du diabète et de l'obésité aux Etats-Unis, mais au moins c'est rigolo. En France, dans notre jeunesse, c'était un peu trop américain de faire Halloween, personne n'avait vraiment de bonbons à nous donner, et il n'y a pas trop cette tradition du costume. A la place, il y a des marchands de chrysanthèmes sur le bord des routes. De nos jours c'est peut-être un peu plus généralisé, mais c'est quand même toujours "ze" fête américaine.
Du coup, ma première année ici, j'étais motivée du Halloween, j'avais trois costumes différents pour les trois soirées du weekend, il a fallu me retenir d'aller faire "Trick or Treat" dans les maisons avoisinantes. Et puis l'enthousiasme redescend: il y a les multiples sexy nurse, slutty pumpkin, slutty French maid, slutty (insérer nom de fruit)... Halloween dans une ville pleine de jeunes étudiants américains, c'est moins drôle qu'on le pense. Ils font du bruit, ils vomissent dans le coin de la chambre d'un ami qui organise la fête, bref, la magie d'Halloween se perd. On se retrouve à lancer un "chut", la porte entrouverte à 2h du matin à une princesse qui drague un footballeur devant notre porte parce qu'on veut dormir. On est vieille et aigrie. On déteste la table de 30 sorority girls et fraternity boys qui boivent des sakés bombs en hurlant, pendant qu'on essaie d'avoir une discussion sympa autour de sushis. Une fille en soutif et legging entre, le mot SLUT écrit en lettres noires sur son ventre. Est-ce ironique? Une fille sapée, sur son 31, enceinte, entre et on est choqué: puis on se rend compte que son déguisement c'est d'être une teenage mum, et alors c'est soit très drôle soit de très mauvais goût. Bref, on est blasé.
Et puis, au détour du vrai jour d'Halloween, les employés du département où je bosse ont organisé une fête dans le couloir, avec des doigts de sorcières en sablé avec un ongle en amande colorée rouge, du fromage qui pue, des chips et du vin. On boit de l'apple cider avec les enfants des profs (dont l'un est déguisé en magicien mais voulait être "Minnie Mouse", on est pas "gender-oriented" ici). Le directeur et ses assistants sont en personnages de Star Trek, un copain de Séville est en nonne espagnole ou même en Inquisition. On me prête une perruque et tout va bien. La fatigue, le stress, partis; je m'empiffre en faisant des blagues. Du coup, en rentrant, je retrouve un vieux costume et je le mets, pour la forme. Je me pointe au dîner à la cafétéria et il y a une compétition de costume. Je gagne 2 kilos de bonbons.
Et puis avec ma copine Alice au pays des merveilles et une coccinelle, et un Evil Knievel que tout le monde prend pour Elvis, on part à la chapelle de l'université, un endroit assez splendide, pour voir "Faust" de Murnau avec une orgue et des effets de sons dignes d'un film de science-fiction. Et là, on peut le dire, Halloween, ça a de la gueule.
Nota Bene: Les bonbons américains sont vraiment pas terribles comparés aux français. Je veux des langues, des têtes brûlées, des Kinder Choco-bon, des cocas, des schtroumfs, des cerises.
N'empêche, c'est assez cool; je me souviens quand j'ai découvert Halloween, j'avais peut-être 15 ans, peut-être 13, avec mon petit frère on a eu pour Noël ou autre la cassette d'Hocus Pocus. Ce film était génial, on le connaissait par coeur, peut-être même qu'on le connaît encore par coeur. Il y avait des sorcières, c'était à Salem, et je m'émerveillais de cette fête où, au lieu d'aller dans des cimetières porter des chrysanthèmes, les enfants se déguisent et vont frapper aux portes de voisins pour des bonbons. Certes, Halloween est sûrement coupable d'une grande partie du diabète et de l'obésité aux Etats-Unis, mais au moins c'est rigolo. En France, dans notre jeunesse, c'était un peu trop américain de faire Halloween, personne n'avait vraiment de bonbons à nous donner, et il n'y a pas trop cette tradition du costume. A la place, il y a des marchands de chrysanthèmes sur le bord des routes. De nos jours c'est peut-être un peu plus généralisé, mais c'est quand même toujours "ze" fête américaine.
Du coup, ma première année ici, j'étais motivée du Halloween, j'avais trois costumes différents pour les trois soirées du weekend, il a fallu me retenir d'aller faire "Trick or Treat" dans les maisons avoisinantes. Et puis l'enthousiasme redescend: il y a les multiples sexy nurse, slutty pumpkin, slutty French maid, slutty (insérer nom de fruit)... Halloween dans une ville pleine de jeunes étudiants américains, c'est moins drôle qu'on le pense. Ils font du bruit, ils vomissent dans le coin de la chambre d'un ami qui organise la fête, bref, la magie d'Halloween se perd. On se retrouve à lancer un "chut", la porte entrouverte à 2h du matin à une princesse qui drague un footballeur devant notre porte parce qu'on veut dormir. On est vieille et aigrie. On déteste la table de 30 sorority girls et fraternity boys qui boivent des sakés bombs en hurlant, pendant qu'on essaie d'avoir une discussion sympa autour de sushis. Une fille en soutif et legging entre, le mot SLUT écrit en lettres noires sur son ventre. Est-ce ironique? Une fille sapée, sur son 31, enceinte, entre et on est choqué: puis on se rend compte que son déguisement c'est d'être une teenage mum, et alors c'est soit très drôle soit de très mauvais goût. Bref, on est blasé.
Et puis, au détour du vrai jour d'Halloween, les employés du département où je bosse ont organisé une fête dans le couloir, avec des doigts de sorcières en sablé avec un ongle en amande colorée rouge, du fromage qui pue, des chips et du vin. On boit de l'apple cider avec les enfants des profs (dont l'un est déguisé en magicien mais voulait être "Minnie Mouse", on est pas "gender-oriented" ici). Le directeur et ses assistants sont en personnages de Star Trek, un copain de Séville est en nonne espagnole ou même en Inquisition. On me prête une perruque et tout va bien. La fatigue, le stress, partis; je m'empiffre en faisant des blagues. Du coup, en rentrant, je retrouve un vieux costume et je le mets, pour la forme. Je me pointe au dîner à la cafétéria et il y a une compétition de costume. Je gagne 2 kilos de bonbons.
Et puis avec ma copine Alice au pays des merveilles et une coccinelle, et un Evil Knievel que tout le monde prend pour Elvis, on part à la chapelle de l'université, un endroit assez splendide, pour voir "Faust" de Murnau avec une orgue et des effets de sons dignes d'un film de science-fiction. Et là, on peut le dire, Halloween, ça a de la gueule.
Nota Bene: Les bonbons américains sont vraiment pas terribles comparés aux français. Je veux des langues, des têtes brûlées, des Kinder Choco-bon, des cocas, des schtroumfs, des cerises.
dimanche 28 octobre 2012
A chacun son dimanche...
Le dimanche est un jour incertain : fin de week-end,
début de semaine ? Questions métaphysiques, programme de la semaine (quand je dis programme je pense plus à vestimentaire que scolaire d'ailleurs), organisation de soirées entre amis, c'est le jour du bilan de la semaine précédente et de la mise en place de la suivante. Retour sur une journée qui divise...
Pour certains c'est le jour de la famille, celui
où vous dégustez un succulent plat familial avec votre tribu avant de pratiquer
la traditionnelle promenade digestive dans un parc ou en forêt. Sauf que ma
famille habite loin, en tous les cas trop loin pour ce genre d’habitudes… Dans mon cas (et je ne suis pas la seule je pense...enfin j'espère), le dimanche me rappelle l'éloignement - de la famille, de la forêt et du poulet rôti - et se passe en coups de fil
pour se raconter la semaine passée et la semaine à venir, pour se dire tout
simplement que, décidément, on n’aime pas le dimanche.
J’admire ceux qui mènent leur dimanche tambour battant.
Expos, promenades, brunch, dîners se succèdent et font de cette journée un jour
sympa, un peu comme les autres sauf qu’on a le plaisir de ne pas travailler. Je
les admire moi qui peine à me lever et à passer une tenue un peu classe, à me
maquiller et me coiffer convenablement. Le partenariat domestique (pour évoquer
pudiquement la vie de couple) m’a amenée à
troquer le jogging-pyjama-chaussettes pour le chino-bensimon. L’avantage
est que l’on peut croire au choix délibéré de jouer les filles
décontractées…c’est plutôt celui de ne pas se casser la tête, d’être à l’aise
dans mes fringues et surtout dans mes chaussures après une semaine de
souffrance !
Une fois habillée encore faut-il réussir à s’extraire de son
nid douillet. Une petite balade, un ciné, une pizza, okay ça j’y arrive. Mais
sachant que le lendemain je reprends les trajets – c’est-à-dire que je renoue
avec la foule, les transports, le bruit – je trouve ça tellement bon de
pratiquer le dimanche régressif. Celui où on fait un tas de petits riens salutaires : regarder des films, lire un bon bouquin,
faire des crêpes (ce qui peut occuper une bonne partie de l’après-midi selon la
quantité), puis les manger.
Bref, loin d’être une aficionada du dimanche, je l’aménage,
je le détourne, je l’utilise comme « réserve de temps pour ce que je n’ai
pas pu faire dans la semaine » et finalement…je l’aime bien ce petit
dimanche ! Je l’aime bien parce qu’au fond je sais que ce petit sas de
décompression-recompression avant le lundi (si joliment décrit par Babel), est nécessaire pour rattaquer d’un
bon pied et me réjouir, le lendemain matin, de faire mon retour sur la scène
sociale !
Inscription à :
Commentaires (Atom)




